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Les colonies françaises : précis historique



NDLR
• Texte de 1892 : voir source en fin d’article


La première colonie française date de la fondation de Québec, en 1608, et l’expansion coloniale de la France acquit son plus grand développement sous le ministère de Colbert, pendant la seconde moitié du XVIIe siècle.

A l’avènement de Louis XIV, nous ne possédions que le Canada avec l’Acadie, Cayenne, l’île Bourbon et quelques comptoirs à Madagascar et aux Indes ; le Canada seul était colonisé.

Colbert voulut rendre la vie à notre système colonial fort négligé depuis Richelieu. Il racheta, au nom du roi, de la Compagnie française des Indes occidentales, pour moins d’un million, la Martinique, la Guadeloupe, Sainte-Lucie, la Grenade et les Grenadilles, Marie-Galante, Sainte-Croix, Saint-Christophe, Saint-Martin et la Tortue qui furent réunies à la couronne (1674). Il plaça sous la protection de la France les flibustiers français de Saint-Domingue qui, venus de la Tortue, s’étaient emparés de la partie occidentale de l’île (1664) ; il envoya de nouveaux colons à Cayenne (1664) et au Canada (1665) ; il prit Terre-Neuve pour dominer l’entrée du Saint-Laurent (1680) et commença l’occupation de la magnifique vallée du Mississipi ou Louisiane qui venait d’être explorée par un hardi capitaine, Robert de la Salle.

En Afrique, il enleva Gorée aux Hollandais, dans le Sénégal, et prit possession des côtes orientales de Madagascar (1665) d’où les colons ne tardèrent pas à être expulsés.

En Asie, la Compagnie des Indes s’établit à Surate, à Chandernagor et, plus tard, à Pondichéry.

Pour assurer l’existence de ces possessions lointaines, Colbert substitua les associations privilégiées aux efforts isolés des particuliers. Reprenant le projet qu’Henri IV n’eut pas le temps de réaliser et que Richelieu ne put qu’effleurer, il établit, en reformant sur de nouvelles bases celles qui existaient déjà, cinq grandes compagnies sur le modèle des sociétés hollandaise ou anglaise : celles des Indes orientales et des Indes occidentales, en 1664 ; celles du Nord et du Levant, en 1669 ; celle du Sénégal, en 1673. Il leur accorda, avec des primes, le monopole exclusif du commerce et de la navigation dans les parages que chacune d’elles devait visiter, et, secondé par le roi et la nation tout entière, il leur fit des avances considérables.

Le traité d’Utrecht (1713) porta une première atteinte à notre puissance coloniale en nous forçant d’abandonner à l’Angleterre la baie d’Hudson, l’Ile de Terre-Neuve, l’Acadie et la moitié française de l’Ile Saint-Christophe. Plus tard, le traité de Paris (1763), après la guerre de Sept-Ans, nous enleva l’Empire des Indes que, grâce à Dupleix, nous avions commencé à fonder : il ne nous laissa que des comptoirs que nous n’avions plus le droit de fortifier, Chandernagor, Yanaon, Karikal, Mahé et Pondichéry ; il nous prit l’île du Cap-Breton, tout le Canada, avec les 70,000 Français qui l’habitaient, ne nous cédant en retour que les îles Saint-Pierre, Miquelon et Langlade, simple station de pêche de médiocre étendue, et donna à la Grande-Bretagne toutes les terres à l’est du Mississipi, la plupart des petites Antilles, le Sénégal ; la Louisiane, qui nous restait à l’ouest du Mississipi, fut concédée comme indemnité aux Espagnols, nos alliés.

Sous Louis XVI, la France recouvra Sainte-Lucie, Tabago et le Sénégal (traité de Versailles, 1783), mais pour les perdre avec toutes nos autres colonies qui tombèrent aux mains des Anglais, de 1793 à 1810.

Les traités de 1814-1815 nous rendirent nos possessions de 1789, moins l’Ile-de-France (Afrique) où les Français s’étaient établis depuis 1720, Sainte-Lucie et Tabago (Antilles) et Saint-Domingue qui resta indépendant.

Notre établissement définitif, à Sainte-Marie de Madagascar date de 1818.

En 1830, la France commença la conquête de l’Algérie et, sous Louis-Philippe, elle acquit, en Afrique, les comptoirs de Grand-Bassam, de Dabou, de Lahou, d’Assinie, de Gabon (1842), les lies de Nossi-Bé (1841) et de Mayotte (1843) ; en Océanie, l’archipel des îles Marquises (1842) et le protectorat de Futuna, des Wallis (1842) et de Tahiti (1843).

