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Montpinchon - Notes historiques et archéologiques


Montpinchon, Monspincon, Monspinchon.

L’église se compose du chœur, d’une nef et de deux petites chapelles. Il existe une troisième chapelle du côté de l’évangile, le long du chœur avec lequel elle est mise en communication par deux arcades. Celle-ci remplace une ancienne chapelle érigée sous le vocable de saint Laurent, qui se trouvait auprès du cimetière et qui était tombée en ruines.

Le chœur et la nef sont voûtés en bois, et la nef est traversée par plusieurs poutres sur lesquelles posent de petites colonnes qui soutiennent la voûte. Les deux chapelles, entre chœur et nef, sont voûtées en pierres.

Le mur occidental est percé d’une fenêtre à deux baies ogivales, divisées par un meneau, et encadrées dans une arcade cintrée. Celui à l’Est est droit et percé d’une grande fenêtre à ogive.

La nef, vers le midi, est éclairée par trois fenêtres, deux rondes et une du XIIIe ou du XIVe siècle qui est à ogive, longue et étroite. Le mur du chœur, au même orient, est percé de deux fenêtres à ogive trilobée.

La tour, voûtée en pierres, est établie entre chœur et nef. Ses arcades sont ogivales, et sa flèche en pierres, qui peut être du XVe ou du XVIe siècle, est éclairée par quatre fenêtres lucarnes que surmonte un petit fronton.

L’autel est décoré d’un contre-rétable avec une gloire et des pilastres chargés d’or qui supportent un entablement.

La croix du cimetière est du XVIe siècle. Une partie du piédestal est couverte de fleurs déchiquetées.

L’église est sous le vocable de Notre-Dame. Elle appartenait à l’archidiaconé de la chrétienté et au doyenné de Cenilly. Sa taxe pour la décime était de 92 livres. Le patronage était laïque, et le seigneur du lieu présentait à la cure. Dans le cours du XIIIe siècle, Guillaume de Montpinchon exerçait seul le droit de patronage, et le curé était seul décimateur. Dans le siècle suivant, le patronage se partageait entre Guillaume de Pirou, chevalier, seigneur de Montpinchon, et Robert du Pont-Berengier, écuyer. A la mort du curé, ils exerçaient alternativement leur droit de patronage : Quando rector dicte ecclesie defunctas est unus patronorum confert singulariter sua vice, ad hoc altero non vocato, et alter confert ipso rectore mortuo pari forma.

Il y avait dans la paroisse plusieurs granges aux dîmes ; il est vrai aussi que la dîme se partageait en plusieurs portions. Une part appartenait au curé ; une autre au chapitre de Coutances ; une troisième au seigneur ; une quatrième à la chapelle du seigneur de Valleya ; une cinquième à la chapelle Saint-François dans la cathédrale ; et une sixième à Jean de Brecey. Le curé avait une habitation, un jardin et environ un acre de terre.

Il existait dans le manoir de Guillaume de Pirou une chapelle à laquelle le seigneur présentait. Le vicaire qui la desservait n’avait pas charge d’âmes ; il ne devait qu’y célébrer l’office. Elle était sous l’invocation de saint Julien.

Faits historiques

Montpinchon avait une foire dès le XIIe siècle ; ainsi, on trouve que le pape Innocent III, dans les premières années du XIIIe siècle, confirme à l’abbaye de la Luzerne les dîmes de la foire de Montpinchon. [1] C’est sans doute cette foire qui se tient encore à Montpinchon chaque année, le 11 du mois d’août, et qu’on nomme la foire Saint-Laurent.

L’état des fiefs de l’élection de Coutances, rédigé dans le cours du XIVe siècle, nous fournit quelques détails sur les fiefs de Montpinchon. On y lit : « M. Eustache de Pirou chevalier seigneur de Montpinchon tient un fié en parage de M. Jehan sire de Pirou et rent ledit chevalier par les mains de son prevost 50 s. pour layde au vicomte payés au vicomte de Coustances et doivent les vavasseurs dudict seigneur garder la Montmartin une nuict et un jour seulement et pour tout doivent être quittes es foires et marchés du roi et li vaut ledit fié par communes années 400 livres ou viron et est patron de léglise de Montpinchon pour la moitié qui vaut pour tout au dixième 120 livres. »

