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Villedieu - Notes historiques et archéologiques


En 1962, le nom de Villedieu est modifié officiellement en Villedieu-les-Poêles.


NDLR : Texte de 1847 ; voir source en bas de page.


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a commune de Villedieu n’a, pour ainsi dire, d’autres limites que la ville et la banlieue : c’est un triangle resserré entre la Sienne et des voies, riante et fraîche vallée qui contraste avec l’aspect sombre de la ville à laquelle, au premier coup-d’œil, on serait loin de donner son beau nom. Toutefois, Villedieu est la localité la plus originale de l’arrondissement, après le Mont-Saint-Michel, celle où le passé a le plus laissé son empreinte, soit dans les hommes, soit dans les constructions.

Vaste atelier, où l’on n’entend que le bruit du marteau sur l’enclume, et le sifflement de la fonte dans ses canaux, ou mugissent les fournaises, graves Cyclopum officinae, où la machine harmonise son travail et son bruit avec le travail et le bruit de l’homme, Villedieu dispense encore, depuis le XIIe siècle, au ménage sa brillante cuivrerie, à l’église ses encensoirs, ses croix et ses chandeliers, aux clochers leurs voix d’airain, au batteur en grange son crible et ses sas ; sa population laborieuse, loyale et fraternelle, se soutient encore par l’association charitable, comme au temps de ses statuts donnés par Charles V. Descendant des hommes groupés autour de la Commanderie belliqueuse, l’homme de Villedieu aime la guerre et les armes, dont il se sert avec autant de courage qu’il met d’habileté à les faire. Enfant de son travail, loin de toute aristocratie, l’ouvrier de Villedieu s’est formé un caractère démocratique qui l’a distingué dans la Révolution. Enfin, l’homme de Villedieu, ou, pour l’appeler de son sobriquet, le Sourdin, parle encore plus qu’ailleurs ce patois, précieux débris de notre vieille langue. Sa ville, où cependant la civilisation moderne fait rayonner huit grandes routes, a conservé sa physionomie antique : sur les ruines du château primitif, voilà sa belle église brodée ; voici sous ce coteau abrupte la chapelle de la Commanderie, voici son vieux Pont-de-Pierre et son corps-de-garde ; partout ce sont de vieilles maisons noircies par le temps et la fournaise, et des rues aux vieux noms, et des porches, et des hôtelleries, et tous ces restes du passé que nous allons essayer de décrire, avant d’en retracer l’histoire.

Villedieu se divise en trois parties, le quartier du Pont-de-Pierre, celui du Pont-Chignon, celui du Bourg-d’Envie, ainsi nommé, dit Toustain de Billy, à cause de son agréable position. [1] Villedieu a eu une enceinte murée : « Fortifiée et emparée. » Plusieurs lieux ont gardé leurs noms du Moyen-Age, le Paradis, la rue des Mezeaux, la ruelle au Mière, le Bieu, la Cour-d’Enfer. La ville avait trois portes, celle du Pont-de-Pierre, dont on a abattu récemment le corps-de-garde, [2] celle du Bourg-d’Envie dont on voit encore les arrachemens, [3] celle du Pont-Chignon, sur un terrain d’alluvion dans lequel on trouve beaucoup de débris. Dans cette enceinte se sont élevés plusieurs monumens, les uns encore debout, les autres disparus, un château, une église, une commanderie. Un quatrième quartier extra-muros, s’appelle le Bourg-l’Abbesse, parce qu’il appartenait à l’abbesse de Saint-Desir-de-Lisieux.

Il a dû exister un château à Villedieu : la tradition a gardé le souvenir d’un château appelé Boucan, érigé au milieu des marécages de la Sienne. Toustain de Billy et les deux historiens ont appelé ce lieu primitif d’un nom qui ne peut-être qu’une fantaisie, Siennestre, de l’expression : « ad Siennam existere. » On croit que ce château occupait l’emplacement de l’église actuelle : Toustain de Billy dit même que tout annonce qu’elle fut bâtie avec les matériaux du château Boucan.

