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Inventaire des découvertes d’archéologie préhistorique dans le département de la Manche


• Texte de 1895 ; voir source en bas de page. [1]


Arrondissements de Cherbourg et ValognesArrondissements d’Avranches et CoutancesArrondissements de Mortain et Saint-Lô
Canton de Beaumont-Hague Canton d’Avranches Canton de Barenton
Canton de Cherbourg Canton de Brecey Canton d’Isigny
Canton d’Octeville Canton de Ducey Canton de Mortain
Canton des Pieux Canton de Granville Canton de Saint-Hilaire-du-Harcouet
Canton de Saint-Pierre-Eglise Canton de La Haye-Pesnel Canton de Saint-Pois
Canton de Barneville Canton de Pontorson Canton du Teilleul
Canton de Bricquebec Canton de Saint-James Canton de Carentan
Canton de Montebourg Canton de Sartilly Canton de Saint-Clair
Canton de Saint-Sauveur-sur-Douve Canton de Villedieu-les-Poêles Canton de Saint-Jean-de-Daye
Canton de Sainte-Mère-Eglise Canton de Brehal Canton de Saint-Lô
Canton de Quettehou Canton de Cerisy-la-Salle Canton de Tessy-sur-Vire
Canton de Valognes Canton de Coutances Canton de Thorigny-sur-Vire
- Canton de Gavray -
- Canton de La Haye-du-Puits -
- Canton de Lessay -
- Canton de Montmartin-sur-Mer -
- Canton de Périers -
Voir quelques illustrations en fin d’article

• Il y a également trois autres illustrations (plus bas dans le texte : 1 pour Bretteville-en-Saire et 2 pour Maupertus)

Arrondissement de Cherbourg

Canton de Beaumont-Hague

Auderville

# Néolitique. Un disque en serpentine, mesurant 0m018 de diamètre extérieur, 0m065 de diamètre pour le vide intérieur et 0m03 de bande annulaire, a été trouvé, en 1820, sur la lande de Calenfrier ou Kalanti : le bord extérieur est arrondi, tandis qu’à l’intérieur, il est presque perpendiculaire à la surface (Musée de Cherbourg). Le même Musée possède deux fragments de poterie grossière et dix-sept éclats de silex non retouchés trouvés, en 1886, dans la falaise argileuse de Goury, cap de la Hague, par M. Bigot, professeur de géologie à la Faculté de Caen. Sans les débris de poterie qui les accompagnaient, ces silex ne permettraient pas d’attirer l’attention.

# Tumulus ? Une butte se trouve au lieu dit les Mottes, à 28 kilomètres N.-O. de Cherbourg, sur la croupe de la lande qui est au N.-E. de l’anse d’Escalgrain ; elle a été fouillée vers 1820.

Beaumont-Hague

# Tumulus.
1er tumulus. Sur la croupe de la lande qui est au N.-E. de l’anse d’Escalgrain, se trouvait un tumulus qui a été fouillé, en 1810, mais on ne se souvient pas que ces travaux aient amené des découvertes intéressantes.

2me tumulus. En 1850, on découvrit, sur la lande des Hogues, un tumulus renfermant quelques pointes de flèches.

3me tumulus. L’année suivante, en 1851, en construisant un four à chaux, on éventra un autre tumulus, situé à proximité du précédent. On y trouva une dizaine de pointes de flèches en silex blond, portant de fines retouches, rappelant celles qui furent trouvées à Kerhué-Bras et sous le dolmen de Plouvenez-Lochrist (Finistère). L’une des pointes fait partie des collections du Musée de Cherbourg ; sa longueur est de 0m07, l’écartement des ailerons de 0m043 ; ces barbelures sont carrées à la base, et au centre se trouve un pédoncule pointu qui ne dépasse pas les ailerons. Une épée de bronze de 0m40 de longueur, sur 0m05 de largeur faisait partie de cette découverte.

Quant aux neuf tombelles signalées par M. Jouan, dans sa notice sur les Monuments mégalithiques des environs de Cherbourg (Matériaux p. serv. à l’hist. de l’homme. 1881), elles sont encore dans le même état ; elles se trouvent situées entre les communes de Beaumont-Hague et de Jobourg (voir, ci-après, Jobourg).

Un très grand rempart, nommé dans le pays Hague-Dicke, barrait toute la presqu’île de la Hague et s’étendait jusqu’aux communes d’Herqueville, à l’Ouest et à celle de Gréville, à l’Est ; il enveloppait jadis huit communes, sur une longueur d’environ six kilomètres : il est composé de terre et mesure 6 et 7 mètres d’altitude dans certains endroits.

# Bronze. Nous avons signalé, ci-dessus, une épée de bronze de 0m40 de longueur sur 0m05 de largeur, découverte en 1851, dans un tumulus ; elle accompagnait une pointe de flèche en silex.

Le Musée de Cherbourg possède aussi une hache à bords droits, avec indication de talon ; elle mesure 0m13 de longueur et 0m07 au taillant, celui-ci a été martelé et usé sur un grès ; cette hache a été trouvée, en 1850, sur la lande de Beaumont.

Biville

# Tumulus. A 15 kilomètres de Cherbourg, sur la côte Ouest et au centre de l’anse de Vauville, se trouvent deux tumulus, dont un ovale.

Gréville

# Bronze. Des haches de bronze à douille ont été trouvées en cet endroit, (de Gerville. Notice sur quelques objets antiques, d’une origine incertaine. Mém. de la Soc. des antiq. de Normandie. 1827-1828 (p. 282. 280-291.)

Caverne ? Sur le côté Nord, à 14 kilomètres de Cherbourg, se trouve la caverne de Sainte-Colombe qui, d’après une légende, s’avancerait jusque sous l’église, et aurait, par suite, environ deux kilomètres de longueur. Nous ne pouvons nous prononcer sur l’origine de ce souterrain.

Jobourg

Dolmen. La présence d’un dolmen a été signalée par M. de Gerville. (Mém. des ant. de Normandie. 1833.)

M. le commandant Jouan, qui a parcouru pied à pied toutes les communes des environs de Cherbourg pour en étudier les monuments mégalithiques, nous a affirmé que ce dolmen n’avait jamais existé, même en 1833, et que M. de Gerville aura voulu parler du tumulus fouillé, vers 1810, à la limite des communes de Jobourg et de Beaumont.

Du reste, dans sa Description des monuments druidiques de la Manche, publiée dans l’Annuaire de la Manche de 1883, M. Pierre Lefillastre ne parle pas non plus du dolmen à Jobourg.

# Tumulus. A 1,500 mètres environ avant d’arriver à l’église de Jobourg, en venant de Beaumont et à 400 mètres sur la droite de la route, dans des landes encloses de haies, se voient encore neuf petits tumulus : ils sont groupés sur trois lignes, Nord et Sud ; ces buttes ont la forme conique et circulaire à la base ; le diamètre le plus grand est de 10 mètres et la hauteur de 2 à 3 mètres : les sommets de quelques-uns sont arasés et même déprimés, comme si on les avait fouillés.

Ces tumulus se trouvent à l’intérieur d’une vaste enceinte (Hague Dicke), grand retranchement qui allait d’un côté à l’autre de la Hague et qu’on peut suivre encore de Gréville à Herqueville. Cet épaulement en terre pourrait avoir été élevé à l’époque des invasions romaines ou encore par les peuplades Scandinaves qui s’étaient aussi installés dans la presqu’île de la Hague où ils avaient des ports sûrs, près du havre de Goury, d’Omonville et de l’anse Saint-Martin. Les tumulus et le Hague-Dicke sont indiqués sur la carte d’état-major.

Cavernes. Dans la falaise appelée le Nez-de-Jobourg, se trouvent plusieurs cavernes dont l’une porte le nom de Lion-aux-Sorciers, et une autre plus vaste, appelée la Grande-Eglise. On sait que sur toute cette côte et même dans les îles anglaises de Jersey, il existe des cavernes naturelles du même genre et qui n’ont peut-être jamais été habitées, ou qui ont été modifiées par les vagues de la mer.

Il y a aussi, dans cette commune, les vestiges d’un camp romain.

Nacqueville

En 1868, en réparant la batterie de Nacqueville, située au bord de la mer, on éventra quelques monticules de sable qui renfermaient des crânes ; des andouillers et dents de cerf ; plusieurs bois avaient été sciés ou coupés à une époque fort ancienne. À côté, on a trouvé des instruments en fer qui sont déposés au Musée de Cherbourg et dans la collection de M. H. Menut.

En septembre 1878, le génie fit exécuter une tranchée à l’extrémité Est de la nouvelle batterie, près de la plage.

A une altitude un peu inférieure au niveau des hautes mers, la terre est formée d’une couche de sable fin d’une épaisseur de 1m40 environ ; au-dessous, on rencontra un sol argileux à surface tourbeuse, déjà observé lors du creusement des Subsistances de Cherbourg. Dans la couche argileuse, sur une étendue de 2 mètres carrés, les ouvriers trouvèrent un amas considérable de coquillages, la partie inférieure d’un pieu appointé et carbonisé, bien conservé, mesurant 0m15 de diamètre et 0m70 de longueur. Des ossements de bœuf, de mouton, qui avaient été fendus pour en retirer la moelle ; un fragment de frontal de cerf portant la base d’une corne sciée nettement à la couronne ; des débris de maxillaire de mouton ; une meule en poudingue, avec le dessus et le dessous mesurant 0m40 de diamètre et 0m46 d’épaisseur, avec un trou central (son poids a dû l’amener à ce niveau) ; une défense de sanglier mâle et femelle. Ces ossements étaient blanchis par un séjour prolongé à l’air libre, ce qui indique que ce point a baissé de niveau. Deux débris de poterie noire, un fond et un bord d’un vase de moyenne dimension.

# Néolitique. On remarqua aussi plusieurs débris de disques en schiste dont quatre sont dégrossis et un seulement a été poli. Un seul est complet et mesure 0m025 d’épaisseur, 0m075 de diamètre extérieur et 0m027 de diamètre intérieur. Les quatre autres sont brisés dans leur moitié, plus ouverts et plus plats ; l’un d’eux, qui est rond, mesure 0m08 de diamètre et 0m01 d’épaisseur. Ces quatre fragments sont plats en dessous et leur épaisseur varie entre 0m007 et0m015, les diamètres extérieurs sont de 0m10 à 0m13, et les diamètres intérieurs ou espace vide varient entre 0m055 à 0m056 (Musée de Cherbourg).

Une personne dont la mémoire doit faire un peu défaut, a prétendu que, lors des travaux de l’hôpital maritime de Cherbourg, on avait trouvé un disque beaucoup plus grand mesurant 0m40 de diamètre et 0m15 d’épaisseur... ! (Delambre. Note relative aux objets découverts dans les fouilles de la batterie neuve de Nacqueville, en septembre 1878 ; Ext. des Mém. de la Soc. des scien. nat. de Cherbourg. 1877-78.)

Jusqu’ici, les plus grands que nous connaissons, mesurent 0m15 à l’intérieur et 0m004 d’épaisseur.

Des anneaux dégrossis de la même manière ont été découverts, en 1894, à Montcombroux, dans l’Allier, et décrits par M. Perrot.

Les disques de Nacqueville sont en schiste un peu argileux, de teinte brune : M. Clavenad pense que cette matière serait une sorte de lignite, car on a séparé quelques lamelles de ces disques, qui ont brûlé en répandant une odeur bitumineuse et une cendre blanche. On ne connaît pas aux environs de gisement d’une matière semblable.

Il paraît qu’en Cochinchine, au Sud du lac Tomli-Sap, on trouve une roche assez tendre qui sert aux indigènes pour fabriquer des disques analogues qu’ils se passent aux bras. Il s’en trouve au Musée de Toulouse qui ont été offerts par M. Moura, ancien représentant du protectorat français auprès du roi de Cambodge.

Menhir détruit. Au hameau de Bosvy, à onze kilomètres et demi à l’O. N.O. de Cherbourg, plusieurs triages sont désignés sous le nom de Pierres-Levées. On voyait encore dans ces champs, vers 1840, plusieurs menhirs en granit, roche étrangère à cette localité : les vieillards du pays prétendent qu’il y en avait un certain nombre, mais qu’on les a détruits, lorsqu’on défricha ces terres.

