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Le château d’Adam Bruce à Brix : Berceau de la famille royale des Bruces d’Ecosse et d’Angleterre, par M. l’Abbé Adam



NDLR : texte de 1898, voir source en bas de page.


I - Le château d’Adam Bruce, à Brix [1]

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deux cents mètres environ à l’Est de l’église de Brix, sur le penchant d’une colline escarpée, se trouve un joli petit bois taillis nommé Bois Madame. C’est là, sur la pointe d’une roche formant promontoire sur un ravin profond, qu’était assis le Château d’Adam Bruce. Il y a une soixantaine d’années, on exécuta des fouilles en cet endroit, dans le but de découvrir quelque document propre à faire connaître l’origine et l’histoire de ce château. Comme le peuple se figurait que les savants étaient à la recherche d’un trésor, il ne tarda pas à appeler le Bois Madame « Bois du Trésor. » On dit même qu’un nommé Leblond, sorcier de profession, le découvrit après de longs et pénibles travaux, mais, au moment où il allait le « lever », un tourbillon de fumée l’enveloppa tout en lui permettant néanmoins d’apercevoir un coffre-fort transporté par une main invisible à cinquante pieds plus loin, sans qu’il pût voir exactement dans quelle direction. Telle fut, du moins, la mauvaise farce que ce prétendu devin inventa pour expliquer la stérilité de ses recherches.

Les archéologues furent plus heureux. Outre un grand nombre de médailles, dont trois en or, deux de Marc-Aurèle et une de Néron, ils recueillirent une grande quantité de coins et de haches en bronze. C’est que de tout temps, l’éminence appelée le « Haut Brix » a été célèbre par sa position topographique. Non loin de là, on voit encore un monument mégalithique reconnu par M. de Gerville. Il y avait aussi un camp romain. Au même endroit s’élevèrent, au huitième siècle, trois chapelles, après la translation miraculeuse des reliques de Saint-Georges, de Portbail à Brix, en 747. Enfin, quelques siècles plus tard, les seigneurs normands trouvèrent le Haut Brix admirablement situé et résolurent d’y construire un château féodal. Ce château, connu sous le nom de Château d’Adam, date du douzième siècle. Il est difficile, en effet, de croire qu’il n’ait pas été bâti par un des seigneurs dont il conserve le nom. Or, nous verrons dans la suite que, parmi les descendants de Robert Bruce, plusieurs avaient reçu au baptême le nom d’Adam. On parle en Normandie d’un certain Adam Bruce qui vivait au temps de la minorité de saint Louis, et dont le nom figure, dit-on, parmi ceux des barons anglo-normands qui, réunis aux Bretons, vinrent faire une incursion dans le midi du département et prirent le château de la Haye-Pesnel. Nous n’avons pu acquérir de preuves certaines qu’il y eût réellement un Adam de Bruis à cette expédition, mais il y a trois Adam, dont l’existence est indubitable, et qui suffisent pour faire retrouver l’origine du château.

Un de ces seigneurs mourut en 1162 ; un deuxième en 1185 un autre était mort en 1144. Chose digne de remarque ! Celui-ci est mentionné dans l’histoire de Siméon de Durham et n’est pas cité dans les généalogies anglaises des Bruces. Pourquoi cette omission ? Serait-ce que les généalogistes ne le connaissaient pas ? (ce qui ne prouverait pas qu’il n’existait pas en Angleterre). C’est mon avis. Ou bien, serait-ce que ce fils aîné de Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant, n’aurait eu de propriétés qu’en Normandie ? Alors ce serait à lui qu’il faudrait rapporter la construction du château d’Adam, sinon ce serait à celui qui mourut en 1162 que reviendrait cet honneur. « Quoiqu’il en soit, dit M. de Gerville, vingt ans de différence ne changent rien à la question l’origine du château sera toujours la même. »

Les Annales du Château d’Adam ne peuvent pas être longues. Bâti vers le milieu du douzième siècle, il était confisqué au commencement du treizième. Après que le roi de France eut recouvré notre belle province (1205), les seigneurs normands qui possédaient des domaines en Normandie et en Angleterre furent forcés d’opter entre les deux pays. Les seigneurs de Brix n’hésitèrent pas à donner leur préférence à l’Angleterre, où ils étaient infiniment plus riches qu’en France. Alors leurs biens de Normandie furent confisqués et leur château de Brix démoli ; voilà pourquoi il n’en est pas fait mention dans les registres des fiefs de Normandie qui devaient le service militaire à Philippe-Auguste

Durant le court espace de son existence, on ne peut guère s’attendre à ce que cette forteresse ait soutenu de sièges.

