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Fleury - Notes historiques et archéologiques


NDLR : Texte de 1847 ; voir source en bas de page.


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leury affecte la forme générale d’un triangle, dont le tracé est en grande partie artificiel. La Tuerie, la Petite et la Grande-Hague, le Domaine, les Hauts-Vents, Chanteraine, les Mesnils, l’Hermitière, sont les villages dont les noms offrent le plus de signification.

L’église de Fleury est une des plus élégantes et des plus grandes églises de campagne de l’arrondissement. L’élévation de ses toits, l’élancement de ses contreforts et de sa tour, la capacité de son vaisseau lui donnent un air de grandeur, et les détails sobres, mais purs de ses murailles associent l’élégance à ce caractère. Elle a en outre un mérite d’antiquité, possédant encore des parties romanes. L’analyse y reconnaît la main de trois époques. Le roman apparaît dans l’opus spicatum du midi de la nef, les deux fenêtres du côté opposé, l’arcature à trois têtes et le bas de la tour : son if vermoulu, qui frappe par son antiquité et sa grosseur, s’associe par son âge à ces restes antiques. Le gothique a fait les parties brillantes et les plus étendues, la belle fenêtre de l’orient, qui doit être du XIVe siècle, la tour, élégante et élevée, soutenue de sveltes contreforts, la voûte du transept méridional, qui est du XVe siècle, la voûte du chœur, aux clefs de laquelle s’épanouissent de belles synanthérées, et qui doit être contemporaine de la fenêtre orientale. Les deux derniers siècles ont fait le reste de l’édifice. Quant aux détails, c’est la Pieta du porche, et l’inscription tumulaire que le badigeon a rendue illisible, le cube grossier des fonts, plusieurs statues anciennes, un devant d’autel d’arabesques végétales encadrant l’apparition de la biche miraculeuse devant saint Hubert, une autre Pieta assise sur un tombeau, une dalle sépulcrale de « noble seigneur François de S. Gilles, seigneur et patron honoraire de Fleury, 1683. » La statue de saint Gilles vient du château, où il devait naturellement y avoir une chapelle de ce nom. Un historien du diocèse [1] signale dans cette paroisse une chapelle du Gnesquet : la tradition en a perdu le souvenir.

Le logis de Fleury était à quelque distance au nord de l’église : il n’avait rien de remarquable. De sa chapelle de saint Gilles la statue du patron a été transportée à l’église paroissiale : le logis est détruit, la chapelle existe encore. Aux Saint-Gilles succédèrent les Bernard de Fleury.

Au nom, très-commun de cette paroisse, dérivé d’un nom d’homme [2] ou d’une brillante végétation, on ajoutait une affixe et on disait Fleury-le-Prieuré, soit parce que la paroisse dépendait du prieuré de La Bloutière, soit parce qu’elle même formait un prieuré. Les Pouillés du diocèse de Coutances établissent cette dépendance avec de nombreux détails : « Ecclesia de Flourie patronus prior de Bloteria decimam et percipit medietatem totius ecclesiae et facit deservire per duos canonicos ; rector alterius medietatis percipit totum illius medietatis et valet pro vicario XVIIj lib. prior de Bloteria decimam bladi abbas S. Ludi x quarteria frumenti. » [3]
« Dominus de Roullos dedit prioratui de Bloeteria medietatem ecclesie de Floreyo et dominus de Bruecourt dedit aliam ; prior et patronus ejusdem. Curatus ipsius percipit ea que pertinent ad altalagium et quatuor quarteria frumenti super decimam pro faciendo citationes dicte ecclesie, curatus habet septem virgatas terre elemosine vel cocirca. Prior percipit totam decimam excepta quadam parva portione quae spectat ad abbatissam Lexoviensem ; curatus solvit decimam de decem et octo libris et solvit octo sol, pro capa epsi. » [4]

Par une charte de 1171 à 1179, vidimée en 1502, un évêque d’Avranches fit un don sur l’église de Fleury : « Ricardus Abr. eps. dedit W. de Diva in ecc. S. M. de Flureio XII quart. frumenti annuatim reddendos per manum persone ejusdem ecclesie. » [5] Un Guillaume de Floreio et un Elias de Floreio sont cités dans les Rôles de l’Echiquier pour la fin de ce siècle. [6] Un acte de 1295 est relatif à une convention entre la Bloutière et Robert d’Harcourt sur les dîmes de Fleury. [7] Les droits que l’évêque d’Avranches avait sur cette église venaient de ce que Richard de Fleury, de 1185 à 1195, institua pour son héritier G. Tholomé, évêque d’Avranches. [8]

Source :

Notes

[1] M. Le Canu, p. 508.

[2] Les Rôles de l’Échiquier mentionnent Rog. Flore, et les Flori au nombre d’une dizaine.

[3] Livre Noir, fol. 44.

[4] Livre Blanc, fol. 89.

[5] Charte de St-Lo, qui nous a été communiquée par M. Denis.

[6] M. d’Anisy, p. 13 et 41.

[7] Abrégé de la Vie des Evêques de Coutances, p. J34.

[8] M. Stapleton, tome I, page 9.