Omonville-la-Rogue

Sur la lande qui domine l’anse de Vauville, d’où la vue est très étendue, on a signalé une allée couverte portant le nom de Pierres-Pouquelées ou Pouquelayes (c’est-à-dire pierres qu’on adore).

Nous avons décrit ce monument sur la commune de Vauville ; il ne peut se trouver sur la commune d’Omonville-la-Rogue, celle-ci étant située vers le Nord de la Hague, tandis que l’anse de Vauville est sur la côte Ouest de la Manche.

Sainte-Croix-Hague

# Menhir. Bronze. A la limite de cette commune et de celle de Vauville, dans le voisinage de l’Epinette, près d’un menhir assez élevé, on a découvert, en 1826, dans un vase ayant une sorte de col, plus d’une centaine de haches à douille en bronze de la fin du larnaudien ; un exemplaire de ces haches existe au Musée de Cherbourg. Sa longueur est de0m012, le taillant mesure 0m03 ; anneau latéral, (de Gerville. Mém. des Ant. de Norm. 1827-1828, p. 282.)

Tombelle. M. Vauquelin, maire de Branville, a fait fouiller, vers 1830, un petit monticule ; il trouva, au centre, des pierres formant une sorte de voûte, sous laquelle se trouvait une urne en terre grossière et mal cuite qui renfermait des cendres ; sur le vase on distinguait des traces de rouille. Au-dessous de cette urne, se trouvait un lit d’argile de forme circulaire, qui avait subi l’action du feu. En creusant auprès de cette voûte, il découvrit, à 1m20 de profondeur, une sorte de cist en pierres sèches de 1m94 de longueur, rempli de cendres et de charbons. (Notice de M. Ragonde. Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg. 1833, p. 229.)

Saint-Germain-des-Vaux

# Menhir. Il existe, au Musée de Saint-Lô, un dessin à la plume de M. Guillot, d’après un autre dessin de M. Parevy et qui représente un menhir situé dans des herbages ; il mesure 2m15 de hauteur, sur 1m30 de largeur.

Dolmen. Non loin de là, si on en croit un autre dessin qui fait pendant au précédent et qui est dû à M. Houel, il existait une table de dolmen qui paraît à moitié renversée sur le dessin.

Il était situé au lieu dit : Derrière-l’Autel et s’appelait le Trou-des-Fées et aussi le Jogard.

Tonneville

# Bronze. Une hache à douille mesurant 0m12 de longueur, avec bourrelet, filet et anneau latéral, a été trouvée, en 1852, par M. Périaux, qui l’a offerte au Musée d’antiquités de Rouen, ainsi qu’une autre plus petite de 0m075 de longueur.

Vauville

Au hameau de la Forge, se trouvait, paraît-il, une allée couverte qui n’a pu être retrouvée par une personne que nous avions prié de nous la décrire.

Allée couverte. A 500 mètres, vers le N.-O. du chemin de Beaumont à la mer, et à la même distance de la grève, sur le haut d’une lande qui a 134 mètres d’altitude, se trouvent les vestiges de l’allée couverte appelée les Pierres-Pouquelées ou les Pouquelayes ; son orientation est N.-O.-S.-E.. Vers 1808, les dalles ayant été prises pour faire un pont, le sous-préfet de Valognes les fit reporter, mais on oublia de les remettre en place ; quatre supports seuls sont en place ; presque toutes les pierres du monument sont en grès quartzeux, sauf deux qui sont en granit. Cette galerie est aujourd’hui complètement en ruines et en plus mauvais état que celle de la lande Saint-Gabriel, à Tourlaville.

Canton de Cherbourg

Cherbourg

# Néolitique. Le Musée de Cherbourg possède quatre haches polies en chloromélanite, mesurant 0m09, avec 0m055 au tranchant, et trois autres en diabase, à peu près de même longueur. Ces instruments ont été achetés dans les environs de Cherbourg, vers 1820, par M. Duchevreuil, qui les a légués, en 1829, à la ville de Cherbourg.

Au mois de juin 1844, en creusant le fossé de la courtine du front 7.8 de la nouvelle enceinte de l’arsenal, on trouva, à 7 mètres au-dessous du niveau du sol, dans un terrain tourbeux, le tronc d’un chêne énorme (Musée de Cherbourg). En 1845, en établissant les fondations de la porte principale de l’arsenal, on dut creuser dans la tourbe jusqu’à 8 mètres de profondeur.

On trouva aussi sur ce point plusieurs troncs d’arbres et des noisettes. Ces faits et d’autres observés dans les environs du Mont Saint-Michel, indiquent que tout le littoral de la Manche était couvert de forêts qui ont été ensevelies dans une tourbe sableuse. On a recueilli aussi des troncs d’arbres à Tourlaville et à Bretteville, pendant les basses mers d’équinoxe.

Lorsqu’on creusa le bassin des subsistances, on rencontra un banc de tourbe argileuse entrecoupé de lits plus ou moins étendus de sable très fin dépourvu de coquilles. Cette tourbe repose sur les bancs de sable et d’argile schisteuse qui recouvre le rocher (micaschite) ; elle est recouverte elle-même par des sables et des galets qui constituent la dune. La tourbière présente dans certains endroits une épaisseur de plus de 10 mètres. Sa partie la plus élevée ne dépasse guère la cote 4 mètres au-dessus du niveau des plus basses mers, c’est-à-dire qu’elle est noyée en tous temps, même en mortes eaux.

On a trouvé à des profondeurs diverses, dans cette tourbe, quelques branches de noisetier, des troncs de chêne, d’aulne et quelques gros fragments d’arbres à fibres très rouges. Les noisettes y abondaient ; on les rencontrait par tas.

# Bronze. Au début des fouilles, on aperçut un morceau de bois taillé en biseau. Puis, sous une épaisseur de tourbe de plus de 1m50, on découvrit, en un seul tas, à quelques décimètres au-dessus du 0 des marées, huit haches en bronze, quatre grandes et quatre petites ; elles sont à bords droits : les deux plus grandes ont le tranchant courbé.

A la même profondeur, on trouva les fragments d’un crâne humain : ce crâne fut brisé par mégarde par les ouvriers. A côté, se trouvait une tête du cerf indiquant un animal de dimensions plus considérables que nos cerfs actuels ; des ossement de ruminants ; une tête de bœuf (genre urus) de dimensions ordinaires, avec son frontal muni de ses cornes et un tibia de sanglier.

A une profondeur plus grande, dans la couche de sable intercalée dans la tourbe, à la cote de 0m50 à 1 mètre au-dessous de zéro, et bien au-dessous des débris de l’âge du bronze que nous venons d’énumérer, on découvrit une pointe de flèche en silex, d’énormes cornes de Bos primigenius et d’urus et des ossements dont l’un a été travaillé et fendu. Une corne de Cervus elaphus, des vertèbres d’un bœuf énorme (urus).

Un crâne humain bien conservé et dont l’angle facial était plus ouvert que celui de Neanderthal, se trouvait dans le voisinage de ces débris osseux. (Ext. des Mém. de la Soc. des scien. nat. de Cherbourg, T. XXII, 1879 et T. XXI, 1887.)

Le Musée de Cherbourg possède deux haches à douilles (n° 2 bis) avec petit bourrelet et anneau latéral ; longueur totale 0m083, largeur de la douille 0m020 et au tranchant 0m028 ; ils viennent des environs de Cherbourg. Ce Musée possède en outre une dizaine de haches, du type ordinaire, à bourrelet et à douille, une hache à douille ornée de deux nervures et ailerons simulés sur le flanc, de filets sur les côtés et d’un anneau latéral (n° 12), correspondant à peu près au n° 785 du Musée préhistorique, ainsi que deux autres haches à douille de 0m12 et 0m11 de longueur et portant également un anneau latéral, avec trois côtes en relief ; l’une porte un seul bourrelet et l’autre deux bourrelets à la douille (nos 12 et 12 bis du catalogue et 788 du Musée préhistorique). Avec ces objets, se trouvent aussi deux haches à ailerons et à anneau (13 et 13 bis du catalogue) ; le taillant un peu martelé est arrondi (767. Musée préhistorique). Des pointes de lances à douille et à ailerons allongés (n° 25 du catalogue) ainsi qu’un petit bracelet formé d’une tige de bronze repliée.

Tous ces objets sont du type de Larnaud (Jura) ; ils proviennent des environs de Cherbourg et ont été recueillis avant 1829 ; ils appartiennent à la ville de Cherbourg, qui les a achetés à la mort de M. Duchevreuil.

Canton d’Octeville

Bretteville-en-Saire

Station paléolithique. M. H. Menut ayant publié une notice très complète sur cette station, nous reproduisons ci-dessous son travail, qui a paru dans la revue L’Homme (La Station préhistorique de Bretteville, près Cherbourg. 3me année, 1886, p. 533 à 543, avec planches). Ce travail est un résumé d’une notice beaucoup plus complète intitulée : Essai sur la Station préhistorique de Bretteville, par Henri Menut (Cherbourg. 1886, in-8, 34 p. et XXVI pl. - Ext. des Mém. de la Soc. nat. des scienc. nat. et math, de Cherbourg, T. XXV.) :

« En 1879, appelé à faire d’importants travaux de terrassement à Bretteville, à six kilomètres de Cherbourg, j’ai rencontré les premiers vestiges d’une station de l’âge de pierre. Encouragé par ce succès, j’ai continué ces recherches pendant plusieurs années ; il en résulte que l’on se trouve en présence de la longue période paléolithique, caractérisée par les différentes phases quaternaires.

Quant à la période néolithique, elle comprend toute l’époque robenhausienne. L’atelier occupait une sorte de mamelon qui s’avance en cap arrondi dans la mer, avec versants à l’Est et à l’Ouest : dans le pays, on le nomme Pointe du Heu ; il est occupé dans la grande largeur par un fort.

Les gisements paraissent localisés : robenhausiens à la partie supérieure (à la cote 14.00 au-dessus de la mer), avec agglomération de résidus et de déchets de fabrication en quantité considérable. De l’Ouest à l’Est, se trouvent les types magdaléniens.

Il est à remarquer que l’ensemble du gisement rappelle par ses formes peu épaisses celui des instruments des plateaux, et celui des instruments des alluvions par la composition du sol recouvrant et par le voisinage. En effet, à droite et à gauche du lieu, des falaises formées par des alluvions quaternaires sont battues et désagrégées par la mer ; leur composition est identiquement la même ; j’y ai trouvé une belle pointe moustérienne.

La rareté, le manque presqu’absolu d’ossements ou de restes artistiques de la fin de l’époque solutréenne ou de l’époque magdalénienne toute entière, se trouvent facilement expliqués par le peu d’épaisseur du sol ; j’ai pu cependant recueillir quelques débris d’os profondément altérés et fendus en long.

Mes récoltes ont toujours été bien plus fructueuses à l’Est qu’au Nord, ce qui s’explique facilement, les versants orientés au soleil levant étant toujours recherchés par l’homme préhistorique.

Admirablement située, la station était défendue à droite et à gauche par les cours d’eau débouchant des vallées du Petit-Val et de la Vieille-Ecluse ; les matières premières étaient à portée de l’ouvrier, charriées avec les pierres roulées dans les alluvions qui forment maintenant, à la mer, une falaise de plusieurs kilomètres.

Des fouilles, des recherches, conduites avec méthode, avec persévérance, amèneraient, j’en suis convaincu, d’intéressantes découvertes, tant au point de vue de l’habitat que de la sépulture de nos ancêtres.

A peu de distance (au Douet-Picot), se trouve un dolmen ou sépulture robenhausienne ; les flancs des collines qui resserrent en gorge les deux vallées, déjà citées, sont remarquables par des amoncellements de roches, de blocs, envahis et en partie couverts par les ronces et les broussailles ; il y a là certainement quelque chose pour le chercheur.

