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Brecey - Notes historiques et archéologiques

Suivies de : Un personnage célèbre né à Brécey : Louis-René Le Berriays


NDLR : texte de 1845, voir source en bas de page.


La commune de Brecey [1] couvre les deux flancs de la belle vallée de la Sée. Elle est bornée à l’ouest par la rivière du Bieu ou du Baudet, [2] au nord par le ruisseau des Parfondes, à l’est par quelques cours d’eau dont l’un s’appelle la Fontaine-à-la-Belle. La Sée la divise en deux parties de l’est à l’ouest, et sépare deux coteaux, l’un assez escarpé, l’autre plus étalé ; on la passe sur le Pont-Roulland et le Pont-de-Pierre ou de Brecey, devant lequel eut lieu un engagement entre les troupes de Gassion et les Nu-Pieds en 1639. Le sud est une ligne idéale tracée parallèlement à la rivière sur le coteau de la Butte-Julien. Le paysage de cette commune reçoit une physionomie particulière des sapins épars dans la campagne : son beau point de vue est du côté du Celland, sur la Butte-Julien.

Beaucoup de noms de cette commune ont un caractère ancien et rappellent quelque chose de l’histoire locale : la terre de l’Abbaye rappelle l’Abbaye de Savigny, à laquelle appartenait l’église ; [3] le Manoir ou la Tourelle rappelle les anciens seigneurs de Brecey. Le souvenir du vieux bourg revit dans les noms du Champ-de-la-Foire, de la Ville, des Portes des Pêcheries. Le Ham-Benoît rappelle les Saxons. Nulle commune ne montre plus que celle-ci les noms d’hommes dans les noms de ses fiefs et de ses hameaux. [4] Brecey est généralement latinisé Breceium ». D’après cette latinité, on pourrait croire que ce mot a la même signification que Bricqueville, [5] c’est-à-dire l’habitation de Bric eu plutôt de Lebrec. Mais dans un manuscrit du commencement du XIVe siècle, le Gesta Petri Regis, on trouve la forme de Burceium, [6], qui se retrouve encore dans la prononciation populaire de Beurcey. Sous cette forme se cache un nom propre normand qu’on rencontre dans le Domesday. Serlon de Burci y figure comme Sous-tenant dans le comté de Sommerset, et comme Tenant-en-chef dans ce comté et dans celui de Dorset. Il est vrai qu’un titre plus ancien que ce manuscrit, le Rôle de l’Echiquier pour la fin du XIIe siècle, écrit Breceium. [7] Mais quel que soit le nom qu’on adopte, Breceium ou Burceium, on doit lui reconnaître pour origine un nom propre, et lui donner la signification d’habitation de Lebrec ou de Burci. [8] Si le Livre Vert, à une époque peu reculée, a écrit Braceium : « Philippa domina de Braceio, » c’est une variante qui ne peut prévaloir contre les formes précédentes.

D’antiques voies sillonnaient le territoire de Brecey, la voie romaine d’Avranches à Vire qui, en quelques endroits, a plus de huit mètres de profondeur, et sur laquelle, à Tirepied, on a trouvé des monnaies romaines, [9] le chemin de Brecey à Villedieu qui rejoignait la voie Montoise près de cette localité, et le chemin Biardais qui allait vers l’antique bourg des Biards. Il y avait un gué à l’endroit du Pont-de-Pierre.

Le vieux bourg est le centre primitif de la population. C’est là sans doute que furent construites ces granges de Brecey grangias de Burceyo par un des plus grands abbés du Mont Saint-Michel, Pierre Le Roy, au commencement du XIVe siècle. [10] On y retrouve des noms qui attestent une certaine importance. Au XVIIe siècle Masseville écrivait : « Brecey, bourg et marché du diocèse d’Avranches et de l’élection de Mortain. Il y a plus de 2,400 âmes et un château magnifique. » [11] En 1698, M. Foucault portait encore plus haut le chiffre de la population : « Brecey, gros bourg sur la Sée, où il y a un marché tous les vendredis, qui contient 513 familles et 3,200 âmes. Claude de Vassy en est le seigneur, et l’abbé de Savigny présente au bénéfice. » [12] Les foires sont des preuves de l’importance d’une localité, et les foires anciennes prouvent l’importance d’une localité au Moyen-Age : Brecey a un grand nombre de foires, dont cinq existent depuis un temps immémorial.

Auprès du vieux bourg était l’habitation primitive des seigneurs de Brecey, la forteresse des guerriers de la Conquête . On appelle aujourd’hui l’emplacement le Manoir ; il était sur le bord du chemin Biardais, au flanc d’un petit coteau, dont le pied est baigné par la Sée, que l’on passait à gué, à une époque reculée, à l’endroit où s’est élevé le Pont-Roulland. Il y avait encore récemment une tourelle dont le nom s’applique encore au terrain. C’est là qu’il faut placer le château féodal de Brecey, le berceau des Brecey de la Conquête. [13] Leur château nous conduit à leur histoire.