Pendant son long règne, Henri II (1154-1189) fut paisible possesseur de notre pays. Aucune guerre n’y amena Richard Cœur de Lion (1189-1199). Nous voyons seulement qu’il vint s’embarquer, ou descendre, à Barfleur. En 1194, il y débarqua avec une flotte de cent vaisseaux chargés de troupes destinées à secourir Verneuil. Un historien contemporain rapporte qu’il vint coucher à Brix, sans doute au Château d’Adam, le 12 mai. Jean Sans Terre (1199-1216) régna si peu de temps sur la Normandie que l’on ne peut s’attendre à des détails sur notre château pendant la courte durée de sa domination ; il eut bien quelques guerres à soutenir contre Philippe-Auguste avant d’être tout à fait dépouillé, mais ces guerres se passèrent dans la Haute Normandie, et, s’il n’eût pas souscrit quelques actes publics dans le Cotentin, nous douterions qu’il y fût venu. Nous lisons, il est vrai, dans les Etudes géographiques et historiques sur le département de la Manche que Jean Sans Terre vint au Château d’Adam en 1203. D’un autre côté, M. Renault, dans son article sur Brix, dit que Jean Sans Terre était à Brix le 21 décembre 1200. S’il en est ainsi, il est vrai de dire avec eux que le Château d’Adam a donné l’hospitalité à deux rois d’Angleterre, ducs de Normandie.

Comme nous l’avons déjà insinué, l’emplacement du Château d’Adam était magnifique : de l’autre côté du Bois Madame, s’élève vers l’est un large monticule aride, hérissé seulement de roches, de pins et de bruyères. Au fond du ravin, coule paisiblement une gracieuse petite rivière qui, après avoir fait marcher plusieurs moulins, va se perdre dans l’Ouve, au hameau Blaise. Vers le sud, l’horizon s’élargit tout à coup, et l’œil découvre les hauteurs de Besneville et de nombreux clochers, et le regard se perd au loin dans une vaste plaine.

Le château avait donc une défense naturelle de ce côté, mais à l’ouest, du côté de l’église, il en était autrement. Le terrain est à peu près uni, aussi y avait-on construit beaucoup de retranchements. On y remarque encore la place d’un large fossé, au bas du « Clos de l’École » et vers les « Câtiaux ». Le château était en outre protégé par un mur d’enceinte qui passait par l’endroit appelé encore, pour ce motif, le « Haut Mur », et par le « Bois des Bosses ». Dans l’intérieur de ce mur d’enceinte étaient la Bailliverie et l’église.

Le Château d’Adam, au dire de M. de Gerville, formait une forteresse imposante, et il en classe les ruines au nombre des antiquités romanes du douzième siècle.

Quoique ce château eût été démoli au commencement du treizième siècle, par ordre de saint Louis, il en restait encore de grands débris dans le seizième : ils furent employés à l’agrandissement de l’église actuelle.

En suivant aujourd’hui les traces de la maçonnerie de cette forteresse, on voit qu’elle était une des plus étendues du pays. On voit encore la motte sur laquelle s’élevait le donjon, et là se trouvent encore quelques vieux pans de murs construits avec des pierres de petit appareil, et comme noyées dans un amas de ciment extrêmement dur. Ces quelques ruines, entassées les unes sur les autres, sont recouvertes d’une haute couche d’humus sur laquelle croissent, au milieu des ronces et des épines et à l’ombre de vigoureux arbustes, des fougères d’une très grande rareté. Vers le Sud, cependant, elles présentent une ouverture qui permet de pénétrer dans une grotte peu profonde dont la voûte est parsemée de stalactites. Non loin de là se trouve l’entrée de deux souterrains voûtés dont on ignore le point d’arrivée. Au commencement de ce siècle, une troupe d’écoliers entreprit de les visiter dans toute leur étendue. Arrivés à une petite distance, plusieurs d’entre eux, saisis de crainte, refusèrent d’aller plus loin. Le chef de la petite bande, pour entraîner ses camarades, fit le brave et paya d’audace ; il s’avança seul, une bougie à la main, mais arrivé à un carrefour, un courant d’air éteignit sa lumière et le laissa dans une obscurité affreuse. Se sentant seul, sous terre, au milieu de ténèbres épaisses, le pauvre enfant, éperdu, se mit à crier de toutes ses forces. Ses amis, saisis d’une terreur panique, prirent la fuite et regagnèrent en toute hâte le Haut Brix. M. Lenrouilly, alors instituteur, fut vite informé de la mésaventure. Il accourut avec plusieurs personnes de la bourgade, ramena l’enfant égaré, à demi-mort de frayeur, et, afin d’ôter à ses condisciples l’envie de recommencer une pareille excursion, il leur fit rouler de grosses roches pour obstruer l’entrée des souterrains. Aujourd’hui encore, on peut descendre par une ouverture très étroite dans une sorte de salle voûtée, et là on aperçoit les roches qui rendent difficile l’accès d’un vaste souterrain qui va toujours en s’élargissant.

Les barons de Brix avaient droit de séance à l’Échiquier de Normandie parmi les premiers de la province ; ils étaient donc puissants et d’un rang élevé.

