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Hudimesnil - Notes historiques et archéologiques


Hudimesnil, Heudoinmesnillum, Heudin-Mesnillum, Heudimesnillum.

Ce mot signifie demeure, habitation de Eudes.

L’église présente peu d’intérêt. Le chœur est du XIVe siècle. Il est voûté en pierres, et ses arceaux, les uns croisés, les autres parallèles, retombent sur des colonnes dont quelques unes ont été coupées au-dessous du chapiteau.

On remarque, dans le mur méridional, une porte cintrée, ornée de simples colonnettes. Aujourd’hui elle est bouchée. Les fenêtres ouvertes dans ce mur sont à ogives et étroites.

Les murs du chœur, dans la partie la plus voisine de l’autel, offrent deux oculus, simples et sans moulures. Le mur septentrional n’est même percé que par un de ces oculus.

Les contreforts qui tapissent les murs du chœur ont peu de saillie.

La tour, placée entre chœur et nef, est aussi du XIVe siècle. Elle est pareillement voûtée en pierres, et ses arceaux croises tombent sur des colonnes engagées. Ses arcades sont ogivales. Elle est couronnée par un petit toit à double égout, muni à chaque angle d’une gargouille sans caractère.

La nef n’est pas voûtée, et sa charpente est à nu. Cette partie de l’église est de construction récente, comme l’indique l’inscription suivante, placée à l’intérieur, au-dessus de la porte principale :

NEF RECONSTRUITE
EN 1837.
M. TAPIN MAIRE,
M. HARASSE ADJOINT.
M. COULOMB CURÉ.

La petite chapelle dans laquelle est placé l’escalier qui conduit dans la tour est du XVe ou XVIe siècle. Les contreforts, placés sur les angles, annoncent cette époque.

On remarque dans les murs du chœur et de la nef des crédences sans aucun style.

La sacristie s’accède par deux portes, placées l’une à droite, l’autre à gauche de l’autel. Ses murs sont à pans coupés.

Dans le cimetière, sur une pierre tombale, j’ai lu l’inscription suivante :

ICI REPOSE
LE CORPS
DE M. ANDRÉ LEONOR
POTIER DE LA VARDE
ECUYER
MAIRE
DE CETTE COMMUNE
DÉCÉDÉ
LE 2 SEPTEMBRE 1827
AGÉ DE 50 ANS
PRIEZ DIEU
POUR LE REPOS
DE SON AME.
 [1]

L’église est sous le vocable de Notre-Dame. L’abbaye de Savigny en avait le patronage, qui lui avait été adjugé le 12 septembre 1300, aux assises de Coutances, par Dreu-Pelerin, grand bailli du Cotentin. Elle nommait à la cure, taxée à 50 livres pour décime, et qui dépendait de l’archidiaconé de la chrétienté et du doyenné de Saint-Pair.

Dans le XIIIe siècle, le curé n’avait que le casuel, et encore devait-il donner un marc d’argent à l’abbé de Savigny, qui prélevait une gerbe. Les deux autres gerbes appartenaient à l’abbé et au prieur de Fougères. On voit que dans le siècle suivant le curé avait la dîme des novales, une habitation avec cinq vergées de terre. Il payait seize sous pour la chape de l’évêque : solvit sexdecim solidos pro capa episcopi.

Il existait dans cette paroisse, à peu de distance de l’église, une chapelle qui, aujourd’hui, tombe en ruines. Elle était sous le vocable de sainte Suzanne.

Faits historiques

Hudimesnil relevait du comté de Mortain. Ainsi, dans un accord conclu entre Raoul de Fougères et Gui Mauvoisin, au sujet de l’héritage du comte Eude, confirmé par saint Louis, Raoul cède ses droits sur Hudimesnil, qui dépendait de Mortain. Cette paroisse figure encore sous le nom de Heudoinmesnil dans l’acte de partage du comté de Mortain qui se fit après la mort de Philippe, comte de Boulogne.

Un acte de 1327 nous fait connaître quel était alors le revenu de Hudimesnil. On y lit : « Fouques de Chanteloup tient du roy nostre sire Hudimesnil et vaut de revenu 220 livres ou environ. Item il tient du roy le fieu aux Vallées en la Messarderie et vaut de revenu soixante sous ou viron. »

Dans le XVIIe siècle, on comptait deux fiefs nobles à Hudimesnil. L’un, le fief de Savigny, appartenait à l’abbé et aux religieux de Savigny.

L’autre, le fief de Fougères, était celui de l’abbé et des religieux de Fougères. Paul-François Brohon, lieutenant en la vicomté de Granville, en était le sénéchal. Ce fief leur avait été donné par les seigneurs de Fougères, ainsi que le prouve un aveu de l’an 1327, dans lequel on lit : « L’abbé et le couvent de Rille de Saint Père de Fougères au diocèse de Rennes tiennent un tenement en la vicomté de Coustances assiz ès paroisses de Hudimesnil, de Coudeville et de Breville et y ont gage plège cour et usage du don des seigneurs de Fougères et vaut de rente bon an mal an sauves leurs dixmes douze livres ou viron. »

Les autres terres de la paroisse relevaient de la baronnie de Bréhal, et appartenaient au duc de Longueville.

Il y avait aussi deux moulins à eau et à blé. L’un, nommé le Moulin Dupont, appartenait au sieur de la Brétonnière des Iles. Il relevait de la sieurie de Hudimesnil, que possédait alors la duchesse de Longueville, et il valait 150 livres. L’autre, le Moulin de Parquet, d’un revenu de 100 livres, appartenait à Jacques Payen, sieur de la Gavauderie.

Hudimesnil avait une prévôté qui dépendait du duché de Longueville. En l’année 1571, Guillaume Philippe on était le fermier. [2]

On remarque vis-à-vis de l’église de Hudimesnil une maison du XVIe siècle. Sa porte principale est cintrée, et une de ses fenêtres offre un linteau avec une accolade. Au-dessus de la porte, il existe une petite guérite, soutenue par trois consoles, et qui est éclairée de chaque côté par une petite ouverture en forme de meurtrière. L’escalier est placé dans une tourelle dont une fenêtre annonce aussi le XVIe siècle. Les murs sont percés de petites ouvertures qui permettaient de voir ce qui se passait à l’extérieur.

Source :

Notes

[1] Il était fils de Guillaume-Nicolas-Léonor Potier de La Varde et de Louise-Françoise de Mary. Il avait épousé Catherine-Bernardine de Chantepie.

[2] Dans de nombreux titres féodaux, on trouve souvent mentionnés sous le titre de prévôts, les agents préposés par les seigneurs pour la perception des rentes et redevances féodales. De là cette dénomination si fréquente de prévôt fermier.