Tout porte à croire qu’une église a été bâtie à Villedieu dans la période romane, les uns disent par le Conquérant, les autres par Henri Ier ; un vestige de l’architecture de cette époque existe encore : ce sont deux contreforts en moyen appareil, appliqués contre la façade occidentale. L’auteur [4] d’un mémoire sur cette église a regardé comme un reste de ces temps les modillons de la nef : mais l’ensemble de l’édifice appartient à la fin du XVe et au commencement du XVIe siècle. Cette église est une des trois plus belles de l’arrondissement, à part celle du Mont Saint-Michel. Quoique bâtie en granit, elle est remarquablement sculptée : les ouïes et les fenêtres de la tour, les balustres, les claires-voies sont remarquables comme sculptures, ainsi que les fenêtres du midi et les ornemens du chevet où l’on remarque des singes et des oiseaux d’une excessive impudence. Une chronique du XVe siècle rapporte que les armes de France décoraient un côté de la tour, tandis que les léopards se voyaient à l’occident. Il est probable que l’historien, confondant l’église romane et l’église gothique, a associé des attributs qui ne convenaient qu’à chacune d’elles. La troisième zone de l’église, par exemple, le sommet de la tour, est postérieure à l’incendie de 1634 ; la porte à accolades, qui s’ouvre dans la nef est de 1638. Les deux objets les plus remarquables de l’ornementation intérieure sont un tableau à compartimens, l’adoration du Saint-Sacrement, qui associe la naïveté du Moyen-Age avec les fantaisies du style rocaille : ensuite la chaire, peu élégante dans sa forme, mais brodée de bonnes sculptures. Les patrons les plus honorés de cette localité industrielle, sont saint Jean-Baptiste, patron des mégissiers ; saint Éloi, patron des forgerons ; sainte Anne, patronne des poêliers ; saint Hubert, patron des chaudronniers ; sainte Barbe, patronne des fondeurs de cloches. Les majors des confréries ou gardes ont une place privilégiée dans les chapelles de leur patron. La fête du sacre est célébrée dans cette église avec une pompe qui attire un grand concours de peuple. Elle se célébrait au Moyen-Age de la manière dramatique propre aux Mystères, c’est-à-dire avec une action et des personnages.

La Commanderie était située dans une presqu’île dont un canal, nommé le Bieu, a fait une île, qui s’appelle l’Ile-Bilheust. Un coteau escarpé la domine, couvert d’un bois appelé Bois-de-l’Hôpital. Il ne reste plus de l’ancienne Commanderie qu’un seul témoin, la chapelle Saint-Blaise, défigurée par les mutilations. La maison actuelle représente l’emplacement de la Commanderie. A un kilomètre de la ville, sur une ancienne voie pavée qui conduit à Mombray, est la chapelle Saint-Etienne, dont l’origine remonte à l’époque romane. A peu de distance étaient les fourches patibulaires : « En cette Commanderie, il y a un lieu patibulaire sur le grand chemin de Villedieu à Caen, au bout du champ de la chapelle Saint-Etienne, pour l’exécution des sentences criminelles. » Ce champ sert aujourd’hui de cimetière. On y remarque deux tombes, l’une couverte d’une table bronzée, ciselée en bosse d’une courte inscription et de cinq croix, celle du colonel Pitel ; l’autre celle de M. Simon Duparc, chapelain de l’hospice, mort en 1838 : « La reconnaissance publique, en élevant ce monument, a voulu honorer sa mémoire comme prêtre, instituteur et citoyen. »

La première mention historique que l’on trouve de cette localité est celle qu’en fait Guillaume de Jumiége, qui dit que Henri Ier donna à l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem la terre qui fut appelée Villedieu : « Quamdam terram in pago Abrincatensi, in qua illi servi Christi vicum, quem Villam Dei vocant, maximis privilegiis, regia munificentià munitum aedificaverunt. » [5]

Ces dernières expressions donnent lieu de penser que dès-lors Villedieu était riche et fortifié. C’est quelque temps après la donation royale, en 1170, que Toustain de Billy place la fondation de la première maison qu’il appelle l’Abbaye du Saint-Hôpital et ensuite Commanderie. « En 1170, l’ordre des frères de Saint-Jean-de-Jérusalem y fonda une abbaye connue sous le nom de Saint-Hôpital ; elle cessa d’être habitée, lorsque ses revenus furent abandonnés à un commandeur qui devint seigneur temporel et spirituel. On voit encore aujourd’hui les ruines de cette abbaye ou commanderie, et notamment une chapelle de la plus haute antiquité, dédiée à saint Blaise. » [6] Mais on a une copie d’une charte de Richard Ier qui ratifia cette donation à Spire en l’année 1194. Cet acte souvent invoqué par les commandeurs dans leurs papiers terriers, fut confirmé par Philippe-le-Bel et ses successeurs. Les commandeurs avaient à Villedieu une officialité : aussi Merrian, qui écrivait sa Topographia Galliae, en 1657, dit-il, commendatariam laute dotatam ; ibidem viget tribunal. En 1198, Henri II exempta la commanderie de Villedieu d’une somme de 4 liv. qu’elle devait à la taille de la ville de Coutances et du bourg de St-Pair : « In quietancia Hospital. de hoibz suis de Villa Di iiij. li pro 4. » [7]

Depping [8] dit que Henri II confirma aux frères hospitaliers de Villedieu, aux environs d’Avranches, la jouissance des droits qu’ils percevaient sur les marchés de Villedieu et Saultchevreuil, en commun avec l’abbaye de Notre-Dame-de-Lisieux.

