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La Première Guerre mondiale dans la Manche


Source : Wikimanche


La Première Guerre mondiale est un conflit qui a vu s’affronter entre 1914 à 1918, les forces de la Triple-Entente (France, Russie, Royaume-Uni) puis l’Italie et les États-Unis, à la coalition des Empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie) rejointe par l’Empire ottoman.

Sur les 60 millions de soldats engagés, on dénombre 10 millions de morts et 20 millions d’invalides.

Sans être un terrain d’affrontement, la Manche n’est pas épargnée par le conflit, notamment par l’envoi massif de soldats au front. On estime à environ 20 000 le nombre de tués (23,81 % des mobilisés) et à 30 000 le nombre des blessés. Exemple de cette hécatombe, en une année de guerre, sur ses 320 instituteurs mobilisés sur le front, la Manche dénombre 30 tués, 7 disparus et 43 blessés, par ailleurs 11 ont été faits prisonniers.

Les communes ayant payé le plus lourd tribu sont, dans l’ordre : Cherbourg (740 morts), Saint-Lô (255), Granville (219), Tourlaville (206), Valognes (171), Avranches (170), Équeurdreville (147), Coutances (140), Bricquebec (127), Sourdeval (115)

Le département lui-même est différemment concerné :

• Au large, d’abord, se déroulent des batailles marines et sous-marines, provoquant de nombreux naufrages.
• Sur terre, 86 246 Manchois sont mobilisés dans le 2e régiment d’infanterie (RI) de Granville, le 25e RI de Cherbourg et le 136e RI de Saint-Lô, rattachés au 10e corps d’armée et à la Ve armée. 20 538 seront tués, soit 23,81 %. Des camps d’instruction sont créés dans le Val de Saire, à Biville et près de Périers. Quelque 20 000 soldats séjournent sur la lande de Lessay, qui voit défiler en 1915, « les 136e et 336e régiments d’infanterie, puis des troupes américaines et environ 1 800 Polonais ».
• Les ports, comme Cherbourg et Granville, sont des points militaires stratégiques d’attaque et de défense.
• Des bâtiments sont réquisitionnés pour abriter les troupes, les prisonniers ou les blessés ramenés du front.
• Des réfugiés affluent des pays exposés aux combats : de 1914 à 1917, le département donne asile à 10 758 réfugiés du Nord et de l’Est, auxquels viennent s’ajouter 15 095 autres réfugiés en 1918.
• Des troupes étrangères stationnent dans le département : des Belges à Cherbourg, Valognes, Saint-Lô, Coutances, Granville, Avranches..., des Polonais à Périers, Lessay, Gouville-sur-Mer et Anneville-sur-Mer, des Portugais à Tourlaville ; on trouve une importante base américaine à Cherbourg.
• Des camps de prisonniers sont créés à Cherbourg pour les Allemands, à Périers pour les Hongrois. Des prisonniers allemands travaillent aux carrières de Mortain et des bulgares à Coutances. À Cherbourg, des prisonniers allemands construisent la voie ferrée reliant la gare principale à la digue du Homet.

Chronologie

• 1er août 1914 : l’ordre de mobilisation arrive dans la Manche
• Le 3 août 1914, la 2e escadre appareille de Cherbourg pour aller affronter la marine allemande en mer du Nord. Finalement, le combat n’a pas lieu. Les marines française et anglaise établissent un barrage sur trois lignes de défense en mer de la Manche. Des milices de volontaires sont créées pour garder les points stratégiques. Un couvre-feu est décrété de 19 h 30 à 4 h du matin. La circulation des véhicules automobiles est interdite de 18 h à 6 du matin. Dans les jours qui suivent, les Allemands et les Autrichiens résidant dans le département sont arrêtés et regroupés sur les îles Chausey.
• Le 7 août 1914, le 25e Régiment d’infanterie quitte Cherbourg pour le front. Le même jour, le 2e Régiment d’infanterie quitte Granville.
• Le 22 août 1914, les premiers prisonniers allemands arrivent à Cherbourg.
• le 24 août 1914, le 77e Régiment d’infanterie (2 200 hommes) quitte Cherbourg pour le front.

Régiments

Dans la Manche, au début du conflit, l’armée de terre est représentée par différents régiments qui dépendent de la 5e armée, spécialement du 10e corps d’armée :

• Cherbourg :
25e RI, 225e RI, 77e RIT, 1er RIC, 5e RIC, 2e RAP, 2e RA col., 110e RAL, 130e RAL, régiment de marche du Maroc.

• Granville :
2e RI, 202e RI, 79e RIT.

• Saint-Lô :
136e RI, 336e RI, 80e RIT, 2e CR.
Les 21 et 22 août 1914, le 25e de Ligne (Cherbourg) perd 20 officiers et 1 400 hommes, tandis que le 136e Régiment d’infanterie (Saint-Lô) déplore 14 officiers tués et 800 hommes hors de combat.


Bibliographie

• Patrick Fissot, 14-18, Mémorial. Les Manchois dans la Grande guerre, éd. Eurocibles, 2008

Notes et références

• Michel Hébert, La Guerre de 1914-1918 et le rôle de la Normandie dans le conflit, éd. Charles Corlet, 2008.
• « 120 ans en Cotentin 1889-2009 », La Presse de la Manche, hors-série, novembre 2009.
• Colonel Perchet, L’Armée de terre dans l’ouest, 1873-1978.
• André Dupont, « Le choc des guerres », La Manche au passé et au présent, éd. Manche-Tourisme, 1984, pp. 170-171.
• « L’ouest dans la Grande guerre », Ouest-France, hors-série, sd.


Notes

[1] Particulièrement : Le procès
Théophile Maupas, 40 ans, instituteur du Chefresne ;
Louis Lefoulon, 30 ans, cheminot aux Chemins de fer de l’Ouest à Caen, originaire de Condé-sur-Vire ;
Louis Girard, 28 ans, horloger, originaire de Blainville résidant à Paris 17e arrondissement ;
Lucien Lechat, 23 ans, garçon de café à Vitré, originaire du Ferré.