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Georges-Louis-Jacques Labiche, dit Georges Duval - bio ancienne


Georges DU VAL.

Duval (Georges), auteur dramatique, et annaliste de la révolution française, naquit en 1773, à Valognes, ville de la Basse-Normandie. Son père remplissait chez Mesdames de France, filles du roi Louis XV, la charge de sommelier. Par leur protection, le jeune Duval fut, dès ses plus jeunes années placé comme boursier au collège d’Harcourt, aujourd’hui collège de Saint-Louis. Nous n’avons point de données positives sur le résultat des études classiques de Georges Duval, mais tout nous porte à croire qu’il y obtint des succès réels. Doué d’une intelligence aussi prompte que sûre, servie par une mémoire prodigieuse, Duval, parvenu à l’âge le plus avancé, n’avait rien oublié de ce qu’il avait appris dans sa jeunesse, et sa conversation, exempte de toute recherche pédantesque ou prétentieuse, abondait en citations empruntées aux classiques anciens et modernes, citations toujours exactes et toujours placées à propos.

La bienveillance de Mesdames de France, assurée au jeune Georges Duval, engagea son père à le faire entrer au collège sous l’habit ecclésiastique. Il espérait obtenir pour lui un bénéfice simple, ce qui, on le sait, n’engageait ni la vocation, ni la liberté du titulaire. Duval porta, en effet, la soutane et le manteau noir, jusqu’au 14 juillet 1789 : étrange livrée pour un homme qui devait plus tard échanger les chants de l’église contre les flon-flons du Vaudeville, et remplacer les exercices d’un noviciat religieux par les habitudes du théâtre !

La transition, cependant, ne s’effectua pas à vue d’œil ; et, de sa sortie du collège, à l’âge de seize ans, jusqu’à ce qu’il fit ses premiers pas dans la carrière dramatique, Duval cédant au vœu de son père, alors dépossédé de sa charge par la révolution, entra dans une étude de notaire, où il ne s’éleva jamais au dessus de l’externat, et où, à l’exemple de Pannard et de Vadé, il s’occupait moins à grossoyer des actes qu’à aligner des rimes, et à chercher des refrains ; d’ailleurs, très-assidu aux spectacles, et surtout curieux des scènes aussi dramatiques que variées, prodiguées alors par la Révolution aux chercheurs d’émotions, et dont la rue, ainsi que tous les lieux de réunions populaires, étaient journellement le théâtre.

Après une bluette reçue et applaudie sans conséquence, en 1798, au théâtre de la Cité-Variétés, et intitulée les Barons de Felsheim, Georges Duval prit rang, dès l’année suivante, parmi les jeunes auteurs sur le talent desquels la Muse du Vaudeville pouvait fonder l’espoir de ses succès à venir. En cette année 1799, un sieur Léger, ancien moine qui, en 1792, avait échangé la robe de chartreux contre la casaque du Gilles de la foire, et qui, devenu acteur très-médiocre au théâtre du Vaudeville, y figurait aussi comme auteur plus médiocre encore, fit scission avec son directeur Barré, et ouvrit, rue de Louvois, un théâtre qu’il opposa à celui de la rue de Chartres. Quelques acteurs de la troupe du Vaudeville s’associèrent à l’entreprise de Léger ; de jeunes auteurs se laissèrent aussi gagner, dans l’espoir d’arriver plus vite au succès et à la réputation. Georges Duval fut du nombre de ceux-ci ; et de son association avec Armand Gouffé, chansonnier distingué, surnommé plus tard le Pannard du XIXe siècle, on vit sortir en quelques mois, une série de pièces à couplets, qui parut inaugurer de la manière la plus favorable les destinées futures du Théâtre des Troubadours. — Clément Marot, le Val-de-Vire, Vadé à la Grenouillère, Garrick double, furent les premiers fruits, très-goûtés du public, de cette mise en commun des talents de deux clercs de notaire pour le théâtre, société dans laquelle Duval apportait le contingent le plus considérable, puisqu’il disposait le plan, et, presque seul, écrivait le dialogue, que, pour sa part, Gouffé émaillait de faciles et joyeux couplets.