Un titre, que l’on dit de 1050, mentionne le Pont-de-Pierre sous le nom de Pontem de Saltchevrol. [9]

Dans ce XIIe siècle, l’état religieux de Villedieu était ainsi réglé : « Eccl. de Villa Dei nostre diocesis fratres per hospitalarios S. Joh. Jerosolimitani deservitur. Episcopus Const. visitat in dicta eccl. et procurationem percipit per fratres hospitalarios dictos. » [10]

L’importance de Villedieu date de la fin de ce siècle : la catastrophe de 1157, qui détruisit La Lande d’Airou, attira autour de la Commanderie l’industrie qui faisait la spécialité de ce dernier lieu. Aussi une charte du 1186, en faveur de la La Luzerne, contient un don de blé ad mensuram de Villa Dei. [11]

En 1183, R. de Grisey donna à la Commanderie son corps à la vie et à la mort avec tous ses biens... Le don fut fait dans la chapelle Saint-Blaise, devant le frère Bernard, alors gardien de cet hôpital.

En 1250, Odon Rigault, venant de Saint-Sever, arriva à Villedieu qui dépendait de Saultchevreuil, et qu’il appelle Villa Dei de Saltu Capre. C’est là qu’il reçut la curieuse réclamation de N. de Hostreham, un des plus intéressans épisodes de ses visites et un document précieux pour le droit canon. [12]

L’église de Villedieu avait son sceau particulier : une charte du Livre Vert, de l’an 1256, mentionne « autenticum sigillum eccl. de Villa Dei de Saltu Capre. » [13] Il s’agit sans doute de l’église romane dont nous avons indiqué quelques vestiges dans l’édifice actuel. Alors l’ordre de Saint-Jean était dans toute sa gloire et sa fortune, et notre souvenir évoque dans cette localité ces religieux militaires, si bien peints par Walter Scott, qui retrouvait aussi des Villedieu dans son pays. [14] On les voyait en grand nombre, nobles et riches, autour de leur Commanderie, qui portait à son gable, leur croix de fer, vêtus de leurs manteaux noirs, avec une croix de toile blanche à huit pointes sur la poitrine, symbole de leur cœur, défi jeté à l’ennemi.

Villedieu de Saultchevreuil est cité dans un Mystère du XIVe siècle, intitulé le Miracle de Nostre Dame de Robert le Dyable, [15] dans un passage intéressant. Le duc de Normandie, ne sachant quelle mesure prendre envers son fils, Robert le Diable, prend le parti de le mettre au ban, et charge Huchon de crier ce ban jusqu’à Villedieu de Saultchevreuil :

Huchon, or tost, com diligens,
Va-t-en ou marchié, ne detries (tarde)
Et là, pour bani Robert cries
El toux ceulx qui sont de sa sorte
Et que nulz ne les reconforte ;
Mais c’on se painue de les prendre
Et d’emprisonner sans attendre ;
Et quant ainsi crie l’aras,
De ville en ville t’en iras
Ainsi crier, sans laissier lieu
Quoiqu’il soit jusqua Ville-Dieu
De Sanchemel
.
 [16]

Dans ce siècle, Villedieu fut entouré de fortifications, ainsi que le raconte un titre local : « J. de Vienne, admiral de France, ayant eu ordre du roy de visiter le pays de Normandie, fit rapport au roy qu’il seroit chose nécessaire et profitable que la ville et église de Villedieu de Saultchevreuil fût fortifiée et emparée pour tenir frontière aux Anglois de Cherbourg. Sur quoy frère Berard de Vienne, prieur de l’hospital de France, obtint de Charles VI qu’il luy fut permis de mieux fortifier et emparer laditte ville qu’elle n’estoit... Ce fut en ce temps que furent basties les portes et les murailles avec les fortifications. » [17] Nous avons les termes même de la charte de Charles VI, « pour clore, fortifier et fessoyer Villedieu. » [18] C’est Froissard qui nous parle « d’une chevauchée des Anglois de Chierbourg » sur Villedieu, à l’occasion de laquelle fut demandé et obtenu le droit de fortifier en 1385.

En 1406, le roi Charles VI donna des lettres-patentes pour l’établissement de la corporation des poêliers de Villedieu : « Pour le mestier de poeslerie en la ville de Villedieu de Saultchevreuil, » ou selon la traduction latine : In Villa Dei de Saltu Caprioli. Ces lettres, confirmées par Charles VII en 1428 et en 1434, sont des monumens très-curieux des maîtrises et de l’association au Moyen-Age, ainsi que d’intéressans documens sur l’industrie locale. Nous regrettons que leur étendue nous empêche de les citer. [19]

En 1460, l’évêque de Coutances, le cardinal de Longueil, fit une ordination dans l’église de Villedieu, ensuite dans celle de la Haye et celle de Granville. Ces ordinations s’appelaient ordinations de tournée per turnum et comprenaient les Ordres mineurs. [20] La première éducation cléricale était alors faite dans les presbytères.

