Le50enligneBIS
> Paroisses (Manche) > mno > Le Mesnil-Rainfray > Histoire > Le Mesnil-Rainfray - Notes historiques et archéologiques

Le Mesnil-Rainfray - Notes historiques et archéologiques



NDLR : (source Wikimanche)
Circonscriptions administratives avant la Révolution :
• Généralité : Caen.
• Election : Mortain.
• Sergenterie : Corbelin.
Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution :
• Diocèse : Avranches.
• Archidiaconé : Val de Mortain.
• Doyenné : Mortain.


Texte de 1885 ; voir source en bas de page.


JPEG - 1.9 ko

n latin, Mesnillum-Renfredi.

Faits religieux

L’histoire nous dit qu’au retour de la Conquête de l’Angleterre , Robert, comte de Mortain, donna à Girold, son fidèle et brave serviteur, l’église du Mesnil-Rainfray, avec toutes ses propriétés, ses droits et ses revenus, afin de le récompenser de ses services militaires.

Longtemps après, Richard Le Barbier (Rasor), l’un des descendants de Girold, en fit la remise à Etienne, comte de Mortain, en vue d’une transaction. Celui-ci la céda alors à Hébert, évêque d’Avranches, qui lui-même la transmit au prieuré de Sainte-Marie-du-Rocher et au prieur Ranulphe, à la condition que Herbert Le Barbier, frère de Richard, et qu’Olivier, fils du donateur, seraient reçus au nombres des religieux de cette maison, et que le prieur servirait une pension de 10 livres à Pierre Le Barbier, autre fils du même Richard. L’acte qui énonce ces faits est daté du château de Mortain et de l’année 1139. Il fut passé en présence d’un grand nombre de notables, personnages du pays, Henri de Fougères, Roger de Milly, Pierre de Saint-Hilaire, Philippe de Juvigny, Ingelrand de Touchet, Eudes de Moissey, Robert de Fontenay, etc.... La charte de Herbert, évêque d’Avranches, est de la même date.

Plus tard, en 1194, Robert, seigneur du Mesnil-Rainfray et le prieur du Rocher firent une transaction en présence de Guillaume, évêque d’Avranches.

De tout temps le prieuré du Rocher a continué à jouir du patronage de l’église de Saint-Martin du Mesnil-Rainfray. Ce droit est notamment inscrit dans l’aveu rendu par Jacques de Morry, prieur de ce monastère, le 16 juin 1553.

Eglise paroissiale

Elle est de deux époques : le choeur du XVe siècle et la nef du XVIIe. Au chevet, une belle verrière, à meneaux flamboyants offre quelques beaux échantillons de tableaux coloriés du XVe siècle : dans le meneau du milieu, Saint Martin, patron de la paroisse, déchirant son manteau, dont il donne une partie à un pauvre revêtu du costume religieux ; dans celui de droite, Saint Jean en prières et trois dames, les donatrices sans doute, en oraisons ; dans celui de gauche, une femme voilée et drapée dans un long manteau bleu ; enfin, dans la rosace, le Père Eternel bénissant. Autour des murailles de l’église, sont les restes d’une litre ou ceinture funèbre.

Histoire féodale

La charte de Navarre de 1401 fait mention de trois fiefs au Mesnil-Rainfray : Le Mesnil-Rainfray, les Cineaus et Le Plessis.