Duval, en effet, ne fut jamais un chansonnier. Avec beaucoup de gaieté dans l’imagination et de franchise dans le style, il eut le bon goût de ne pas courir après le trait et la pointe, et de toujours faire entrer le couplet dans le dialogue, au lieu de tourmenter le sens du dialogue, pour y faire entrer de force le couplet. Peut-être dans ces deux éléments du langage scénique, poussa-t-il quelquefois le naturel jusqu’à la négligence, défaut réel, sans doute, mais toutefois bien moindre que celui dans lequel tombaient tant d’autres auteurs ses émules, par la recherche des tours guindés pour arriver, en se mettant à cheval sur l’antithèse, à un effet contre lequel protestait trop rarement le bon sens du public, toujours prompt à se laisser éblouir, au théâtre, par de fugitives étincelles et de faux brillants.

Doué de justesse d’esprit, de facilité à écrire, et d’une rare aptitude à trouver la donnée d’une action comique- ainsi qu’à la faire valoir, Georges Duval réunissait les qualités essentielles à l’auteur dramatique ; par malheur, il n’était pas assez scrupuleux sur le choix des données, et se contentait parfois à trop peu de frais, quant à l’exécution des détails. Travaillant presque toujours en société, le laisser-aller de ses habitudes le rendit souvent trop peu difficile dans la formation de ces associations éphémères, où l’on court risque de perdre son cachet individuel. Georges Duval qui, plus en garde contre l’occasion, et plus sévère à l’égard de ses propres inspirations, ou plutôt de ses caprices de circonstance, aurait pu aspirer à des succès du meilleur aloi, éparpilla en quelque sorte son talent en petite monnaie, négligea trop, en produisant, la qualité pour la quantité, et, à côté de quelques ouvrages marqués au coin de l’originalité et d’un comique véritable, en produisit un trop grand nombre où le naturel s’efface devant l’insignifiance, où la bouffonnerie descend jusqu’à la trivialité. Quelques détails feront mieux apprécier ce qui, dans ce jugement énoncé, sans preuves, pourrait d’abord paraître trop sévère.

Nous l’avons dit en commençant, l’association de Georges Duval avec Armand Gouffé fut heureuse. Plusieurs de leurs pièces, jouées au Théâtre des Troubadours, mort d’inanition, au printemps de 1801, au bout de deux ans à peine d’existence, survécurent à la chute de cette entreprise : le Vaudeville revendiqua le Val-de-Vire, comme une sorte de charte qui consacrait l’origine de ses flon-flons ; le Théâtre des Variétés, où le genre poissard avait déjà élu domicile, accueillit Vadé à la Grenouillère comme l’enfant de la maison ; et Piron à Beaune eut le même sort. Mais bientôt, la vogue immense de Brunet, dont le nom sur l’affiche était un talisman pour la curiosité publique, tourna de son côté l’attention des deux jeunes auteurs, et ils ne tardèrent pas à sacrifier au mauvais goût du jour, le goût qui jusque-là les avait mieux inspirés. Le titre seul des ouvrages composés par eux pour Brunet, suffit pour en indiquer le genre et l’esprit : Cri-Cri, ou le mitron de la rue de l’Oursine ; M. Séringa, ou la fleur des apothicaires ; Parchemin, ou le Greffier de Vaugirard ; M. Sapajou, enfin, ou l’on voyait Brunet accroupi sur une console qui faisait saillie sur la rue, et se laissant barbouiller le visage avec de la couleur en détrempe, pour figurer l’enseigne du Singe- Vert. Dans ces parades, en dehors de toutes les convenances de la scène, dans ces grossières facéties, dignes des tréteaux de Tabarin, on trouvait au moins à foison ces effets grotesques qui, bon gré mal gré, excitent le fou rire des spectateurs ; mais dans M. Mouton, et dans Mon cousin Lalure, où Duval avait pris, ou plutôt, accepté d’autres collaborateurs, il n’y avait plus rien du tout.

