Le50enligneBIS

Togo (mandat français)


L’histoire du Togo a été marquée par la colonisation, tout d’abord par les Portugais, les Allemands à partir de 1883, puis les Français à partir de 1919, avant d’aboutir à l’indépendance en avril 1960.

Le Togo sous mandat français

Les Français et les Britanniques se partagèrent l’occupation du territoire, une décision qui fut confirmée le 10 juillet 1919. Le Togo devint alors un mandat de la Société des Nations (SDN), partagé entre la française (le nord appelé le « Togo français ») et britannique (l’ouest appelé le « British Togo »). Le Togoland britannique en vert pale qui a été rattaché au Ghana

Le Togo français obtint une superficie de 56 600 km², le Togo britannique, 33 800 km². Avant la Première Guerre mondiale, le Togo avait une superficie de 90 500 km². On peut dire que le Togo est le seul pays d’Afrique à avoir vécu sous colonisation allemande, sous domination britannique et enfin sous mandat français.

Par crainte que les Togolais restent loyaux à l’Allemagne, les Français firent en sorte de supprimer toute trace de la colonisation allemande. Tout en appliquant un régime plus souple, ils réduisirent à néant l’influence des Togolais instruits par les Allemands et interdirent l’usage de la langue allemande, notamment aux missionnaires alsaciens et lorrains. Le français devint la langue officielle du Togo et l’enseignement public se fit seulement dans cette langue.

À l’inverse des Allemands qui n’avaient pu définir, ni appliquer une politique linguistique cohérente, les Français imposèrent sans ambiguïté la langue française. Dès 1915, l’allemand fut interdit dans leur zone, puis ce fut le tour de l’anglais à partir de 1920.

L’arrêté de 1922, qui organisait le secteur scolaire public et assurait le contrôle des écoles confessionnelles, imposa le français comme seule langue admise dans les écoles. Publié dans le Journal Officiel du Togo, son article 5 stipulait cette disposition sans équivoque : « L’enseignement doit être donné exclusivement en français. Sont interdits les langues étrangères et les idiomes locaux ». Les langues étrangères visées étaient l’allemand et l’anglais, les « idiomes locaux » (qui n’avaient pas droit au titre de « langue ») étaient les langues togolaises.

Les Français croyaient que, en raison du grand nombre des langues togolaises, il était inutile et impossible d’en choisir une comme « langue de communication » au détriment des autres, sans provoquer des conflits de préséance entre les ethnies. Ils croyaient surtout que les langues africaines étaient trop « primitives » et « inaptes à l’enseignement », c’est-à-dire tout le contraire du français décrit comme « supérieur ».

De leur côté, les Togolais n’ont pas semblé à ce moment-là porter un grand intérêt au problème de leurs langues nationales. Seules les communautés religieuses restaient préoccupés par l’enseignement en éwé dans les écoles.