J’insiste sur ce fait bien remarquable, que les deux cents pièces ou instruments que j’ai décrits dans l’Essai sur la Station de Bretteville, ont été pris parmi plusieurs milliers, tous recueillis dans un espace relativement restreint ; nous avons là une rare succession des quatre époques quaternaires de la période paléolithique dans la même station.

Enfin, toujours sur le même emplacement, la période néolithique est admirablement représentée par l’époque robenhausienne tout entière, comprenant les deux grandes divisions de l’âge de la pierre polie. »

Période paléolithique - époque chelléenne.

Instrument unique caractéristique, servant à tous les usages, terminé par une base en crosse, plus ou moins arrondie, opposée à la pointe. On trouve toutes les formes intermédiaires, depuis la pointe allongée jusqu’à l’ovale.

Un des plus beaux instruments est un silex, bien taillé, avec portion de gangue sur le dessus de la pièce ; dessous peu bombé ; dos renflé, bien en main ; à la crosse, un plat abattu intentionnellement : patine blanchâtre, points brillants.

Instrument amygdaloïde en silex noir lustré, régulièrement taillé, arêtes bien droites, dos bombé ; la plus grande épaisseur forme côte vers la droite ; le tranchant opposé très aminci ; outil bien en main.

Epoque moustérienne. L’instrument unique est remplacé par des instruments multiples appropriés aux usages les plus divers. Tous ont une face lisse détachée par éclatement du noyeau ; l’autre côté, légèrement bombé, est à arêtes plus ou moins retouchées : ici, c’est l’éclat qui fournit l’instrument ; à l’époque précédente, c’est le noyau.

Bretteville a fourni en grande abondance les pointes, les lames, racloirs, etc., suivant la forme intentionnelle et le travail de l’ouvrier.

Dans cette série, se trouve une pointe en silex gris lustré, peu patiné, admirablement et finement retaillé à la pointe et au pourtour ; la base (arrondie pour ne pas blesser la main) porte aussi des traces de taille ; elle a servi de nucleus pour l’enlèvement d’une lame, du côté gauche.

Autre pointe patinée gris-jaune, avec points blancs de différentes épaisseurs ; nervure médiane ; finement taillée et retouchée sur les deux arêtes ; beaucoup moins élancée que la précédente ; base arrondie avec gros éclats de taille ; plan de frappe (traces de chocs multipliés).

Epoque solutréenne. Cette époque est caractérisée par un instrument à deux pointes :

en feuille de laurier, généralement taillée finement sur les deux faces ;

en feuille de saule à cran ; enfin, par un grattoir à faces parallèles, simple ou double (113, 120. musée préhistorique) ; les grattoirs plus minces, plus allongés, sont beaucoup moins discoïdes que ceux de la période néolithique ou robenhausienne.

L’époque solutréenne m’a fourni divers instruments se rapprochant beaucoup des types classiques ; mais en général, c’est la plus mal représentée à Bretteville.

L’instrument le plus joli de cette série est muni de deux pointes ; il se rapproche, comme forme, de la feuille de laurier ; il est taillé sur les deux faces, avec nervure longitudinale sur le dessus ; grossièrement retouché du côté gauche, il semble être destiné à être terminé sous forme de feuille de saule. Silex gris bleu, lustré, patine blanchâtre, surtout apparente au-dessus et à l’arête droite ; piqué de points blancs, une tache de dépôt ou concrétion en dessous : c’est peut-être un instrument de transition.

Epoque magdalénienne. Pendant l’époque qui nous occupe, comme pendant l’époque précédente, la température ayant beaucoup baissé, les instruments se rattachant à la fabrication des vêtements sont très nombreux ; les grattoirs, forêts, alènes, perçoirs en silex, abondent à Bretteville.

A l’art rudimentaire de la fin du Solutréen, succède la brillante phase artistique de la Madeleine.

L’instrument spécial, le burin, prend naissance ; j’en ai rencontré plusieurs spécimens, mais jusqu’à présent, ainsi que je l’ai dit plus haut, aucune sculpture, aucun tracé, n’a été exhumé.

J’ai trouvé le grattoir typique retaillé à l’extrémité de la lame ou éclat ; enfin, une sorte de racloir, en forme de serpette, est très abondant et caractérise bien l’époque.

De cette période, je possède un très beau grattoir en silex, finement retouché au sommet, légèrement arqué dans le sens de la longueur, usures ou très fines retouches sur les deux arêtes ; forte patine qui se transforme en cacholon surtout vers la base.

Un burin en silex à biseau, très large ; la portion de croûte conservée près du sommet, a été usée par frottement ; taille à la base, conchoïde de percussion.

Autre burin en silex moucheté de petits points noirs, base mince et très dégagée, gangue conservée sur le tiers supérieur du dos et d’un côté.

Période Néolitique. Epoque robenhausienne.

Ce qui caractérise surtout cette époque, c’est la disparition complète du renne et, par suite, de l’outillage pour lequel il fournissait presqu’exclusivement la matière première. L’homme recommence à tailler la pierre, grossièrement d’abord, puis enfin avec une telle perfection que l’on a peine à s’expliquer le résultat et les outils rudimentaires employés à l’obtenir.

L’époque robenhausienne peut se diviser en deux parties : de la pierre taillée ; de la pierre polie, sans transition bien tranchée. La station de Bretteville appartient presqu’exclusivement à la première de ces divisions. L’outillage de pierre devient de plus en plus complet et varié ; les grattoirs (plus discoïdes, plus épais qu’aux temps quaternaires), les perçoirs, les tranchets, les couteaux (dont une variété à pédoncule, à dos bombé, semble spéciale à la station), les ébauches, les flèches, etc., sont en nombre considérable à l’atelier qui nous occupe, sans parler d’une très grande variété d’outils, adaptés à des usages spéciaux qui m’échappent et dont les formes intentionnelles se répètent dans plusieurs échantillons de grandeurs différentes.

La station m’a fourni des tranchets à taillants droits ou obliques, à simple ou à double biseau.

Les grattoirs sont finement retouchés et retaillés au pourtour, les uns ont 0m10 de diamètre et les plus petits 0m015 ; ils sont souvent convexes et quelquefois avec côté concave, et plus rarement associés à d’autres instruments.

Les scies sont nombreuses ; ce n’est, le plus souvent, qu’un éclat mince ou lame, avec dentelures quelquefois très fines ; les unes portent une encoche à chaque extrémité, d’autres ont un bout retaillé et arrondi ; elles travaillent comme l’hégoïne. Il y en a de dimensions très réduites : l’une d’elles mesure 0m02.

Les ébauches de flèches et les flèches affectent les formes les plus diverses. Les unes semblables à de petits instruments chelléens, sont des nucleus dégagés par éclats successifs ; d’autres consistent en une tranche de silex à faces parallèles, retravaillées après coup ; enfin, quelques-unes, façonnées sur le nucleus, sont détachées à la mode moustérienne et présentent une face libre. La base opposée à la pointe est tantôt droite, concave ou convexe ; il semble que l’ouvrier devait s’inspirer de la forme première du silex.

Parmi celles-ci, je signalerai une portion d’une belle flèche avec aileron rompu : elle est très bien travaillée par une série de petits éclats et de retouches, barbelures arrondies et base concave ; l’extrémité de la pointe est aussi brisée.

Autre flèche triangulaire d’un travail très délicat, double barbelure coupée à angle droit des arêtes ; pédoncule au centre de la base convexe, nervure médiane sur les deux faces qui sont régulièrement travaillées.

La pierre polie proprement dite est représentée par quelques haches polies, généralement de petites dimensions ; l’une d’elles, très remarquable, a été commencée à polir.

Allée couverte. A huit kilomètres de Cherbourg et à un kilomètre de la limite de Bretteville et de Digosville, près du village de la Forge, dans un champ nommé le Clos-des-Pierres, à 20 mètres environ à droite d’un mauvais chemin d’exploitation, bordé d’une haie, se voit une belle allée couverte mesurant actuellement 15 mètres de longueur. Elle est orientée N.-O. et S.-E. Du côté Ouest, le mieux conservé, on compte encore neuf supports presque tous en place, tandis qu’à l’Est, il n’en reste que sept. La largeur du vestibule est de 0m80 à 1 mètre. Quatre tables sont encore en place et trois autres sont inclinées ou entièrement tombées. La première, vers le N.-O., porte une longue fissure avec une douzaine de trous de mine ; il est même surprenant que le projet de la briser n’ait pas été mis à exécution. Cette table, seule, est en granit, tous les autres blocs sont en arkose, sorte de poudingue très abondant dans le pays, sauf deux supports qui sont en steaschiste quartzeux. Les tables mesurent entre 2m80 et 1m80 de longueur et comme épaisseur, de 0m40 à 0m60.

Dès 1833, M. L. Ragonde, régent au collège de Cherbourg, publiait (Mém. de la Soc. royale acad. de Cherbourg, 1833), une note sur : Les monuments celtiques situés sur les communes de Flamanville, Vauville, Digoville, Briquebec, Tourlaville, Martainvast et Teurteville-Hague. (L’allée couverte est désignée sous le nom de Cist-Vean, parce que l’auteur croyait que la dernière table avait toujours été une pierre branlante destinée aux épreuves religieuses.

M. Bertrand Lachénée qui a publié une notice sur la galerie couverte à Logan de Bretteville-en-Saire (p. 92, année 1861, des Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg), relève l’erreur de M. Ragonde, relativement au monument cité sur la commune de Digoville et qui se trouve au contraire sur la commune voisine de Bretteville-en-Saire.

En 1854, M. de Gerville publia des Etudes géographiques et historiques sur le département de la Manche. (Cherbourg, Feuardent.) Ces notes, écrites à l’époque où M. Ragonde publiait ses travaux sur les monuments mégalithiques des environs de Cherbourg, contiennent quelques documents sur les monuments mégalithiques et la préhistoire. Il signale, à Bretteville, le dolmen de la Pierre-Branlante, parce que la dernière table, au N.-O., paraît suspendue sur un support.

Le Dictionnaire archéologique de la Gaule (1875, p. 197) indique cette allée couverte au lieu-dit Brettefey ; il lui donne 18 mètres de longueur et 1 mètre de largeur (ces mesures sont un peu exagérées).

La notice de M. le commandant Jouan est beaucoup plus exacte, mais elle attribue 20 mètres à l’allée, qui n’en a réellement que 15.

# Bronze. Une hache à douille a été trouvée dans cette commune.

Couville

# Bronze. Une découverte d’objets en bronze eut lieu en 1852, dans le champ Houguet, triages des Chasses-Meurtrières et de la Croix-Valtot ; elle se composait de près de trois cents haches à douille, enfouies et superposées à environ un mètre de profondeur.

M. Périaux a décrit cette découverte dans une brochure intitulée : Notice sur des coins trouvés à Couville et sur une excursion faite à cette occasion dans cette commune. (Rouen. 1852. 15 p.)

Le Musée de Cherbourg en possède trois mesurant 0m084 de longueur, sur 0m02 au taillant, 0m074 et 0m024. Quelques-unes mesuraient 0m04 à 0m05 centimètres de longueur et 0m015 de largeur. D’autres, plus courtes, plus trapues, avec le taillant arrondi et évasé, 0m07 et 0m09 et quoique à peu près semblables, on en distinguait de treize moules différents : les unes étaient décorées de raies, elles portaient généralement des anneaux sur le côté.

Le Musée d’antiquités de Rouen possède une hache à douille de cette découverte, elle a été offerte par M. Périaux : elle mesure 0m075 de longueur.

Il est à remarquer que l’endroit où a eu lieu cette découverte porte un nom qui se retrouve souvent en Normandie et qui a toujours donné des antiquités préhistoriques. Nous citerons : la Hoguette, à Reviers ; le tumulus de la Hogue, à Fontenay-le-Marmion (Calvados), et la Hogue de Branville, près Beaumont-Hague (Manche).

Martainvast

En 1884, M. Bigot, de Caen, a recueilli, sur la voie ferrée, un bloc de quartzite portant des esquilles de frappe. Toutefois, cette pièce ne nous paraît pas assez concluante, surtout à l’endroit où elle a été trouvée, pour en faire un nucleus.