Il avait réussi beaucoup mieux, avec Servières et Bouel (de Caen), dans la Pièce qui n’en n’est pas une, parade qui fit fureur, grâce à l’excellente caricature de Tiercelin. Il rencontra la même chance avec Dumersan dans le Pont des Arts, ou Scène sur Seine, l’Héloïse de l’Ile Saint-Louis, et Jean de Nivelle, ou les Oreilles et les Perdrix. Une vogue non interrompue pendant trente ans et plus, s’attacha à M. Vautour sous les traits de Brunet, qui en fit une de ses plus heureuses créations (Désaugiers et Tournay, collaborateurs). Mais le succès le plus complet et le mieux mérité que remporta jamais Georges Duval, au théâtre des Variétés, ce fut celui que Rochefort partagea avec lui, en 1817, dans Werther, ou les Egarements d’un cœur sensible. Leur interprète, l’inimitable Potier, ne s’éleva jamais plus haut que dans la création du personnage, si plaisamment parodié sur le héros de Goethe ; la pièce de Georges Duval et Rochefort était faite pour guérir par le rire autant de cerveaux malades, que le roman pernicieux de l’auteur allemand avait fait tourner de têtes, par ses détestables maximes. En un mot, on peut dire que, dans cet ouvrage, auteurs et acteur, atteignirent le sublime du genre.

Cette revue, dont nous pourrions confirmer l’effet par beaucoup d’autres exemples, appuie suffisamment notre assertion, relativement à l’influence que le choix des collaborateurs de Duval exerçait sur ses succès au théâtre. Il avait été heureux dans les premiers ouvrages, fruits de son association avec Gouffé, Clément Marot, le Val de Vire, Vadé, Garrick vaudevilles-anecdotes, appelés autrement pièces de galerie. Le succès des deux amis se soutint encore au théâtre du Vaudeville, dans Philippe le Savoyard, ou l’Origine des Ponts-neufs (avec Chazet), et Dancourt, ou la Poste aux Quiproquos. Au théâtre des Variétés, en 1806, Chapelle et Bachaumont, et, en 1809 Malherbe, deux pièces où Georges Duval eut pour collaborateur le signataire de cette notice, prirent place avec avantage, dans cette galerie de portraits historiques. Chapelle surtout, sous les traits de Bosquier-Gavaudan, admirablement secondé par JoJy et par madame Barroyer, dans les rôles caricatures du frère et de la sœur Scudéry, obtint un succès du^ meilleur aloi et d’une longue durée. De la même collaboration sortit, en 1808, le Retour au comptoir ou l’Education déplacée, pièce fort bien accueillie au théâtre du Vaudeville, quoiqu’elle y fût très-faiblement jouée ; et dont la donnée, et le plan tout entier, furent, douze ans après, traduits eu cinq actes et en vers, au théâtre Français sous le titre de l’Education ou les deux cousines.

Georges Duval n’eut point de collaborateur dans l’Auteur soi-disant, comédie en un acte et en vers, qu’il donna, en 1806, au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Cette bluette satirique, le seul ouvrage où l’auteur ait eu recours à la rime, était une personnalité, un peu trop forte, â l’adresse d’un notaire émérite, malencontreusement voué au culte de la poésie, sous la forme du distique latin, et que Duval qui, jadis, avait eu à se peu louer de ce nouveau Francaleu, arracha sans pitié à l’obscurité de son élude, pour le traduire en très-jolis vers, devant un public assez indifférent à ce genre de ridicule, d’une part, et de comique, de l’autre.