Vers 1540, Cenalis écrivait sur cette localité : « Sub hierarchicaditione Constantiarum est Theopolis, vulgo Villedieu, ad amnem Siennae, caldariis artificibus oppidum scatens. » [21]

En 1562, une troupe de gentilshommes et de soldats saccagèrent Villedieu, et brisèrent les croix qui depuis se sont appelées les Croix-Brisées. En 1571, un incendie y dévora deux cents maisons.

Dans les troubles de la Ligue, en 1595, des habitans des paroisses voisines, appartenant au parti calviniste, firent irruption sur Villedieu et s’emparèrent de l’église. Embusqués dans le clocher, ils tiraient sur les bourgeois. Ceux-ci bloquèrent l’église, en fermant les portes avec des tonneaux pleins de terre. Pendant ce temps, de Vicques, gouverneur d’Avranches, celui qui avait pris le Mont Saint-Michel sur les Calvinistes, fut appelé, et les assiégés, pressés par la faim, furent percés à mesure qu’ils sortirent de l’église. Toustain de Billy donne aux Calvinistes pour chef les barons de Cérences et de Dragueville.

Le XVIIe et le XVIIIe siècle sont assez remplis de faits pour l’histoire de Villedieu, faits plus nombreux qu’importans, comme cela a lieu généralement pour ces temps, mais qu’une histoire locale ne peut omettre.

Dans ce XVIIe siècle furent bâties les halles magnifiques, dont Toustain de Billy et nos jeunes historiens ont donné la description. Elles étaient entourées de porches, et auprès était le pilori, avec son carcan de fer.

En 1606 furent plantées deux croix sur le lieu dit les Croix-Brisées, où l’on voit encore un pupitre en pierre : « Ce lieu servait de sépulture pour les corps morts de la peste ou de la lèpre. L’on y met encore aujourd’hui les enfans privés de la grâce baptismale. Au bout de cette place commence un ancien pavé, si bien travaillé qu’on n’en voit guère de semblable. Il a été construit, dit-on, par le Sr de Mesnil-Garnier. » En 1628, il mourut à Villedieu plus de deux cents personnes d’une maladie qui ressemblait à la peste.

En 1632, un grand incendie arriva, lequel fut causé par un feu d’artifice que tirait un nommé Le Herpeur, à qui ce malheur fit donner le nom de la Falmèche : le haut de l’église fut brûlé, et plus de cent maisons. [22] « Le belfrey qui porte les cloches fut refait en 1632, avec le dosme de la tour. » [23]

En 1696, M. de Rochechouart, commandeur, fit faire de grands travaux dans cette île Bilheust, dont les divers points ont des noms intéressans, le Bieu, le Havre, la fontaine du Rossignol ou du Secours. Des vitraux furent mis à la chapelle Saint-Blaise : on y voyait un écusson de gueules à la croix d’argent, surmonté d’un aigle d’or, entouré du chapelet de l’ordre de Saint-Jean. Un autre écusson en pierre fut apposé au-dehors, représentant une fouine passant sur un chef abaissé et une rosette au-dessous, le même qui ornait la troisième clef de voûte du chœur de l’église. L’île Bilheust renfermait encore un moulin, dont M. de Rochechouart fit les elides ou pierrées, et un four banal. Les armes de ce commandeur furent aussi sculptées sur le Pont-de-Pierre, qu’il fit réparer.

En 1683 fut faite la chaire de l’église, et eut lieu un incendie.

Les annales locales sont pleines, pour ces temps, d’incendies dont les causes sont variées : c’est la chute de la foudre sur l’église, c’est un feu d’artifice, c’est l’embrasement d’un tonneau d’eau-de-vie, du four à ban, de l’écurie du Louvre, etc.

La poste aux chevaux fut établie en 1704.

L’hôpital fut fondé, en 1717, par la charité de Jean Casier « qui a mérité d’avoir son éloge parmi les citoyens les plus recommandables de Villedieu, sa patrie... L’assiette de cette maison est dans un bel air... dans un lieu honoré du nom de paradis... »

Une disette affligea le pays en 1725 ; mais, grâce à l’association, elle fut moins cruelle à Villedieu qu’ailleurs : « Les pauvres du métier de poèlerie furent soulagés de la bourse commune.. »

Vers 1760, Jean Besnou, syndic de Villedieu, fit venir de Paris un ouvrier argenteur, nommé Michot, qui apporta dans cette localité cette industrie, et l’enseigna à Briens, dit Joli-Bois. [24] Le même Jean Besnou introduisit le travail de la dentelle, lequel, de Villedieu, a été transporté à l’hospice de Pontorson.