II - La famille royale des Bruces d’Ecosse et d’Angleterre originaire du château d’Adam Bruce, à Brix

Le Château d’Adam Bruce, à Brix, fut le berceau d’une famille alliée aux premiers ducs de Normandie qui fournit à Guillaume le Conquérant un de ses principaux capitaines, à l’Angleterre un de ses premiers barons, à l’Ecosse le plus illustre de ses rois, des ancêtres aux Stuarts qui ont occupé pendant si longtemps les trônes d’Écosse et d’Angleterre, et desquels descend, par les femmes, S. M. Victoria, actuellement reine de la Grande-Bretagne.

S’il en est ainsi, il est donc juste de dire avec Toustain de Billy que « la famille de Brix a été une des plus illustres de l’Europe », et de s’écrier avec M. de Gerville : « Il est glorieux pour la paroisse de Brix d’avoir donné son nom à la famille de tant de héros. »

Mais ces titres d’honneur et de gloire sont tellement nombreux, tellement importants, et aussi, il faut bien l’avouer, tellement ignorés qu’il est bon d’en démontrer l’authenticité par des preuves incontestables :

1ere proposition : Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant, était originaire de Brix.

De la vérité de cette assertion dépend la vérité de toutes les autres, en ce sens que, si elle est fausse, les autres ne pourront jamais se vérifier. Elle forme la base de l’édifice généalogique qu’il s’agit de reconstituer. Les deux considérations suivantes nous semblent l’établir solidement :

1ere preuve. Parmi les seigneurs qui suivirent Guillaume le Bâtard à la bataille d’Hastings, en 1066, se trouvait Robert Bruce, ou de Brus, ou de Brius. Il est sur les listes de l’Abbaye de la Bataille, de Brompton, et dans Wace. Nous voyons, en effet, dans le prologue, en vers français, des « Decem scriptores Anglias » de Turpden, rapporté par l’historien Brompton, une liste des preux qui vinrent en Angleterre avec Guillaume le Conquérant, et parmi eux se trouvent :


« George et Spencer,
Brus et Botteler
. »

et dans Wace, nous lisons :


« Li Archier du Val de Roil
A maint Engleiz creverent l’oil,
Cels de Sole et cels d’Oireval,
Cels de Brius et cels de Homez
De Saint-Jehan et de Brehal
Veissiez mult férir de prez
. »

Ce Brus ou Brius d’où venait-il ? Tous les généalogistes anglais sont unanimes à dire qu’il venait de Normandie. Mais de quelle contrée de cette belle province était-il ? Si nous avions plusieurs paroisses portant le nom de Bruce, ou un nom similaire, nous pourrions être embarrassé pour répondre à cette question, mais la difficulté n’existe pas. Seule, en effet, dans toute la Normandie, la paroisse de Brix a porté et porte ce nom de Bruce.

En 747, le chronographe de l’Abbaye de Fontenelle parle d’un lieu nommé Brucius de manière à ne pas laisser douter qu’il désigne notre paroisse de Brix. C’est à l’occasion d’un reliquaire, échoué à Portbail, qui fut apporté dans un chariot jusqu’au lieu nommé Brucius.

Toutes ces circonstances, le sommet aplati d’une montagne où se trouvent l’église et la place du Château d’Adam, la distance, la position, le nom de la rivière d’Ouve, les traditions locales, la transformation du nom, tout se réunit pour ne laisser aucun doute.

Brix se nommait donc bien Brucius au huitième siècle. Il se nommait également Bruotum ou Brucium au onzième siècle, à l’époque même de la conquête de l’Angleterre. Ce Robert Bruce, qui y prit part et qui venait de Normandie, était donc bien de notre paroisse de Bruce, seule de ce nom dans toute la province.

Aujourd’hui, il est vrai, le nom de Bruce s’est changé en celui de Brix, mais ces deux mots, quoique différents en apparence, désignent bien une seule et même localité. Le nom de Bruce a été conservé en Angleterre. En France, au contraire, le mot a subi les vicissitudes de la langue en voie de transformation. Le latin usité au huitième siècle fut remplacé dans les siècles suivants par la langue romane qui devint peu à peu la langue française actuelle. Voilà pourquoi le mot Bruce fut remplacé au douzième et au treizième siècle par Brus, Bruis ou Brius qui, du reste, est encore entièrement identique au mot Bruce et se prononce de même en Anglais. De Brius, Brus, Bruis et Bruys on fit bientôt Bris et Brye, puis enfin Brix. Ainsi, au point de vue historique, il est certain que Brix s’appelait Bruce. Dans la chronique de Fontenelle, la topographie de cette paroisse est désignée d’une façon nette et précise, et l’authenticité de ce document n’est révoquée en doute par aucun auteur sérieux. D’autre part, au point de vue linguistique il est aisé de suivre la transformation de ce mot Bruce en celui de Brix.