Un seigneur de Brecey était à la Conquête. Il est appelé de Burci dans le Domesday, et de Brecey dans la liste de Dumoulin [14] et dans celle de Masseville. [15]. M. Desroches dit que le seigneur de Brecey reçut des biens dans le Worcestershire. [16]

Masseville cite encore le seigneur de Bressay, dans la liste des nobles qui prirent part à la croisade du duc Robert. [17]

Dans le Rôle de l’Echiquier pour l’année 1195, on trouve la redevance d’un seigneur de Brecey, dans le voisinage de Richard Silvain de Saint-Pois et de Pierre du Celland : « Hamel de Dreceio, r. cp. de Xx 1.  » [18]

Dans un rôle de 1272, cité par Laroque, [19] il y a un Robert de Brecey chevalier. [20]

Un registre du Mont Saint-Michel renferme une charte de Nicolas de Brecey, à la date de 1294 : « Casta Nich. de Breceyo pro excambio memorum abbatis. » [21]

Au XIVe siècle, Agnès de Brecey est inscrite comme bienfaitrice sur le Nécrologe du Mont Saint-Michel, où elle figure le 4 des nones d’avril.

Dans le même siècle, un clerc de Brecey devint le seizième abbé de Montmorel : Robert de Brecey fut inauguré en 1358. De son temps, en 1364, les troupes ennemies, navarraises et anglaises, envahirent le monastère de Montmorel et s’y retranchèrent. Bertrand Duguesclin les en chassa, et, persuadé que les moines ne s’étaient point opposés à cette prise de possession, il les condamna à 40 liv. d’amende, dont il les exempta cependant, quand il eut reconnu que les ennemis avaient pris le monastère par la force. [22]

Sous ce même siècle encore, figure sur le Nécrologe du Mont Saint-Michel, le donateur du fief de Brecey, le prieur Jean Eon. Une bulle du pape Luce mentionne le don à l’église d’Avranches du Moulin-Robert à Brecey.

A la fin du XVe siècle Monfaut contesta la noblesse de Jean de Maigny à Brecey : Roissi le trouva noble. En ce siècle, un seigneur de Brecey fut au nombre des chevaliers, défenseurs du Mont.

Dans le XVe siècle Brecey passa aux Vassy. A la fin de ce siècle, un d’eux embrassa le calvinisme, épousa Louise de Montgommery, sœur de Gabriel II, le constructeur du château de Ducey, et bâtit le château actuel de Brecey, auquel il adjoignit un prêche. C’est sans doute celui-là que Masseville désigne, lorsqu’il cite un de Brecey parmi les protestans de notre province. [23] La famille des Vassy, alliée aux Montgommery, l’était aussi aux seigneurs d’Harcourt. [24]

Gabriel-Henri de Vassy-Brecey combattit vaillamment à la bataille de Leuse, où il perdit la vie à la tête de sa brigade, en 1691. Il fit preuve de soixante-quatre quartiers de noblesse, lorsqu’il fut reçu chevalier de Saint-Lazare. [25]

Le château de Brecey et les Vassy sont cités dans la Recherche de Chamillard.

Les armes de Brecey étaient d’hermine au lion de gueule rampant. [26]

Le château de Brecey était aux Vassy à l’époque de la Révolution. A cette époque il fut nationalisé et vendu à un négociant de Granville, M. Campion.

Après la mention de l’ancien château-fort de Brecey, qui n’existe plus, et après l’histoire des seigneurs, se place naturellement la description du château de plaisance des Vassy qui existe encore.

Un Anglais observateur et quelquefois poète, M. le docteur Hairby, a assez bien peint le site du château et l’impression produite par la vue de ce monument, tel que le temps et l’homme l’ont fait. « Le paysage d’alentour renferme des ondulations étendues, ressemblant à quelques parties de l’Angleterre pour la richesse pittoresque, une rivière que l’on dit abonder en truites et une longue et étroite avenue qui marquait l’approche de la résidence d’un noble, avant que la haine de l’aristocratie causât la ruine des nobles édifices qui survivent comme des souvenirs de la désolation des familles qui tinrent un haut rang sur la terre. Là où les pas des guerriers résonnaient, où le clairon appelait à la bataille ou à la chasse, l’ignoble coq de fumier reste le seul habitant, et chante comme pour railler l’orgueil et la grandeur de l’homme. » [27]

Le château de Brecey est situé dans la vallée de la Sée sur un terrain plat : sa situation et sa fastueuse architecture révèlent des temps pacifiques et le luxe des grands seigneurs. Des chasses de châtaigniers [28] ou de hêtres conduisent au château dont on aperçoit d’assez loin les girouettes inclinées, les cheminées rouges aux ceintures blanches et les deux pavillons à toit aigu. Un beau lichen dore les murailles. Ce qui frappe d’abord à sa vue, c’est la désolation de ses cours, le délabrement de l’édifice et la mutilation de ses parties. Une des ailes a été détruite, l’autre est mal raccordée, le vaste écusson a été gratté, les fenêtres sont vides ou déshonorées par des planches ou des bottes de foin. L’intérieur inspire encore plus vivement les tristes pensées, parce que les souillures modernes sont mêlées de beaux débris du passé, statues, poutres peintes, plafonds sculptés, trophées d’armes, peintures, consoles armoriées. Le style du château de Brecey est plus simple que celui de Ducey, dont il est le contemporain : c’est le style de la Renaissance altéré par le XVIIe siècle. Il fut bâti vers 1620 par un de Vassy, seigneur de Brecey, qui avait épousé Louise Montgommery, la sœur de Gabriel II, lequel bâtit celui de Ducey vers la même époque.