Sous le règne de Napoléon III, le Sénégal a été agrandi, le royaume de Porto-Novo s’est mis sous notre protection (1863) et le Dahomey nous a cédé le port de Kotonou (1864) ; le territoire d’Obock avec les îles de Soba et de Machah, sur la mer Rouge, ont été acquis, en 1862, des sultans de Tadjourah ; la Basse-Cochinchine nous a été cédée à la suite d’une guerre avec l’empire d’Annam (1862), en même temps que cet empire et le royaume de Cambodge se sont placés sous la suzeraineté de la France (1863) ; en Océanie, nous avons pris possession de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances : les îles Nou, Ducos, à l’ouest ; Ouen et l’île des Pins, au sud ; Belep et Huon, au nord, et les îles Loyalty, à l’est (1853).

Depuis 1877, l’île de Saint-Barthélemy (Antilles) nous a été rétrocédée par la Suède, et Tahiti et ses dépendances sont devenues colonie française (1880), ainsi que les îles Rimatara et Rurutu (1889). La Tunisie (1881), Madagascar (1885), l’archipel des Comores (1886) et, en Océanie, le groupe des îles Chesterfield (1878) et les îles Wallis (1886), Futuna et Alofi (1888) sont placés sous notre protectorat ; les archipels de Tuamotu ou Pomotu (1881), de Tubuaï (1882), des Gambier (1881) et celui des îles sous le vent de Tahiti (1888) ont été annexés à la France. La Basse-Cochinchine, dans l’Extrême-Orient, s’est accrue du Tonkin (1885) et forme, avec les protectorats de l’Annam et du Cambodge, notre importante colonie d’Indo-Chine, à laquelle se rattache, au sud des bouches du Cambodge, le groupe des Iles de Poulo-Condore et de Phu-Quoc.

De nouveaux comptoirs ont été établis au Sénégal et au Soudan, depuis le cap Blanc jusqu’au Niger (1881-1889) ; sur la côte d’Ivoire, dans les royaumes d’Amatifou et des Yatékés (1884), à Assinie, Grand-Bassam, Abidjean, Alépé, Dabou, Grand-Bouboury, Toupa, etc. ; sur la côte des Esclaves, au golfe de Bénin, à Agoué, Whyda, Godomey, Grand-Popo, Kotonou, Porto-Novo (1885), etc., et, de la côte occidentale d’Afrique au Congo, à Mandji, Franceville, Loango, Brazzaville, etc., comprenant, avec le Gabon constitué en colonie (1881), un vaste territoire qui a pris le nom d’Ouest-Africain ou Gabon-Congo français et dont M. de Brazza a été nommé gouverneur (1885).

Le territoire de Cheik-Saïd, sur la côte d’Arabie, en face de l’île de Perim, a été acheté, en 1868, par un syndicat de négociants et d’armateurs marseillais et fut cédé à la France en 1886. Sur la côte orientale d’Afrique, nous avons acquis le pays de Tadjourah avec Ras-Ali, Doulloul, Sagallo, Sukti et Rood-Ali (dans le Gubbet-Karab), ainsi que les îles Moussah, le territoire compris entre Adaili et Ambabo (1885) et le Ras-Jibouti (1888) qui complètent nos établissements sur la mer Rouge, avec notre protectorat sur les pays de l’intérieur et les droits que possède la France à Mascate, à Moka et sur les territoires d’Amfilah et de Zoulla qu’elle a achetés, l’un en 1839 et l’autre en 1859, d’un roi du Tigré.

Colonies de première formation

  • Amérique du nord

Acadie

En 1521, le Florentin Verrazzani, qui était au service de la France, aborda la côte orientale de l’Amérique du Nord ; mais ce ne fut qu’en 1604 que des colons français s’y établirent et lui donnèrent le nom d’Acadie. Henri IV, pour encourager le commerce dans ces parages, qui s’accroissait à ce point qu’en 1578 il était venu à Terre-Neuve cent-cinquante navires français, envoya Champlain, gentilhomme de Saintonge, fonder sur ces côtes Port-Royal (aujourd’hui Annapolis). Plus tard, les Français du Canada s’étendirent sur la presqu’île que le roi Charles Ier d’Angleterre fut obligé de leur céder en 1632. Ils s’y maintinrent, malgré les Anglais qui s’en emparèrent à plusieurs reprises, jusqu’à la paix d’Utrecht (1713), qui en assura définitivement la possession à la Grande-Bretagne.

Canada

Le Canada fut reconnu, en 1497, par Cabot, puis en 1524, par Verrazzani, envoyé de François Ier ; mais c’est véritablement Jacques Cartier qui découvrit le Canada en remontant le Saint-Laurent (1534) jusqu’à l’endroit où l’on bâtit Montréal et en y formant un premier établissement, celui de Sainte-Croix (1540) que Roberval étendit, vers 1547. En 1608, Samuel de Champlain fut chargé par Henri IV de continuer les découvertes de Jacques Cartier et fonda Québec qui devint la capitale de la région entre Terre-Neuve et les grands lacs et qu’on désignait sous le nom de Nouvelle-France ; il en fut nommé gouverneur en 1620. Une Compagnie de commerce fut créée, en 1627, par Richelieu, mais Champlain, attaqué par les Anglais, fut forcé de capituler dans Québec, en 1629. Richelieu obtint la restitution du Canada et Champlain en reprit le gouvernement. Le Canada reçut, en 1665, des colons de Bretagne et surtout de Normandie. Colbert divisa la colonie en fiefs, et la colonie prospéra, mais lentement. Dans la guerre de Sept-Ans, les Canadiens, abandonnés de la France, durent succomber, malgré l’héroïsme de Montcalm, de Vaudreuil, de Lévis. La capitulation de Montréal fut suivie du traité de Paris (1763) qui céda cette belle contrée à l’Angleterre.