« Robert du Pont-Berenger tient en la paroisse de Montpinchon le quart d’un fié de chevalier en parage de M. Eustasse de Pirou à cause d’une acquisition quil fist à Ysabelle de Montpinchon et en faict audict chevalier les trois aydes coutumières de Normandie et à la moitié du patronage de la ville qui vaut au dixième 120 livres et vaut ledict fié 60 livres. »

Il y avait dans le XVIIe siècle trois fiefs nobles à Montpinchon : l’un appartenait à l’abbé et aux religieux de l’abbaye d’Aunay ; celui de Montpinchon à noble dame de la Salle, dame et patronne de la paroisse ; celui d’Outre-Soule était à Guillaume Cotelle, sieur de la Cattehoule. Il existait sur ce dernier fief une chapelle où la paroisse allait en procession à certains jours de l’année.

On comptait aussi à Montpinchon plusieurs moulins dont deux servaient à fouler les draps.

Dans le XVIe siècle, Jean de Cambernon était seigneur de Montpinchon. Olivier Martel qui épousa sa fille et unique héritière, Marguerite de Cambernon, usa du droit de patronage, appartenant à sa femme, pour nommer son frère, Etienne Martel, à la cure de Montpinchon. Cinq ans après, en 1550, le roi nomma Etienne Martel à l’évêché de Coutances : il lui donna aussi deux abbayes, celle de Saint-Jouvin de Marnes et celle de Saint-Melaine. Ce curé de Montpinchon qui prenait le titre de seigneur de Bacqueville, Cretot, etc., était l’arrière petit-fils du célèbre Guillaume Martel, dernier porte-oriflamme, tué à la bataille d’Azincourt. [2]

On trouve, dans les premières années du XVIIIe siècle, noble dame Marie-Marguerite-Madelaine Lecocq, veuve de messire Jean-Pierre Le Roux, chevalier, seigneur et patron de Montpinchon.

Le nom de Montpinchon fut jusqu’en l’année 1732 celui de la paroisse ; mais, alors, Caillebot de la Salle obtint du roi des lettres de commutation du nom de sa terre et seigneurie de Montpinchon en celui de la Salle. C’est ainsi que sur la carte de Cassini on lit : la Salle alias Montpinçon, et que jusqu’en l’année 1776 on trouve dans les actes Montpinchon-la-Salle, ou la Salle-Montpinchon ; mais lors de la réunion des deux marquisats de la Salle et de la Haye-du-Puits sous le titre de Caillebot-la-Salle, la paroisse se nommait Montpinchon-Caillebot-la-Salle, ou Caillebot-la-Salle-Montpinchon. En l’année 1789, elle reprit son nom de Montpinchon.

On voit cités dans les XVIIe et XVIIIe siècles Louis Caillebot, sieur de la Salle et Montpinchon. Il avait épousé Madeleine Martel, dame de Montpinchon.

Louis Caillebot, marquis de la Salle, marié à Jeanne Hélène Gillain du Port de Benouville.

Haut et puissant seigneur messire Marie-Louis de Caillebot, chevalier, marquis de Caillebot-la-Salle, de la Haye-du-Puits, seigneur et patron de Biville-la-Martel-en-Caux, comte de Roussillon, seigneur de Charpé de Marches et de Lépine en Dauphiné, baron de la Brosse, seigneur de Lapt, de Charte et de Fay en Velay, chevalier des ordres du roi, lieutenant-général de ses armées, gouverneur général de la province de la Haute et Basse-Marche, sénéchal et grand bailli d’épée du Puy et du pays de Velay.

Et Louis, marquis de Caillebot, major en second du régiment de Vintimille. Il épousa Mademoiselle de Maupertuis.

Le château de Montpinchon a été en partie détruit, il y a quelques années. La chapelle, sous le vocable de saint Julien, qui en dépendait, existe encore aujourd’hui ; mais elle est employée à usage de charretterie.

Source :

Notes

[1] Cartulaire de l’abbaye de la Luzerne.

[2] Mss. de M. Le Franc. Histoire des évêques de Coutances, par l’abbé Lecanu, pages 285 et 302.