La disposition générale offre deux façades à fronton infléchi, par derrière, deux pavillons peu saillans et, par devant, une aile en partie refaite et la naissance d’une autre aujourd’hui détruite. La construction est généralement plate et rectangulaire : Les seuls ornemens qu’on puisse signaler sont les modillons des corniches, des linteaux sculptés, des prismes encadrés, des plates-bandes et des écussons. L’entrée principale est plus simple que celle du château de Ducey et n’a pas de perron. Les matériaux sont le granit qui forme les reliefs et une brique très-mince qui remplit les fonds et communique à tout l’édifice un air pittoresque et original. Comme à Ducey, les caves sont fort belles : ce sont des voûtes robustes aux arêtes fines et bien filées, sur des parois robustes. On y remarque une salle, peut-être une salle de bains, dont l’élégante cheminée est portée par deux sveltes colonnes doriques monolithiques. La partie la plus grandiose de l’édifice, quoiqu’elle soit dure à l’œil, est l’escalier central carré qui s’élance des caves jusqu’aux combles sur ses quatre piliers carrés, avec des volées alternativement simples et doubles, bordées d’italiennes, les simples portées sur des voûtes à quatre travées peintes en grisaille, et les doubles appuyées au mur. Au rez-de-chaussée sont les salles à manger. Une d’elles naguère encore était toute brillante de peintures éclatantes, de guirlandes pendantes en bois sculpté et de dorures délicates. Ce beau revêtement et ce plafond splendide ont été récemment vendus à une descendante des de Vassy. Au premier étage on distingue surtout la salle des Gardes avec ses beaux trophées antiques, ses poutres revêtues d’arabesques bleu et or, avec des M et des V croisés, [29] ses lambris en grisaille, sa fastueuse cheminée à cariatides et à colonnes, ses statues, entr’autres la Force et la Paix. Dans les combles, on peut admirer de belles charpentes.

Le château de Brecey, comme celui de Ducey, fort remarquable en lui-même, est surtout précieux comme type dans les développemens et les altérations de l’architecture. Il appartient à cette décadence de la Renaissance dont le Palais du Luxembourg est le modèle, et dont Jacques Debrosse est l’architecte. Sous la régence de Marie de Médicis s’introduisit en France le genre italien qui altéra la Renaissance, ce gracieux compromis entre deux grandes architectures. Le pilastre succéda à la colonne, l’ove à la fenêtre et à la rosace, la corniche aiguë au chapiteau, l’arc en berceau à la voûte semi-circulaire ou ogivale, le relief en bossage remplaça les sculptures, la balustrade à l’italienne remplaça la broderie ouvragée. Une sécheresse régulière succédait à une richesse folle et exubérante. A cette époque, de 1600 à 1620, s’élevèrent le Luxembourg, la grande Salle des Pas-Perdus, le Val-de-Grace, le portail de Saint-Gervais : c’était l’époque des Delorme, des Lescot, des Ducerceau, des Debrosse, architectes habiles qui connaissaient la statique, et Vignole, mais qui n’avaient pas l’imagination puissante et riche des artistes du passé.

L’église de Saint-Martin de Brecey est un antique oratoire dont les parties romanes se retrouvent encore, spécialement dans les substructions du chœur où l’on voit quelques pierres d’ancien appareil, et dans la partie supérieure des contreforts méridionaux de la nef, repris évidemment en sous-œuvre. Les fenestrelles lancéolées du chœur, ou conservées, ou replacées dans un allongement récent, sont peut-être aussi contemporaines des contreforts, c’est-à-dire de la Transition. Le reste appartient à la période ogivale. A cette période appartiennent les contreforts solides et saillans qui flanquent le portail et la nef du côté du nord, le portail avec sa fenêtre géminée, peu délicate, remarquable par ses degrés dans son évasement intérieur, et ses statuettes dorées de saint Roch et de la Vierge. La tour est plus jeune que le reste de l’église, elle se termine en toit à double égout et se raccorde avec l’intérieur par un arc ogival assez bien traité.
L’intérieur d’ailleurs est pauvre en objets d’art et d’antiquité, si l’on excepte le baptistère en forme de sablier, et un tabernacle flamboyant qui a disparu devant un lourd et fastueux autel grec. La nef de Brecey, qui peut bien contenir 400 personnes, est littéralement toute dallée en pierres tombales. Ce vaste livre de granit, bosselé d’inscriptions, de ciselures, de croix, de calices, d’épées et d’écussons, est le nécrologe où sont venus s’inscrire des personnages de toutes les conditions. M. Desroches nous apprend que quelques-unes de ces dalles sont placées sur les sépultures de la famille de Roger de Talvende, [30] dont la postérité s’est éteinte dans ces derniers temps. Dans le cimetière est le dé de l’ancienne croix : on y retrouve des armes, celles sans doute du donateur ; on y remarque entre autres deux aigles adossés.

L’église de Brecey était un prieuré dépendant de l’abbaye de Savigny. Aussi trouve-t-on dans le Gallia Christiana, à l’article des Prioratus in Gallia modo extineti : « Breceium in diaecesi Abrincensi. »

En 1628, d’après le Pouillé du Diocèse, l’église de Brecey rendait 300 liv. Elle paya 15 liv. dans l’impôt royal de 1522. [31]

Le Pont-de-Pierre fut le théâtre d’un combat entre Gassion et les Nu-Pieds. Voici comment Richard Seguin le raconte : « Gassion fit ensuite marcher son armée sur Avranches, par Tallevende et par Gathemot. Les Va-Nu-Pieds s’étaient réunis et retranchés au Pont-de-Pierre, près du bourg de Brecey. Le maréchal les attaqua avec vigueur ; ils se défendirent pendant deux heures avec opiniâtreté, et lui tuèrent plusieurs officiers et vingt soldats. Le marquis de Courteaumer y perdit la vie ; mais Gassion étant parvenu à les tourner, ils abandonnèrent leurs retranchemens et s’enfuirent dans les bois. On les poursuivit chaudement, et trois cents furent taillés en pièces, deux cents faits prisonniers, et les autres se dispersèrent. Le maréchal, maître du Pont-de-Pierre, fit passer la rivière de Sée à sa troupe, et lui accorda un jour de repos. Le lendemain il la conduisit devant Avranches. Cette ville bâtie sur une hauteur, près de la mer, entre les rivières de Sée et de Sellune, était alors très-forte. » [32]