Terre-Neuve, Saint-Pierre et Miquelon

Il y avait à peine vingt ans que Terre-Neuve était découverte qu’on comptait dans ses parages, pour la pêche, plus de 50 bâtiments de différentes nations ; en 1578, la France y avait plus de 150 navires. Louis XIV s’empara de l’île, en 1623, et en donna le gouvernement à Georges Calvert. Les Anglais s’y établirent en 1645 et fondèrent une colonie à Saint-John, détruite en 1696 par les Français qui voulaient s’assurer l’entrée du Saint-Laurent. La paix d’Utrecht (1713) dépouilla la France de cet établissement, lui conférant seulement les droits de pêche et de sécherie. Cinquante ans plus tard, le traité de 1763 nous céda, avec les droits de pêche sur les côtes de Terre-Neuve, les petites îles de Saint-Pierre et Miquelon qui nous furent enlevées par les Anglais en 1778, lors de la guerre de l’indépendance de l’Amérique et que le traité de Versailles (1783) nous rendit. Elles nous furent encore reprises pendant les guerres de la République, mais restituées par le traité d’Amiens (1802), puis reperdues en mars 1803 et enfin rendues en 1814 et nos droits consacrés de nouveau par le traité de Paris du 30 mai 1840.

La Louisiane

La Louisiane, découverte en 1504 par un Français, Thomas Albert, quoique l’honneur en ait été attribué à l’Espagnol de Soto qui ne la visita qu’en 1541, fut pendant longtemps l’objet de projets de colonisation de la France. En 1680, Louis XIV y envoya une expédition sous les ordres de Robert de la Salle qui, le premier, explora les vallées de l’Ohio, de l’Illinois et du Mississipi et donna, en l’honneur du roi, le nom de Louisiane à cette contrée qui s’étendait jusqu’aux possessions espagnoles du Pacifique. En 1698, quelques Français, partis du Canada avec d’Yberville, fondèrent sur le Mississipi la seconde colonie française qui devint la souche de la population européenne actuelle. Un grand nombre de colons qui s’y établirent, en 1718, 1719 et 1720 périrent victimes de l’insalubrité du climat. En 1731, la Compagnie du Mississipi, après avoir éprouvé des pertes considérables, se vit obligée de rendre sa charte et la colonie à la couronne, et la Louisiane, si longtemps languissante, trouva dans la liberté du commerce une fortune que le monopole ne lui avait pu donner. Par le traité de Paris (1763), la France céda la partie de la colonie à l’orient du Mississipi à l’Angleterre. Un peu plus tard, la partie située à l’occident fut abandonnée à Charles III d’Espagne par Louis XV. Cependant, la paix d’Ildefonse (1800), rétrocéda la Louisiane à la France ; mais, en 1803, Napoléon la vendit aux Etats-Unis pour quatre-vingts millions, dont vingt pour indemniser le commerce américain des captures illégales faites pendant la dernière guerre et soixante pour le Trésor de France.

  • Amérique du sud

Cayenne

Ce fut au commencement du XVIIe siècle que les Français firent les premiers essais de colonisation sur cette contrée et, pendant la première moitié du même siècle, plusieurs expéditions furent successivement envoyées par le Gouvernement pour protéger et développer les entreprises des colons. Les Hollandais et les Anglais cherchèrent à s’y établir, mais Le Fèvre de la Barre (1664) et l’amiral d’Estrées (1676) la leur reprirent, et elle fut, à cette époque, réunie à la couronne comme les autres colonies franco-américaines. Les guerres de la République et de l’Empire firent déchoir cet établissement. En janvier 1809, les Portugais s’en emparèrent et elle ne rentra dans le domaine colonial de la France qu’en 1818, par les traités de 1815. L’île de Cayenne forme à elle seule presque toute la colonie.

Surinam

Surinam fut colonisé, en 1640, par les Français qui l’avaient fortifié et y avaient formé des plantations importantes de sucre et de tabac ; mais les Caraïbes les forcèrent peu à peu à abandonner cette colonie. Cependant, le capitaine Cassart s’en empara en 1712, sans pouvoir y fonder un établissement durable.

