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Note historique sur les FABIEN


extrait de {{<a href="http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article10273" class='spip_in'>Notes historiques sur le prieuré conventuel d'Héauville à La Hague , par l'abbé Louis Couppey</a>}}, page 99

Robert FABIEN

Messire Guillaume Géroesme eut pour successeur, à la commende du prieuré d’Héauville, l’ancien curé de Théville, Robert Fabien. Entre temps ce Mre Robert était devenu curé de la première portion de Saint-Sauveur-Lendelin, bénéfice qu’il permuta avec Antoine Deu contre la prébende canoniale de Saint-Samson de Bon fossé le 25 février 1557 et à laquelle il unit le 14 décembre 1559 les revenus de la chapellenie de Notre-Dame du Mor en la paroisse de Saint-Sauveur de Pierrepont.

Frère de maître Pierre, dont nous avons cité le nom un peu plus haut, Mre Robert Fabien eut pour neveu Toussaint Fabien qui s’anoblit en novembre 1576 et dont le fils Jean épousa en 1625, Dlle Eléonore Jallot, fille de Jean, seigneur de Beaumont-Hague, et de Charlotte de Pirou. [1] Ce Jean Fabien, devenu par son mariage sieur de la Foidre, eut deux fils, Henri-Robert et Louis. Henri-Robert, marié en 1650 à Dlle Barbe de Beaudrap [2] demeura avec elle à Foucarville jusqu’en 1686, qu’ils échangèrent cette terre contre le Val-de-Brix appartenant à Bernardin Mangon, sieur du Coudray. [3] Louis Fabien, sieur de la Foidre, demeurait à Saint-Germain des Vaux. Je ne sais s’il se maria. Il mourut vers 1670, victime de la stupide habitude du duel. S’étant par de sottes paroles attiré une querelle avec un des de Mary, ses voisins, [4] ils se rencontrèrent près du hameau Ricard, en amont de l’église de Jobourg. Là, le jour de l’Assomption, pendant la grand’messe, après un combat très court, les adversaires s’enferrant réciproquement se tuèrent tous deux. On éleva sur le lieu même une croix de granit qui, pour perpétuer le souvenir de cette triste affaire, portait deux épées en relief. Le petit monument ayant été transporté plus haut se dresse maintenant à la bifurcation de la route de Beaumont à Auderville et du chemin des Grandes-Falaises.

Les Fabien portaient : de gueules à la fasce d’argent, chargée d’un croissant de sable, accompagnée en chef de deux "bouches" d’or et en pointe d’une tête de sanglier d’argent.

Vente de deux pièces de terre pour payer une nouvelle imposition

Mais Mre Robert Fabien n’avait pas attendu l’anoblissement de son neveu pour prendre lui-même des lettres de noblesse ou il en devançait la délivrance, car le 23 janvier 1569 nous voyons « noble et discrepte personne Mre Robert Fabien prestre, prieur de héauville et chanoyne de Coustances lequel suivant l’octroy mis par le roy nostre sire sur le clergé de France par lettres patentes de sa majesté le 13e jour d’octobre dernier fut taxé à la somme de six vingts (120) livres pour la prieurey dud lieu de héauville. Pour ce a quoy satisfaire il met en vente deux clos appelés les clos es Sablons assis aud lieu de héauville..., lesquels furent adjugés à Pierre Lefranc... et fut la dicte vente faicte par semblable somme de six vingts livres tournois que led Lefranc en a payées comptées et nombrées entre les mains de Nicollas Briroy, curé de Fierville recepveur commis a faire la recepte des deniers du dict octroy. »

P. Lefranc ne garda pas longtemps son acquisition ; le 15 mars 1575, il en faisait « la remise après clameur et deuement remboursé a noble home Jehan Le Bourgeois, sieur de héauville, qui la retire a droit de seigneurie de sa sieurie de héauville. »
Laquelle sieurie venait de prendre une nouvelle extension, en effet, le 16 juin 1573 « Le lieutenant ancien du baillage de Valloignes Jehan Viray, devant les advocats et procureurs et aultres gens du roy nostre sire, sur la présentation, faicte par noble home Robert Le Bourgeois, sieur de Grouchy et dheauville, dune commission dudict roy nostre sire a monseig. le bailly de Costentin ou a son lieutenant, les gens du roy ny mettant point empêchement ordonne que ceulx qui possèdent dans Héauville, Helleville, Vasteville, Biville et Teurquetheville des terres cy devant relevantes du roy rendront leurs adveux et dénombrements au dict sieur de Héauville. »

Robert Fabien, vicaire général de Coutances

Quant à Robert Fabien, s’il n’augmentait point ses revenus au pays, il augmentait ses dignités, car, le 20 octobre 1574, messire Jean Ravalet, abbé de Hambie et vicaire général d’Artur de Cossé le substituait vicaire épiscopal à la place de Mre Hervieu, mort le 22 août précédent.