L’année 1798 fut signalée par l’écroulement d’une voûte de la nef. C’est vers ce temps que fut fait le portail actuel qui remplaçait une vieille porte mal construite et sans caractère : mais ce siècle est clos par un des événemens les plus remarquables de l’histoire de Villedieu.

«  Le 15 novembre 1793, une trentaine d’éclaireurs de l’armée vendéenne, venant d’Avranches, entrèrent inopinément à Villedieu. On ne leur opposa aucune résistance. Ils se contentèrent de brûler les papiers de la mairie, d’abattre l’arbre de la liberté, de boire le vin du maire, du commandant de la garde nationale, et d’autres citoyens. Malheureusement, leur petit nombre fut la cause d’une grande calamité. Le dimanche 17, un certain nombre d’habitans, aidés de quelques paysans de Beslon, voyant arriver vers une heure après-midi un petit nombre de cavaliers, qui formaient l’avant-garde d’un corps de deux à trois mille hommes, ayant de l’artillerie, pensèrent qu’ils n’étaient pas plus nombreux que le vendredi... Aussitôt ils tombèrent sur les Vendéens et les exterminèrent. Ceux qui s’échappèrent furent donner avis à la troupe qui arrivait. Les soldats vendéens arrivèrent en toute hâte, massacrèrent tous les hommes qu’ils purent rencontrer, saccagèrent la ville, et y restèrent jusqu’au lendemain, pour s’en retourner à Avranches.  »Tel est le récit que nous en a fait un témoin oculaire.

Mme de Larochejacquelein raconte les faits à peu près de la même manière : «  M. de Larochejacquelein partit avec sa cavalerie pour s’emparer de la Ville-Dieu. Dès qu’on vit qu’il était question de prendre une route qui ne ramenait pas au bord de la Loire, les paysans s’attroupèrent et demandèrent à grands cris qu’on les reconduisît dans leur pays.... M. de Larochejacquelein avait été jusqu’à la Ville-Dieu avec Stofflet ; il n’y avait pas de garnison. Les habitans se défendirent avec acharnement ; ils prirent d’abord et massacrèrent quelques cavaliers qui étaient venus en éclaireurs. Quand on fut entré dans les rues, les femmes jetaient des pierres par les fenêtres. Henri leur cria plusieurs fois de se retirer, puisqu’on ne tirait pas sur elles ; elles continuèrent à s’obstiner. On fit tirer quelques coups de canon dans la rue, et elles cessèrent. Le pillage fut permis dans cette ville.  » [25]

Dès-lors Villedieu n’a plus d’histoire : les seuls événemens qu’enregistreront ses annales sont le passage ou la visite de quelques personnages célèbres. Mais ce qui lui appartient en propre, c’est la gloire de ses enfans : ils sont remarquablement nombreux pour une petite ville.

Raoul de Villedieu, fut le vingtième abbé du Mont Saint-Michel, à jamais célèbre par la construction de son merveilleux cloître. Il mourut en 1236. [26]

Geoffroy le Charpentier ou le Boucher, Carnifex, fut élu évêque d’Avranches en 1293 : « Magister Gaufridus dictus Carnifex de Villa Dei. » dit le Livre Vert.

Un grammairien et mathématicien célèbre du XIIIe siècle est Alexandre de Villedieu, chanoine d’Avranches, dont les livres pédagogiques furent long-temps les guides des écoles du Moyen-Age. Il est auteur :
1° d’une grammaire en vers, presque tous léonins, datée de 1209, sous le nom de Doctrinale puerorum, ou de Grammatica versibus descripta ;
2° du Traité du Comput, ou calcul des fêtes religieuses ;
3° un Traité manuel, ou calcul des mains pour le même objet ;
4° un Traité de la Sphère ;
5° l’Art de Compter ou de l’algorisme. [27]

« Villedieu fournit un martyr dans la personne de G. Le Cervoisier, cordelier de Valognes.... de G. Servaserio martyre scribit Gonzaga... sub Calvinistarum manibus martyrium subiit. » [28]

Guillaume Le Moine, né à Villedieu, selon M. Cousin vers 1535, selon Masseville en 1528, fut un grammairien distingué : il est l’auteur d’un Dictionnaire latin-français.

Gilbert de Villedieu fut le prédicateur de Marie de Médicis. Son frère fut un médecin célèbre. [29]

Larache de Préville, né à Villedieu-les-Poêles, mourut en 176 ?, auteur de la Théorie des Accouchemens [30]

Le général Huart, tué à la bataille de la Moskowa, et le colonel Pitel, naquirent à Villedieu.

Deux députés à la Convention étaient originaires de cette ville, MM. Engerrand et Laurence. [31]

Un courageux explorateur, mort en 1844, était enfant de Villedieu : M. Josepb Huart, pharmacien de la marine au Sénégal, enlevé par les fatigues de ses explorations dans l’intérieur de l’Afrique. Ses Relations viennent d’être publiées dans une œuvre collective par le gouvernement.

