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Quesnay - Notes historiques et archéologiques


Avant 1800, Contrières (754 habitants en 1793) absorbe la commune de Quesney (227 habitants) au sud de son territoire.


Quesnay, Caesneyum, Chaesneium, Quesnetum.

Le nom de Quesnay parait indiquer un lieu planté en chênes.

L’église de Quesnay est un carré oblong. Elle existait dès le XIe siècle. Le mur septentrional, quoique refait en partie, remonte cependant à l’époque romane ; car on y voit encore des assises de maçonnerie en arête de poisson, ainsi qu’une petite fenêtre étroite, en forme de meurtrière. Il existe dans le mur méridional une porte cintrée, aujourd’hui bouchée.

Le mur absidal est percé d’une fenêtre à ogive du XIIIe siècle.

Dans le mur septentrional, on remarque une crédence à ogive subtrilobée.

Une tour carrée, voûtée à l’intérieur, et qui se termine par un toit en bâtière, précède l’église. A droite et à gauche de la porte, placée au midi, on voit deux modillons à figures grimaçantes qui sans doute ont appartenu à une ancienne partie de l’église.

L’autel principal est orné de deux colonnes torses, entourées de branches de vigne et de grappes de raisin, conduites en spirale. Elles sont surmontées d’un fronton. Au milieu du tympan, on voit le Père Eternel, dont la tête se détache en avant, et qui, dans sa main gauche, porte un globe figuré par une sphère découpée d’une croix. Cet autel doit dater du règne de Louis XIV ou de Louis XV.

La bande seigneuriale se remarque encore autour des murs de l’église.

Sur deux pierres tombales, placées dans l’église, j’ai lu les inscriptions suivantes :

CY GIST LE CORPS DE M. MESNARD,
CURÉ DE QUESNAY. 1607.

CY GIST LE CORPS DE M. PIERRE..... (Illisible.)
CURE DE QUESNAY, NATIF DE HAMBYE
DÉCÉDÉ LE 24 DE MAI 1613
P. DIEU P. LUY.

Dans le cimetière, sur une pareille pierre :

JEAN VASTEL FILS CHARLES 1709.

L’église est sous le vocable de sainte Marguerite. Elle dépendait de l’archidiaconé de la chrétienté et du doyenné de Cérences, et payait 12 livres de décime.

La cure était à la nomination de l’abbaye de Hambye. Elle lui avait été donnée, le jour de sa fondation, par Foulques Paynel. [1] Le curé percevait toutes les dîmes : Rector ecclesie percipit omnia. Il payait pour le saint chrême dix deniers ; pour la chape de l’évêque, douze deniers, et pour droit de visite, dix-neuf deniers. Dans le XIVe siècle, il n’avait avec son habitation qu’une vergée et demie de terre. Rector habet manerium continens unam virgatam terra cum dimidie vel cocirca.

En l’année 1212, les religieux de Hambye abandonnèrent aux paroissiens de Quesnay une rente de six boisseaux de froment qui leur était due sur une terre de cette paroisse, afin de se racheter de l’obligation où ils étaient de fournir à l’église de Quesnay des livres, des ornements et de la cire. [2]

Aujourd’hui, l’église de Quesnay est réunie à celle de Contrières. Quand je la visitai, j’entendis exprimer le désir qu’elle fût conservée. Elle est encore en assez bon état ; d’ailleurs, elle n’est pas sans intérêt, et son entretien ne saurait être dispendieux. Elle se trouve à une assez grande distance de celle de Contrières ; alors, elle pourrait être utilisée comme chapelle annexe pour la population qui en est la plus rapprochée.

Faits historiques

D’après plusieurs auteurs, Raoul de Quesnay, de Kaisneto, était à la conquête de l’Angleterre. Il eut deux fils, Raoul et Guillaume. Celui-ci, en l’année 1141, fit prisonnier, à la bataille de Lincoln, le roi Etienne, qui disputait la couronne d’Angleterre à Mathilde, fille de Henri Ier. Raoul, possesseur de plusieurs fiefs, dans le comté de Dorset, y fonda le monastère de Tarent.

Un Robert de Chesnet, de Chesneto, appartenant sans doute à une autre branche de la même famille, était évêque de Lincoln en 1147.

Suivant le registre des fiefs de Philippe-Auguste, au commencement du XIIIe siècle, la seigneurie de Quesnay était tombée en quenouille. Elle devait au roi le service d’un chevalier : Domina de Quesneio tenet Quesneium per servicium unius militis... Lucia filia Ricardi de Quesneio tenet inde (de rege) sextam partem feodi apud Quesneium...... Domina Quesnaii tenet Quesnaium de domino rege per servicium unius militis, scilicet duodecima pars illius feodi est in insulis. [3]

Avant l’occupation anglaise, la seigneurie de Quesnay appartenait à la famille de Folligny. Quand les Anglais, qui s’en étaient emparés, eurent abandonné la Normandie, Charles VII la rendit à Jean de Folligny.

Le fief noble de Quesnay, sur lequel il y avait deux moulins à blé et à eau, appartenait, dans le XVIIe siècle, à Hugues Rigault, contrôleur du roi, receveur des tailles à Senlis et bourgeois de Paris. Il passa ensuite à Joachim Bonté, receveur des tailles à Gisors.

Dans le cours du XVIIIe siècle, on trouve cités, comme seigneurs et patrons de Quesnay Charles-François-Nicolas Bourdon, écuyer, mousquetaire dans la garde du roi et chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Après lui, Jean-Charles-Louis-Pierre Bourdon de Saint Ebremont, conseiller du roi, receveur des tailles en l’élection de Coutances. Une de ses filles, Aimée-Louise Bourdon, épousa Victor de Gouberville.

Près de l’église, on voit le château de Quesnay, qu’habite M. de Gouberville, membre de l’Association normande.

Source :

Notes

[1] Gallia Christiana.

[2] Lefranc, mss.

[3] (1) Magni rotuli Normaniae. Toustain de Billy.