La Mouche du Coche, comédie en un acte et en prose (avec Dossion), jouée à l’Odéon, en 1812, offre une mise en scène, assez exacte et très-ingénieuse, de la fable de La Fontaine. Les bibliographies du théâtre font mention de deux autres comédies de Duval, toutes deux en 3 actes et en prose, et dont voici les titres : Le Mari impromptu, ou la Coutume anglaise (1826) ; le Protégé, ou le Danger de la faveur (avec Dumersan, en 1828). Nous ne pouvons rien dire de ces deux ouvrages, que nous n’avons point vu représenter, et qui n’ont laisse dans la littérature dramatique d’autre trace que leur nom.

Il n’en est pas ainsi d’Une Journée à Versailles, ou le Discret malgré lui, comédie en 3 actes et en prose, représentée sur le théâtre de l’Odéon, le 24 décembre 1814, et qui, jusqu’à ce jour, s’est maintenue au répertoire avec le même succès qui l’accueillit dans la nouveauté. Cette pièce, dont la donnée est essentiellement comique, et l’exécution d’une franchise remarquable, est, à la scène, d’un effet immanquable, lorsque le rôle sur lequel roule toute l’action, rôle supérieurement établi par l’acteur Perrond, est rempli d’une manière satisfaisante. Sans doute, dans cette pièce, comme dans toutes celles du même auteur, le style est d’un tissu trop lâche, et le dialogue laisse beaucoup à désirer du côté de la fermeté et de la précision, mais il n’en est pas moins vrai que, grâce au bonheur de l’invention et à la gaieté des détails, Une Journée à Versailles est l’une des pièces du théâtre moderne qui remplit le mieux les conditions de la bonne comédie ; et elle a suffi, à juste titre, pour assurer à Duval une place très-honorable parmi les auteurs contemporains. Le jugement que nous venons d’énoncer sur Une Journée à Versailles, œuvre capitale, au théâtre, de Georges Duval, résume d’une manière assez complète, notre opinion sur son talent dramatique, qualités et défauts compensés, pour que nous insistions davantage à ce sujet. Déjà nous avons dit quelques mots, touchant la variété d’aptitudes et de connaissances qui se rencontraient chez lui. Plutôt doué de facilité à apprendre que d’application à l’étude, ses connaissances très étendues n’étaient guère qu’à l’état de notions, et il savait mieux les faire valoir dans l’entrain de la conversation, que dans le silence du cabinet et la plume à la main. Aussi ne parvint-il pas à fixer l’attention, lorsque, sous les auspices du libraire Barba, il publia, en 1800, une compilation érudite, sous le titre assez ambitieux de Dictionnaire abrégé des Mythologies de tous les peuples policés ou barbares, tant anciens que modernes, etc. etc.—Le véritable domaine de Duval était, non point l’érudition, mais la fantaisie, l’humour ; et les Mémoires qu’il fit paraître en 1841, sous le titre de Souvenirs de la Terreur, prirent, de prime-abord et à bon droit, une place tout à part, parmi les ouvrages le plus souvent consultés qui traitent de la grande époque révolutionnaire.

Ici cependant, malgré la gravité du sujet, il ne s’agit point d’une histoire, dans les sérieuses conditions du genre, mais plutôt d’une suite d’anecdotes, habilement enchaînées dans un ordre chronologique, et racontées d’une manière vive, originale, semée de traits piquants, en un mot, dans un style qui ressemble beaucoup à celui de Tallemant des Réaux. Certes, l’atroce se trouve à forte dose, dans ce ramassis d’infamies et de saletés, qui forme le fond de la narration, et où l’auteur a puisé à pleines mains ; mais, de préférence, il y présente l’atroce sous les traits du ridicule, et il semble avoir eu pour but moins de faire haïr la Révolution, que delà faire mépriser. Ne craignons même pas de dire qu’en écrivant de parti pris, et sous une influence d’impressions de jeunesse et d’un intérêt de position, il a été trop loin dans sa haine et dans ses mépris. Sans doute, dès son berceau, la Révolution fut souillée par des excès révoltants : mais tout était-il donc à regretter, dans l’ancien régime ; et si de sanglantes erreurs accompagnèrent la destruction d’effroyables abus, la condamnation des unes suffit-elle pour absoudre les autres ?