Mais Villedieu a eu une série d’hommes nobles et distingués dans les chefs de sa Préceptorerie [32] ou Commanderie, célèbres « par leur piété, leur charité, leur valeur, » [33] chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem et ensuite chevaliers de Malte. De leur Commanderie de Villedieu dépendaient le Pont-Brocard, les Chéris, Chérencey-le-Héron, Ouville, Barfleur, etc. Ils avaient une justice spirituelle, avec un official, un garde-des-sceaux, un appariteur et des gardes, tous nommés par le Commandeur. Cette cour ecclésiastique siégeait dans la chapelle du Rosaire de l’église paroissiale, et plus tard dans l’Audience du Bourg. La prison était un appartement du manoir seigneurial. Son pouvoir consistait à donner dispense de bans, d’abstinence, et dans d’autres privilèges étendus et peut-être excessifs dont le détail ne peut entrer ici. [34] La justice temporelle était un bailliage vicomtal, divisée en haute, basse et moyenne justice, avec un bailli, un lieutenant-général, un procureur, etc., siégeant dans une chambre en face des halles, près de cette jolie maison sculptée du XVIe siècle, ou l’Hôtel-Saint-Michel, sur laquelle on lit : « O tu, Mater Dei, miserere mei. » Sur le lambris de cette chambre étaient les armes de cette justice : de gueules à 4 otelles d’argent en sautoir supportées par deux licornes. L’exécution à mort avait lieu en face. La Commanderie avait les droits de trois foires, le havage et des dîmes partagées avec l’abbaye de Lisieux. Il serait difficile d’établir la série des Commandeurs et des baillis ; c’est d’ailleurs une œuvre solennelle que les auteurs de l’Histoire Manuscrite n’ont abordée qu’avec crainte : « Il serait à propos de faire l’éloge de MM. les chevaliers, com. et Sr de ce lieu ; mais comme il n’appartient qu’à des plumes disertes de vanter des Alexandres et des Césars, nous allons rapporter seulement ceux dont nous avons pu faire la découverte. »

Frère Pierre de Souchamp fut nommé commandeur en 1318. Frère Geoffroi, Parisien, fut commandeur en 1330. Frère Jean Bouquet en 1383. Frère Claude de La Sangle, commandeur de Villedieu, devint chef de la Langue de France. Ses armes étaient sur le rétable du maître-autel de l’église paroissiale. Frère P. Lamey, commandeur de Villedieu, fut inhumé dans l’église de Villedieu-les-Bailleul. Frère Routieu. Frère de Varnières, commandeur en 1577. Frère de Montigny, nommé en 1580 : ses armes furent mises sur le côté droit de la vitre de la sacristie de l’église, échiquetées d’argent et d’azur, à la bande et au chef de gueules à la croix d’argent, avec cette légende : « Ch. de Montigny dont les vertus ont paru fit mettre ces vitres... que le grand Dieu souverain lui pardonne après la mort au ciel, 1585. » Frère Ch. de Gaillardbois dont les armes étaient sur la gauche de la même vitre, d’argent à 6 annelets de sable, avec ces mots : « ...A fait placer les vitres du rond-point de l’église de ce lieu a ses plans. » Frère d’Apremont. Frère du Breuil, commandeur en 1629. Frère Al. d’Elbene. Frère de Randeville. Frère Jean de Caillemer, 1659. Frère J. de Thieuville, mort en 1683. Frère de Rochechouard dont nous avons parlé. Frère J. de Bellefontaine, illustré par une victoire navale sur les Turcs. F. de Cominge, qui fit faire le Terrier en 1710.

L’étymologie de Villedieu, que les savans modernes ont faussement appelé des noms grecs Theopagus, Theopolis, a fort embarrassé les deux jeunes auteurs de l’Histoire Mss., « puisque Dieu seul est l’auteur de toutes choses. » Toutefois, ils se tirent d’affaire en disant que « ceux qui donnèrent ce nom de Ville de Dieu étaient sans doute conduits du Seigneur, à dessein d’engager par ce noble nom plus particulièrement à son service les habitans de Villedieu. » Ils citent ensuite ces vers d’un poète, ou plus probablement de deux :

Villa Dei versu merito celebranda videtur ;
Namque quod esse potest nomen amabilius ?
Ne dicas temere hoc adeo venerabile nomen
Immerito aut dubia sorte fuisse datum
Villa Dei nomen nunquam tam grande tulisset,
Ni daret et pietas relligioque loci
.

