Le50enligneBIS
> Paroisses (Manche) > mno > Le Mesnil-Thébault > Histoire > Le Mesnil-Thébault - Notes historiques et archéologiques

Le Mesnil-Thébault - Notes historiques et archéologiques


NDLR : Le Mesnil-Thébault est une ancienne commune du département de la Manche associée à Isigny-le-Buat depuis le 15 mars 1973.


NDLR : Texte de 1882 ; voir source en bas de page.


JPEG - 1.9 ko

glise paroissiale

Au XIVe siècle, la cure du Mesnil-Thébault était à la présentation de l’abbaye de Moutons. [1]. L’église actuelle est de 1742. Le maître-autel a été apporté de l’abbaye de Montmorel. La plus ancienne de ses cloches a pour inscription : SANCTE PETRE ORA PRO NOBIS. J’AI ETE BÉNIE PAR Mre MICHEL FOURSIN CURÉ DE CE LIEU. LA VILLE DE LISIEUX M’A FAITE ET MA PETITE SOEUR EN L’AN 1739. Une inscription fixée aux murs porte : 1780 - TANQVERAY CVRÉ DV MESNIL-THÉBAVLT DOYEN DE SAINT HILAIRE.

Epoque féodale

Il n’y avait au Mesnil-Thébault que deux fiefs le fief-ferme du Mesnil-Thébault ; les Génestels. [2]

Fief-ferme du Mesnil-Thébault

En vertu des lettres-patentes de Philippe-le-Hardi, du mois de décembre 1271, les hommes et tenants du fief ou fief-ferme et gage-plège du Mesnil-Thébault possédaient eux-mêmes cette seigneurie. [3] En 1401, ils en payaient 15 livres aux religieuses de Moutons, ainsi que les appointements du sénéchal. [4] Ils en rendirent aveu devant le vicomte de Mortain, le 25 février 1551, puis le 7 juillet 1565. [5] Ce privilège tout-à-fait particulier concédé aux habitants du Mesnil-Thébault et dont on trouve assez peu d’exemples, provoqua, le 19 octobre 1320, un mandement de Philippe V, roi de France, qui l’expédia au bailli du Cotentin et au vicomte de Mortain, afin de faire procéder par eux à une information par tous les villages situés entre les rivières d’Orne et de Couesnon, à raison de la garde de la pescherie de Ducey qu’ils étaient tenus de faire jour et nuit à leurs dépens. Enfin, une sentence du 14 juin 1379, rendue après une nouvelle enquête de leurs franchises, les déclara exempts de guet et garde au château de Mortain. Les aveux désignaient ce fief sous ce titre vulgaire de fief du Mesnil-Thébault pescheries de Ducey.

Les Genetels ou Genetais

C’était un 8e de haubert. De nombreux aveux en ont été rendus à diverses époques : le 2 septembre 1377, par Martin d’Isigny ; le 24 mai 1494, par Michel de Brécey, écuyer ; le 18 juin 1533, par Julien d’Anfernet, écuyer ; le 28 juin 1551, par Jacques d’Anfernet, écuyer ; le 7 juillet 1565, par Ernier de La Ferrière, tuteur de Françoise de Brécey ; le 17 mars 1584, par la même Françoise de Brécey ; le 24 août 1633, par Françoise Georges, veuve de René d’Auteville, tutrice de ses fils ; le 3 décembre 1700, hommage en fut rendu par Jean d’Auteville.

D’après tous ces actes, les seigneurs des Genetels devaient le service militaire, le service d’ost au château de Mortain. [6] Ce fief relevait immédiatement et directement du comté de Mortain. [7]

Le mariage de Françoise de Brécey, conclu en 1560 ou 1568, avec René d’Auteville, sieur de Régalle, avait fait entrer les Genetels dans cette famille, qui était venue du Maine où elle avait longtemps habité le vieux château d’Auteville, en la paroisse de Charchigné. [8] Les personnages qui la composaient avaient tous adopté, au XVIe siècle, les nouvelles doctrines et adhéré au protestantisme. Ce ne fut que plus tard, vers 1730, que Gabriel d’Auteville, seigneur des Genetels, en fit abjuration. Les sentiments religieux de René d’Auteville furent peut-être l’une des causes de la faveur de Henri IV, alors qu’il n’était que roi de Navarre. Il fit de lui l’un des gentilshommes ordinaires de sa chambre. Nous avons publié, ailleurs, une lettre adressée par le souverain à son loyal compagnon, le 10 octobre 1584 ; elle se termine par vostre bon maistre et affectionné amy – Henry. L’une de ses sœurs ou de ses proches parentes, Catherine d’Auteville, avait épousé secrètement le cardinal Odet de Chatillon, évêque de Beauvais, qui avait délaissé la pourpre romaine pour se faire protestant et même soldat à la bataille de Saint-Quentin. [9] René était mort en 1611, époque à laquelle ses cinq enfants procédèrent aux partages de sa succession ; l’aîné, Jacques, fit choix des Genetels.

Louis-Félix-Tancrède de Hauteville, [10] chevalier, seigneur des Genetels et du Mesnil-Thébault, s’était fait représenter aux élections pour les Etats-Généraux de 1789. Il avait épousé Jeanne-Hélène Le Menuet, et leur fille vendit les Genetels à M. de Bordes. Son frère, devenu chevalier de Saint-Louis et capitaine de dragons, était père de Raoul-Félix Tancrède de Hauteville, [11] qui fut longtemps juge au tribunal civil de Mortain.

Armoiries d’Hauteville  : Burelé d’argent et de sable de huit pièces, au sautoir brochant de gueules et à la bordure du même émail.

Source :

Notes

[1] Charte de Navarre. - Sommaire du Noble. - Pitard, Mss. – Terrier de 1758.

[2] Sommaire du Noble, Mss. –Pitard, idem.

[3] Charte de Navarre, citée. –Pitard, v. Mesnil-Thébault.

[4] Pitard, idem. -Sommaire du Noble.

[5] Sommaire du Noble, Mss.

[6] Sommaire du Noble, idem.

[7] Terrier de 1758.

[8] Le Paige. Dictionnaire du Maine, t. 1, v. Charchigné.

[9] Mémoires de Sully, t. 1. - Floquet, Hist. du Parlement de Normandie, t. 2, p. 177.

[10] Au dernier siècle, la famille a modifié son nom par l’addition de la lettre H.

[11] NDLR : Il s’agit très certainement de "ce" Raoul Félix TANCRÈDE de HAUTEVILLE