Louis-René Le Berriays

A Brecey est né un homme qui mérite notre sympathie pour sa valeur personnelle et son heureuse influence sur son pays qu’il représente dans sa principale spécialité, l’horticulture, sans cesser de le représenter dans ses nobles tendances de science, d’art et de littérature. C’est un de ces hommes d’intelligence et de cœur, qui sont compris de tous et deviennent populaires par cette modération d’idées et de sentimens qui est au fond la sagesse et la vertu. La variété de leurs facultés les rend appréciables à tous, le calme studieux de leur vie ajoute à l’autorité que donne une heureuse nature, la pureté des mœurs sanctifie l’amitié et l’admiration qu’inspire leur intelligence. Ces existences n’ont rien qui émeuve puissamment les élans de l’amour ou de la haine : on les contemple avec calme et avec sûreté : on sait que rien de discordant ne détruira leur harmonie, tandis qu’on a peur quand on regarde la vie du grand homme. Celui-ci est une montagne qui a des torrents et des volcans : l’autre une colline arrondie et cultivée où tout est fait pour le plaisir des yeux. Il suffit de voir le portrait de Le Berriays pour deviner toute sa vie : cette figure bonne et placide est celle de l’homme de bien, de l’homme en paix avec lui-même, cet œil pénétrant et doux est la révélation d’une intelligence modérée, cette bouche fine annonce l’esprit, cet élément du siècle, elle rappelle celle de Voltaire sans l’amertume. Si cet homme offre un grand attrait pour le cœur, il en offre aussi pour l’esprit : ces deux raisons, jointes à son influence locale, nous permettront de nous arrêter avec quelque complaisance sur la biographie de celui que j’appellerai le plus grand moderne de l’Avranchin, si la grandeur consiste dans la moralité et dans l’étendue des facultés. Nous emprunterons beaucoup à la Notice d’un autre homme de bien, qui consacre sa vie et sa fortune à faire le bien par les sociétés savantes : nous avons nommé M. Lair [33] Il travailla sur les notes d’un élève aimé de Le Berriays.

Louis-René Le Berriays naquit à Brecey, en 1722, d’une famille de cultivateurs. Ses heureuses dispositions engagèrent ses parens à le mettre aux études : ils l’envoyèrent au collège d’Avranches, dans ce vieux collège auquel il devait plus tard substituer un local digne de la science et de sa réputation. Il en sortit pour aller faire sa philosophie à Vire. A quatorze ans il avait terminé ses études avec la plus grande distinction. Quelques années après, il fut appelé à Paris par son grand-oncle, le père Biseault, Oratorien, qui lui enseigna la théologie, et qui voulut l’engager dans le sacerdoce ; mais, sa vocation n’étant pas assez prononcée, il ne prit que les premiers ordres. Il nous semble que Le Berriays garda toute sa vie cette douceur et cette modération qui caractérisaient cette belle école, savante et polie, des Oratoriens. Son penchant le portait vers la littérature ; mais le besoin d’une position le jeta dans l’enseignement : « Etat plein de dégoûts, mais dont il ne connut que les douceurs » dit son biographe, [34] à la pensée duquel nous ajouterons que ses seules compensations sont la conscience de faire obscurément un peu de bien, et l’amitié reconnaissante de quelques élèves de cœur et d’intelligence. M. Gilbert de Voisins, greffier en chef du parlement de Paris, lui confia l’éducation de son fils. Le précepteur se livra tout entier à son élève, jeune homme de grande espérance, et, profitant des leçons de ses différens maîtres, il apprit lui-même l’italien, l’anglais, le dessin, l’architecture et la musique. L’élève de Le Berriays devint président à mortier du parlement de Paris. Le magistrat réclama plus d’une fois les conseils du maître dans les circonstances difficiles que traversèrent les Parlemens. Le Berriays s’est toujours effacé, comme nous le verrons dans la suite, et il a dû avoir une grande part dans de grandes mesures. Quand le Parlement fut dissous, et que Gilbert de Voisins fut envoyé loin de la capitale, Le Berriays le suivit.

A Paris, Le Berriays avait été honoré de l’amitié de Racine le fils, de Gresset, Coffin, Lebeau, Crevier, Mirabeau père, Malesherbes, et de Buffon, Vilmorin et Duhamel. Cette société représente ses deux tendances, la littérature et l’histoire naturelle, celle-ci l’emporta : cela devait être.

