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Nouvelle-Calédonie


La Nouvelle-Calédonie est un archipel d’Océanie situé dans l’océan Pacifique à 1 500 km à l’est de l’Australie et à 2 000 km au nord de la Nouvelle-Zélande, à quelques degrés au nord du Tropique du Capricorne.

Distante de la France métropolitaine de près de 17 000 kilomètres et d’une superficie de 18 575,5 km2, cette collectivité (ancien territoire d’outre-mer) située en Mélanésie relève de la souveraineté française depuis 1853. Elle dispose d’un statut particulier de large autonomie sui generis (ou « de son propre genre ») instauré par l’accord de Nouméa, différent des collectivités d’outre-mer (COM)

Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l’archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l’histoire de l’humanité.

Comme l’attestent des fragments de poterie Lapita retrouvés, les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie auraient posé le pied sur le territoire il y a environ 3 000 ans. On appelle Lapita la période de 1300 à 200 av. J.-C. C’est à Koné sur la côte ouest de Grande Terre que furent découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita. Selon l’archéologue Christophe Sand : « si les Lapitas sont bien les ancêtres des Kanaks, leur culture n’était pas du tout la même, ce qui n’est pas non plus facile à admettre ».

Durant la période suivante, Naia Oundjo, ce qui est appelé aujourd’hui la culture kanake commence à se différencier des autres cultures mélanésiennes, elles aussi issues de cette migration austronésienne. Ils maîtrisent l’art de la pierre polie, et fondent leur civilisation sur la culture de la terre (principalement ignames et taros) et une organisation sociale basée sur une structure clanique. Lors de rituels guerriers, des clans pratiquent aussi l’anthropophagie. Il est à noter que le terme de « kanak », longtemps péjoratif et véhiculé à la colonisation sous la graphie « canaque », vient de l’hawaïen kanaka. Le chef historique de la revendication nationaliste et indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, à travers sa pièce Kanaké écrite pour le festival Mélanésia 2000 en 1975, a joué sur l’homonymie de ce terme avec le nom du héros d’un mythe régional de l’aire paicî, « Tein Kanaké », afin, selon Mounira Chatti, maître de conférences en littérature comparée à l’université de la Nouvelle-Calédonie, « de réaliser le glissement de Kanaké, code onomastique donné au héros dans les différentes versions du récit originel, vers un nouveau Kanaké, héros national qui parle au nom de la nation kanak. L’obsession de l’unité kanake amène le futur chef de file du mouvement indépendantiste à purger le mythe d’origine de son caractère régionaliste pour "le hisser au rang d’épopée nationale" (Bensa, 1987 : 428) ».

Le 4 septembre 1774, l’enseigne de vaisseau James Colnett aperçoit à l’horizon une terre inconnue. Il se trouve à bord du bâtiment commandé par le navigateur et explorateur anglais James Cook. Cook baptise cette terre New Caledonia en l’honneur de l’Écosse. En effet, on dit que l’aspect des côtes lui aurait rappelé cette région de Grande-Bretagne, dont le père de Cook est originaire. (Caledonia est l’ancien nom latin de la province correspondant à l’Écosse britannique.)

Il est probable qu’en 1788, l’expédition française conduite par La Pérouse reconnaît la côte Ouest à bord de L’Astrolabe et de La Boussole, juste avant de sombrer dans un naufrage sur le récif de Vanikoro aux Îles Salomon. En 1793, le contre-amiral français Antoine Bruny d’Entrecasteaux, parti en 1791 à la demande de Louis XVI pour retrouver La Pérouse, passe au large de la Nouvelle-Calédonie, reconnaît la Côte Ouest de la Grande Terre et se serait arrêté notamment aux Îles Loyauté. Néanmoins, on attribue la découverte de ces dernières à l’explorateur français Jules Dumont d’Urville en 1827 qui fut le premier à les situer précisément sur une carte.

À partir de 1841, des missionnaires commencent à venir s’installer. Du côté catholique, des frères maristes, menés par Monseigneur Douarre qui est nommé vicaire apostolique de Nouvelle-Calédonie, s’installent tout d’abord à Balade en 1843, mais là encore les missionnaires sont chassés en 1847 avant de pouvoir revenir, et de façon durable, à partir de 1851. Carte historique extraite de l’encyclopédie allemande Meyers Konversations-Lexikon de la Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté

Les deux organisations missionnaires, pour assurer leur assise sur l’archipel, en appellent alors aux deux puissances européennes susceptibles de les aider : les protestants au Royaume-Uni et les maristes à la France. La Nouvelle-Calédonie est finalement proclamée colonie française à Balade le 24 septembre 1853 par le contre-amiral français Febvrier-Despointes. En fait, c’est Edmond de Bovis qui mènera l’opération car l’amiral, fort malade, ne quitte guère son carré.

Le 25 juin 1854, les militaires français fondent au sud-ouest de la Grande Terre Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie, simple garnison qui deviendra rapidement une petite ville et prendra le nom de Nouméa le 2 juin 1866.

Après la Commune de Paris, la Nouvelle-Calédonie sert de lieu de déportation pour de très nombreux anciens communards condamnés par les conseils de guerre mis en place par le gouvernement d’Adolphe Thiers.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe plusieurs tentatives de colonisation sont des semi-échecs

En 1931, des Kanaks sont exposés, dans un enclos de cases, au Jardin d’Acclimatation, à l’occasion de l’exposition coloniale de Paris.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre intervient dès 1940. La Nouvelle-Calédonie devient à partir du 12 mars 1942 une importante base arrière américaine dans la guerre contre le Japon, d’ailleurs la flotte américaine composée de l’USS Enterprise qui se dirigeait vers Guadalcanal avait séjourné à Nouméa.

Après la guerre, la France abandonne le terme de colonie, abolit le code de l’indigénat. En parallèle, le Territoire connaît une croissance économique rapide et importante grâce à l’exploitation de « l’or vert » : c’est le « boom du nickel », la Nouvelle-Calédonie devenant alors le troisième producteur mondial.

Les années 1980 voient les tensions entre opposants et partisans de l’indépendance atteindre leur paroxysme, les affrontements dégénèrent bientôt en insurrection quasi généralisée durant la période dite des « événements » (1984-1988). La violence culmine en 1988 avec la prise d’otages d’Ouvéa.

Cet épisode pousse les deux camps et leurs dirigeants à négocier. Les négociations aboutissent à la signature des accords de Matignon le 26 juin 1988 prévoyant la mise en place d’un statut transitoire de dix ans devant se solder sur un référendum d’autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l’indépendance. Cet accord est complété par l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 qui prévoit une autonomie forte et repousse le référendum final sur la question de l’avenir institutionnel (indépendance ou maintien au sein de la République française) entre 2014 et 2018. En cas de vote négatif, un second, puis éventuellement un troisième référendum pourront être organisés. À l’issue de votes toujours négatifs, un nouvel accord sera négocié. ...suite sur wiki