On ne risque guère cependant d’aller trop loin, en flétrissant les désordres révolutionnaires, et Georges Duval a droit aux plus grands éloges, pour la vigueur avec laquelle il a su remplir cette lâche vraiment patriotique. Certes, ce n’est pas après avoir lu son ouvrage que l’on pourrait être tenté d’applaudir à ces essais de réhabilitation, dont la pensée fut plus qu’une méprise, et l’exécution plus qu’un scandale, à ces élucubrations politico-littéraires qui ont laissé une tache indélébile sur le nom de ceux qui n’ont pas craint de s’y livrer. Ici, nous ne voulons pas désigner les casse-cous du socialisme ni leurs adhérents, mais ces écrivains qui n’ont pas reculé devant l’idée de forfaire à leur talent et à leur renommée en faisant concurrence aux apologistes éhontés de Saint-Just et de Robespierre ! Qui le croirait cependant ? le plus considérable, et le plus inconsidéré de ces optimistes quand même, est allé chercher dans les Souvenirs de Georges Duval, une grande partie des détails sur lesquels il a échafaudé ses utopies rétrogrades et subversives, sans plus s’apercevoir qu’ici le fait donnait sans cesse un démenti à la théorie. N’est-ce pas, ou jamais, le cas de dire mentita iniquitas est sibi ?

Je raconte ce que j’ai vu : tel est le début de Georges Duval, dans l’avant-propos de son livre. Il faut lui tenir compte, comme d’un trait de modestie littéraire, de ce qu’il n’a pas pris pour épigraphe quœque ipse miserrima vidi ; plus que personne, il avait le droit de le dire. Il n’aurait pas eu, il est vrai, celui d’ajouter et quorum pars magna fui. Spectateur assidu des scènes de la Révolution, il eut l’insigne bonheur de n’y jamais figurer comme acteur, pas plus au détriment des autres, qu’à son propre détriment. En supposant même qu’il ait un peu surfait, quant à l’intimité de ses rapports avec certains gros bonnets de la Révolution (bonnets rouges, s’il en fut ! ), on n’en doit pas moins voir en lui un témoin infatigable autant que judicieux de tous les faits qu’il raconte, et accepter ses récits comme l’expression de la réalité. De là, l’immense intérêt qui s’attache a ses récits, et qui a fait, des Souvenirs de la Terreur, un de ces ouvrages dont on dévore la lecture. Cet éloge comprend aussi, et peut-être même à plus forte dose, les Souvenirs Thermidoriens, annexes des précédents, et qui complètent le tableau du grand cycle révolutionnaire, qui s’étend de l’ouverture des Etats-généraux à la clôture de la Convention nationale.

Il est un trait du caractère de Georges Duval, comme auteur dramatique, que nous ne devons pas passer sous silence. Il n’avait débuté que depuis peu de temps dans cette carrière, lorsque s’établit au théâtre cette honteuse pratique encore subsistante de nos jours, qui livre, moyennant salaire, à une tourbe ignorante et effrontée, le succès des pièces, comme celui des acteurs chargés de les représenter. Il faut rendre justice à ces derniers : c’est bien moins sur eux, que sur certains auteurs des théâtres du Vaudeville et des Variétés, qu’il faut rejeter le blâme de l’institution des Chevaliers du lustre, dont la solde ne consista long-temps qu’en billets de spectacle gratuits.

Quoi qu’il en soit, Duval, dans la franchise de son caractère et la loyauté de ses habitudes, lutta de toutes ses forces contre un abus dont tant d’autres firent leur plus grand moyen de succès.

Au commencement de 1806, sous l’administration de M. de Champagny, duc de Cadore, Georges Duval entra dans les bureaux du ministère de l’Intérieur Ce fut chez lui un parti de raison, plutôt qu’un moyen de fortune, car il ne parvint jamais qu’au grade de sous-chef. Mis à la retraite au commencement de 1840, il est mort en 1853, regrettable et regretté.

P. A. VIEILLARD.