Il connaissait les agronomes et les botanistes de l’antiquité, Théophraste, Virgile, Columelle, [35] Varron, et les modernes, Olivier de Serres, la Quintinye, Duhamel-Dumonceau. Ce dernier avait publié, en 1755, un Traité des Arbres et Arbustes : il désirait le compléter par un Traité sur les Arbres à fruit. On a dit qu’il proposa [36] à Le Berriays de l’aider dans son œuvre. La proposition fut faite par Le Berriays, comme Duhamel l’a exposé dans sa Préface. [37]
Son collaborateur ne se borna pas à décrire : il dessina et coloria un grand nombre d’arbres, avec un pinceau d’une exactitude admirable. Le Traité des Arbres fruitiers parut en 1765 et obtint un succès extraordinaire : Duhamel en retira toute la gloire : Le Berriays eut l’honneur de voir son nom cité au bas de la marge de la Préface. Dupetit-Thouars a cependant dit que ce livre était en grande partie son ouvrage. [38] Le Berriays méditait son œuvre à lui seul. En 1775 il publia en deux volumes in-8° le Nouveau de la Quintinye ou Traite des Jardins. Le premier est consacré au jardin fruitier, le second au jardin potager. Ce Traité lui valut une grande réputation : ce fut dans cette glorieuse époque de sa vie, au milieu des charmes de l’amitié et de la société des savans, lorsque ses amis lui faisaient entrevoir un siège à l’Académie des Sciences, et que M. Gilbert de Voisins lui offrait une pension considérable pour le déterminer à se fixer près de lui, ce fut alors qu’il voulut revenir dans son pays. Il choisit pour retraite la terre du Bois-Guérin, près d’Avranches, en face de l’admirable baie du Mont St-Michel. Après avoir fondé un jardin en cet endroit, il en fonda un autre entre Avranches et Brecey, à Tirepied position intermédiaire entre ses deux patries. Ce furent deux écoles dans lesquelles il enseigna, prêcha, popularisa l’horticulture. Pour cette mission il avait ce qui donne le succès : il réussissait dans ses cultures et parlait avec une élocution facile, aidée de connaissances très-variées. Il trouva cette poire de Louise-Bonne qu’on a appelée la reine de nos vergers, et attacha son nom à une variété de Colmar et à une fraise nouvelle, fille de la grosse fraise du Chili. [39] Ses cerises étaient remarquables par leur grosseur et leur saveur : dans un de ses voyages à Paris, il présenta à Louis XV des greffes de cerisier, que le roi voulut placer lui-même. Il avait introduit dans les environs d’Avranches cette Parmentière si mal accueillie, cette pomme de terre, ce froment de disette, ce grand bienfait des temps modernes.

Le troisième volume du Traité des Jardins parut sous le titre de Traité des Jardins d’ornement. Le jardin d’ornement est le caprice, l’art, la poésie des jardins, comme nous disons aujourd’hui. Le Berriays le concevait avec cette sobriété de détail et cette sagesse de formes qui le caractérisent, ou plutôt son esprit pratique s’en défendait : « Je ne parlerai, dit-il, ni de leur formation ni des ornemens vrais qui embellissent la nature, ni de ceux que le caprice semble n’avoir inventés que pour la rendre difforme et ridicule. Simple jardinier dans cette troisième partie comme dans les deux premières, je me bornerai à cultiver les arbres et les plantes qui servent à décorer les jardins. »

L’esprit humain se manifeste sous mille formes, et, pour qui sait voir, les faits en apparence secondaires et indifférens, se rattachent à une grande unité. Ainsi les jardins majestueux de Le Nôtre s’harmonisent avec la littérature pompeuse du XVIIe siècle. La littérature du dernier siècle avait encore beaucoup conservé de la régularité et de la sobriété du précédent. Les Jardins de Le Berriays, généralement consacrés à l’utile, sont un peu froids à l’imagination, même quand ils s’ouvrent à l’ornement. Les jardins de nos jours, admettent un élément que les siècles précédens ont peu connu, le caprice, et nous semblent reproduire cet esprit poétique d’indépendance, de sentiment vrai de la nature qui caractérise notre époque : il y a autant de distance entre nos jardins et ceux du siècle dernier qu’entre une description de Delille et une description de Lamartine.

Un Traité de l’Orangerie compléta son ouvrage. [40] On remarque ces expressions dans la Préface : « Pendant l’hiver, lorsque nos jardins n’offrent à nos yeux que le triste spectacle de la léthargie de la nature et des ravages du froid destructeur, si nous entrons dans une orangerie, nous croyons passer en un instant dans un autre climat, et sous un toit couvert de neige, nous trouvons l’air du printemps, une verdure brillante et même des fleurs. »

Pour populariser l’horticulture, et c’est un de ses plus beaux titres, il réduisit son ouvrage en un abrégé clair et précis, sous le titre de Petit de la Quintinye, qui parut en 1791, chez Le Court, à Avranches. [41]

Les orages de la Révolution ne pouvaient pas épargner celui dont la modération est la principale formule, et qui ne conspirait que contre la routine et les fausses méthodes. Il fut obligé de se retirer à Rouen où il resta caché jusqu’en 1794, époque à laquelle il revint au Bois-Guérin.

Il eut une grande part de conseils et d’influence sur l’organisation du jardin botanique de l’Ecole centrale établie à Avranches vers 1798. A cette époque se groupaient autour du vieillard, du philosophe du Bois-Guérin, [42] une réunion d’hommes remarquables, particulièrement comme amis de la nature, selon le langage d’alors. C’étaient M. Le Chevalier, professeur d’histoire naturelle à l’Ecole centrale et fondateur du Jardin des Plantes, M. Dubuisson, jardinier de l’Ecole, plus tard directeur du Jardin, qui fut associé au travail du Petit de la Quintinye, M. Cerisier, littérateur de goût et helléniste distingué, M. Le Moine, fondateur du jardin de l’Ermitage, M. le docteur Guérin, ce médecin si dévoué à la science et à l’humanité, M. Le Court, imprimeur habile et homme instruit, et les professeurs très-distingués de l’Ecole centrale. [43] Nous ne voyons pas sans admiration et sans émotion cette élite intellectuelle groupée autour du vieillard, et leurs entretiens variés dans ces beaux jardins : on pense involontairement à d’autres temps, quand on considère la science, la sagesse de ces hommes dans ces beaux jardins en face d’une magnifique nature, et nous ne pouvons nous empêcher de regarder cette époque comme une phase lumineuse de la vie intellectuelle d’Avranches.

