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Reffuveille - Notes historiques et archéologiques




NDLR : (source Wikimanche )
Circonscriptions administratives avant la Révolution
• Généralité : Caen.
• Élection : Mortain.
• Sergenterie : Corbelin.

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution
• Diocèse : Avranches.
• Archidiaconé : Val de Mortain.
• Doyenné : Cuves.


Texte de 1885 ; voir source en bas de page.


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poque celtique

Dans un taillis situé près le village du Petit-Bois, se trouve un dolmen désigné sous le nom de Chaise-Berthe ou de la Chaise-à-Berthe.

Etymologie

Reffuveille est appelé Rufavetula dans les chartes latines des XIe et XIIe siècles. Nous croyons que ce mot rappelle la présence de la vigne dans nos contrées, et nous voulons dès lors voir dans ce nom de vetula celui de vitis, la vigne, rufavetula, la petite vigne rouge ou noire.

Faits religieux

Le comte Robert avait, en 1082, constitué sous le nom de Reffuveille, l’une des prébendes canonicales de sa collégiale de Mortain.

L’église de Saint-Léonard de Reffuveille fut donnée à l’abbaye de La Luzerne, en 1162, par Guillaume de Saint-Jean-le-Thomas, Olive, sa femme et Robert son frère. Ce fait est rappelé dans les divers aveux de ce monastère, notamment dans celui que donnèrent en 1419 l’abbé et les religieux. Reffuveille devint ainsi un prieuré-cure à la nomination de La Luzerne, qui y a pourvu de tous temps.

Au moment de la révolution, le presbytère de Reffuveille eut pour vicaire l’abbé Legendre, né à Cormeray, au canton de Pontorson. D’abord soldat au régiment de Forez, il s’était fait ensuite ordonner prêtre. Mais laissant bientôt son village, il s’enrôla de nouveau sous les drapeaux, fut élu chef du Xe bataillon des volontaires da la Manche, composé de 1200 hommes et dont les élections eurent lieu à Mortain. Incorporé ensuite avec ce même bataillon dans la 28e demi-brigade d’infanterie, formé au Havre, il devint plus tard général de brigade. Ses services militaires furent ternis par la part active qu’il prit à la capitulation de Baylen. Enfin, il fut secrétaire de celui qui signa cette capitulation, le général Dupond, quand la Restauration en eut fait un ministre de la Guerre.

L’antique église, située au vieux bourg de Reffuveille a été abandonnée et démolie : sur son emplacement de nombreuses inscriptions tumulaires rappellent le temple chrétien. Quant à la nouvelle église, bâtie au bourg neuf, elle est vaste, élancée et dans des proportions qui ne sont pas celles d’un oratoire de campagne. Bénite le 15 août 1848, elle a été l’objet de nombreuses critiques, bien qu’elle mérite quelques éloges.

Moyen Age

La charte de Navarre, de 1401, et les titres plus anciens, font mention de 15 fiefs ou vavassoreries nobles, à Reffuveille. Ils sont nommés les fiefs : d’Asnières, de l’Aumône ou du Chanoine, de La Barbarie, des Basles, de La Blanchardière, du Bois-Ambroise, de Chalenge, de La Fosse, de La Faverie, de La Grippière, du Rosay, de Signy, des Touches, le Fief-Noël et de La Paturlière. 117 aînesses, terres et villages en dépendaient. Le terrier du comté de Mortain, de 1738, va jusqu’à compter 18 fiefs dans cette même paroisse. C’est à s’y perdre ; aussi renoncerons-nous à entrer dans de nombreux détails sur chacun de ces domaines. Nous nous bornerons à dire qu’ils relevaient du fief de Fontenay-le-Husson pour partie, et de la baronnie de Saint-Pois pour l’autre.

Quant au titre seigneurial de Reffuveille, il parait avoir été divisé.

Sous la qualification de chef-seigneur de Reffuveille, les possesseurs au fief de Fontenay-le-Husson, étaient seigneurs honorifiques ou honoraires de Reffuveille.

Mais le patronage et le titre effectif de seigneur de la paroisse était pris, en même temps, dans les actes publiés, aux XVIIe et XVIIIe siècles, par la famille de La Barberie, qui avait concentré dans ses mains la plupart des domaines principaux de Reffuveille, et particulièrement celui de La Barberie.