# Dolmen. Après avoir dépassé, sur la route de Cherbourg aux Pieux, le pont de Martainvast, jeté sur la Divette, à l’extrémité de la pittoresque vallée de Quincampoix, en suivant sur la gauche le chemin de l’Oraille, on arrive à un monticule rocailleux, le Hure, où l’on a reconnu un dolmen. C’est un énorme bloc de grès quartzeux, semblable aux rochers environnants et posé sur trois autres blocs de dimensions moindres.

M. Jouan, auquel nous devons ces lignes, croit que ces pierres auraient été posées ainsi par la nature. Cependant, ce nom du Hure se rapproche assez du mot Hu donné à plusieurs monuments de la Manche, de l’Orne et d’autres localités ; il semble rappeler un culte antique.

Abri sous roche. A un kilomètre au Sud de la gare de Martainvast et à 700 mètres au S.-O. du château, dans un petit bois, se trouvent des sortes d’abris sous roche, situés dans les Roches de Sideville ; elles servent encore accidentellement aux rôdeurs, aux vespasians, comme on les désigne dans la localité, sans doute en souvenir des exactions des Romains dans cette partie de la Gaule.

Le Mesnil-Auval

# Pierre à légende. A 9 kilomètres au S.-E. de Cherbourg, presqu’au pied du versant Nord du plateau de Lorion et à 500 mètres au N.-N.-O. de la ferme de Lorion, sur un des points les plus élevés du département, dans le bois de Mémont ou de Belleville, sur un terrain inégal parsemé de grosses pierres et de fondrières, on aperçoit la Table-des-Fées.

La Table-aux-Fées a été décrite par M. Bertrand Lachénée (Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg. 1861) ; elle est un peu inclinée et bien unie en dessus ; sa longueur est de 3™m60 à l’Ouest et de 3m30 à l’Est ; sa largeur au milieu de 2m10 et son épaisseur de 2 mètres ; elle est en grès. Les supports, si toutefois il y en a, sont tellement enfouis qu’on ne les voit pas ; seulement une petite roche, appuyée contre une autre, semble soutenir très faiblement la table à l’un des points de son extrémité Nord, où elle pose à peine sur la terre, tandis qu’à l’autre bout, elle y est complètement enfoncée. Les traditions qui s’attachent à cette pierre semblent lui assigner un certain intérêt, mais la forme de ce bloc qui paraît divisé dans le milieu par une fissure en deux tables superposées, l’absence de supports, l’abondance des rochers tout à côté, tout paraît indiquer que ce n’est pas un dolmen et que ce bloc a toujours été ainsi.

Au N.-O., à 30 ou 40 mètres, il existe un assemblage de deux gros rochers, séparés par un étroit couloir sous lequel coule une source appelée la Fontaine-aux-Fées : l’ensemble des deux rochers porte le nom de Roche-aux-Fées.

Nouainville

# Cachette de fondeur. Près de Saint-Gilles, en faisant un chemin dans le bois du Houx-Percé, on a trouvé, en 1852, un vase en terre de 0m45, sur 0m50 de hauteur, qui contenait 450 haches à douille. Quinze de ces instruments étaient de grand module, les autres moyens. (Victor Lesens. Ouvrage manuscrit. Bibl. de Cherbourg.)

Querqueville

# Bronze. Une hache à douille mesurant 0m12 de longueur, avec bourrelet et filet en dessous, ainsi qu’un anneau latéral, a été trouvée, en 1865, par M. Périaux, qui l’a offerte au Musée d’antiquités de Rouen.

M. Auguste Asselin a décrit, sur cette commune, une enceinte antique. (Mém. sur un temple gaulois à Kerkeville. Cherbourg. 1833, 28 p., 1 pl. en couleur. Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg). Les imaginations étaient tellement poussées vers les Gaulois et les druides, à cette époque, qu’on en voyait partout. Ce soi-disant temple gaulois n’est autre qu’un petit oratoire dont la maçonnerie de l’abside et du transept est disposée en arêtes de poisson, ce qui indiquerait tout au plus l’époque carolingienne ou le Xe siècle. La nef et le clocher sont même du XVIIe siècle.

Teurtheville-Hague

# Menhirs. Dans le pittoresque vallon du bois de Néret, à 6 ou 700 mètres au Sud de l’église, se voient deux beaux blocs à peu près parallélépipédiques de grès quartzeux (roche qui constitue le sous-sol de la localité) ; leur hauteur est de 3 mètres environ et ils sont espacés de 22 mètres l’un de l’autre ; autour de chacun d’eux se trouvent de gros blocs gisant dans un certain ordre. Ces deux menhirs font aujourd’hui l’ornementation d’un jardin. Plus loin, dans la pente du coteau qui limite le vallon, du côté de l’Ouest, est une source connue dans le pays sous le nom de Fontaine-des-Fées.

Nous rappelons qu’au Mesnil-Auval, se trouve aussi la Fontaine-anx-Fées.

Ces menhirs ont été d’abord signalés par M. de Gerville (Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie), ensuite par M. Le Fillastre (Annuaire des cinq dép. de la Normandie, 1833-1835), et enfin par M. le commandant Jouan ; ils portaient le nom de Pierres-Tournantes, parce que dans le pays, on supposait qu’elles tournaient sur elles-même, trois fois à la nuit de Noël.

Tourlaville

Allée couverte. Sur la Lande Saint-Gabriel, au S.-E. et à 800 mètres de l’église de Tourlaville, sur les hauteurs qui dominent Cherbourg, vers le Sud-Est, se trouve une allée couverte de 15 mètres de longueur, que l’on désigne parle nom de Pierres-Couplées ou Pierres-Encouplée. Ce nom rappelle celui de l’allée couverte de Vauville, que l’on appelle les Pierres-Pouquelées.

Le vestibule, qui est orienté O.-E., mesure actuellement 1m10 à l’entrée, mais on ne peut se baser sur cette largeur fournie seulement par deux pierres qui ont pu être déplacées, cette largeur passant immédiatement à 2m50, dimension qui se retrouve dans toute la longueur et qui s’augmentait vers l’Est, car on retrouve 3m50 de ce côté ; soit 1 mètre de plus.

Le côté Nord est bien conservé et se compose actuellement de huit supports, tandis qu’à l’Est, il n’en existe que cinq : ces blocs émergent du sol d’environ 0m80 à 1 mètre. Primitivement, il y avait quatorze supports de chaque côté. Un espace de 6m50 reste privé de supports, du côté Sud. Au fond, vers l’Est, se trouve une pierre posée verticalement à l’allée ; elle mesure 1m40 de longueur et a pu servir de fermeture de ce côté. Toutes les tables ont disparu, sauf une que l’on voit vers le Nord-Ouest du monument ; car cette pierre, à cause de ses dimensions, 2 mètres sur 1m50, est beaucoup plus grande que tous les supports. Tous les matériaux employés dans cette allée sont en arkose, comme le sous-sol de la lande.

M. Ragonde, régent au collège de Cherbourg, dont nous avons déjà signalé la notice publiée en 1833 (Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg. Monuments de Flamanville, Vauville, Bretteville, Bricquebec, Martainvast et Teurtheville-Hague), a également signalé ce monument et contribué à sauver les pierres qui existent aujourd’hui, car lorsqu’il en fit la visite, les ouvriers qui creusaient le sol aux environs, pour se procurer des matériaux de construction, avaient trouvé plus simple de briser les tables et ils s’étaient même attaqués aux supports, dont trois venaient d’être enlevés dans la partie Ouest.

Dans une brochure intitulée : Etudes historiques sur Cherbourg, publiée à Lisieux, en 1873, sous le pseudonyme La Tourelle (P. de Chantereyne), l’auteur rappelle qu’un plan de ce monument fut présenté, en 1773, à la Société académique de Cherbourg ; c’est à cette époque que plusieurs des tables et que la partie Est de la galerie fut mutilée par des personnes qui y cherchaient des pierres à rasoir (haches en diorite ou en jade). On fouilla également aux environs, mais dans le compte rendu de cette exploration, on ne dit pas que l’on ait rien trouvé d’intéressant : on voit encore à l’Est du monument une cavité circulaire produite lors de ces fouilles.

Dans les Archives de la Normandie (T. I, p. 160), se trouve une description de cette allée couverte, à laquelle on donne 16 mètres 25 centimètres.

# Menhir ? Bronze. M. de Gerville signale la découverte de haches à douille en bronze, près d’un monument druidique nommé la Pierre-Butée, monument détruit depuis une quarantaine d’années, c’est-à-dire en 1786. Dans la même localité, se trouve une pièce de terre, près du château et de la ferme du même nom, portant le nom de Couplets ou Couplées, ce qui indique la présence d’un monument.

# Bronze. En faisant creuser dans une mare située à l’Est d’une autre mare, des terrassiers découvrirent, sur un même point, dix haches de bronze dans une couche de tourbe, située à 1m50 au-dessous de la surface du sol. L’une de ces haches est à talon et à anneau, elle mesure 0m33 de longueur et son tranchant 0m045 (Musée de Cherbourg).

Le même Musée possède une hache à douille, à bourrelet, munie d’un anneau latéral avec sutures de la fonte ; elle a été trouvée au hameau de Maupas ; longueur 0m12, largeur au tranchant 0m03.

Vers 1765, deux habitants de cette commune, allant sur le coteau du Roule extraire de la pierre à bâtir, trouvèrent deux plaques d’or ayant la forme d’un hausse-col ; ces objets furent vendus à Caen.

Ornement en or. Une autre plaque en or et les fragments d’un ornement à peu près semblable ont été trouvés par un cultivateur en défrichant un bois, près de Montebourg, à deux kilomètres du Mont-Castre : ils se trouvaient sous les racines d’un arbre ayant environ 300 ans d’existence. La plaque entière pesait plus de 9 onces (30 grammes) ; l’or en était pâle et très poli. M. Duchevreuil en a fait un dessin grandeur naturelle qui existe au Musée de Cherbourg.

On a trouvé deux haches polies en diorite au Mont-Castre.

Canton des Pieux

Flamanville

# Menhirs. Le Dictionnaire archéol. de la Gaule (1875, p. 402) signale trois menhirs dans cette commune.

M. le commandant Jouan en a signalé un mesurant 5 mètres de hauteur ; il était enclavé dans un mur en pierres sèches et se voyait encore en 1880, près du dolmen la Pierre-Aurey ; il a disparu depuis cette époque.

Dolmen. Dans un article publié par M. Ragonde (Soc. acad. de Cherbourg. 1833), l’auteur énumère et décrit les monuments mégalithiques qui se trouvent dans les environs de Cherbourg et il cite un dolmen formé d’une pierre de granit, large de 6 pieds (1m949), posé sur trois autres verticales et hautes de 3 pieds (0m974) ce qui donne au monument une hauteur totale de 6 pieds (1m95). Ce dolmen se trouvait vers l’extrémité méridionale des falaises de Flamanville, en un lieu qui porte le nom de Corb, à 23 kilomètres, dans le S.-O. de Cherbourg. Nous ne saurions dire s’il existe encore, car M. Jouan l’a cherché en vain, en 1880, lors de son inventaire sur les mégalithes des environs de Cherbourg.

Dolmen. Vers le point le plus saillant de la côte Ouest du département de la Manche, au bord de la falaise granitique appelée le Nez-de-Flamamille, laquelle s’élève à 90 mètres presque à pic au-dessus des flots, se trouve un dolmen qui porte le nom de la Pierre-au-Rey ou Pierre-Auray ; elle se trouve enclavée dans le poste sémaphorique. Les guetteurs ont tenté de le faire disparaître, parce que étant juste à la hauteur du bureau où se trouvent les appareils du sémaphore et les lunettes, ils ne peuvent embrasser tout l’horizon. Ils sont obligés à chaque instant de sortir et d’escalader la table pour faire leurs observations, même au milieu de la pluie et du vent. Ne pouvant le supprimer, ils l’ont transformé : les intervalles des supports ont été bouchés et on a construit à l’extérieur des niches à lapins et à poulets : quant à l’intérieur, il leur sert d’abri pendant les tempêtes.