En outre, il n’y a pas jusque dans les généalogies anglaises des Bruces qu’on ne puisse aussi trouver ces noms de Bris et Brye. Nous voyons, en effet, le premier dans le Baronetage, à l’article de Sir Alexander Bruce, et le dernier dans le Pairage Éteint de Banks. Donc, la paroisse de Brus, d’où était originaire et d’où tirait son nom Robert Bruce ou de Brus, seigneur normand et compagnon de Guillaume le Conquérant, est bien la paroisse de Brix.

2ème preuve. La preuve que nous venons d’exposer est renforcée par celle qui se tire du parallèle entre la liste généalogique des descendants de ce Robert Bruce en Angleterre et la série des noms que nous rencontrons dans les Cartulaires de quelques Abbayes du Cotentin et particulièrement dans les Cartulaires de l’Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte et du Prieuré de Saint-Pierre-de-la-Luthumière, à Brix.

Comme nous le verrons dans la thèse suivante, d’après les auteurs anglais, on trouve, parmi les descendants de Robert Bruce dont nous venons de parler, trois membres s’appelant Adam de Bruis et trois portant le nom de Pierre de Bruis : or, nous retrouvons ces mêmes noms dans nos Cartulaires normands. Qu’il suffise d’indiquer la Charte de donation de l’église même de Bruis à l’Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte par Adam de Bruis, en 1144, et confirmée, en 1155, par Pierre de Bruis. Nous pourrions citer vingt « exemples aussi authentiques, dirons-nous avec M. de Gerville où l’on rencontrerait le concours de la conformité des noms et des surnoms. ». On ne peut désirer un rapprochement plus complet entre les Bruces d’Angleterre, d’Écosse et de Normandie : mêmes noms de baptême et de famille, mêmes dates, mêmes noms pour la paroisse de Brix qui, nous l’avons prouvé, se nommait seule, à cette époque, Bruce ou Bruis, et dont l’église, en conséquence des donations du onzième siècle, a toujours appartenu à l’Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Les Bruces d’Angleterre habitaient donc aussi notre paroisse ; or, ne l’oublions pas, ils étaient d’origine normande. Une seule paroisse portait ce nom : c’est Bruce, Brus ou Brix ; enfin, dans cette localité les Bruces d’Angleterre et d’Écosse avaient un château fort et de nombreuses possessions. Nous sommes donc autorisé à conclure que Brix est bien le lieu d’origine de Robert Bruce, qui fut à la conquête, ainsi que de ses descendants.

Ces deux arguments réunis nous semblent constituer une preuve décisive et péremptoire.

2ème proposition : Robert Bruce, roi d’Écosse, est issu de ce Robert Bruce qui était à la conquête, et, par suite, est originaire de Brix.

Il serait fort difficile d’établir une liste généalogique complète de tous les descendants de Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant ; heureusement ce n’est nullement nécessaire.

Pour prouver notre seconde thèse, il suffit de connaitre la branche qui a porté le noble rejeton qui devint roi d’Ecosse.

Nous voyons dans le Collin’s Extinct Peerage et dans le Baronetage d’Angleterre que Robert Bruce vint de Normandie en Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Après la bataille d’Hastings, celui-ci l’envoya dans le nord de l’Angleterre pour maintenir les mouvements du roi d’Ecosse. Le roi David lui concéda le territoire d’Extrahanent en Écosse, et Guillaume ne lui donna pas moins de quatre-vingt-quatorze seigneuries dans les comtés d’York et de Durham. Skelton, dans le Cleveland, fut le chef-lieu de cette baronnie ; et, naguère, on voyait encore dans cette ville, un château ayant appartenu au baron de Bruis de Normandie. Ce seigneur avait deux fils Adam, seigneur de Skelton, et Robert, seigneur d’Annandale, duquel descend la famille royale d’Écosse.

Adam combattit avec son père contre les Écossais à Northallerton en 1138. Il hérita des biens d’Angleterre et de Normandie et mourut probablement en 1144. Après lui on trouve trois Pierre successivement.

Robert, le second fils de Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant, épousa Agnès, fille de Foulques Paisnel, puis en secondes noces, l’héritière d’Annandale. Guillaume, son fils, donna naissance à Robert, grand-père du fameux compétiteur au trône d’Écosse, appelé lui-même Robert. Celui-ci était comte d’Annandale et fils de Robert et d’Isabelle, seconde fille de David, comte de Huntingdon. Il fut le père de Robert Bruce, comte de Carrick et roi d’Écosse en 1306.

Notre deuxième proposition est donc solidement établie.

3ème proposition : Robert Bruce, issu de Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant, devint roi d’Ecosse - Histoire des Bruces.

Nous savons maintenant, d’une façon certaine, que la paroisse de Brix a l’honneur d’être le berceau d’une famille royale des plus célèbres. Il est dès lors du plus haut intérêt pour nous de connaître l’histoire, au moins sommaire, de cette famille royale des Bruces. « Dans le cours de mes recherches sur les châteaux du département, dit M. de Gerville, j’espère trouver le berceau de plusieurs familles anciennes de la Grande-Bretagne mais nulle part je n’en rencontrerai un qui ait fourni une famille plus illustre et plus historique. »

Voyons d’abord comment cette famille arriva au trône d’Écosse, quels étaient ses droits et comment elle les fit valoir.