Le Berriays avait une conversation remarquable, et nous ne pouvons mieux faire que de citer les paroles de M. Lair qui travaillait sur les notes de M. Barenton : « Sa conversation toujours instructive s’étendait sur beaucoup de matières, qu’on aurait cru devoir lui être étrangères. Il la rendait piquante par des citations, des anecdotes et des faits qu’il racontait avec un talent particulier. Sous ce rapport on est frappé de la ressemblance avec Evelyn, le traducteur anglais du Parfait de la Quintinye. Comme Evelyn il était aussi instruit dans les langues que dans les sciences. Au milieu de ses autres travaux, il avait continué de se livrer à l’étude des langues grecque, latine, italienne et anglaise. Il se fit même un plaisir d’enseigner le grec à l’âge de quatre-vingts ans à un jeune homme qu’il avait pris en affection. Il possédait la musique et il composait agréablement, si nous en jugeons par quelques morceaux que nous avons entendus. Il cultivait aussi la peinture. » Il est certain, et ses dessins [44] sont là pour le prouver, que ses peintures de légumes et de fruits sont d’une fraîcheur et d’une vérité parfaites. Ce mérite pittoresque brille avec éclat dans ses Haricots, et les planches qu’il prépara pour le grand ouvrage de Duhamel.

Le Berriays se distingua encore dans l’architecture : ses monumens sont encore parmi nous. Son œuvre principale est aussi maintenant l’édifice le plus considérable et le plus monumental d’Avranches, le collège qui s’éleva sur ses plans, avec le concours de l’évêque, M. de Belbeuf, de M. Ferrey-Montitier, lieutenant du bailliage, et de la générosité publique. Il fit l’hôtel du Motet : c’est à lui qu’on doit les deux pans coupés qui forment l’entrée de la plus belle rue d’Avranches, de cette rue de la Constitution qui serait remarquable même dans une grande ville. On prétend que c’est lui qui rappela le projet ingénieux et hardi de Philibert Delorme pour la coupole de la halle aux blés de Paris. Il fit faire plusieurs constructions au château de Gros-Bois, qui appartenait à M. Gilbert de Voisins.

En 1800, il reçut de la Société d’Agriculture de Paris une médaille d’or et le titre de correspondant. La Société d’Agriculture et de Commerce de Caen fut à peine rétablie vers cette époque, qu’elle s’empressa de le recevoir au nombre de ses membres.

Homme pratique et utile, il avait commencé un travail sur le cidre et le poiré, et, à la formation du Jardin des Plantes, il avait émis le projet d’une pépinière destinée à la propagation des bonnes espèces de pommes à cidre [45] dans le pays. Prévoyant que le temps lui manquerait pour un ouvrage auquel il attachait beaucoup de prix, il désirait qu’il fût achevé par la Société d’Agriculture de Caen. Cet ouvrage est encore à faire : la brasserie du cidre et du poiré est abandonnée à une pratique routinière. Toutefois l’idée de Le Berriays a trop d’importance pour qu’elle ne se trouve pas tôt ou tard réalisée.

Il avait composé sur la fin de sa vie, sur les haricots, un Traité accompagné de quarante-neuf planches dessinées et peintes par lui, dont il fit présent à M. Barenton, son élève. Ce Traité, d’une écriture nette et ferme, ces planches exactes et brillantes, déposées à la bibliothèque d’Avranches, prouvent toute la sagacité, la vigueur de main et d’esprit d’un vieillard de plus de quatre-vingts ans.

Il préparait les matériaux d’une nouvelle édition du Traité des Arbres fruitiers. Cette œuvre monumentale eût alors été presque toute de lui-même. Aux richesses qu’il lui avait fournies en collaborant avec Duhamel, dont la mort le laissait libre, il devait ajouter le fruit de sa longue expérience ultérieure, les variétés qu’il avait obtenues, les espèces qui avaient été introduites, il devait faire des corrections et des additions, entre autres un Traité entier des Arbres et Arbustes d’agrément. Il avait dessiné les planches. L’ouvrage eût formé trois volumes grand in-4°, et fidèle à son ancienne idée, et à sa mission popularisatrice, il eût réduit les dessins et le texte en deux volumes in-8°, sous le titre de Petite Pomone française. [46] Ces manuscrits furent déposés dans les mains de M. Le Court : on ne sait ce qu’ils sont devenus. Il venait d’achever le troisième volume, lorsque la mort le surprit le 7 janvier 1807, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, et, comme le fait remarquer M. Lair, à peu près à l’âge où moururent Le Nôtre, Evelyn, Duhamel et La Quintinye. Il semble qu’une vieillesse longue et exempte d’infirmités s’attache aux doux travaux du jardinage. [47] Dans Le Berriays, l’homme de bien ne le cède pas à l’homme d’intelligence : la grande idée morale de toute sa vie fut le perfectionnement et la propagation de l’agronomie et de l’horticulture : occupations saines au corps, sereines et purifiantes pour l’âme, qui réalisent l’idéal d’Horace : Mens sana in corpore sano. Il tendit la main à quiconque voulut s’instruire, et ouvrit souvent sa bourse aux malheureux. Il a eu un grand bonheur, qui serait à son comble, s’il vivait aujourd’hui : il vit fructifier ses leçons et l’Avranchin devenir un jardin et Avranches un parterre. En donnant à notre pays ce qui fait son originalité industrielle et sa richesse commerciale, Le Berriays a été un de ses plus grands bienfaiteurs.