Toutefois, le nom de Villedieu était le nom commun des Commanderies de Saint-Jean-de-Jérusalem : c’est le nom que leur donne Walter Scott, et celle de Villedieu-de-Saultchevreuil ou les Poêles, par exemple, avait dans sa dépendance Villedieu-les-Bailleuls, Villedieu-Andragesin, Villedieu-de-Montchevreuil.

M. de Brebisson signale à Villedieu une plante rare, la Chondrilla juncea. Des renseignement nous y signalent la Lobélie, la Valériane, l’Ancolie. La Campanula rotundifolia y est commune.

Nous avons dit que la population de Villedieu avait conservé dans son patois des expressions intéressantes ; nous en avons recueilli un certain nombre :

Arroqueter (accrocher) ; achocre (maladroit) ; bôner, probablement de borner (bander les yeux) ; brouailler (brédouiller) ; cavré (aqueduc) ; choquette (boire une choquette) ; édumer un arbre, une haie (dumus), essarter ; échlipper (éclabousser) ; élingue, fronde (sling) ; épeautrer (enlever la peau) ; éréner (briser les reins) ; échapelet (table trouée où on lustre la face interne de la poêle) (de chapeler) ; flumes (expectorations abondantes) (fluere) ; hecquoter (parler difficilement) ; comborer (comploter) ; sertiller (arrondir) ; galotter (carillonner, de gala) ; beuille (abdomen saillant) ; élugir (étourdir, Roquefort) ; houler (exciter à se battre) ; verdre (verser la fonte) ; ainderesse (femme qui aide) ; foie (foyer) ; comorner (redresser) ; bigorne (enclume à deux pointes) ; brille-en-l’air (gros marteau) ; horsain (étranger) ; hannequiner (agir péniblement) ; jodu (sourd, j’ouis dur) ; mouronné (couleur de mouron ou salamandre) ; trottins (pattes antérieures d’un mouton) ; verver (répéter la même chose) ; hogu (hautain, de hogue) ; forbannir ; souspirance ; falle ; fallue (gâteau) ; écœurer (décourager), cœuru (courageux ou dispos) ; fallace (fallacia) ; pigner (crier en pleurant) ; vouster (voltiger, Roquefort) ; faire des sciences et des chères ; salivet (étouppe mouillée) ; noche ou oche (notch) ; porjeter (récrépir, to porjet) ; muler (s’entêter et garder le silence) ; laudivi (supériorité) ; hergner (se plaindre, Roquefort) ; roumancer (gronder, id.) ; mezel (ladre) ; heunes (douleurs dans les jambes) ; avorible (précoce) ; brucher (heurter), etc. [35]

Aujourd’hui, Villedieu a un intérêt tout particulier pour l’antiquaire. Dans ce vaste creuset sont venues se fondre des richesses à jamais regrettables, statuettes, médailles, coins, armes. [36] Maintenant on y trouve encore en abondance ces objets, et surtout ceux qu’on appelle haches, et qu’on pourrait peut-être appeler javelots celtiques.

Source :

Notes

[1] Il existe une histoire manuscrite de Villedieu : elle a été composée par deux jeunes gens, « n’ayant pas encore dit adieu au collège, »comme loisir de leurs vacances. Le travail de ces deux cloarecs normands est empreint d’une aimable naïveté et d’érudition classique. Ainsi ils disent : ce Bourg-d’Envie, c’est comme qui dirait bourg qu’on aurait envie de bâtir.

[2] « Un autre lieu où sont les prisons basses et hautes de ce lieu qui sont deux tours par le mitan desquelles est la poussée de la porte du Pont-de-Pierre.... l’une desquelles tours est couverte en plateforme d’une voûte de pierre (1650). » Papier Terrier de la Commanderie.

[3] A côté de la porte du Bourg-d’Envie, dit le Terrier, était un reposoir en forme de chapelle ; la porte fut démolie au XVIIe siècle, pour le passage de la route de St-Lo.

[4] M. Doisnard, architecte du département, Notice hist. et arch. sur l’église de Villedieu.

[5] Liv. VIII, chap.32.

[6] Mss. sur le Cotentin.

[7] Nous avons remarqué dans ce même article de l’Échiquier, à cette époque éloignée, le mot de tangue, tanga. Cette substance était soumise à des droits. Adam du Port devait 36 livres pour la tangue : « Ada de Portu 36 li de Tanga. » M. Stapleton, p. 299, second volume.

[8] Histoire de Normandie, tome II, page 38.

[9] M. Besnou en a une copie.

[10] Libri Nigri, fol. 45.

[11] On a peu de chartes sur Villedieu : la raison en est qu’on n’a pas les chartriers des deux monastères voisins, Hambie et La Bloutière. C’est à Saint-Jean-de-Latran, dépôt des archives de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, qu’on pourrait faire des découvertes.

[12] Livre des Visites. L’acte fut scellé comme fait à Villedieu de Saultchevreuil.