Ce dolmen est formé de trois supports de granit enfoncés verticalement et dépassant le sol d’environ 1m20. L’ensemble du monument s’élève à 2m65 au dessus du sol. La table, formée d’un bloc ovoïde de granit, mesure 1m90 de largeur, 1m60 d’épaisseur. Du côté de l’Est, se trouvent quelques pierres formant un vestibule d’un mètre de largeur ; elles sont recouvertes, aujourd’hui, mais en 1833, M. Ragonde les a vues émergeant du sol.

En 1833, M. Ragonde publia une note sur le dolmen de Flamanville, la Pierre-à-Rey, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg. Déjà, à cette époque, un poste de douaniers avait été installé près du dolmen ; c’est seulement, en 1859, qu’on y établit un sémaphore.

Ornement en or. Le 3 juillet 1844, des ouvriers occupés à extraire du granit, trouvèrent, au bord de la mer, entre deux blocs de granit, une sorte de collier d’or, à 0m40 environ au-dessous du sol ; à côté, on ne trouva que des débris de charbons. Cette parure, ayant la forme d’une sorte de cor de chasse, pesait 353 grammes. La partie centrale n’offre aucune décoration, on remarquait, vers le haut, un ornement ciselé qui ressemblait à des dents fixées à un anneau. Les deux cônes du bas, divisés par cinq cercles, formaient quatre zones couvertes de lignes obliques et parallèles, dirigées dans chaque zone en sens inverse de leurs voisines. Le dernier cercle de base formait un bourrelet, mais celui du haut, était plat et terminé par une dentelure.

Cet objet fut porté chez un orfèvre de Cherbourg qui l’expédia à Paris, mais son correspondant, au lieu de le porter au Cabinet des médailles, ainsi qu’on le lui avait recommandé, envoya une somme de 900 fr. à son client de Cherbourg et le fondit.

Grâce à un dessin exécuté par MM. Couppey et Menaut (Mém. de la Soc. des ant. de Normandie, 2e série, 4e vol., année 1844), la forme en a été heureusement conservée.

Quant à l’origine de cette parure, il est fort difficile de se prononcer. Il est vrai que la presqu’île de la Hague a fourni de nombreux objets de l’époque gallo-romaine, mais nous croyons ce collier plus ancien.

# Caverne ? Dolmen ? Dans la falaise de Flamanville, un peu au Sud du point avancé marqué la Cabotière sur la carte, se trouve une grotte connue sous le nom de Trou-Baligan. Voici la description qu’en a donné M. Ragonde : Elle a été évidemment formée par les dégradations successives d’une partie des terres sableuses qui se trouvaient entre deux couches inclinées du N.-E. au S.-O., des roches granitiques de la falaise... Sa profondeur est de 300 pieds (97 mètres). L’entrée, d’abord étroite, s’élargit et parvient à 6 pieds de largeur (1m94), mais elle finit par n’être plus qu’une fissure trop étroite pour y pénétrer. La hauteur de cette grotte est de 50 à 60 pieds (17m50). Quand on y pénètre, on aperçoit dans le sable de la voûte d’énormes blocs de granit semblables à ceux qui pavent la grotte... Une pierre plate située à gauche, se trouvait placée sur quatre autres (dolmen ?). Des pierres moins volumineuses étaient disposées autour comme des sièges. (Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg. 1833.)

Depuis cette époque, les tailleurs de granit et les fortes marées ont obstrué cette caverne. Nous devons ajouter que dans toute la longueur du littoral de la Manche, se trouvent des cavités portant des noms plus ou moins légendaires. A Carteret, nous en avons visité récemment quelques-unes qui nous paraissent des fissures naturelles et qui ne pouvaient être habitées, puisque la mer vient à chaque marée en inonder le sol.

# Bronze. On a trouvé des haches en bronze dans cette commune. (M. Jouan. Matériaux. 1881, p. 351.)

Les Pieux

# Menhir. On voyait encore dans cette commune, en 1881, un menhir qui a été enlevé depuis cette époque. Voici la description qu’en a donnée M. le commandant Jouan.

Le Menhir-des-Pieux est situé à 150 mètres environ de la mer, sur un terrain en pente qui descend vers le rivage, dans la partie Nord de l’anse de Sciotot, à 2,000 mètres et à l’O.-N.-O. du hameau de la Percaillerie, dans un site sauvage. C’est une pyramide quadrangulaire, irrégulière, qui, vue de la mer, paraît un peu inclinée vers le Sud ; elle est en granit comme les roches environnantes et encastrée par sa base, dans un mur en pierres sèches qui sert de limite aux deux communes des Pieux et de Flamanville. La face N.-O., dont la base n’est pas masquée par le mur en question, a 3m50 de hauteur et 1m65 de largeur au centre ; la face N.-E., la plus étroite, n’a que 0m50 de largeur. La face S.-E. mesure en hauteur 2m30, et en largeur 1m60. La face S.-O., a 3 mètres de hauteur. Du sommet, arrondi et un peu dentelé descendent, sur cette face, quatre rainures inégales, la plus longue atteignant jusqu’à la moitié de la hauteur. Ces sillons assez larges, mais peu profonds, paraissent faits de main d’homme. Le menhir ne porte pas de nom particulier ; on le désigne sous le nom de Devise.

# Tumulus. Sur la lande des Pieux, il existait jadis trois cônes de terre de 13 mètres de largeur à la base et de 1m70 de hauteur, rappelant celles de la Hague. Deux de ces buttes de terre ont disparu, vers 1820, la troisième est restée intacte. A proximité, on a trouvé une urne et une médaille romaine.

Oppidum. A l’extrémité Ouest de la même lande, au Nord et tout près de la crête des rochers de grès silurien appelés Roche-aux-Coucous, se trouve une enceinte rectangulaire que M. Ragonde a décrite sous le nom de Témène :

C’est un carré long dont la diagonale est orientée N.-S. et O.-E., et dont on retrouve encore les vestiges. L’enceinte est formée de murs hauts d’un mètre ; ils sont construits en pierres sèches et recouverts de terre. Dans sa plus grande longueur, cette enceinte a 23 mètres, sur une largeur de 17 mètres ; et dans l’intérieur, à 4 mètres de distance, du côté Sud, se trouve un petit enclos, de forme elliptique, mesurant 4 mètres dans sa plus grande largeur ; il est construit de la même matière que les grands enclos ; son ouverture est large de 1m50, vers l’Est. De cette ouverture, part un fossé qui la réunit au côté Sud. Deux petites cavités, conduisent des deux ouvertures, situées sur la paroi Sud, à l’ouverture de l’ellipse. Au dehors, vers le Nord, une ligne brisée formée de terre, sans mélange de pierres, se prolonge du côté, jusqu’à la croupe de la montagne, vers la mer, et l’autre, la partie oblique, va rejoindre la crête de la Roche-aux-Coucous. (Mém. de la Soc. acad. de Cherbourg.)

Depuis la publication de cette description, cette enceinte a peu changé. Sa forme originale ne permet pas de se prononcer sur la date de la construction, qui peut remonter à l’invasion romaine. L’absence de toute découverte en cet endroit empêche de la dater.

Le Rosel

# Néolitique. Un beau disque en chloromélanite, fortement altéré par le feu, a été trouvé dans cette commune ; les bords intérieurs en sont presque droits, mais les arêtes sont un peu émoussées ; l’épaisseur de 0m004 sur les bords est plus grande qu’à l’extérieur. Le vide intérieur mesure 0m082 ; le diamètre total étant de 0m158, la bande annulaire est donc de 0m038 : c’est un des beaux spécimens connus jusqu’ici de ces sortes de parures. (Musée de Saint-Lô.)

Siouville

Dans le rivage escarpé, d’une hauteur de 4 à 5 mètres, qui borde la côte Ouest de la Manche, au Nord du port de Dielette entre le mont Saint-Pierre et le mont Saint-Gilles, M. Menut a recueilli de nombreux éclats de silex sans retouches qui avaient été détachés d’une sorte de limon jaunâtre. Quatre de ces éclats sont déposés au Musée de Cherbourg ; ils ne portent pas de retouches, il est difficile d’affirmer s’ils proviennent d’un effort humain : toutefois, le silex étant rare dans la contrée, ces éclats peuvent provenir de la taille d’autres pièces plus complètes.

Canton de Saint-Pierre-Eglise

Carneville

# Menhir disparu. M. Le Fillastre a signalé, sur cette commune, la présence d’un menhir portant le nom de la Longue-Pierre et celui de la Devise : il a été utilisé, en 1840, pour faire la fontaine de la Place de la Fontaine, à Cherbourg. Ce monolithe de granit, transformé en un prisme, a lui-même quitté la place qu’il occupait.

M. le commandant Jouan, en recherchant un autre menhir signalé par MM. de Gerville et Le Fillastre, en a trouvé trois sur la lande de la Devise. (Devise signifie, dans le pays, une pierre debout.)

# Menhir. Le premier menhir est à l’endroit où le chemin, qui vient le plus directement de l’église de Carneville, débouche sur la lande. C’est tout simplement une petite pyramide quadrangulaire assez régulière, en granit très grossier, à peine haute de 0m90 à 0m95 et près de laquelle on peut passer sans y faire attention, d’autant plus qu’elle est à moitié cachée par les ajoncs.

Menhir. Le deuxième menhir est à 40 ou 50 mètres, vers le N.-O., dans le voisinage d’une haie, au milieu des landes ; un peu plus grand que le premier, sa hauteur est de 1m20 et son épaisseur moyenne de 0m25 : c’est une sorte de dalle de granit très grossier, dont le sommet est pointu.

# Menhir. Le troisième monolithe a un aspect plus monumental par ses dimensions et sa situation. Il se trouve à un kilomètre de l’église de Carneville, à deux kilomètres dans le Nord et vers l’Ouest du clocher de Théville, au point de rencontre de deux chemins qui se coupent sous un angle très aigu, près du lieu marqué Chaude-Lande sur la carte d’Etat-Major. Il est isolé, bien dégagé et formé d’une pyramide tronquée, en granit très grossier comme les deux précédents et de forme plutôt triangulaire, car la face regardant l’Est n’a guère que 0m20 ou 0m25 de largeur. La plus grande hauteur au-dessus du sol est de 1m50 à la face Ouest. Les côtés de la base mesurent 0m70, 0m60, 0m60 et 0m25. L’épaisseur, vers le sommet, est de 0m30. La face Nord est sensiblement verticale, la face Sud un peu inclinée vers cette dernière, ce qui fait paraître le monolithe un peu penché vers le Nord.

Il est à remarquer que ces trois blocs de granit sont les seuls échantillons de cette roche sur la lande de la Devise.

Cosqueville

# Menhir. Un beau menhir de granit, connu sous le nom de Pierre-Plantée, se voit à environ 500 mètres à l’Est de l’église de Cosqueville et à 3 kilomètres environ au Nord de Saint-Pierre-Eglise, juste au milieu d’un grand clos de pommiers dépendant de la ferme de Cosqueville, situé à droite du chemin allant de l’église et coupant la route de Saint-Pierre à Cosqueville.

La face Ouest est verticale, un peu arrondie et plus large vers le sommet qu’à la base ; elle mesure 1m60. A partir du haut, descendent jusqu’au tiers de la hauteur, sept sillons profonds de 2 à 5 centimètres. Le sommet se termine par une sorte de tête grossièrement conique. La face Est, sensiblement plane, est inclinée sur la face Ouest, de sorte que, vu du Nord ou du Sud, le monument a la figure d’un coin ; cette face Sud mesure 0m90 de largeur et du côté Est 1m30 ; la hauteur du menhir est de 3 mètres.

L’ensemble de ces trois monuments, la Longue-Pierre, la Haute-Pierre, situés commune de Saint-Pierre-Eglise, et la Pierre-Plantée, porte le nom de Mariage des trois princesses ; d’après la tradition, on avait enfoui, dans le triangle dont ils font les sommets, des sommes considérables d’or et d’argent destinées à constituer la dot des trois nobles damoiselles. Il paraît qu’il n’y a pas encore longtemps, on a fait des fouilles pour retrouver ces trésors.