Par la mort de la jeune Marguerite, surnommée la « Vierge de Norwège », la postérité des trois derniers rois d’Écosse, Guillaume, Alexandre II et Alexandre III, se trouvait éteinte et le trône d’Écosse restait vacant. Il ne se présenta pas moins de seize compétiteurs qui tous, à une seule exception près, fondaient leurs prétentions à la couronne sur leur descendance légitime, ou bâtarde, de la famille royale. L’un deux faisait dériver son droit d’un usurpateur, six d’enfants illégitimes, et deux d’une sœur de Guillaume le Lion. Eric, roi de Norwège, demandait à être considéré comme héritier de sa fille, la feue reine. Le règlement de ces dix réclamations n’offrait pas de grandes difficultés : le véritable héritier devait se trouver parmi les descendants de David, comte de Huntingdon, frère du roi Guillaume. De Marguerite, l’aînée de ses filles, était issu John Baillol, lord de Galloway ; d’Isabelle, la seconde, Robert Bruce, lord d’Annandale, et d’Ada, la troisième, John Hastings, lord d’Abergavenny. Le dernier, tandis que la postérité des autres sœurs était vivante, ne pouvait prétendre qu’à une part de la succession si elle était divisible, et Robert Bruce n’aurait pu méconnaître le droit de Baillol, descendant de la sœur aînée, s’il n’eût été le petit-fils de David, tandis que Baillol n’en était que l’arrière-petit-fils. Le point à décider était donc celui-ci : savoir si la couronne appartenait au représentant de la fille aînée de préférence au représentant de la seconde fille quoique ce dernier fût plus rapproché d’un degré. De nos jours cela ne serait pas susceptible de discussion, mais, à cette époque, la loi de la descendance n’était pas observée d’une manière uniforme, et, dans beaucoup de cas, le pouvoir avait autant d’influence que la justice pour déterminer l’ordre de la succession. La perspective des maux auxquels la rivalité de tant de compétiteurs allait exposer l’Ecosse effraya tous ceux qui désiraient le bonheur de leur patrie, et les États se déterminèrent sagement à soumettre la contestation au roi d’Angleterre.

Édouard Ier se prononça en faveur de Baillol à l’exclusion de Robert Bruce. John Baillol reconnut le roi d’Angleterre pour son suzerain, mais cette sujétion indisposa ses sujets contre lui. Comme Edouard, de son côté, se montrait très exigeant à l’égard de son vassal, Baillol songea à secouer le joug, mais il fut vaincu à Dumbar ( 1296) et forcé d’abdiquer. Dans cette guerre, Robert Bruce soutint le roi d’Angleterre. Il combattit encore avec lui à Falkirk (1298) contre le jeune Wallace dont il avait d’abord secondé l’insurrection, mais qu’il avait bientôt abandonné par jalousie.

Édouard lui faisait espérer qu’il le soutiendrait comme roi d’Ecosse, s’il l’aidait à renverser John Baillol et W. Wallace. Après la victoire de Dumbar et de Falkirk, Robert Bruce vint donc réclamer le prix de ses services. « Croyez-vous que nous n’ayons rien à faire qu’à vous conquérir des royaumes », répondit brusquement Édouard. Bruce s’éloigna la rage dans le cœur. L’Écosse et l’Angleterre furent réunies. Édouard emporta la couronne d’Écosse et l’antique pierre de Scone sur laquelle les rois d’Ecosse montaient le jour de leur intronisation.

Le ressentiment de Robert Bruce ne dura ; pas l’ambition le ramena encore au service d’Edouard. Il mourut en 1298. Son fils, alors âgé de vingt-trois ans, et nommé comme lui Robert, sentit bientôt se ranimer le patriotisme dans son cœur. Il vécut quelque temps à la cour d’Angleterre. Profitant de la vieillesse du roi Édouard Ier et de la faiblesse de son successeur Édouard II, honteux d’avoir servi l’Angleterre, le jeune et vaillant Robert Bruce s’allia à Jean Comyn de Badenoch, neveu de Baillol, et se disposa à remplacer le noble Wallace qui avait succombé sous les efforts des Anglais.

Convaincu que Comyn était un traître, il le tua dans l’église de Dumfries-sur-la-Nith, appela aux armes tous les Écossais amis de l’indépendance de leur pays, et fut proclamé roi le 29 mars 1306.

Sa position parut d’abord désespérée. Le vieux roi Édouard arrivait avec une puissante armée pour mettre les rebelles à la raison. Les partisans de Comyn et de la Maison de Baillol se soulevaient contre lui, et, en commettant un meurtre dans une église, il était tombé sous le coup de l’excommunication. Réduit au rôle de proscrit, il dut chercher pendant quelque temps un refuge dans l’île Rathlin, au N.E. de l’Irlande. Ses frères, Thomas et Alexandre, furent exécutés et son épouse jetée en prison.

