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Naftel - Notes historiques et archéologiques


NDLR : Naftel est une ancienne commune de la Manche ; Elle fusionne avec Isigny-le-Buat le 15 mars 1973 en même temps que Les Biards, Chalandrey, La Mancellière, Le Mesnil-Bœufs, Le Mesnil-Thébault, Montgothier, Montigny et Vezins.


NDLR : Texte de 1882 ; voir source en bas de page.


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aftel. Ce nom a été orthographié de diverses manières :

Naftel, Navetel, [1] Navetelle [2] et Navelet. C’est la plus faible commune du canton comme population et comme superficie ; elle ne compte que 260 habitants et 376 hectares.

Autrefois son fief seigneurial était également en proportion de l’étendue du territoire et les vassaux tenus à porter leurs grains à moudre au moulin si peu nombreux, que l’on prétendait que le meunier, malgré le chômage, laissait tourner fréquemment ses roues et ses meules pour faire croire qu’il était occupé. De là le proverbe :


C’est comme les moulins de Navelet,
Ils font plus de bruit que d’effet.

Il se trouvait deux fiefs à Naftel : le premier, la Corblinière, auquel était annexée la noble sergenterie Corblin ; le deuxième, la vavassorerie de Naftel, qui était tenue de Saint-Hilaire-du-Harcouët. Dans de nombreux actes, Pierre-François du Bourgblanc, marquis d’Apreville, seigneur de Saint-Hilaire, prend le titre de suzerain de Naftel ; notamment en 1753 et 1754. A cette dernière date, il nomma Guillaume Roupnel, prêtre, au bénéfice de la cure, vacante par la mort d’Alexandre-François Le Moine. [3] Or, d’après la charte de Navarre, le patronnage de l’église dépendait de la vavassorerie de Naftel. Il en faut conclure que le seigneur présentait et que le châtelain de Saint-Hilaire désignait au choix définitif de l’évêque d’Avranches. En 1401, Samson de Saint-Germain possédait Naftel. En 1740 et en 1758, Jean-Guy comte de Saint-Gilles en était patron présentateur. [4] Charles-Jean-Gilles de Pracontal, chevalier, seigneur de Naftel, fut en 1789, inscrit sur les listes pour les Etats-généraux.

La Corblinière et la sergenterie Corblin

La noble sergenterie Corblin ou Corbelin [5] comprenait 28 paroisses, savoir Saint-Hilaire, Parigny, Fontenay, Chevreville, La Bazoge, Le Mesnil-Rainfray, Reffuveille, Montigny, Chasseguey, Le Mesnillard, Martigny, Naftel, Isigny, Le Mesnil-Thébault, Les Biards, Virey, Vezins, Chalandrey, Les Chéris, Marcilly, Montgothier, La Chapelle-Urée, La Boulouze, La-Mancellière, Le Buat, Le Mesnil-Bœufs, Le Valdouer de Saint-Quentin et Le Mesnil-Ozenne. [6] Nicole Corblin, bachelier ès lois, de la paroisse de Naftel, en rendit aveu le 15 juin 1392 ; il la possédait toujours en 1401. Jean Corblin, seigneur de Marcilly, renouvela ces devoirs le 30 janvier 1484, et à l’âge de 80 ans passés, comme il l’affirma, il en fit foi et hommage lui-même le 17 juillet 1485, entre les mains de Julien Leber, lieutenant-général du bailli de Mortain. Il avait, en 1463, fait reconnaître par Montfaut ses titres nobiliaires. Jean Corblin vivait encore en 1490. Son fils Nicole Corblin n’eut qu’une fille, Jacqueline, qui en épousant Pierre de Bordes, capitaine du château d’Avranches, lui porta en dot la Corblinière et la sergenterie Corblin, dont il fit aveu en juin 1517. [7] Dans celui qu’il donna le 20 octobre 1564, Denis de Bordes, écuyer, sieur de Marcilly, déclare avoir le droit d’émoluments sur tous ajournements, exploits et mandements, soit royaux, soit de toute autre nature, dans l’étendue de la sergenterie. Il avait de plus le privilège de prélever le premier pain sur tous les boulangers qui exposaient en vente à Saint-Hilaire-du-Harcouët, le jour de la Pâque fleurie. [8] Charles-Philippe de Bordes, en renouvela l’hommage le 22 décembre 1700.

L’église de Naftel possède dans l’embrasure de l’une de ses fenêtres une croix du XVIe siècle, dont le croisillon en calcaire blanc représente un crucifiement à personnages, Saint-Jean, la Vierge et un prêtre agenouillé, encadrés dans une guirlande de fleurs de lys et de coquilles du temps de Henri II. La croix du cimetière, assez élégante, offre des croisillons bifides.

Source :

Notes

[1] Charte de Navarre de 1401.

[2] Dictionnaire géographique d’Expilly.

[3] Titres originaux du chartrier de Mortain.

[4] Armes de Saint-Gilles : d’azur à l’aigle éployée d’or, membrée et becquetée de gueules. (Pitard), Nob. de Mortain.

[5] Voir art. Barenton, ce que nous avons dit des sergenteries du Mortainais.

[6] Sommaire du noble, Mss.

[7] Pitard, Nobil. de Mortain.

[8] Sommaire du noble, Mss.