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Le Mesnil-Ozenne - Notes historiques et archéologiques


NDLR : La commune fusionne avec Saint-Osvin et La Boulouze le 1er janvier 1973, puis reprend son autonomie le 1er janvier 1985.


NDLR : texte de 1845, voir source en bas de page.


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ette petite commune, pour le plan, forme une espèce de chevron ou de feuille cordiforme ; pour le relief, elle offre principalement un plateau encadré par deux vallons, celui du Ruandel et celui du Manoir. Le ruisseau de Choisel la sépare de Montgothier et de l’arrondissement de Mortain ; une ligne presque idéale la limite du côté de la Boulouze, le Ruandel du côté de Saint-Osvin, le ruisseau du Manoir du côté de Marcilly. Comme les Chéris et Marcilly, cette commune a sa Cour. [1] La localité marécageuse du Souchet tire son nom des cyperus ou souchets qui s’y trouvent. [2]

L’étymologie de Mesnil-Ozenne est évidente : la loi générale des appellations topographiques, l’union de l’idée de l’habitation et de celle du seigneur, ressort clairement de cette expression dont les deux élémens sont parfaitement détachés. Le nom d’Ozenne ne se trouve pas dans le Domesday, mais il est encore porté dans l’Avranchin. Aussi les étymologistes sont-ils d’accord sur son interprétation. Après les Rôles de l’Echiquier [3] et les chartes qui donnent Maisnillum Ossenne, et le Registre des Synodes qui écrit Mesnil-Ozenne, Cenalis a dit Mansus Ozenne, [4] et le docteur Cousin Mansionile Ozanni ou Manile Ozanni. D’ailleurs le diocèse d’Avranches renferme beaucoup de localités aussi clairement dénommées : Le Mesnil-Rainfray, Le Mesnil-Bœufs, Le Mesnil-Thébault, Le Mesnil-Gilbert, Le Mesnil-Adelée, [5] etc. Le diocèse de Coutances, où domine le synonyme de ville, en offre encore beaucoup : Grimesnil, [6] Mesnil-Aubert, Mesnildrey, [7] Hudimesnil, [8] Vaudrimesnil, Neumesnil, Mesnil-Garnier, Mesnil-Hue, etc.

L’habitation du seigneur primitif, appelé Ossenne, s’élevait sans doute sur l’emplacement du manoir actuel, caché dans le pli profond d’un vallon du bassin de la Sélune, baigné par le ruisseau qui fait la limite de cette commune et de Marcilly, au pied d’un coteau d’où l’on jouit d’une très-belle vue. Ce manoir, dont l’âge ne remonte guère au-delà d’une centaine d’années, reçoit une certaine physionomie féodale de ses deux tourelles. Les écuries et les murs du jardin sont plus anciens. [9] Ce manoir avait une chapelle : on lit dans un registre de l’évêché, à la date de 1665 : « Erection de la chapelle Saint-Roch-du-Mesnil-Ozenne... Erectione et fundatione facta per nobilem virum de La Broize scutifierum dominum du Chastelier de quadam capella prope manerium dicti domini du Chastelier per suos predecessores extructa in parochia de Mesnil-Ozenne. » [10] Ces expressions apprennent que le sieur de La Broize relevait une antique chapelle bâtie par ses ancêtres. Outre son manoir, cette commune renferme le Petit-Mesnil.

Une belle avenue, gravissant un coteau raide, [11] rattache le manoir à l’église : celle-ci s’élève sur le plateau, à l’extrémité d’un promontoire. Les parties primitives sont en petit nombre : ce sont les deux contreforts et la fenestrelle du côté du nord, et les quatre statuettes insérées dans le pignon occidental. Une d’elles surtout est une complète expression de l’idéal du Moyen-Age, la mortification de la chair. Au-dessus est une madone mutilée, à la couronne fleuronnée, plus moderne et plus élégante. Les pierres angulaires et la bordure prismatique du pignon occidental viennent ensuite dans l’ordre du temps, et avec la madone peuvent rappeler le XVe siècle. Le reste est assez récent : le portail porte la date de 1741, quoiqu’il semble plus vieux. Le clocher en bois a succédé à un campanier dont les vestiges sont anciens. L’intérieur est sans intérêt, si on excepte une niche trilobée. L’ancienne cuve baptismale est dans le cimetière. [12]

Cette église avait pour patron l’abbé de Montmorel, et en 1648 rendait 400 liv. [13]

Le chef Ozenne, qui donna son nom à cette paroisse, n’a laissé que son nom comme souvenir historique. La série des seigneurs d’une localité peu importante serait assez difficile à retrouver. En 1180, Néel, fils de Robert, sénéchal de Mortain, rendait compte de 20 liv. pour Mesnil-Ozenne : « Nigellus filius Roberti r. ep. de xx so. de Maisnillo Ossenne. » [14] La seigneurie passa dans la famille de La Broize : elle y était au commencement du XVe siècle ; car le roi d’Angleterre confirma Pierre de La Broize qui rendit aveu de ses biens l’an VII du règne, et il fut mandé aux bailly de Constantin et vicomte d’Avranches laisser jouir. [15] Au XVIIe siècle, Julien de La Broize était seigneur de Mesnil-Ozenne. En 1698, c’étaient ses héritiers. Plus tard la terre seigneuriale est passée aux Saint-Léger. [16]

Dans l’Impôt royal de 1522, Mesnil-Ozenne paya 100 sous. En 1698, cette paroisse comptait 75 familles et 300 âmes. [17] En 1764, il y avait 85 feux. [18]

Source :

Notes

[1] Voir Courtils.

[2] Peu de localités ont des noms d’herbes : ici le Souchet, à Courtils, le Laichet, à Saint-Aubin-des-Préaux, la Prêle (equisetum), au Luot, la Fraisière.

[3] Magni Rotuli de Scaccario, tom. Ier, p. 9.

[4] Hierarchia Neustriae.

[5] Willelmus Aldeleia S. T., chef de la famille de Mesnil-Adelée, était à la Conquête. Add. Exon. Domesday. V. les Recherches sur le Domesday.

[6] Grisi Mesnilum.

[7] Drogonis Mesnilum. Voir l’art. de Mesnildrey.

[8] Eudi Mesnilum Mesnil-Bus, [[Mesnilum Buys.

[9] Mais la plus grande antiquité est sans doute le magnifique noyer qui est à l’entrée.

[10] Fonds de Saint-Gervais.

[11] Marquée dans Cassini.

[12] A l’angle du cimetière est une maison d’école, qu’on appelle la Frarie.

[13] Pouillé, p. 9.

[14] Rotuli de Scaccario. Stapleton, tome I, p. 9.

[15] Registre des Dons, etc., par Charles Vautier, p. 153.

[16] Mém. sur la Gén. de Caen.

[17] Mém. sur la Gén. de Caen.

[18] Expilly, Dict. des Gaules.