Presque seul, il continua néanmoins à lutter, courant à chaque instant le risque de tomber entre les mains de ses ennemis, poursuivi même par des chiens dressés à la chasse des bandits, et ayant chaque jour à faire usage de sa force prodigieuse pour se débarrasser des aventuriers qui cherchaient à gagner la récompense promise à celui qui le livrerait mort ou vif au roi d’Angleterre. Enfin, Édouard Bruce, son frère, et James Douglas, qui travaillaient à soulever l’Écosse contre les Anglais, parvinrent à lui amener 150 hommes d’armes. Avec cette petite troupe, il battit les premiers adversaires qu’on lui opposa. Ce succès eut pour résultat de soulever toute l’Écosse méridionale. Alors, avec des forces plus considérables, Robert défit les lords Pembroke et Clifford, et le vieux roi Édouard, en mourant, put prévoir que l’Écosse allait bientôt échapper à l’Angleterre.

Tout entier à ses plaisirs, Édouard II s’inquiéta peu d’abord des succès de Robert Bruce. Mais, lorsqu’après la mort de son ministre Gaveston, on s’occupa de savoir ce qui se passait en Écosse, et qu’on apprit que la ville de Stirling sur le Forth était la seule place importante qui restât aux Anglais, l’orgueil national se souleva avec tant de violence qu’Édouard II se vit forcé de marcher contre Bruce.

Toute l’Angleterre s’ébranla, et ce fut, dit-on, avec une armée de 100.000 hommes qu’Édouard arriva près de Stirling, à Bannockburn. Robert Bruce n’avait que 30.000 hommes, mais c’étaient les intrépides montagnards du Haut Pays, les barons des Basses Terres et les Chefs des Clans, ou tribus de la frontière, qui tous étaient décidés à périr plutôt que de se soumettre aux Anglais.

Le combat s’engagea le 24 juin 1314. Au point du jour, le roi Édouard voyant les Écossais se prosterner tous ensemble : « Ils se mettent à genoux, ils demandent grâce, » s’écria-t-il. « Oui, répondit un baron anglais, nommé Ingelram de Humfraville mais c’est à Dieu, ce n’est pas à nous qu’ils demandent grâce ». Les Écossais se relevèrent et aussitôt s’engagea la lutte. La bataille fut horrible ; l’acharnement était égal de part et d’autre. Enfin les Écossais l’emportèrent, et le roi Édouard n’échappa que par une fuite précipitée au sort de 30.000 de ses compagnons d’armes qui restèrent sur le champ de bataille. Robert Bruce obtint la délivrance de son épouse et de sa sœur en échange du comte de Hereford, mais Édouard II lui refusa le titre de roi et rejeta toutes les propositions du vainqueur. Pour le forcer à la paix, Bruce continua la guerre, s’élança sur l’Irlande, la conquit presque tout entière et fit proclamer roi de cette île son frère Edouard Bruce, puis il revint en Écosse et y remporta de nouvelles victoires sur les Anglais. Mais, pendant ce temps, son frère fut défait en Irlande dans une bataille contre John, lord de Birmingham, et l’Ile des Saints retomba au pouvoir des Anglo-Normands. Robert fut plus heureux, et le roi Édouard II, désespérant de dompter l’Écosse conclut avec lui une trêve de trente ans, sans toutefois, consentir à lui reconnaître le titre de roi (1323). Quelques années après (1329), au commencement du règne d’Edouard III, une paix définitive fut conclue à Northampton. L’indépendance de l’Écosse fut reconnue par l’Angleterre, la pierre de Scone fut rendue avec les autres insignes de la royauté enlevés par Édouard Ier, et David Bruce, fils de Robert, obtint la main de Jeanne Plantagenêt, sœur d’Édouard III.

Robert Bruce mourut en cette même année après avoir fait reconnaître son fils David pour son successeur, et après avoir désigné, dans le cas où il n’aurait pas d’enfants, Walter Stuart, son gendre, pour héritier présomptif (1329).

Il fut enterré à Dumfermline, dans le Comté de Fife, la capitale de l’Écosse sous la dynastie normande des Bruces.

Robert Bruce était un prince chéri de son peuple quoiqu’il aimât la guerre, mais il ne la fit que pour tirer sa nation de l’esclavage et pour la rendre heureuse. Il n’était âgé que de cinquante-cinq ans lorsqu’il mourut. Étant sur le point d’expirer, il conjura Jacques Douglas, un de ses partisans, de porter son cœur en Terre Sainte pour laquelle il avait fait vœu de se croiser, preuve attendrissante du motif religieux qui portait les preux de ce temps-là à tenter la délivrance de Sion captive et désolée.