  • Afrique

Ile Bourbon

Les Français prirent, au nom du roi, possession de cette île dès l’année 1638, mais ils ne s’y établirent qu’en 1649 ; ils l’appelèrent Ile Bourbon, nom qu’elle conserva jusqu’à la Révolution française. Un décret de la Convention du 13 mars 1793 lui attribua le nom de Réunion qui fut changé sous l’Empire en celui de Bonaparte (11 octobre 1806) pour reprendre, en 1814, celui de Bourbon. Un arrêté du Gouvernement provisoire du 7 mars 1848 lui rendit le nom de Réunion.

L’île Bourbon avec Dumas, le réel fondateur de la colonie (1727 à 1735), avec La Bourdonnais qui en fut le gouverneur pour la Compagnie des Indes, devint une grande colonie agricole : les cultures, les arsenaux, les fortifications, tout fut créé par ces vaillants administrateurs. Elle est celle de toutes nos anciennes colonies dont notre possession, solidement établie, a le moins subi les vicissitudes de la guerre et des révolutions. Elle tomba cependant au pouvoir des Anglais le 8 juillet 1810, mais nous fut rétrocédée le 6 avril 1815.

Ile de France

L’île de France est dite Acerno ou Cerné par les Portugais et Maurice par les Hollandais et les Anglais. Les Français l’occupèrent dès 1715, mais ne s’y établirent qu’en 1720, et La Bourdonnais, qui en devint le gouverneur en même temps que de l’île Bourbon, en fit la clef de l’Océan Indien. La France posséda sans conteste cette belle colonie jusqu’au jour (3 décembre 1810) où elle fut prise par les Anglais qui s’en firent conférer la possession définitive par les traités de 1815.

Madagascar

Madagascar était désignée, depuis le règne de Henri IV, sous le nom d’île Dauphine. Les Français sont les seuls Européens qui y possédaient des établissements desquels Richelieu fit don, par lettres patentes signées par Louis XIII le 24 juin 1642, à une compagnie normande « pour y ériger des colonies et en prendre possession au nom de Sa Majesté Très Chrétienne ». Le 20 septembre 1643, Louis XIV confirma cette concession. Telle est l’origine de nos droits sur l’île. Colbert y envoya des colons et la réunit définitivement au domaine royal. Mais ses successeurs laissèrent péricliter cette colonie et lorsqu’après 1815 nous voulûmes reprendre l’œuvre interrompue, nous nous sommes constamment heurtés au mauvais vouloir des Hovas, encouragé par l’Angleterre. Les relations ne furent rétablies dans ces parages que par l’occupation des îles Sainte-Marie (15 octobre 1818), et plus tard de l’archipel de Nossi-Bé (1841) et de Mayotte (1843). Aujourd’hui, après une guerre qui se termina en 1885, Madagascar et l’archipel des Comores, dans le canal de Mozambique, reconnaissent notre protectorat ; la baie de Diégo-Suarez, chef-lieu Antsirane, position militaire importante au nord-est, nous a été cédée en toute propriété et sans réserve par le traité du 17 décembre 1885. Sainte-Marie et Nossi-Bé ont été rattachées administrativement à Diégo-Suarez par un décret du 4 mai 1888.

Sénégal

Colonie française de la Sénégambie. Dès la fin du XIVe siècle, des marchands de Dieppe et de Rouen y venaient faire le commerce des gommes fournies par les forêts qui bordent le Sénégal. Mais c’est seulement en 1626 que naît le Sénégal comme colonie française. Louis XIV y fit apparaître ses vaisseaux et le vice-amiral d’Estrées s’empara de l’Ile de Gorée, d’Arguin, de Rufisque, de Joal (1667). Plus tard, Philippe de Vaudreuil, fils de l’ancien gouverneur du Canada, reprit sur les Hollandais le fort d’Arguin et Portendick (1723-1727) qui était alors le marché général des gommes, et, à partir de ce moment, les postes français se multiplièrent sur la côte. Le traité de 1763 nous rendit Gorée dont les Anglais s’étaient emparés en 1758, mais nous enleva la plupart de nos possessions du Sénégal qui ne nous furent restituées qu’à la paix de Versailles (1783). Sous la République et l’Empire, ces établissements eurent le sort do nos autres colonies et ne firent retour à la France que par l’article 8 du traité de Paris (30 mai 1814) ; ce n’est que le 25 janvier 1817 qu’eut lieu la remise de la colonie à l’administration française. Depuis cette époque, cette colonie végéta jusqu’au jour (16 décembre 1854) où Faidherbe, nommé gouverneur, vint lui donner la vie et la grandeur par la conquête successive des côtes et des rivières du Sud, du bassin du Sénégal et du bassin du Niger. On ne compte d’ailleurs d’Européens établis au Sénégal qu’à Saint-Louis, à Gorée, à Dakar, à Rufisque ; les autres possessions où nous avons des traités de protectorat et de commerce, ne sont que des bourgs, des villages ou des postes occupés par des employés civils ou militaires, des soldats indigènes et des noirs.