# Bronze. En fouillant sous ce menhir, on a trouvé quarante haches à douilles en bronze (Dict. arch. de la Gaule. 1875, p. 313.)

Fermanville

# Menhir. M. de Gerville a signalé une pierre branlante sur cette commune et un menhir le plus considérable, appelé Pierre-au-Serpent, avait vingt-cinq pieds de hauteur (8m10 de hauteur).

# Bronze. On a fréquemment trouvé des instruments de bronze dans le bois, près des blocs de granit qui s’y trouvent en grand nombre. Au hameau de Regnouf, on a trouvé une hache en bronze de grande dimension, à tranchant évasé et à bords droits (Musée de Cherbourg). On y a recueilli également une hache à talon, sans anneau, portant de fortes sutures du moule ; longueur 0m15, largeur au tranchant 0m048.

Gatteville

# Paléolithique ? A la pointe de la Hougue, M. Bigot, professeur à Caen, a recueilli quelques éclats de silex dont il est impossible de déterminer l’âge, ceux-ci n’ayant pas de retouches. (Voir la Notice de M. Bigot. Mém. de la Soc. nat. de Cherbourg.)

Gonneville

# Bronze. Plusieurs haches à douille ont été trouvées sur divers points de la commune et notamment une vingtaine sur les terres de la ferme de l’Etang.

C’est dans la même localité et près de Digosville, que l’on a trouvé la hache figurée dans l’Atlas des Mémoires des antiquaires de Normandie.

Maupertus

# Menhir. La carte d’Etat-Major signale, à 350 mètres, vers l’Est de l’ancienne église de Maupertus et à 2 kilomètres environ de la mer, la présence de la Pierre-Dolmen. Il y a là une erreur ; il s’agit d’un gros menhir en arkose, planté aujourd’hui dans un talus de clôture ; il mesure 4 mètres de hauteur, 2m20 de largeur 0m55 d’épaisseur. Il est placé presque parallèlement à la haie de clôture et abrité par un gros frêne, ce qui le rend très difficile à voir. Il se trouve à gauche et à environ 100 mètres d’un chemin d’exploitation bordé d’arbres, qui prend naissance près du calvaire de Maupertus. Ce menhir, qui porte le nom de la Grande-Pierre, est orienté O.-E. ; sa base est très large et il se termine en s’amincissant.

# Menhir. En cherchant ce menhir avec M. le commandant Jouan, qui nous guidait, nous avons découvert à droite et à 50 mètres du même chemin, à 400 mètres de la Grande-Pierre et de l’église de Maupertus, un autre petit menhir de 2 mètres de hauteur, presque carré, puisque ses faces mesurent 0m50 de chaque côté : il est orienté O.-E. ou N.-S. et légèrement incliné vers l’Ouest. Il est également en arkose. Nous n’avons pu interroger les habitants de la localité pour savoir sous quel nom ils désignent ce monolithe.

Ces deux menhirs se trouvent en ligne droite avec une sorte de tumulus situé dans un tournant de la route de Maupertus à Gonneville et sur lequel se voient les ruines d’une chapelle.

Néville

# Bronze. Quarante haches à douille et à anneau latéral (fin du larnaudien) ont été trouvées, vers 1813, sous une grosse pierre dans un champ de la ferme Herclat : l’une d’elles existe au Musée de Cherbourg ; elle mesure 0m12 de longueur et 0m042 au taillant.

M. de Gerville a décrit sur cette commune un exploratorium (camp romain) appelé le Grand-Catel où furent trouvées, vers 1830, plusieurs centaines de monnaies.

Saint-Pierre-Eglise

M. H. Jouan a signalé deux menhirs dans cette commune.

# Menhir. Le premier, qui porte le nom de la Longue-Pierre, se trouve dans un terrain très bas, un mauvais pré qui borde, à main gauche, le chemin de Saint-Pierre-Eglise à la ferme du Plat-Douet, à 200 ou 250 mètres dans le S.-S.-O. de cette ferme et à environ un kilomètre au Nord du clocher de Saint-Pierre. On le voit du chemin, vers le côté Sud du pré, au-delà d’un petit ruisseau qui le traverse. C’est un grand bloc de granit, en forme de parallélépipède, incliné de 4 ou 5 degrés vers le Nord. La face Nord et la face Sud sont les plus larges ; le sommet est arrondi en forme de biseau vers le Nord. Les quatre faces sont sensiblement planes ; on dirait qu’elles ont été grossièrement taillées. A partir de celle de l’Est jusqu’au quart de la hauteur, il y a une dépression profonde de 8 à 10 centimètres, qui semble avoir été faite de main d’homme. La hauteur de ce menhir est de 4m20 ; la face Nord est de 1m75 ; la face Sud, 1m40 ; la face Est, 1m05 ; la face Ouest, 1m20. On remarque à l’Est et au Nord de ce monolithe quelques blocs de granit épars.

# Menhir. La Haute-Pierre est le nom sous lequel on désigne le second menhir ; peu éloigné du précédent, il se trouve à 1,500 mètres dans le N.-N.-E. de Saint-Pierre-Eglise, à l’O. de la ferme et du hameau de Mémont, dans un champ de pommiers situé à l’Ouest du petit ruisseau qui coule auprès du hameau. C’est également un bloc de granit dont la base forme un quadrilatère irrégulier et dont le sommet, moins large et découpé est légèrement penché vers le Nord. Deux rainures partent de la face Ouest et descendent vers la face Est, sur une longueur de un mètre.

La hauteur de ce menhir est de 2m90 ; la largeur de la face Est, à l’endroit le plus large, est de 1m20 ; la face Ouest, de 1m55, celle de la face Sud, de 0m72, et enfin la face Nord est très étroite (Notice de M. H. Jouan. Matériaux. 1881, p. 347-348.)

# Caverne. Non loin des menhirs, se trouve la caverne dite : Chambre-aux-Fées.

Théville

# Bronze. M. Duchevreuil a sauvé de la fonte un moule à haches à douille en bronze, qui fut découvert en 1826. Les deux côtés existent et font partie des collections du Musée de Cherbourg.

Plusieurs centaines de haches en bronze, très oxydées, ont été trouvées en cet endroit.

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Arrondissement de Valognes

Canton de Barneville

Carteret

# Bracelet en or. Un bracelet gaulois en or a été trouvé, vers 1896, dans cette commune.

Les Moitiers-d’Allonne

# Dolmen. A 4 kilomètres de Barneville, dans une haie séparant deux pièces de terre nommées les Jans-du-Breuil (les ajoncs), à 500 mètres du village du Grand-Breuil, se trouve un dolmen, aujourd’hui bien mutilé, qui porte le nom de Dolmen-du-Breuil. Il est formé de blocs lisses de quartz. La table mesure 2m40 de longueur, sur 1m20 de largeur ; elle posait primitivement sur cinq supports, mais elle ne porte plus que sur trois ; un sixième support gît à plat, du côte de l’entrée. A droite et à gauche, se trouve le vestibule qui mesure environ 4 mètres.

Dans la localité, on ne se souvient pas que des fouilles aient été faites sous ce dolmen.

Portbail

# Bronze. En 1875, on a trouvé une hache à douille avec bourrelet à la douille et un anneau latéral ; elle mesure 0m075. On en a trouvé de semblables à Saint-James, Sainte-Mère-Eglise et un autre à Picauville. (Musée de Saint-Lô.)

Le Musée de Valognes possède onze haches à douille, à bourrelet et à anneau, portant sur les côtés deux nervures allant jusqu’au taillant, et huit petites haches votives, trouvées la même année, lors de la construction du chemin vicinal, allant de la route de Barneville à Port-Bail. Elles étaient enfouies à environ 1m20 de profondeur, sous le fossé qui borde le champ ; elles étaient placées par ordre, les unes sur les autres et plusieurs étaient brisées. (Note de M. Duval. Mém. de la Soc. arch., artis., littér. et scient., de Valognes. T. 1. 1878-1879.)

Canton de Bricquebec

Bricquebec

M. Le Fillastre a signalé trois allées couvertes, dès 1826, dans la partie N.-E. de cette commune. Toutes trois sont situées sur une ligne droite allant du N.-E. au S.-O. ; la première au pied, la deuxième un peu vers l’Ouest du sommet, la troisième sur la pente occidentale de la colline des Grosses-Roches.

Cette colline a environ 100 mètres d’altitude, sur une longueur de 1,800 à 2,000 mètres, du N.-E. au S.-O. ; elle est composée de grès quartzeux et domine le cours de la Douve qui coule vers l’Est. Le hameau du Chatillon (ainsi nommé à cause des vestiges du camp romain situé près de l’étang Bertrand) est bâti sur le haut de ce plateau, à 3 kilomètres de la station de Sottevast. Cinq gros amas de rochers dominent le niveau général de la colline ; ce sont, en allant du N.-E. au S.-O., le Saut-du-Cerf, le Haut-de-la-Bruyère, la Roche-au-Chat, la Petite-Roche et la Grosse-Roche. Du haut de ces rochers, la vue s’étend tout autour sur un vaste horizon.

Le menhir de Négreville dont il sera question plus loin, se trouve à l’Est et dans le voisinage de la Galerie-des-Forges, située vers le Nord. Ces cinq monuments, le Menhir-de-Négreville, la Table-aux-Fées et les trois galeries se trouvaient, en 1826, d’après la description de M. Le Fillastre, dans la forêt de Bricquebec qui s’étendait sur la colline des Grosses-Roches. Mais depuis cette époque, cette forêt a été défrichée et on voit encore autour de ces monuments de nombreuses excavations indiquant les places où se trouvaient de grands arbres.

La Petite-Roche, dit M. Le Fillastre (Annuaire du département de la Manche. 1833), se compose de blocs énormes séparés par des couloirs à ciel ouvert. Entre deux rochers, on voit une grosse roche suspendue... mais il est douteux que les hommes l’aient érigée. Cependant, on ne saurait douter que ce ne soit une allée couverte. Elle mesure 20 mètres de longueur : comme elle appartient aujourd’hui à la commune du Grand-Hameau, nous la décrirons ci-après.

A 300 mètres au S.-E., on voit à l’extrémité de la colline, au milieu d’un bois, un beau rocher conique la Grosse-Roche qui s’élève au-dessus des arbres. On y remarque un couloir de un mètre de longueur, ayant un coude et sur lequel sont suspendues quatre roches moyennes ; on peut voir, dans le rocher, la place qu’elles occupaient auparavant.

L’allée couverte des Forges est située plus au Nord, au pied de la colline et au bord d’un chemin appelé la Chasse-des-Forges. Si on n’était pas prévenu de son existence en cet endroit, on aurait beaucoup de peine à la trouver ; les blocs qui la composent ont été pour la plupart dérangés ; une haie en masque la plus grande partie ainsi que le lierre, l’herbe et les broussailles qui recouvrent les pierres. Les arbres qui se sont développés ont, en outre, disloqué le monument depuis 1826.

L’allée est orientée à peu près E.-O. ; sa longueur est de 16 mètres, la largeur et la hauteur, à l’intérieur, d’un mètre environ.

L’allée du Catillon, située à 1,500 mètres vers le S.-O., est longue de 17 mètres ; son orientation est N.-E. et S.-O. ; on l’a utilisée pour former une clôture. Elle a aussi beaucoup souffert des dégradations, depuis la description de M. Le Fillastre. L’entrée du N.-E., formée d’un pierre horizontale posée sur deux supports, s’est encore écroulée.

Quelques rares vieillards connaissent ces trois monuments sous le nom de : Les Prêches.

Le Dictionnaire arch. de la Gaule (1875, p. 198) contient une note assez vague sur ces monuments.

M. le commandant Jouan a seul donné des renseignements précis sur ces monuments (Matériaux. 1801. p. 353-356).

On a trouvé, en 1872, près de l’allée couverte des Grosses-Roches, dans la forêt de Bricquebec, une hache polie en silex cireux, mesurant 0m25 de longueur, 0m075 au taillant et 0m075 au sommet. (Musée de Cherbourg.)