Le nom primitif de cette maison était Gautier. Jean Gautier, sieur de La Barberie, fut anobli au mois de juillet 1611. Ses deux fils Gabriel, sieur de La Barberie, et Julien, sieur des Chapelles, obtinrent plus tard l’autorisation de changer leur nom patronymique en celui de La Barberie : les lettres patentes royales de 1617, en furent enregistrées en 1635 au Parlement de Rouen. Gabriel n’eut qu’une fille, mariée, à M. de Bilheust, écuyer, seigneur d’Argenton. Pour Julien, sieur des Chapelles, du Rozel, des Touches, d’Asnières, des Baies ; il fut patron de la paroisse de Reffuveille. Son fils Thomas de La Barberie, devint lieutenant particulier au bailliage de Mortain. Vers 1737 et 1738, messire Jacques de La Barberie, seigneur et patron de Reffuveille, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment des gardes françaises, demeurait à Paris. Enfin en 1784 et 1789, Jacques-Augustin de La Barberie, chevalier, aussi seigneur et patron de Reffuveille, était brigadier des armées du Roi, et comme son père, capitaine au régiment des gardes françaises.

C’est avec les qualifications que nous venons d’indiquer, que comparurent aux élections pour Etats généraux de 1789, Jean Gabriel de Bordes, comme chef-seigneur de Reffuveille, et Jacques-Augustin de La Barberie, comme seigneur et patron de la même paroisse.

Nous nous bornerons à mentionner quelques actes concernant les divers fiefs et vavassoreries existant à Reffuveille

La Barberie
Aveu du 6 septembre 1399 par Jean Dorange, à cause de Jeanne de Chassegué, sa femme. Cette terre possédée, en 1611, par Jean Gautier, passa ensuite dans la famille de Billeheust d’Argenton. Elle fut vendue le 3 août 1784, avec le fief de l’Aumône, à Reffuveille, par messire Thomas-François-Jacques de Billeheust d’Argenton, chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine commandant de chasseurs au régiment du Maine, pensionnaire du roi, et demeurant à Vire, à messire Jacques-Augustin de La Barberie, que nous avons déjà nommé. Le prix de cette vente était de 25,000 livres. Mais le nouvel acquéreur, dès l’année suivante, le 9 novembre 1785, rétrocéda ces domaines par acte devant Barbé, notaire au siège de La Roche, pour le prix de 28,500 livres à M. Marc-Brice Le Crosnier, avocat au Parlement de Paris. Son fils Eugène Le Crosnier de La Barberie, receveur particulier des finances, décédé à Mortain, vers 1840, ne fut plus connu que sous ce dernier nom. Enfin, La Barberie est aujourd’hui encore possédée par Madame Françoise Le Crosnier de La Barberie, veuve de M. Adrien Bonnet, officier de la Légion d’honneur, ancien Préfet du département de la Manche.

Le Bois-Ambroise
En 1551, aveu par André des Vaux. — Le 12 mars 1728, foi et hommage par Jacques de La Barberie.

Le Fief-Noël
Foi et hommage en 1565, par Robert du Pontbellanger.

La Paturlière
Le 19 novembre 1779, Jean-Baptiste-René-Clément de Launay, sieur de La Paturlière, capitaine commandant au régiment de Touraine, donna une procuration à sa mère, au moment de son départ pour les Iles, avec son régiment, pour le service du Roi.

Siyny
Ce fief relevait de celui de Fontenay, pour 1/3 de Haubert. Richard de Signy est nommé dans un aveu du 7 mars 1394. Olivier de Signy fut, en 1462, lieutenant général en la maîtrise des eaux et forêts du comté de Mortain. Il est dit, dans l’aveu fait par Jean de Saint-Germain, seigneur de Fontenay, le 13 février 1499, que Guillaume de Signy, écuyer, lui devait pour le fief de Signy tous les ans un épervier prêt à émettre sur le poing à la Madeleine et un chapel de roses au jour du Saint-Sacrement.

Source :
- Revue historique, archéologique et monumentale de l’arrondissement de Mortain (1885 - Tome 4), par Hippolyte Sauvage
Histoire et Antiquités, Canton de Juvigny-le-Tertre, pages 1 et suivantes.