Amérique Centrale

  • Les Grandes Antilles ou Iles sous le Vent

Tortuga (La Tortue)

Dès 1625, cette île devint le repaire des célèbres flibustiers et boucaniers français, qui s’emparèrent de la côte septentrionale de Saint-Domingue et en formèrent, sous la protection de la France, notre premier établissement. La Tortue fut réunie à la couronne en 1674.

Saint-Domingue

Les Espagnols, paisibles possesseurs de Santo-Domingo, après l’extermination des indigènes, négligeaient leur conquête, quand, vers 1625, un grand nombre de Français vinrent s’établir dans la petite île de Tortuga située au nord d’Haïti. Ces aventuriers, flibustiers ou boucaniers, ne tardèrent pas à s’emparer de la région septentrionale de Saint-Domingue. La France les prit sous sa protection (1664) et obtint de l’Espagne, par le traité de Ryswick (1697), la cession de toute la partie ouest de l’île qui atteignit bientôt, sous ses nouveaux maîtres, un haut degré de prospérité. Cet état subsista jusqu’à la Révolution française. Mais, en 1791, une terrible insurrection des noirs contre les blancs et les mulâtres, ayant pour chef Toussaint Louverture qui, avec une dissimulation profonde, affectait une soumission scrupuleuse envers la France qui l’avait investi du gouvernement général de l’île, vint anéantir la légitime domination de la métropole que ne purent rétablir ni le général Leclerc, ni le général Rochambeau (1802-1803). Cependant, par des opérations bien conduites, Haïti se soumit ; la rupture de la paix d’Amiens ranima l’insurrection, et le reste des Français fut obligé d’évacuer cette contrée, la plus enviée des possessions d’outre-mer. Après l’expulsion des blancs, Dessalines, sous le nom de Jacques 1er, fonda en 1804 l’empire éphémère d’Haïti. Au nord, un État nègre se forma sous Christophe ; au sud, une république gouvernée par le mulâtre Pétion, qui fut le noyau de la république actuelle d’Haïti reconnue par la France en 1825.

Ce fut pendant cette dernière et longue période de guerres, de massacres, de révolutions, que la partie espagnole de Saint-Domingue qui avait été cédée à la France, par le traité de Bâle entre la Prusse, l’Espagne et la République française (22 juillet 1795), devint le refuge d’un petit nombre de braves bien décidés à disputer à ses nombreux ennemis, ce précieux et dernier lambeau de notre possession. Mais Santo-Domingo, la capitale, fut elle-même menacée par vingt-deux mille nègres conduits par Dessalines que le général Ferrand obligea cependant à se retirer (1804). La tranquillité était à peine rétablie dans le pays, que les Espagnols, excités et soutenus par les Anglais, se révoltèrent à leur tour (1808). Santo-Domingo, investie par terre et bloquée par mer, dut capituler (7 juillet 1809) après une défense héroïque de huit mois que dirigeait le général Barquier, commandant en chef les troupes françaises. Occupée alors par les Espagnols, cette possession leur fut définitivement confirmée par le traité de 1814, et après avoir été quelque temps soumise à la république d’Haïti, cette région s’émancipa et forma la république de Santo-Domingo (1er décembre 1821), souvent attaquée par celle d’Haïti, par les Espagnols, et convoitée par les Américains du Nord. C’est aujourd’hui la République Dominicaine.

Les Petites Antilles ou Iles du Vent

Découvertes pour la plupart par Christophe Colomb de 1493 à 1502, les Petites Antilles ont été occupées, dès 1635, par les Français qui en détruisirent ou en refoulèrent les habitants primitifs, les Caraïbes. Devenues possessions immédiates de la couronne en 1674 par leur rachat de la Compagnie des Indes occidentales, elles ne tardèrent pas à acquérir une grande importance : aussi les Anglais, jaloux de leurs richesses, s’en emparèrent-ils plusieurs fois sous Louis XV, pendant la Révolution et l’Empire.

Saint-Christophe

En 1625, les Français, avec d’Esnambuc, y fondèrent la première colonie qui, en 1627, fut partagée entre la France et la Grande-Bretagne. La moitié française fut rachetée par Colbert de la Compagnie des Indes occidentales et devint, en 1674, possession immédiate de la couronne. Mais le traité d’Utrecht (1713) céda cette partie à l’Angleterre qui réunit ainsi sous sa domination l’île entière et lui donna le nom de Saint-Kitts.

Saint-Eustache

Les Hollandais prirent possession de cette île en 1635 ; ils en furent repoussés en 1665 par les Anglais et en 1686 par les Français. Elle fut cédée à la Hollande par la paix de Ryswick (1697). Cependant les Français l’occupèrent de 1781 à 1801 et les Anglais en 1810. Elle fit retour à la Hollande en 1814.