Echange

Notre prieur était dans les meilleurs termes avec Jean Le Bourgeois, aussi le 24 janvier 1575 "à la requeste et faveur de noble home Jean Le Bourgeois sieur de héauville vénérable et discrepte personne maistre R. Fabien" lui donne par échange une pièce de vingt vergées "le clos du presbitaire jouxte l’enclos dud presbitaire et le chemin tendant de Cabourg à la Longue Croix". En contre l’échange, il reçoit la pièce "appelée la Vallée, d’égale contenance jouxte le dict sieur prieur et le chemin sablonnier." L’acte publié au nom de "Jacques Moustier garde des sceaulx de la vicomtey de Vallongnes pour le sciége et sergenterie de Tolvast" avait été passé devant Robert Lefranc et Robert Messent, tabellions royaux de la vicomté pour les Pieux, ayant comme "témoings signés à la notte noble et discrepte personne Mre Jacques Danneville curey de Couville et Mre Jean Peset, prestre de Helleville."
Le 19 février suivant, Mre R. Fabien permuta avec Richard de Barro la prébende de Saint-Samson contre la première prébende de Trelly.

André Mesnage, curé d’Héauville

Mais, sans doute fort occupé par ses autres affaires et celles du diocèse, il négligeait tant soit peu celles de son prieuré puisque, le 31 octobre 1536, Mre André Mesnage fut nommé curé d’Héauville "par sa Sainteté Grégoire XIII, par provision parceque ledict bénéfice avait vaqué le temps voulu pour que selon le concile de Latran, cette nomination appartint au Pape." Elle fut insinuée à Coutances le 2e jour de novembre.

André Mesnage [5] fils Guillaume de la paroisse de Clitourps avait reçu "le sacrement de confirmation et la tousure cléricale dans l’église paroissiale de Cherbourg le 23 mai 1525 des mains de R. R. Jean évesque de Castorie, suffragant de Coustances pendant la vacance du siège", vacance qui était survenue par la mort du cardinal Bernard de Bibiane (9 novembre 1520) et ne cessa que le 18 ou 20 novembre 1525 par la nomination de René de la Trémouille. Ce fut le même suffragant qui conféra la prêtrise à André Mesnage, diacre de Clitourps, le 23 septembre 1530, en l’église cathédrale, alors que le siège de Coutances était occupé par Philippe de Cossé, espèce d’évêque commendataire qui vivait à la cour et ne vint probablement jamais dans son diocèse.

Notes

[1] Voir sur ces Pirou Les Recherches de M. L. Drouet sur le canton de Saint- Pierre-Eglise, pp. 279, 280, 281, 323, 324 et 325

[2] Les de Beaudrap, originaires de Biville, du moins y ayant longtemps habité, s’étaient anoblis en octobre 1596 ou juin 1597 et blasonnaient : d’azur au chevron d’argent, accompagné de deux étoiles d’or en chef et d’un croissant d’or en pointe. Un de leurs descendants possède le château de Sotteville (canton des Pieux) et vient de s’allier à la vieille famille Lucas (de gueules, à trois chevrons d’argent) si honorablement connue sous le nom de Couville, demeurant au château de Querqueville. — Une autre branche des de Beaudrap habite Denneville (canton de la Haye-du-Puits)

[3] M. l’abbé Adam, chapelain des Augustines de Valognes, signale cet échange, p. 25 de son Prieuré de la Luthumière

[4] Une branche des de Mary avait possédé la sieurie de Jobourg, depuis le XIIIe siècle jusque vers 1580. Au temps qui nous occupe une partie au moins de cette famille habitait au dessous de l’église de Jobourg la gentilhommière appelée la Buhotellerie. Leur blason, d’argent, au chef de gueules, chargé de trois roses d’or mises en rang, est encore gravé sur la porte de cette maison. De très ancienne noblesse, cette famille me semble issue des Néel de Saint- Sauveur. — La branche de Jobourg ne s’était pas éteinte avec la victime du duel raconté ci-dessus, car les registres de la paroisse nous les montrent nombreux et s’alliant à toutes les bonnes familles du pays jusqu’au moment de la Révolution, où nous trouvons parmi les suspects de la dite paroisse « Jacques de Mary et sa femme, ci-devant nobles. »

[5] Cette famille disparut de Clitourps vers 1600, mais un ancien fief y porte le nom de Mesnagerie