Pour résumer en quelques mots tout ce qui précède, nous dirons avec M. de Gerville : « Robert Bruce vit dans sa jeunesse l’Écosse réduite à l’état le plus triste et le plus abject : il vit périr par le glaive du vainqueur une partie de sa famille. Il sut en peu de temps tirer une vengeance éclatante des horreurs dont son pays avait été le théâtre, faire éprouver aux Anglais des défaites sanglantes, délivrer sa patrie, et la laisser, en mourant, au plus haut degré de gloire qu’elle eût jamais acquis. Il est glorieux pour la paroisse de Brix d’avoir donné son nom à la famille de ce héros. »

Cependant le traité de Northampton, quoique ratifié par le Parlement, causa un profond mécontentement en Angleterre ; aussi, à la mort de Robert Bruce, Édouard voulut-il réparer les échecs passés par une victoire éclatante. Il opposa à David Bruce, successeur de Robert (1329-1370), Édouard Baillol, fils de Jean, qui consentit lâchement à démembrer le territoire écossais, et à se reconnaître comme vassal du roi d’Angleterre. David fut détrôné et obligé de chercher un asile en France. Rétabli par ses partisans en 1341, il fut fait prisonnier à la bataille de Nevil’s Cross, et conduit à la Tour de Londres où il subit dix ans de captivité (1346). Sa femme Jeanne, qui était sœur d’Édouard III, obtint sa liberté moyennant une rançon de 100,000 marcs, et il régna en Écosse jusqu’à sa mort, arrivée en 1370.

Avec lui s’éteignit la dynastie royale des Bruces. Les Bruces, proprement dits, occupèrent donc le trône d’Écosse pendant soixante-quatre ans, de 1306 à 1370, mais leurs descendants par les femmes ont toujours régné depuis, et règnent encore, non seulement sur l’Écosse, mais sur l’Angleterre et l’Irlande, ainsi que nous allons l’exposer succinctement.

4ème proposition : Les Stuarts descendent par les femmes de Robert Bruce, roi d’Écosse, et, par conséquent, sont originaires de Brix.

David Bruce ne laissait pas d’enfants. Il avait une sœur nommée Marie ou Marjorie. Elle épousa Gauthier ou Walter IV Stuart. Ce Walter était l’arrière-petit-fils d’un certain Walter issu, dit-on, de Banquo, Thane de Lochaber, assassiné par Macbeth. Walter était devenu, en 1060, sénéchal du roi Malcolm III ; or, sénéchal se dit en écossais stuart et en anglais stewart. Il porta lui même ce nom tiré de sa profession, et le communiqua à sa famille, restée célèbre par ses infortunes et sa grandeur d’âme dans les malheurs, puisque presque tous ceux de ses descendants qui furent rois d’Écosse périrent de mort violente. Qui ne connaît, en effet, les circonstances douloureuses de la fin tragique de « l’infortunée Marie Stuart indignement trahie et envoyée l’échafaud par Elisabeth d’Angleterre, et de son petit-fils, Charles Ier qui, comme elle, fut lâchement décapité. » Mais pourquoi nous appesantir sur des faits aussi connus ! Voyons plutôt la relation qui existe entre la famille des Bruces et celle des Stuarts.

Walter Stuart épousa donc Marie Bruce, ou de Brix, fille de Robert Ier et sœur de David II, dernier roi d’Ecosse. De ce mariage naquit Robert Stuart qui, de par sa mère, fut roi d’Écosse. C’est donc par alliance avec les Bruces, ou les de Brix, que les Stuarts arrivèrent au trône d’Ecosse.

Après Robert II, mort en 1390, treize princes de cette famille Stuart régnèrent successivement sur l’Ecosse. En 1603, à la mort d’Elisabeth, Jacques VI d’Écosse fut appelé au trône d’Angleterre sous le nom de Jacques 1er et, après lui, les Stuarts Charles Ier, Charles II, et Jacques II, régnèrent sur les deux royaumes. Renversés une première fois par le Long Parlement (1649), ils furent encore chassés en 1688 par Guillaume III d’Orange. Toutefois, Marie, femme de ce prince et fille de Jacques II, et Anne, sœur de Marie, montèrent sur le trône après la mort de Guillaume en 1702. La Maison de Hanovre eut à se défendre dans le dix-huitième siècle, contre les deux prétendants de la famille des Stuarts, le Chevalier de Saint George et Charles-Édouard : cette famille s’est éteinte, en 1807, dans la personne de Henri Benoit Stuart, cardinal d’York.

Tel est le résumé de l’histoire de la tristement célèbre famille des Stuarts. Ils ont occupé le trône d’Écosse pendant deux siècles et demi (1370-1603) et porté les deux couronnes d’Angleterre et d’Écosse de 1603 à 1714, et cela parce qu’ils sont nés de Marie de Brix, fille de Robert Ier de Brix ou Bruce.

5ème proposition : S. M. la reine Victoria descend des Stuarts et de Robert Bruce par les femmes et, par conséquent, est de ce chef, originaire de Brix.