La Martinique

La Martinique (Madiana pour les indigènes), capitale Fort-Royal, appartient à la France depuis 1635 où une partie de l’île fut occupée par 150 colons amenés par d’Esnambuc, gouverneur de Saint-Christophe. Les Caraïbes, ses habitants primitifs, l’abandonnèrent en 1658, après différents combats très sanglants avec les colons. Durant plusieurs années, cette colonie appartint à une société de négociants de laquelle Colbert l’acheta en 1664 pour la somme de 240,000 livres et la céda à la Compagnie des Indes occidentales. Un édit du mois de décembre 1674 la réunit au domaine royal. Les Anglais et les Hollandais dirigèrent plusieurs expéditions infructueuses contre la Martinique (1667, 1674, 1693) et les Anglais l’occupèrent en 1762 ; elle nous fut rendue par le traité de Paris (1763). En 1790, la guerre civile éclate dans la colonie et l’abolition de l’esclavage, proclamée par la Convention, augmente la violence des discussions. Les Anglais intervinrent, et malgré la résistance héroïque de Rochambeau, ils s’emparèrent de la Martinique (1794) et la conservèrent jusqu’à la paix d’Amiens. En 1809, l’île retomba entre les mains des Anglais qui ne l’évacuèrent que le 2 décembre 1814. Ils revinrent pendant les Cent jours. Enfin le traité du 20 novembre 1815 fit rentrer définitivement la Martinique sous la domination française.

La Guadeloupe

Un parti de 5 à 600 Français, sous la conduite des capitaines Lolive et Duplessis, s’empara de l’île en 1636 (29 juin) et y établit une colonie qui resta dans un très mauvais état jusqu’au moment où Louis XIV en fit l’acquisition et la concéda à la Compagnie des Indes occidentales (1664). Dix ans plus tard, elle fut réunie au domaine de la couronne. En 1691 et en 1705, elle repoussa vivement les attaques des Anglais ; cependant, elle tomba en leur pouvoir en 1759 et ne revint à la France qu’en 1763. Reprise pendant les guerres de la République, elle fut occupée par les Anglais qui nous la restituèrent à la paix d’Amiens (1802) ; elle resta entre nos mains jusque dans les derniers jours de janvier 1810. Le 3 février suivant, le général Ernouf, commandant l’île, fut obligé de la rendre aux Anglais. Le traité du 3 mars 1813, conclu à Stockholm, entre l’Angleterre et la Suède, céda la Guadeloupe à cette dernière puissance qui la rétrocéda à la France le 30 mars 1814. Ce n’est que le 25 juillet 1816 que la Guadeloupe redevint définitivement colonie française.

La Guadeloupe a cinq dépendances :

Marie-Galante.
Les Français en prirent possession en 1648 et en chassèrent les Caraïbes, ses habitants primitifs. Elle fut prise par les Anglais en 1794 et en 1808 et restituée à la France en 1814.

Les Saintes.
Le groupe des Saintes (7 îlots) qui protège les communications entre la Martinique et la Guadeloupe, fut occupé, en 1648, par les Français qui n’y fondèrent le premier établissement qu’en 1652. Pris par les Anglais, au mois d’avril 1809, il fut rendu à la France par les traités de 1815.

La Désirade.
La Désirade doit à sa position avancée vers l’est d’avoir été la première découverte de Christophe Colomb, lors de son second voyage en Amérique. Elle appartient à la France depuis 1648 (8 novembre). Tombée au pouvoir des Anglais en 1759, elle nous fut rendue à la paix de Paris, en 1763,

Saint-Martin.
En 1639, le gouverneur de l’île française de Saint-Christophe fit prendre possession de Saint-Martin au nom de Louis XIII, mais ce n’est qu’en 1648 que les Français purent s’établir dans la partie septentrionale, la plus importante, avec le Marigot qui en est le chef-lieu, et, en 1674, cette partie fut réunie à la couronne avec l’îlot Tintamarre situé à 2 kil. N.-E. La Hollande possède la partie méridionale qui comprend environ le tiers de l’île avec la ville de Philipsburg.

Saint-Barthélémy.
Cette île, entourée de six petits îlots, appartient à la France depuis 1648. Rachetée de la Compagnie des Indes occidentales, elle fut réunie à la couronne en 1674. Elle fut cédée, à la paix de Versailles (1783), aux Suédois qui nous la rétrocédèrent par le traité du 10 août 1877 ; la remise a eu lieu le 6 mars 1878.

Sainte-Lucie

Sainte-Lucie fut pendant longtemps un sujet de discorde entre la France et l’Angleterre. Les Français l’occupèrent les premiers, en 1650. Réunie à la couronne en 1674, cette île fut déclarée neutre par la paix d’Utrecht (1713) et cédée à la France à la paix de Paris (1763). Pendant la guerre de l’indépendance de l’Amérique (1778), Sainte-Lucie tomba au pouvoir des Anglais qui la restituèrent en 1783. Dix ans plus tard, elle fut de nouveau occupée par eux jusqu’à la paix d’Amiens (1802). Au renouvellement des hostilités, ils en firent le blocus et la prirent d’assaut (23 juin 1803), mais elle ne fut placée définitivement sous la puissance britannique qu’en 1814.

