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Le "Haro Normand" par Georges Dubosc


Saisie du texte : S. Pestel pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (06 juin 2013)
Texte relu par : A. Guézou
Adresse : Médiathèque intercommunale André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Courriel : mediatheque@lintercom.fr, [Olivier Bogros] obogros@lintercom.fr
Diffusion libre et gratuite (freeware)
Orthographe et graphie conservées. Texte établi sur l’exemplaire de la Médiathèque (Bm Lx : Norm GF) de La Normandie Illustrée : revue de tourisme et d’art, n°11-1927.


Voir en ligne : sur la médi@thèque de Lisieux

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Voici un extrait de ce texte de Georges Dubosc :

..... Toujours est-il qu’après avoir été introduit pendant quelque temps en France, en 1274, le haro a persisté comme une coutume purement normande, et non anglaise, ainsi qu’on l’a rapporté par erreur. Dernièrement, lors de l’établissement d’une petite voie ferrée à Jersey, maints propriétaires de terrains eurent encore recours à la clameur de haro et s’en trouvèrent bien ! Ils pouvaient, du reste, invoquer un illustre exemple à leur profit.

C’est un incident des obsèques si tragiques de Guillaume-le-Conquérant, quand il fut rapporté de Rouen, où il était mort, en l’église abbatiale de Saint-Etienne, à Caen. Il faut lire dans Orderic Vital, le récit des scènes étranges qui se déroulèrent alors : l’abandon honteux de son corps par ses plus intimes familiers ; le soin des funérailles laissé à un étranger ; la dispersion du cortège à Caen, par un incendie qui ravageait la ville ; la déchirure du cercueil, laissant répandre les viscères du duc-roi, tandis que les prêtres, pour éviter cette horrible pestilence, brûlaient des nuages d’encens et d’aromates.

Mais voici l’incident provocateur de la « clameur de haro » : Tout d’un coup, au milieu de la cérémonie, un serf nommé Ascelin se dressa et faisant appel au haro normand, proclama qu’il s’opposait aux obsèques de Guillaume-le-Conquérant, avant qu’on ne lui ait payé la valeur du sol, dont il avait été injustement dépossédé, lorsqu’on avait construit l’abbaye de Saint-Etienne. Et trois fois il répéta son cri ! ......