Comme les Stuarts, la Maison de Hanovre, qui règne actuellement en Grande-Bretagne, descend de Robert Bruce par les femmes. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir une histoire d’Angleterre ou un dictionnaire historique quelconque. On y voit que George Ier roi d’Angleterre, était fils d’Ernest-Auguste de Hanovre et de Sophie, petite-fille de Jacques Stuart, sixième roi du nom en Écosse et premier en Angleterre, descendant lui-même (Jacques) de Robert Bruce par son aïeule Marie de Brix. George Ier succéda à son père comme Électeur, et fut appelé au trône d’Angleterre en 1714, après la mort de la reine Anne, comme un des Stuarts. Depuis lui, cinq souverains ont régné sur l’Angleterre ; ce sont : George II, son fils (1727-1760), George III, petit-fils du précédent (1760-1820). George IV, fils du précédent (1820-1830). Guillaume IV, frère du précédent (1830-1837), et enfin S. M. Victoria, nièce du précèdent, heureusement régnante depuis 1837.

Donc, en résumé, S. M. Victoria descend des Stuarts par les femmes, et Sophie Stuart, femme d’Ernest-Auguste de Hanovre, est le trait d’union qui relie ces deux familles entre elles. D’un autre côté, les Stuarts descendent par les femmes des Bruces, ou de Brix, et Marie, fille de Robert Ier et épouse de Gauthier (Walter) Stuart, est le trait d’union entre ces deux familles. Nous avons vu comment Robert Bruce, le libérateur de l’Ecosse, descend en ligne directe de Robert Bruce, compagnon de Guillaume le Conquérant, lequel était certainement originaire de notre paroisse : donc, S. M, Victoria, les Stuarts et les Bruces d’Écosse et d’Angleterre tirent leur origine de Brix.

Il faudrait un volume entier pour développer convenablement ces grandes thèses historiques. Nous avons essayé de les établir en quelques pages simples, précises et aussi claires que possible. Nous sommes profondément convaincu de la vérité de tout ce que nous avons avancé, et nous ne voyons pas ce que l’on pourrait y opposer de sérieux. Toustain de Billy, M. de Gerville, qui connaissait si bien l’histoire de notre pays et l’histoire de l’Angleterre où il avait passé dix ans à l’époque de la Révolution, et, après eux, tous les auteurs qui se sont occupés d’histoire locale, et qui ont incidemment traité ces questions, admettent sans hésitation ce que nous venons de dire. Du reste, ces vérités ne font pas l’ombre d’un doute pour les Écossais et, particulièrement, pour les familles qui portent encore le nom et les armes des Bruces, dans les baillages de Strathearn, de Fife et de Stirling.

Nous sommes heureux d’apprendre que le tome Ier des Mémoires de la Société des Antiquaires d’Ecosse contient, page 231, la relation d’un voyage fait par l’Ecossais Surenne à Brix. On y remarque surtout l’exactitude parfaite avec laquelle est faite la description des ruines du Château d’Adam, berceau de l’illustre famille royale d’Ecosse.

Nous devons cet intéressant détail à M. Camille de Brix, conseiller à la Cour d’appel de Douai, propriétaire actuel de l’emplacement du Château d’Adam Bruce, qui a, lui-même, consulté le volume cité, à Edimbourg.

Il a également constaté, dans ses nombreuses recherches au British Museum et dans d’autres bibliothèques d’Angleterre, que les archéologues anglais sont unanimes à admettre la thèse que nous venons de développer sur l’origine des Bruces.

Le 26 mai 1894, l’honorable M. Wereker, consul d’Angleterre à Cherbourg, nous adressait une lettre d’éloges au nom de S. M. Victoria, relativement à cet essai que nous publions aujourd’hui sur la famille des Bruces et sur le Château d’Adam, de Brix. Ajoutons en terminant que cette famille de Brix, ou Bruce, subsiste encore en Angleterre et en Écosse et porte : d’or, au sautoir de gueules, au chef de même. Les comtes de Salisbury en Angleterre, sont descendus d’Edouard de Brix, de Kinloss, en Écosse ; celui-ci était cousin de Jacques Stuart qui régna après Élisabeth. Il le suivit en Angleterre. Jacques le fit lord de Kintoss. Son fils, Thomas, qui lui succéda, fut fait comte d’Elgin en 1612. Robert, fils de Thomas, fut fait comte d’Ailesbury par Charles II. Ces familles de Salisbury, Elgin et Ailesbury sont, avec celle de Sir Alexandre Bruce, les principaux rejetons de la tige royale des Bruces.

Un membre de cette illustre famille, nommé Richard de Brix, fut évêque de Coutances de 1124 à 1131.

Enfin, si nous pouvons prudemment donner créance à des renseignements, pleins d’actualité, qui nous arrivent de l’Amérique du Nord, un membre de cette famille normande des Bruces aurait épousé la fille de Wladimir le Grand, premier czar chrétien de Russie.

Source :
Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, Vol 16, pages 17 à 51

Notes

[1] NDLR : Voir aussi dans la même rubrique : Brix - Ancien château : château d’Adam