La Grenade et les Grenadilles

Des Français venus de la Martinique y débarquèrent en 1650 et en prirent possession au nom de la France. Ces îles passèrent à la Société française des Indes occidentales (1664) et, après la dissolution de cette Société, elles furent réunies à la couronne (1674). En 1762, les Anglais s’en emparèrent et se les firent concéder par le traité de Paris. Cependant, en 1779 le comte d’Estaing parvint à y rétablir notre autorité, mais à la paix de 1783, elles retombèrent sans retour au pouvoir de l’Angleterre.

Saint-Vincent

Cette île fut habitée par les Caraïbes jusqu’au jour où elle fut concédée à l’Angleterre par le traité de 1763. Les Français s’en emparèrent en 1779, mais ne la conservèrent que jusqu’à la paix de Versailles (1783) qui la réunit à la Grande-Bretagne.

La Dominique

La Dominique n’était habitée que par les Caraïbes et quelques Français qui s’y étaient établis en 1635, quand les Anglais s’en emparèrent. Cette possession leur fut confirmée par le traité du 10 février 1763. Le 7 septembre 1778, les Français s’en rendirent maîtres et la conservèrent jusqu’en 1783. (traité de Versailles)

Sainte-Croix

L’île de Sainte-Croix fut prise pour la première fois, en 1643, par les Hollandais qui se virent forcés de la céder aux Anglais trois ans plus tard. Ces derniers en furent chassés en 1650 par les Espagnols qui, eux-mêmes, en furent repoussés en 1664 par des colons français qui défrichèrent la partie est de l’île. Elle devint possession immédiate du domaine royal en 1674. Vingt ans après, les Français l’abandonnèrent (1695) pour venir s’établir à Saint-Domingue. Toute culture disparut alors et l’île resta longtemps déserte. En 1733, Louis XV la céda, pour la somme de 738,000 livres, à la Société danoise des Indes occidentales qui la vendit, en 1755, au roi de Danemark.

Tabago

En 1677, les Français enlevèrent Tabago aux Hollandais, mais sans pouvoir s’y maintenir par suite du traité de Nimègue (1678) qui déclara Tabago territoire neutre. A la paix de Paris (1763), elle fut cédée à l’Angleterre. Reprise le 2 juin 1781, par le marquis de Bouillé, commandant en chef au golfe du Mexique, le traité de Versailles (1783) la rendit à la France qui la posséda jusqu’en 1793. Pendant les guerres de la République, Tabago fut bloquée par les Anglais jusqu’à la paix d’Amiens qui nous la rendit ; mais, dès 1803, les Anglais s’en emparèrent de nouveau et le traité de 1814 leur en assura la possession définitive.

Asie

  • L’Inde française

Surate

En 1612, les Français, les Anglais et les Hollandais obtinrent de l’empereur Mogol Yehangire l’autorisation d’établir à Surate un comptoir, le premier qu’ils y aient eu dans l’Inde et que Colbert consolida (1675). Depuis 1759, cette ville est sous la domination des Anglais, mais nous y avons conservé une factorerie.

Chandernagor

Chandernagor fut cédée en 1688 par le Grand Mogol Aurengzeb à la Compagnie française des Indes orientales. Dupleix en fit le principal établissement français dans le Bengale (1730). Elle partagea le sort de nos colonies de l’Inde et, d’après les derniers traités de 1815, ce comptoir nous fut restitué le 4 décembre 1816, sous la condition que ses fortifications ne seraient pas rétablies.