Le Mesnil-Rainfray relevait par un quart de fief de la baronnie de Saint-Pois.
Jourdain du Mesnil-Rainfray fut au nombre des seigneurs du comté de Mortain qui, en 1204, prêtèrent serment à Philippe-Auguste. Les Roussel qui possédèrent le Mesnil-Rainfray au XVe siècle restèrent fidèles au roi de France. Guillaume Roussel en fit aveu en 1394. Il l’avait toujours en 1401. Un autre Guillaume Roussel, sieur du Mesnil-Rainfray, justifia sa noblesse devant Montfaut en 1463. Enfin, un troisième personnage de cette famille, également nommé Guillaume, vivait en 1519. Julien Guéroult ou Groult est plus tard, en 1540, qualifié de seigneur de Mesnil-Rainfray. Par transaction du 23 mars 1583, faite entre Jullien et Christophe Guéroult, fils du précédent, les domaines du Mesnil-Rainfray et de Husson furent attribués à Jullien. Ce dernier était mort en 1591. Il eut cinq filles. L’une d’elles, Charlotte, épousa François de le Houssaye, écuyer, seigneur d’Eron et du Mesnil-Rainfray, sur lequel le Mesnil-Rainfray fut décrété et acquis, en 1661, par Louise de Pericard, marquise de Molac. Celle-ci le revendit en 1665 à Jacques ou Jean-Jacques de Savigny, originaire d’une famille du Cotentin et anoblis en 1544, avec substitution de son ancien nom de Gambier en celui de Savigny. Le dernier de cette famille, Philippe-Charles de Savigny, étant mort en 1706, le Mesnil-Rainfray passa à sa soeur Charlotte ou Renée-Angélique de Savigny, épouse de Cyprien-Philippe Du Bosc, écuyer, seigneur et patron du Mesnil-Rainfray et de Bourneville. Au décès de Scipion-Philippe Du Bosc, qui mourut en 1752, à son château du Mesnil-Rainfray, il fut fait un inventaire qui énumère tous les faits qui précèdent. En 1772, un autre inventaire fut encore dressé au même château, après la mort du marquis de Montaigu, de la maison de Poilvilain. Enfin, en 1789, Sébastien-Anne de Poilvilain, marquis du Mesnil-Rainfray et comte de Crenay, comparut par mandataire à l’assemblée convoquée pour les États généraux. D’après cette dernière indication, le Mesnil-Rainfray avait été érigé en marquisat : nous en ignorons la date, qui ne peut être que de 1765 à 1789. Près du bourg du Mesnil-Rainfray est l’emplacement de l’ancien château, dont la majeure partie est détruite. Il reste un colombier et quelques appartements insignifiants.

Les Cineaux, les Tineaux ou les Tuteaux. Ce fief relevait de Saint-Hilaire-du-Harcouët. En 1401, il était possédé pour partie par Guillaume Cheval, écuyer, et pour l’autre portion par Jean Le Maître et sa femme. Thomas Cheval fut en 1463, confirmé dans sa noblesse par le commissaire de Louis XI.

le Plessis . C’était un 1/2 fief de Haubert : il relevait du fief de Crenay. Une très ancienne famille du nom de du Plessis a existé dès le XIIe siècle dans le Mortainais ; cependant nous ne pouvons rien préciser à son égard, relativement au fief situé au Mesnil-Rainfray avant Robert du Plessis, écuyer, seigneur du Plessis. Il l’habitait en 1563, et ne laissa qu’une fille pour unique héritière. Après la mort de Françoise du Plessis, qui semble n’avoir jamais été mariée, Jeanne Cheval, femme de Jacques de la Houssaye, et Anne de Bellehache, épouse d’Etienne Le Vannier, procédèrent au partage de sa succession, dans laquelle se trouvait le fief du Plessis. Il échut, paraît-il, à Anne de Bellehache. Que le Plessis soit entré dans la famille de La Houssaye par l’alliance de François avec Charlotte Guéroult (vers 1609) ou par celle de Jacques avec Jeanne Cheval, toujours est-il que Jean de La Houssaye, écuyer, sieur du Plessis, mourut en son manoir du Plessis, le 25 octobre 1705. Le nom de Joseph-Gédéon-Julien-François de La Houssaye, seigneur du Plessis, est inscrit au catalogue des gentilshommes du Mortainais pour les élections aux Etats généraux. Aujourd’hui le Plessis appartient toujours à ses descendants.

Source :
- Revue historique, archéologique et monumentale de l’arrondissement de Mortain (1885 - Tome 4), par Hippolyte Sauvage
Histoire et Antiquités, Canton de Juvigny-le-Tertre, pages 1 et suivantes.