On voit, au Musée de Saint-Lô, deux vases néolithiques trouvés aussi à Bricquebec.

# Bronze. Près des rochers de la forêt de Bricquebec, en 1873, on a découvert une hache à talon avec dessin triangulaire et nervure se prolongeant sur le taillant ; sa longueur est de 0m15 (type morgien) : elle ressemble à une hache trouvée aux Andelys (Eure) et déposée au Musée de Saint-Germain (n° 620).

Le Grand-Hameau [2]

# Allée couverte. L’allée couverte de la Petite-Roche qui fait partie des trois monuments de la colline des Grosses-Roches, appartient depuis peu à la commune du Grand-Hameau ; nous en donnons séparément la description.

Elle est située au bas du versant occidental de la colline des Grosses-Roches et formée actuellement de six tables en grès quartzeux dont cinq sont encore en place, de quatorze supports au Nord et de quinze au Sud. Tous ces blocs sont plus ou moins disloqués, sauf les cinq premiers supports, vers l’E. E.-S. La longueur de l’allée est de 20 mètres, sa largeur intérieure de 1 mètre.

Négreville

# Menhir ? Au pied de la colline des Grosses-Roches, près de la rivière de la Douve, à 4 ou 500 mètres du chemin de fer, à 2,200 mètres vers le S.-E. de l’église de Sottevast et à l’Est de Vallée couverte des Forges, se trouve un menhir ayant la forme d’un prisme triangulaire ; sa hauteur est de 1m60 et son épaisseur de 1m30 ; il a été signalé pour la première fois par M. Le Fillastre. (Annuaire du dép. de la Manche. 1833 et 1835.)

Quettetot

# Bronze. En 1827, on découvrit un moule à haches en bronze. Il allait passer dans le creuset d’un fondeur, lorsque M. Duchevreuil l’acheta et l’offrit plus tard au Musée de Cherbourg. Il se compose de deux pièces symétriques, creusées de manière à présenter, par leur réunion, la forme d’une hache à douille, à anneau latéral et double bourrelet à la douille. Les deux pièces pouvaient être maintenues l’une contre l’autre, sans se déranger, au moyen d’une nervure en saillie sur la tranche de l’une, qui s’emboîtait dans une rainure ménagée dans l’épaisseur de l’autre, au moyen d’un bouton placé à la partie inférieure de la première pièce et qui s’engageait dans la seconde ; chaque pièce était munie extérieurement d’une anse.

Un autre moule à coins fut découvert dans le Calvados, à Saint-Martin-Don, avec d’autres objets, des cendres et des charbons, ce qui indiquait un atelier de fondeur. Une fonderie semblable a été trouvée dans le département de la Manche, à Anneville-en-Saire, en 1821.

Canton de Montebourg

Montaigu-la-Brisette

# Bronze. En creusant un fossé, on a trouvé, en 1838, un moule en grès, pour la confection des haches à douille. Un autre moule semblable, mais en bronze, a été trouvé, en 1827, dans la forêt de Bricquebec, à Quettetot.

# Menhir. M. de Gerville, dans ses Etudes géogr. et hist. sur le département de la Manche (Cherbourg, Feuardent. 1854, p. 55), cite un menhir sur cette commune.

Montebourg

# Néolitique. Sur le Mont-Castre, entre Lessay et Lithaire, on a trouvé deux haches polies en diorite, de 0m18 de longueur. (Musée de Saint-Lô.)

Saint-Cyr

# Or. Trois torques en or ont été trouvés sur cette commune, vers 1830 ; un seul a pu être dessiné et reproduit dans l’Atlas du cours d’antiquités de Caumont (ère celtique) et dans l’Album des ant. de Normandie.

Les autres ont été fondus et on n’en a par conséquent aucune description.

Celui que nous reproduisons est une sorte de hausse-col formé d’une plaque d’or assez mince, taillée en forme de croissant, mais dont les crochets étaient recourbés de manière à former un cercle presque entier. On remarquait, près des bords et aux extrémités de cette pièce, des festons et quelques autres moulures dont le dessin indique la disposition. Le peu d’espace qui existait entre les deux pointes du croissant ne permettaient pas de croire que cet ornement eut pu être passé au cou ; probablement, il tombait sur la poitrine, suspendu au moyen d’une chaîne : il pesait 0k60 grammes d’or.

Vers 1750, on a découvert, en Irlande, plusieurs objets également en or dont un avait une grande ressemblance avec celui que nous venons de décrire, quoiqu’un peu plus orné de gravures.

Canton de Saint-Sauveur-sur-Douve

Néhou

# Paléolithique. Une hache à talon biais, du type acheuléen, a été trouvée à Montrond, à 100 mètres de l’église, dans le limon, avec des dents de cheval. Cet instrument est en silex jaune-brun, aplati sur une de ses faces et convexe sur l’autre ; au milieu, se trouve une arête assez bien marquée ; longueur 0m14 et largeur, à la base, 0m11. (Cette hache a figuré à l’exposition de la Soc. norm. d’Etud. préhist. à Caen, en 1894.)

Canton de Sainte-Mère-Eglise

Amfreville

# Bronze. Une hache à douille en bronze, avec anneau et deux filets à la douille, a été trouvée dans le Sic, ainsi qu’une quarantaine de haches à douille à peu près semblables.

Au triage des Noires-Terres, on en a recueilli deux autres, l’une à filet simple, l’autre portant deux filets. (Musée de Saint-Lô.)

Picauville

# Bronze. Une petite hache à douille à double bourrelet, avec anneau latéral ; les plats ornés de trois nervures en relief terminées par un gros point, existe au Musée de Saint-Lô.

Ravenoville

Le même Musée possède une hache polie, en silex, trouvée dans cette commune ; elle a figuré à l’Exposition de 1867.

Sainte-Mère-Eglise

# Bronze. Une petite hache à douille, avec double bourrelet et anneau latéral, mesurant 0m075 de longueur, a été trouvée dans cette commune. (Musée de Saint-Lô.)

Vierville

# Bronze. Vers 1865, on a trouvé un certain nombre d’objets en bronze dans cette commune (M. de Gerville).

Canton de Quettehou

Anneville-en-Saire

# Bronze. Entre Quettehou et Barfleur, en creusant des fosses, on découvrit, en 1821, plusieurs objets en bronze, parmi lesquels se trouvait une hache à douille et un culot en bronze.

Quettehou

# Menhirs ? Près du château de Grenneville, endroit où l’on a voulu placer Grannona, on aperçoit un monument mégalithique auquel on doit attribuer une certaine attention ; il porte le nom de Pierres-Jumelles. Ces pierres sont situées sur le versant d’une colline opposée à la batterie construite, en 1890, et dont elles ne sont séparées que par un ruisseau. Ces roches, de dimensions respectables, disparaissent au milieu des ronces, du lierre et autres plantes parasites. M. le commandant Jouan, qui est allé les voir, en 1890, n’a pu bien les observer, mais il ne croit pas cependant que ce soient des menhirs.

# Caverne ? Sur le versant opposé, au sommet de la colline où l’on a construit la batterie qui occupe l’emplacement d’un ancien oppidum, sur le point culminant, se voyait avant les travaux, une cavité de forme cylindrique de 2m15 de diamètre et de 20 mètres de profondeur, portant le nom de Puits-des-Fées. Le service du génie militaire, en construisant une poudrière à côté de cette cavité, dut la déblayer, mais les ouvriers ne trouvèrent aucuns vestiges antiques ; le fond, en forme de cuvette, contenait un peu d’eau boueuse provenant des infiltrations. Cette cavité traverse des schistes d’abord peu solides, puis ils se solidifient et on y voit des filons de quartz. On ne peut déterminer l’origine de ce puits et préciser s’il a été creusé, lors de l’établissement de l’oppidum romain.

Dans le département de la Manche, la superstition a fait donner des noms étranges à des cavités qui sont bien naturelles ; tels sont le Trou-Baligan, à Dielette ; le Trou-du-Serpent, au-dessous de la vieille église de Carteret : les mousses rousses qui en tapissent les parois ont fait croire que cette coloration provenait du sang d’un serpent colossal habitant l’endroit depuis fort longtemps et où il aurait été tué par un saint personnage.

La Pernelle

# Bronze. Un poignard en bronze de 0m30 de longueur, dont on voit encore au manche des traces de bois ou d’os, retenues par des petits clous en bronze, se voit au Musée de Cherbourg (vitrine A, n° 28).

Un fragment d’épée en bronze, trouvé au même endroit, existe également à ce Musée.

En 1821, au pied du Mont de la Pernelle, on a trouvé un atelier de fondeur en bronze.

Saint-Vaast-la-Hougue

En 1886, M. A. Bigot a remarqué, à la pointe de la Hougue, un certain nombre d’éclats de silex sans retouches et sur lesquels il a publié une note.

La pointe de la Hougue est formée par un massif de granit de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer.

A l’Est, se trouve un dépôt peu épais de galets et de coquilles d’huîtres ; tandis qu’à l’Ouest, la couche de galets est surmontée par du limon. Au-dessus des galets formés par des blocs de phyllades et de quartz, M. Bigot a recueilli deux petites pointes sans retouches qu’il a cru moustériennes.

Au-dessus, est une argile sableuse, d’un jaune terne à éléments de quartz ; son épaisseur est de 2m50 et elle renferme des blocs de granit et des ébauches de grattoirs robenhausiens ? Dans ces limons, se trouvaient des coquilles de Littorina littorea, L. neritoides, Ostrea edules.

A 0m45 du rocher, au milieu de l’humus, on voyait un petit foyer de forme ellypsoïdale, de 0m23, composé d’une aire en argile cuite, sur laquelle se trouvaient des cendres avec débris de coquilles, puis quelques charbons et un silex craquelé : aux deux extrémités du foyer, se trouvaient deux pierres plates de granit mesurant 0m10 de largeur.

Nous avons vu au Musée de Cherbourg les quelques silex recueillis par M. Bigot, mais l’absence de retouches sur ces lames ne nous a pas permis d’y voir les types moustériens et robenhausiens indiqués. La faible couche de limon qui les séparait, n’est pas du reste un argument suffisant pour distinguer ces deux industries.

Canton de Valognes

Brix

# Mégalithe. Un monument mégalithique a été signalé sur cette commune, vers 1839, par M. de Gerville. (Etudes géogr. et hist. sur le département de la Manche. Cherbourg, Feuardent. 1854).

# Bronze. Une découverte de haches de bronze a été signalée par M. de Mortillet.

Huberville

# Menhir ? Sur le sommet du Mont de Huberville, à quatre kilomètres environ vers l’Est de Valognes, on voit une roche pyramidale, haute à peu près de 1m70. Ce bloc de grès quartzeux qui porte le nom de Grosse-Roque, a été signalé pour la première fois par M. le commandant Jouan.

# Bronze. Le Musée de Cherbourg possède des bracelets de bronze trouvés sur cette commune.

Tamerville

# Bronze. Près du château de Chiffrevast, on a trouvé, en 1835, de nombreuses haches à ailerons, du type de Larnaud. (M. G. de Mortillet. Cachettes de l’âge du bronze. Bul. de la Soc. d’anth. 1894, p. 319.)

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Arrondissement d'Avranches

Canton d’Avranches

Avranches

# Néolithique. M. le chanoine Pigeon possède, dans sa collection, une dizaine de fusaïoles en terre cuite, recueillies aux environs d’Avranches.

Dans la Revue archéologique de 1863, on trouve des documents sur les fouilles du Châtellier, près Avranches et sur quelques monuments mégalithiques des environs.

# Bronze. Dans un jardin situé sur le versant Ouest de la colline où est construite la ville d’Avranches, au haut du petit tertre qui conduit au pont Guilbert, on a trouvé, en 1844, quatre médailles gauloises armoricaines.