Pondichéry

Dès le commencement du XVIIe siècle, plusieurs associations particulières libres formées en Bretagne et en Normandie, avaient envoyé des bâtiments dans les Indes orientales et surtout à Java. Colbert excita l’opinion publique en faveur de pareilles entreprises. Il reforma (août 1664) sur de meilleures bases la Compagnie des Indes orientales. Cette Compagnie avait dirigé plusieurs expéditions, mais sans succès sur Madagascar, à Surate, à Trinquemale, à Saint-Thomé sur la côte de Coromandel, lorsque François Martin, agent de la Compagnie et habile administrateur, rallia les derniers colons de Surate, de Ceylan et de Saint-Thomé, au nombre de 150, qu’il conduisit à Pondichéry (14 janvier 1674), dont il acheta, la même année, le territoire du roi de Bedjapour. Martin s’y établit définitivement (1680), la fortifia et en devint gouverneur après la paix de Ryswick (1697) qui la rendit aux Français, car les Hollandais s’en étaient emparés le 5 septembre 1693. Pondichéry devint, dès 1699, le chef-lieu des possessions françaises dans l’Inde qui, avec Chandernagor, s’accrurent successivement de Mahé, de Karikal, de Yanaon, de Mazulipatam. La nouvelle colonie devint très florissante, sous le Régent, grâce aux talents et au courage des gouverneurs généraux, Dumas, qui obtint du Grand Mogol des concessions importantes, entre autres l’autorisation de battre monnaie, Labourdonnais et surtout Dupleix qui parvint, à force de succès, à se rendre l’arbitre de l’Inde. Mais le gouvernement français ne soutint pas leurs efforts héroïques, les abandonna, les disgracia, et pendant la guerre de Sept-Ans (1756-1763), la France perdit presque tout ce qu’elle possédait en Asie. Pondichéry prise, en 1761, par les Anglais, ne nous fut rendue que démantelée et avec un territoire considérablement amoindri (1763). Cependant elle se releva, mais la guerre d’Amérique la fit tomber de nouveau entre les mains des Anglais (1778) qui la gardèrent jusqu’à la paix de 1783. De 1793 à 1802, nos possessions furent occupées encore par eux. La paix d’Amiens les restitua pour quelques jours à la métropole, et, en 1803 (11 septembre), les Anglais s’en emparèrent une quatrième et dernière fois. Pondichéry ne nous revint dans les limites actuelles que le 4 décembre 1816, en exécution des traités de 1815.

Mahé

Située sur la côte de Malabar, Mahé, l’ancienne Maïhi des Indiens, reconnue en 1725 par la division du capitaine de Pardailhan, fut cédée par le Grand Mogol aux Français, en 1726, puis occupée par les Anglais en 1761. Ceux-ci la rendirent par suite du traité de Paris de 1783, mais ils s’en emparèrent de nouveau en 1793 pour ne la restituer à la France qu’en 1817 (22 février), en suite des traités de 1815.

Karikal

La ville, bâtie par les Français (1638) et le territoire de Karikal, sur la côte de Coromandel, nous furent cédés en 1739 par le rajah de Tanjore. Ils tombèrent plusieurs fois entre les mains des Anglais et ne nous furent effectivement rendus qu’en 1817 (14 janvier).

Mazulipatam

Mazulipatam fut cédée par le Nizam du Dekkan en 1751 aux Français qui la fortifièrent. Elle est au pouvoir des Anglais depuis 1767, mais nous y avons une loge importante avec le droit d’y faire flotter notre pavillon, et une aldée nommée Francipett.

Yanaon

Yanaon appartient, depuis 1752, avec les aldées ou villages qui en dépendent, à la France, qui y avait un comptoir. Le traité de 1763 nous en a assuré la possession. Cependant les Français abandonnés de la métropole durent l’évacuer, avec les autres établissements de l’Inde (1793) et Yanaon ne nous fut rendu que le 12 avril 1817.

Colonies modernes

  • Cochinchine française

La Cochinchine française ou Basse-Cochinchine, capitale Saigon, faisait autrefois partie du Cambodge et fut annexée à l’Annam en 1658. Elle s’étend à l’est de la branche orientale du fleuve Mé-Kong ou Cambodge et comprend deux îles du delta. Elle a été cédée par l’Annam à la France en 1862 avec le groupe des îles de Poulo-Condore et de Phu-Quoc.

  • Indo-chine française

L’Indo-Chine française se compose, depuis 1887, de la Cochinchine française, du Tonkin, pays de protectorat, mais régi comme colonie, des royaumes de l’Annam et du Cambodge qui sont placés sous le protectorat de la France.

  • Ouest-africain ou Gabon-Congo français

Sous ce nom, on désigne le vaste territoire compris entre le Congo et la côte occidentale d’Afrique. Il englobe le Gabon que la France possède depuis 1842, Libreville, le chef-lieu bâti en 1849, et depuis 1862 le cap Lopez et l’estuaire de l’Ogooué. C’est de là que sont partis les explorateurs de cette contrée, surtout M. Savorgnan de Brazza. Pendant son deuxième voyage, de 1879 à 1882, M. de Brazza, fonda Franceville sur le haut Ogooué, Brazzaville sur le Congo et conclut avec Makoko, roi des Batékés, un traité qui nous donna la clef du bassin intérieur du Congo (3 octobre 1880) et décida notre établissement définitif dans l’Ouest-Africain.

La France envoya en 1883, une grande mission, sous les ordres de M. de Brazza, nommé à cet effet commissaire général du gouvernement, et assisté d’un lieutenant gouverneur, pour l’organisation du pays, et en 1885, la colonie fut remise officiellement aux mains de la métropole ; la conférence de Berlin (26 avril 1885) et un traité du 12 mai 1886 avec le Portugal, en fixèrent les limites.

Source :
Histoire monétaire des colonies françaises d’après les documents officiels par E. Zay, pages 9 à 38