Il nous a semblé que Le Berriays, homme d’esprit ferme et d’observation sagace, manquait dans ses livres d’une faculté précieuse, sans laquelle un homme est incomplet : c’est cette faculté qui précède et annonce les généralités scientifiques, qui du réel extrait l’idéal, qui vivifie le fait et l’abstraction, qui colore, échauffe et harmonise, sans laquelle la nature n’a pas d’âme, l’art n’a pas d’infini, la science n’a pas d’idéal : cette faculté, c’est l’imagination. Elle n’est pas, comme on l’a dit, la mère des songes, c’est la plus haute puissance du réel ; elle n’est pas la folle du logis, elle en est le rire, la grâce, et l’hôtesse courtoise et brillante. Elle n’est pas le vin des démons comme l’appelait Bacon : elle est cette douce ivresse qui embellit les objets, cet enthousiasme qui élève vers des régions nobles et sereines : elle est la muse des poètes, la mère des arts, et l’âme de cette nature qui ne serait pour la science pure qu’une matière organisée. Le Berriays, qui vivait au milieu des populations végétales, merveilles de tous les points de la terre, qui habitait dans un des plus beaux sites du monde, n’admire, ne tressaille, n’aime jamais. C’est à peine si, dans ses courtes préfaces, il laisse échapper un mot du cœur, un élan d’admiration en faveur des êtres brillans qu’il décrit. Les arbres d’ornement même, qui ont pour essence l’agrément et le beau, tandis que les arbres fruitiers ont pour but l’utile, le laissent aussi froid, aussi impassible. Ce n’est pas qu’il faille voir tout l’homme dans ses livres : nous savons bien que celui qui avait fait des végétaux la passion de sa vie devait les aimer, les admirer, à raison même de son intime connaissance : mais, dans ses livres, Le Berriays est resté l’homme pratique, l’homme utile, le descripteur impassible, le jardinier, comme il s’appelle lui-même. La poésie ne doit pas usurper la place de la science ; mais elle doit lui donner la lumière et la chaleur. Ce n’est qu’à de très-rares momens que Le Berriays s’anime et colore. Une phrase caractérisera sa manière : dans son admiration pour la Normandie et le beau pays d’Avranches, il s’exprime ainsi : « Si, au printemps, on jette les yeux sur nos arbres fruitiers en fleurs, sur un pêcher, un cerisier, un pommier, peut-on envier à la Chine et au Nouveau-Monde leurs arbres les plus vantés ? » [48]

Il avait à un haut degré une qualité qui n’est pas une faculté, mais une méthode, qui n’est pas le génie, quoiqu’en ait dit Buffon, mais qui est un instrument merveilleux du talent, c’est la patience, révélation de l’énergie, de la volonté, de l’amour du savoir et du calme de l’âme. La vie solitaire, un travail assidu, quelque gêne de fortune, [49] une réflexion constante sur mille sujets avaient donné à sa personne et à sa parole une gravité froide, voilée de quelque tristesse ; mais réservé avec les étrangers, les curieux et les visiteurs, il était expansif et riche d’idées et de confidences avec ses amis.

Pour couronner cette étude, nous emprunterons à un homme de bien ses paroles sur un homme de bien, et nous dirons avec M. Lair : « Pour achever l’éloge de M. Le Berriays, nous dirons de lui ce qu’on a dit d’un personnage célèbre du dernier siècle, qu’il fut le meilleur des hommes. Aussi son nom, resté en grande vénération dans la ville d’Avranches, n’y est-il prononcé qu’avec le sentiment de la reconnaissance. Heureux le pays qui a vu naître et qui a possédé un homme d’un tel mérite ! Il avait désiré ne pas mourir sans être utile à sa patrie. Ses désirs ont été doublement accomplis, puisqu’il est parvenu à faire aimer la science et à faire chérir la vertu. »

Source :

Notes

[1] NDLR : orthographié Brécey aujourd’hui.

[2] Bieu est un nom générique celtique pour signifier un canal, un cours d’eau. Le nom de Baudet est dans Cassini.

[3] Un coup-d’œil sur la carte de Cassini ou sur celle des cantons de M. Bitouzé suffira pour prouver cette assertion.

[4] Nomenclat. de 1735. Mss. de M. Cousin.

[5] En latin Bricavilla, Bricquevilla et Brecvilla.

[6] Mss. n° 14.

[7] Magnus Rotulus de Scaccario.

[8] Voir notre Introduction aux étymologies topographiques de l’Avranchin. Nous regrettons d’être forcé d’éparpiller dans le cours de cet ouvrage des étymologies locales dont l’interprétation n’a de force que par le rapprochement et les idées générales qui la justifient. Notre principe : « Le propriétaire donne son nom à la propriété », appliqué à la terminologie normande, a besoin, pour paraître vrai, des développemens historiques et philosophiques dont nous l’avons entouré. Nous faisons cette remarque pour toutes les étymologies particulières. Voir la Revue Archéologique du département de la Manche, tom. 1er.

[9] Cette découverte a été signalée par M. de Gerville dans les Mémoires des Antiquaires de Normandie.

[10] Gesta Petri Régis, Mss. n° 14.

[11] État géographique de la Normandie.

[12] Mém. sur la Gén. de Caen.

