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Tourneville - Notes historiques et archéologiques


Sous l’ancien régime, Annoville et Tourneville représentaient deux paroisses distinctes mais étaient desservies par un même curé. Lors de la formation de la commune, elles furent logiquement réunies.


Tourneville, Tornevilla, Tournevilla.

L’église est un carré oblong sans aucun style.

Le mur septentrional ne présente pas d’ouverture, et les fenêtres méridionales, qui sont rondes, datent de 1730.

La cloche est suspendue dans une espèce de petit porte-cloche à une baie, formé par le prolongement du mur occidental.

L’autel et son rétable, qui sont en bois, offrent seuls un peu d’intérêt.

Le devant de l’autel, le tabernacle et les panneaux du rétable sont ornés de riches sculptures qui représentent des fleurs, des figures d’anges, des calices, des patènes et autres objets. Une inscription nous apprend que cet autel fut donné par le curé qui alors administrait la paroisse. Voici cette inscription :

IMP. DNI. 10. QUINETTE
HUIUS. LOCI. RECTORIS. 1732.

Dans l’église, on trouve quelques pierres tumulaires qui portent les dates de 1653, 1699 et 1738, et protègent les cendres de plusieurs membres de la famille Billard, famille ancienne dans le pays.

Sur une de ces pierres, j’ai relevé l’inscription qui suit :

CY CIST LE CORPS DE M. DENIS BILLARD
DE CETTE PAROISSE LE QVEL DÉCÉDA LE 29e DE
FEB. 1693. LE QVEL FIEFFA CETTE
PLACE POVR 4 LIVRES 10 SOUS DE RENTE
AV TRÉSOR ET 14 LIVRES 10 SOUS Pr OBIT
Pr DIRE TOVS LES 1ers MARDY DU MOIS
2 MESSES A NOTE ET 2 LE JOVR DE
SON INHVMATION ET 2 MESSES
BASSES LE JOVR DE ST DENIS Pr
SEANCE ET SEPVLTVRE.
P. DIEV POVR LVY.

A côté se trouve la tombe de Marguerite Hinet, sa femme, décédée le 28 du mois d’août 1710. [1]

L’église est sous l’invocation de la sainte Vierge. Elle dépendait de l’archidiaconé de la chrétienté et du doyenné de Cérences. Le seigneur du lieu nommait à la cure.

Sur le tableau des paroisses, dressé en 1665, Tourneville et Annoville figurent comme étant deux cures réunies. Cette réunion existait dès le XIIIe siècle ; car on lit dans le Livre noir : Et valent Annovilla et Tornevilla VIxx X. lib. Le Livre blanc nous apprend que, dans le siècle suivant, le patron d’Annoville-Tourneville était maitre Guillaume de Chanteloup. Ecclesie de Annovilla et de Tournevilla nunc est patronus magister Guillermus de Canlulupo.

Sur la liste que donne l’historien Dumoulin des seigneurs renommés en Normandie depuis Guillaume-le-Conquérant jusqu’au temps où Philippe-Auguste réunit la province à la France, figure un Guillaume de Tourneville. Dans le registre des fiefs, on voit cité le fief de Tourneville, qui appartenait à Radulfe, Radulfus de Torneville unum feodum.

On lit dans un aveu de l’année 1327 : « L’abbé et couvent de Hambuye tiennent en la parr. de Tourneville une portion de franc fié qui leur fut donné et ausmoné des seigneurs du lieu dont le revenu vaut bon an mal an 4 liv. »

Dans les premières années du XVIIIe siècle, on trouve comme seigneur de Tourneville Jean-Baptiste Belin, qui se qualifiait de messire et de chevalier.

Près de l’église, existe l’ancien presbytère. On y admire dans la salle d’honneur, une fort belle boiserie qui tapisse la cheminée entière et la plus grande partie des murs. Elle est de la même époque que la boiserie de l’autel. On y remarque sculptés des patènes, des calices, des têtes d’anges, des griffons et des syrènes. Il ne faut pas s’étonner de voir ainsi au milieu d’objets consacrés au culte des griffons et des syrènes. On les trouve souvent reproduits dans les églises, où ils ont un sens symbolique. Le griffon avait été adopté comme doué du pouvoir d’éloigner les mauvais esprits, et la syrène comme représentant l’âme chrétienne purifiée par le baptême. Aussi, nous apprend M. de Caumont, la trouve-t-on souvent sur des baptistères.

Source :

Notes

[1] Depuis ma visite à l’église de Tourneville, on l’a complètement changée. Elle a été augmentée ; deux chapelles y ont été ajoutées, et une tour, destinée à recevoir une cloche, s’élevait il y a quelques mois. Cette paroisse, pour le temporel, est réunie à Annoville ; mais elle continue à être desservie par un prêtre.