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Saint-Germain-le-Vicomte - Notes historiques et archéologiques


Saint-Germain-le-Vicomte, Sanctus Germanus Vice-Comitis.

Cette paroisse doit aux travestissements officiels de se nommer aujourd’hui Saint-Germain-sur-Sèves. [1]

L’église est insignifiante : le mur absidal est à pans coupés ; les fenêtres sont de forme carrée ; le chœur et la nef sont voûtés en bois et couverts en chaume.

La tour, placée à l’occident, est carrée et terminée par un toit à quatre pans ; elle renferme deux cloches. On lit sur l’une :

L’AN 1823 J’AI ÉTÉ BÉNITE PAR M. CHARLES MAUVIEL,
PRÊTRE CURÉ DE CE LIEU,
ET NOMMÉE SOPHIE PAR MESSIRE
PHILIPPE JEAN BAPTISTE NIGOLAS DE GOULHOT SAINT GERMAIN
CHEVALIER DE ST LOUIS, OFFICIER DE LA LÉGION D’HONNEUR,
ET PAR DAME MARIE FRANÇOISE CHARLOTTE SOPHIE DE MARNE.
************
LES GRENTE DE HAMBYE M’ONT FAITE
.

et sur l’autre :

L’AN 1834, J’AI ÉTÉ DONNÉE PAR MARIE LEDIAN,
ET BÉNITE PAR M. SAVARY, CURÉ DE SAINT GERMAIN,
ET NOMMÉE EDME ANGELIQUE
PAR M. BOURBOULON DE SAINT EDME,
RECEVEUR GÉNÉRAL A SAINT LO,
ET ANNE MARIE ROSINE
PAR MADAME BRENNER DE SAINT GEBMAIN, SA BELLE FILLE.
************
LES FRÈRES GRENTE M’ONT FAITE
.

Dans le cimetière, on remarque plusieurs pierres tumulaires sur lesquelles j’ai relevé les inscriptions suivantes :

ICI REPOSE
PHILIPPE JEAN BAPTISTE
NICOLAS DE GOULHOT
DE St GERMAIN,
ECUYER CHEVALIER
DE L’ORDRE ROYAL
ET MILITAIRE DE ST LOUIS
OFFICIER DE LA LEGION D’HONNEUR,
INTENDANT MILITAIRE
CHEF DE DIVISION
AU MINISTÈRE DE LA GUERRE,
MORT EN SON CHATEAU
DE St GERMAIN-LE-VICOMTE
LE 24 JUILLET 1823.
PRIEZ DIEU POUR LUI
.

Les armes placées sur cette pierre tumulaire sont d’azur à la croix ancrée d’argent avec trois coquilles de même, 2 en haut et 4 en bas.

ICI REPOSE MARIE FRANÇOISE CHARLOTTE SOPHIE DE MARNE
VEUVE DE GOULHOT DE St GERMAIN,
DÉCÉDÉE EN SON CHÂTEAU DE St GERMAIN
LE 20 JUILLET 1842
.

Plusieurs autres pierres tombales, protégées par une grille, appartiennent à la famille D ?smaisons. [2]

L’église est sous le vocable de saint Germain ; elle dépendait de l’archidiaconé du Bauptois et du doyenné du même nom, et elle était taxée à une décime de 45 livres. Le patronage était laïque et le seigneur du lieu présentait à la cure. Dans le XIIIe siècle, c’était au chevalier Richard de Saint-Germain qu’appartenait ce patronage ; alors le curé était seul décimateur, et sa cure lui valait 47 livres : patronus Ricardus de Sancto Germano, miles. Rector percipit omnia, et valet xlvij lb.

Dans le XIVe siècle, le curé percevait encore toutes les dîmes, et il avait en outre un manoir avec deux acres et demie de terre, un pré contenant une demi-acre, et dans la campagne deux acres et demie de terre ; il payait pour la chape de l’évêque 6 sous, pour droit de visite 6 sous, et 20 deniers pour le saint chrême.

Il existe dans cette paroisse, suivant M. de Gerville, des carrières de tuf ou travertin dont à une époque éloignée, ont été faits ces cercueils qu’on a trouvés dans les environs de la chapelle du château.

Un Richard de Saint-Germain tenait à Nay un fief de chevalier, dépendant de l’honneur de Lithaire : Ricardus de St Germano tenet inde (sc. de honore de Lutehaire) feodum unius militis apud Naz. [3]

Jean de Saint-Germain, sieur châtelain et vicomte hérédital du lieu, fut député par la noblesse du bailliage et de la vicomté de Saint-Sauveur-Lendelin, afin d’assister aux séances qui se tinrent à Rouen pour la réformation de la coutume de Normandie.

François-Robert de Camprond, chevalier, seigneur vicomte et châtelain hérédital de Saint-Germain-le-Vicomte, dans le cours du XVIIe siècle, épousa noble dame Françoise Le Roux, dame patronne de Gonfreville.

Chateau De Saint-Germain

Le château de Saint-Germain-le-Vicomte a été retouché à différentes époques ; il était entouré de larges fossés dont quelques-uns existent encore ; l’eau qui les remplissait battait le pied d’une partie des murailles. Au-delà d’une première enceinte se trouvaient d’autres fossés sur lesquels un pont-levis était établi.

On remarque des portes, des fenêtres avec des arcades en accolade, ce qui annonce le XVe ou XVIe siècle. Plusieurs fenêtres sont surmontées d’un fronton triangulaire dont les rampants, garnis de crochets, reposent sur des têtes d’animaux.

Les tours ont subi des retouches importantes ; il en est deux qui, placées en encorbellement, se terminent par un toit conique couronné de deux personnages, Adam et Eve, qui font office d’épi : on remarque Eve offrant la pomme à Adam.

La chapelle est sans aucun intérêt. On indique encore l’emplacement où devait se trouver la prison qui dépendait du château.

La famille de Costentin de Tourville, a possédé le domaine et le château de Saint-Germain. Jean-Baptiste-César de Costentin, comte de Tourville, et neveu de l’amiral, épousa Charlotte-Renée de Camprond de Saint-Germain. [4] La comtesse de Tourville et son jeune fils furent inhumés dans l’église de Saint-Germain-le-Vicomte : leurs pierres tumulaires ont été profanées ; on en a détruit les inscriptions.

Le château de Saint-Germain passa dans la famille du Mesnildot, par le mariage de l’un de ses membres avec la fille de Renée-Charlotte de Camprond. Une demoiselle du Mesnildot le porta dans la famille de Vaubadon par son mariage avec Le Tellier de Vaubadon qui, en 1789, était encore seigneur de Saint-Germain-le-Vicomte et de Gourbesville. Madame de Vaubadon l’a vendu à M. de Goulhot dont le fils, M. de Goulhot de Saint-Germain, sénateur, le possède aujourd’hui.

Source :

Notes

[1] On écrivait autrefois la Seive, et, comme dans un temps on se servait de la lettre u au lien de la lettre v, quelques copistes ont fait de l’u une n : c’est ainsi que dans certains actes Sève se trouve transformé en Seine. Je saisis cette occasion pour revendiquer, en faveur de la paroisse de Hauteville, son véritable et historique surnom, qui est le Guiscard, le Guischard, et non la Guichard, ainsi que le disent depuis long-temps les actes officiels.— Annuaire de la Manche, 1856, 1ere partie, page 8.

[2] NDLR : certainement Desmaisons

[3] Voir le registre des fiefs de Philippe-Auguste.

[4] Plusieurs membres de la famille Camprond, de la paroisse de St Germain-le-Vicomte, furent, en l’année 1666, déclarés nobles d’ancienne noblesse.