[13] Dans ses beaux travaux sur les châteaux du département de la Manche, M. de Gerville dit, après avoir infructueusement cherché, qu’il faut trouver à Brecey l’emplacement d’un ancien château : « Il est indubitable que le lieu de la Tourelle ne soit cet emplacement. »

[14] Hist. du duché de Normandie, p. 188.

[15] Hist. de Normandie, tome 1er, p. 199.

[16] Hist. du Mont Saint-Michel, tom. 1er, chap. II.

[17] Hist. du Mont Saint-Michel, tom. 1er.

[18] Stapleton, Magni Rotuli de Scaccario, tom. 1er. Nous tenons à conserver la physionomie des vieilles écritures, et nous citons fidèlement cette tachygraphie de l’Echiquier. Comme cette formule revient souvent, nous l’interpréterons ici : « Hamel de Breceio reddidit comptum decimae XX librarum. » Cette tachygraphie rappelle celle du Domesday, mais elle est plus facile à déchiffrer.

[19] Histoire de la maison d’Harcourt.

[20] a Ap. M. de Gerville, Châteaux du département de la Manche, quatrième volume des Mémoires des Antiquaires de Normandie.

[21] Registre, Mss. n° 14

[22] Gallia Christiana, tom. XI, col. 556.

[23] Hist. de Normandie, t. V, p. 132.

[24] Masseville.

[25] Richard Seguin, Industrie du Bocage, p. 267.

[26] Dumoulin, Catalogue de la Croisade.

[27] Descriptive and historical Sketches of Avranches and its vicinity, p. 163.

[28] Les plantations d’autrefois sont cependant tombées : « Les plantations qui l’environnaient sont abattues, » lit-on dans le Guide pittoresque du Voyageur en France.

[29] Chiffre des Vassy-Montgommery.

[30] Hist. du Mont Saint-Michel, XIIe siècle.

[31] Mss. de M. de La Villeberge.

[32] Hist. militaire des Bocains, p. 405. Courteaumer fut tué à Avranches.

[33] Notice sur M. Le Berriays, tom. 1er des Mém. de la Société d’Agriculture de Caen, faite sur des notes de M. Barenton, élève de Le Berriays.

[34] Notice de M. Lair.

[35] Voir la Préface des Haricots, Mss. à la bibliothèque d’Avranches.

[36] Notice de M. Lair.

[37] « Les matériaux sont restés dans mon cabinet pendant plus de vingt ans. Enfin, les ayant fait voir à un amateur, M. Le Berriays, rempli des mêmes vues et occupé des mêmes objets, il espéra pouvoir les mettre en œuvre ; les difficultés qui m’avaient arrêté ne lui parurent point insurmontables. Je ne lui dissimulai pas que diverses occupations importantes ne me laissaient que peu de temps à donner à cet ouvrage ; mais son zèle l’engagea à m’offrir de travailler avec moi pour finir les descriptions et les dessins imparfaits, et pour ajouter ce qui manquait des uns et des autres, se proposant de me mettre en état de m’acquitter avec le public des engagemens que j’avais pris de donner ce traité, qui complète celui des arbres et arbustes. » Préface, p. 3.

[38] Biographie Universelle.

[39] II dut cet honneur à M. Van-Mous, horticulteur belge, auteur de la Fructicologie.

[40] Ainsi l’œuvre entier se compose de quatre volumes in-8°. Il s’ouvre par un suave frontispice digne de Greuze, avec ces épigraphes : « Non oderis laboriosa opera et rusticationem creatam ab Altistimo.... Qui operatur terram suam satiabitur.... »

[41] i Deux vol. in-18. M. Le Court en donna une édition en 1807, l’année même de la mort de l’auteur. Cet imprimeur, qui était un homme instruit et qui a laissé des notes Mss., était l’ami de M. Le Berriays. Nous avons montré ailleurs ses démarches pour faire obtenir au vieillard la pension qui lui avait été promise par M. Gilbert de Voisins. (Voir la Biographie de M. Le Chevalier.) Manoury l’aîné, de Caen, donna une nouvelle édition du Petit de la Quintinye, il y a quelques années.

[42] Expression de M. Le Chevalier dans son Catalogue.

[43] M. Le Chevalier écrivait de Le Berriays : « Homme profondément versé dans l’agriculture, qui, dans un corps affaibli par les années, conservant toute l’ardeur de la jeunesse, écrit constamment pour le bonheur des hommes. »

[44] Ils sont à la bibliothèque d’Avranches.

[45] NDLR : Recherche cidre sur le50enligneBIS

[46] Cette idée a été réalisée en grand depuis par la Pomologie française, de M. Poiteau, et la Pomone française, de M. le comte Lelieur.

[47] M. Dubuisson, mourut à 79 ans des suites de la dissection d’un cachalot avancé ; M. Le Chevalier à 68 ans.

[48] Introduction, tom. 1er.

[49] Nous avons écrit dans la Biographie de M. Le Chevalier : « M. Le Court, imprimeur, pria M. Le Chevalier, qui connaissait MM. Louiche et Thouin, du Jardin des Plantes de Paris, de se faire l’interprète des besoins du vénérable agronome, et de solliciter une pension de 1,100 fr. auprès du ministre François de Neufchâteau, littérateur et poète, qui se plut à favoriser les gens de lettres. Cette pension lui était due par M. Gilbert de Voisins, dont les biens avaient été confisqués, et ses droits comme créancier de la nation n’étaient pas moins légitimes que ceux qu’il avait comme savant. »