[13] « La préceptorerie de Templestone est peu de chose ; celle de Villedieu vaut le double. « Ivanhoe ch. 36. » Sur le gable des maisons des chevaliers de Saint-Jean et du Temple, on voyait la croix de fer de ces ordres.

[14] Un titre de 1259 cite : « Chimminus qui vadit de Pontibus ad Villam Dei de Saltucapro. » Livre Vert.

[15] Publié par plusieurs membres de la Société des Antiquaires de Normandie. Rouen, Frère, 1836.

[16] Il est certain que le manuscrit a été mal lu, et qu’il y avait Villedieu de Sanchevrel. Nous avons vu ce nom ainsi écrit dans les Recherches sur le Domesday, et il s’agit évidemment de notre Villedieu. Une note des éditeurs de ce poème dit que la poêlerie a commencé dans cette localité au moins au XVe siècle, car « nous possédons des statuts des maîtres poêliers de Villedieu remontant à cette époque. » Page 31.

[17] Terrier de la Commanderie.

[18] Toustain de Billy.

[19] Mairie de Villedieu. Nous en avons tiré copie. Corneille, dans son Dictionnaire, dit en parlant de la maîtrise de Villedieu « qu’on n’y admet comme maîtres que ceux qui sont issus de parents maîtres, qu’ils appellent du sang.... que les autres travaillent debout, tandis que les maîtres travaillent assis. » V. aussi La Martinière.

[20] M. Le Canu, p. 254.

[21] De Re Gallica. C’est un écrivain de ce temps, Bourgneville de Bras, qui a mis surtout en circulation, qu’à cause du bruit de leur industrie, les gens de Villedieu se fachent quand on leur demande l’heure.

[22] On a retrouvé sur une sablière ces fragment d’inscription, souvenir de ce désastre : « Plusieurs ceans furent fondues et brulées...la tour, la nef et les... nobles personnes dévotes par le pieux soing de M. Hector Huar profiscal.... furent redifiés. »

[23] Histoire manuscrite. Après ces mots, cette histoire signale à la tour des choses disparues : « Entre les fenêtres de la tour des armoiries : les armes de France et du Dauphin vers l’ouest, celles de Malte et de Normandie vers le midi, et au septentrion quatre faces de profil, dont deux représentent, dit-on, le duc Guillaume et Mathilde, son épouse. »

[24] C’est le propre des associations populaires et du compagnonage de donner des sobriquets. Nul part cet usage ne règne plus qu’à Villedieu.

[25] Page 306. Villedieu s’était fait remarquer par son républicanisme. L’esprit de ce temps et de cette opinion respire dans les registres de la commune pour cette période, écrits avec la chaleur emphatique de style messidor. Les Vendéens ayant abattu l’arbre de la liberté, il fut relevé au chant d’un hymne où il y avait cette strophe :
Arbre chéri des sans-culottes,
Par leurs bras tu fus défendu ;
Planté par les patriotes,
Les tyrans t’avaient abattu.
Si jamais les aristocrates
Voulaient insulter ton bonnet,
Chacun de nous le défendrait,
Et nous dirions aux démocrates :
Aux armes, citoyens, etc.

[26] Il a été l’objet d’une Notice par M. Ph. Loyer. Bulletin de la Société d’archéologie.

[27] Voir la Notice de M. Laisné.

[28] Histoire manuscrite.

[29] M. Seguin, page 404.

[30] M. Dubois, Itinéraire en Normandie.

[31] M. Engerrand, en-dehors de ses travaux législatifs, a fait un petit livre sur la culture des arbres forestiers, et M. Laurence beaucoup de poésies dans le genre d’Horace.

[32] C’est le mot de Walter Scolt ; c’est aussi ce mot, preceptory, qu’emploie pour cette localité M. Stapleton.

[33] Voir l’Histoire manusc.

[34] Le plus remarquable des privilèges de la Commanderie, privilège qui rappelle Gretna-Green : c’était de pouvoir marier, dans ses églises, à messe basse, les portes fermées, sans la consentement des parens. Ce privilège est consigné dans le Papier-Terrier de la Commanderie. (Commu. par M. Besnou. V. l’Hist. Mss., et l’Histoire de Malte, dédiée à M. de Souvré, abbé du Mont St-Michel).

[35] Nom devons la plupart de ces mots à M. Ph. Loyer. Le département de la Manche a été assez bien étudié dans ses patois, spécialement par M. Loyer, pour Villedieu ; par M. Houël, pour Saint-Lo ; par M. Lamache, pour Cherbourg. M. Pluquet a étudié celui du Bessin. M. Janin a cité plusieurs de ses mots dans sa Normandie.

[36] MM. de Gerville et de Caumont ont exprimé le même fait, et indiqué quelques-unes de leurs trouvailles à Villedieu. Voir les Mém. du Antiquaires et le Bulletin Monumental.