Le50enligneBIS

Guillaume de Bricqueville - bio ancienne


GUILLAUME DE BRICQUEVILLE,

LIEUTENANT-GÉNÉRAL DE LA FLOTTE FRANÇAISE D'OUTRE-MER.

JPEG - 1.8 ko

a famille de Bricqueville, qui a produit tant d’hommes de guerre depuis les Croisades jusqu’à l’épopée napoléonienne a eu l’honneur de donner à la flotte française d’outre-mer son premier Lieutenant-Général en titre d’office. Ce grand-officier de la marine fut Guillaume de Bricqueville, sieur de Lavallée. On connait très-imparfaitement sa vie. Troisième fils de Guillaume, seigneur de Bricqueville et de Bretteville, et de Marie d’Urvie, if naquit à Bretteville-en-Saire [1] vers 1569. Ce fut par inclination et de fort jeune âge qu’il entra dans la marine, service peu honoré alors par la nation qui n’en sentait pas l’importance, et mal récompensé par le gouvernement qui daignait à peine s’en occuper. C’était sous le règne de Henri III : personne en France, du moins à la tète des affaires, ne se doutait de la vérité de ce mot de Thémistocle : Qui a la mer a tout.

En dépit de l’indifférence, et malgré les obstacles qui embarrassaient sa marche, Guillaume de Bricqueville sut se distinguer dans l’ingrate carrière qu’il avait embrassée ; il se fit remarquer par la Cour, et parvint enfin à faire apprécier ses services et à obtenir le suffrage de Henri IV. Ce grand prince, qui l’avait déjà gratifié en 1601 d’une pension de 400 écus, le nomma en 1602 gentilhomme ordinaire de sa maison et chevalier des ordres du Mont-Carmel et de-Saint-Lazare. En 1604, il lui accorda une gratification de 4,500 livres , pour le dédommager des pertes qu’il avait éprouvées devant Cherbourg, ou deux de ses navires s’étaient perdus dans une tempête.

Après quelques temps de séjour à la Cour, il obtint, le 20 février 1605, de Charles de Montmorency, grand-amiral de France, « un pouvoir illimité pour armer et équiper tel nombre de vaisseaux qu’il aviseroit pour aller faire des découvertes et former des établissement sur la cote septentrionale de l’Amérique ct surtout dans l’Acadie. » Par lettres-patentes du 8 mars suivant, Henri IV augmenta encore ses pouvoirs, en lui conférant le grade de lieutenant-général de la marine. On n’a aucun détail sur cette expédition, on sait seulement qu’elle eut lieu ; mais on ignore d’où elle partit et sur quel point de l’Amérique elle aborda. Il ne parait pas qu’elle ait eu de bons résultats.

Cependant Guillaume de Bricqueville était passionné pour les pays d’outre-mer, et plus encore peut-être pour la gloire ; il voulait coloniser quelque contrée lointaine pour y attacher son nom. Ses fonctions à la Cour, la commanderie de la Lande-d’Airou et autres faveurs dont il venait d’être comblé, ne purent le retenir en France. L’amour des voyages le poussa de nouveau sur les flots. Dans un acte écrit de sa main, et daté de la rade d’Aiguillon en Poitou, le 6 décembre 1612, il prend le titre de Lieutenant-Général de la flotte française d’outremer. Il mit à la voile peu de temps après, et se dirigea vers la côte d’Afrique. C’était sa dernière campagne. Arrivé au Sénégal, il remonta la Gambie avec sa flotille, et fut tué sur ce fleuve dans un combat contre les naturels du rivage, au printemps de 1613. Il avait 44 ans, et ne s’était point marié.

Vérusmor.

Notes

[1] La seigneurie de Bretteville-en-Saire fut d’abord possédée par la famille Picot. Une héritière de celle maison, nommée Cécille. la porta par alliance, au XIV« siècle à Jean de Bricqueville. Le château de Bretteville, situé nu pied d’une colline, sur le bord de la mer, était un édifice bâti à la romaine. Il a été rasé depuis 1830.