Au mois de juillet 1846, à la suite de fouilles faites exactement au même endroit, on découvrit à 0m30 de profondeur, un vase en terre gris-brun, en forme de pot-au-feu, avec bourrelet au-dessous du col et se rétrécissant vers l’ouverture ; il mesure 0m15 de diamètre à la panse et 0m14 de hauteur. Il renfermait 546 médailles gauloises semblables à celles trouvées précédemment. En octobre, on fit de nouvelles fouilles au même endroit ; elles donnèrent quelques débris du vase décrit ci-dessus et six médailles semblables ; c’étaient des drachmes en bronze, de type armoricain, offrant trois variétés principales, avec deux variantes.

Au hameau de Bouillant, on a trouvé des haches à douille en bronze.

La Godefroy

# Néolithique. Une hache polie fusiforme en diorite a été trouvée dans le parc du Plessis. (Musée d’Avranches.)

# Bronze. M. le comte de Mansigny a offert au Musée d’Avranches plusieurs haches de bronze trouvées à la Godefroy. Deux mesurant 0m12 de longueur sont à bords droits, avec indication de talon au milieu ; deux autres mesurent 0m13 et 0m16 centimètres, elles ont un anneau et les ailerons sont rabattus, ce qui est caractéristique du type de Larnaud ; tandis que les haches à bords droits se sont rencontrés plutôt à Morges, station de l’âge du bronze qui paraît plus ancienne.

Pontaubault

# Paléolithique. Dans les fouilles du viaduc à Pontaubault, sur la Sélune, on découvrit, en 1876, dans les couches de cailloutis schisteux et siliceux, à la profondeur de 2m50 et 3 mètres, de nombreux ossements de cheval et deux têtes de Bos primigenius.

En 1881, on fit des découvertes semblables au même endroit.

Saint-Senier-sous-Avranches

# Polissoir. Un polissoir a été signalé par M. Bourdelet. M. l’abbé Pigeon, de Coutances, possède des haches polies trouvées dans cette commune.

# Bronze. On voit, au Musée d’Avranches, une hache à douille avec bourrelet, deux filets en dessous et un autre au-dessus, dans l’intervalle desquels se voient deux arcs parallèles et perpendiculaires, cantonnés de deux points centrés avec anneau latéral.

Une hache semblable a été trouvée à Notre-Dame-de-Livoye.

M. le chanoine Pigeon possède deux fibules du type de Halstadt, dont une entière ; celle-ci mesure 0m13 de longueur ; elle est formée d’un corps ovide décoré de lignes brisées, d’un ressort où s’insère l’ardillon qui vient s’attacher sous une sorte de longue tige creuse. Le même collectionneur possède deux fibules hallstattiennes plus petites, provenant de Notre-Dame-de-Livoye.

Le Val-Saint-Pair

# Bronze. Des instruments en bronze ont été découverts sur cette commune. Une hache à douille avec bourrelet et anneau latéral, tout uni, du type le plus fréquent, existe au Musée d’Avranches.

M. le chanoine Pigeon possède une hache de bronze très curieuse, elle est à bords droits, le côté du manche est plus étroit et porte une entaille occupant environ le tiers de la longueur totale de l’instrument qui mesure 18 centimètres ; il possède aussi un bracelet en bronze plein, orné de stries, trouvé dans cette commune.

# Céramique Néolithique. Un vase néolithique existe au Musée d’Avranches.

M. le chanoine Pigeon possède un autre vase néolithique de cet endroit ; il a la forme d’une bouteille à panse arrondie et sans pied ; le dessous du col est décoré d’une gravure formée par des dents de scie. Sur le milieu de la panse se trouvent trois zones formées : la première, en dessus, également par des dents de scie ; dans la zone centrale, par une double rangée de dents de scie ; enfin dans la zone inférieure, par un ornement identique, mais simple. La largeur extérieure du col est de 0m078 ; celle de la panse, de 0m10, et enfin la hauteur totale, de 0m069. Ce vase a été trouvé à peu de distance de la Croix-Verte, près Avranches ; il était rempli de monnaies gauloises ; une pierre plate en schiste le recouvrait.

Canton de Brecey

Le Grand-Celland

# Dolmen. On voit encore, dans cette commune, les trois supports d’un dolmen dont la table a disparu ; ils sont disposés en triangle.

# Menhirs. Il existe aussi deux menhirs, signalés par l’Inventaire des monuments mégalithiques et par M. le chanoine Pigeon. Ils sont situés à proximité des trois supports du dolmen, leur hauteur est de 2m20 au-dessus du sol ; l’un va en se rétrécissant vers le haut et avant d’arriver au sommet, il forme une sorte de renflement.

# Bronze. Des instruments en bronze ont été trouvés sur cette commune.

Notre-Dame-de-Livoye

# Cachette de fondeur. Le 23 avril 1851, en creusant le chemin de Brecey à la Haye-Pesnel, on trouva au lieu dit : le Carrefour-de-la-Mare-aux-Pourcets, dans un terrain formé de tuf, un emplacement de 2 mètres, sur 0m70 de largeur et 1m45 de profondeur.

Au fond de cette fosse, se trouvait une terre noire et grasse, à laquelle des charbons étaient mêlés. Au milieu de ces débris d’incinération, on recueillit douze haches à douille et à anneau, dont quatre bien conservées (type de Larnaud) ; trois couteaux de forme ellyptique ; une sorte de couperet à trois tranchants ? (sacena) ; des poignards ; des lances, dont sept mesurent 0m14 de longueur et une autre seulement 0m10 ; douze bracelets, les uns unis, d’autres striés ou portant des ornements en relief ; un rasoir en forme de disque dont le contour est tranchant, une ouverture circulaire en occupe le centre, à la circonférence extérieure est fixée une lame de métal ouverte à son extrémité libre, formant poignée et anneau de suspension. Enfin une amulette ou objet de parure ayant la forme d’un triangle formé d’une plaquette au sommet de laquelle se trouve un anneau de suspension ; dans le champ du triangle se trouvent trois ouvertures également triangulaires, bordées d’une série de points gravés et disposés de façon à former un autre triangle concentrique. En dessous se voient trois autres ouvertures circulaires où sont suspendues, chacune par un anneau, trois autres plaquettes triangulaires comme la plaque principale et décorées de gravures différant toutes par la composition. Ce sont, sur les bords, des raies parallèles très rapprochées et d’autres lignes formant des angles inscrits dans le premier ou des chevrons brisés. L’ensemble de cet ornement mesure 0m15 de longueur. (Musée d’Avranches.)

M. Troyon a trouvé des ornements semblables en Esthonie et en Livonie, au cou ou sur la poitrine de squelettes qui étaient, paraît-il placés dans des sarcophages de pierre pouvant remonter au VIIIe siècle.

Presque tous les objets décrits ci-dessus ont été donnés au Musée d’Avranches par M. de Saint-Brice, alors sous-préfet de cette ville.

M. le chanoine Pigeon possède trois bracelets provenant de cette trouvaille ; l’un est formé d’une plaque de métal dont les extrémités sont retournées ; il est semblable à celui du Musée d’Avranches, trouvé également à Notre-Dame-de-Livoye ; un autre bracelet est creux, les extrémités des branches sont ouvertes et décorées de trois raies espacées ; enfin, un troisième plus grand et creux, est décoré de raies s’entrecroisant en diagonale avec point centré au milieu.

Le même collectionneur a recueilli, dans cette commune, deux petites fibules ansées à ressort ; la partie centrale est renflée (type du Halstadt). Nous rappelons que deux fibules du même type, mais beaucoup plus grandes, ont été trouvées à Saint-Cenier-sous-Avranches.

Saint-Georges-de-Livoye

Au mois de septembre 1875, M. Le Beuf, qui était alors Commissaire de police à Avranches, a recueilli, dans une fouille, six pointes de lance, mesurant de 10 à 20 centimètres de longueur ; cinq poignées d’épées, cinq fragments de lames, un fragment de moule de hache à ailerons, analogue à celui qui est figuré à la page XLVIII de l’Abécédaire d’archéologie gallo-romaine de M. de Caumont ; une hache à ailerons ; deux bracelets brisés, dont l’un creux et l’autre massif, semblables à ceux qui ont été trouvés dans le lac du Bourget, et enfin, un objet de forme circulaire et orné de rayons en creux et un rasoir dont le sommet est mutilé et qui, même sous ce rapport, est identique à un instrument portant le n° 90 de la planche x, Cachette de Venat (Dordogne), par MM. George et Chauvet : ce rasoir est à deux tranchants et le manche est formé d’une tige terminée, à ses deux extrémités par deux cercles ; le supérieur est plein, celui de la base creux, afin de pouvoir le suspendre.

On en a trouvé de semblables à Paris, dans la Seine ; en Angleterre ; en Autriche (Musée de Laybach) ; en Belgique, à Sinsin. On en a même trouvé un à Athènes. (Découverte d’instruments de bronze, par M. G. de Cougny. Bul. monum. 1875, p. 167-169 ; planche.)

# Cachette de fondeur. Au triage du Carrefour-de-la-Chenotière, on découvrit des fragments d’épées, de poignards, des lances à douille, des haches à ailerons rabattus et des gouges, rappelant des objets semblables trouvés au Mont-de-Vire, près Vire.

Tirepied

# Bronze. Une hache en bronze a été trouvée dans cette commune. (Bul. de la Soc. des antiq. de Normandie, T. V, 1868-1869, p. 329.)

On y a trouvé également un moule à haches à douille.

Canton de Ducey

Saint-Quentin

# Bronze. Trois torques de bronze, sans décor, ont été trouvés dans cette commune ; ils font partie de la collection de M. le chanoine Pigeon.

Canton de Granville

Bouillon

# Menhir. La Pierre-au-Diable se trouve sur le bord d’un chemin partant de la route de Granville à Avranches, dit du Littoral, parce qu’il suit le bord de la mer ; elle est distante d’environ 200 mètres de cette route. C’est un gros bloc de granit de forme cylindrique dont le sommet est aplati ; il mesure 3 mètres de hauteur et 6 mètres de circonférence. Les carrières de granit sont distantes d’environ trois kilomètres de ce point et c’est le seul bloc de cette roche dans la région. La Société d’Archéologie d’Avranches a fait fouiller au pied de cette pierre, vers 1855 ; ce qui a permis de voir qu’elle se terminait en pointe et que la partie enterrée était presqu’aussi longue que celle qui émerge du sol. Un vieux calvaire en granit se trouvait jadis en face de cette pierre ; il a été transporté dans le cimetière de la paroisse, à l’époque où la Société d’Avranches exécuta ses fouilles au pied du menhir.

M. de Gerville et M. le chanoine Pigeon ont signalé ce menhir dans leurs travaux. Voir aussi une note dans le dict. arch. de la Gaule, 1875, p. 183.

Saint-Aubin-des-Préaux

# Bloc erratique. L’Inventaire des monuments mégalithiques signale un très beau bloc erratique en cet endroit.

Nous avons cherché à avoir quelques renseignements à ce sujet et voici ce que l’instituteur de la commune, M. Bicrel, nous a répondu. La Pierre-Taillebot est située dans le Val de la Roche (n° 675. Section B. Plan cadastral) ; sa forme est très irrégulière, elle se rapproche de celle d’un prisme à base quadrangulaire ; c’est un bloc d’arkose mesurant environ 25 mètres de tour et dont la hauteur moyenne est de 4 mètres.

Canton de La Haye-Pesnel

Beauchamps

# Bronze. Une petite hache à douille, mesurant 0m07, avec deux bourrelets et un anneau latéral, a été trouvée, en 1852, par M. Périaux. Une découverte de six cents haches de bronze est signalée par M. G. de Mortillet. (Cachettes de l’âge du bronze en France. Bul. de la Soc. d’Anthrop. de Paris, 1894, p. 318.) Des objets semblables, provenant de Tonneville et de Couville, ont été donnés, par la même personne, au Musée d’antiquités de Rouen.

Noirpalu

# Tumulus ? Le long de la route, on voit une sorte de motte ; sa proximité de la route semblerait lui assigner comme origine le Ve siècle, ou peut-être encore le XIIIe siècle ; à moins toutefois qu’elle ne soit plus ancienne.

Le Tanu

# Bronze. Entre la Haye-Pesnel et Villedieu, lors de la construction du chemin de fer de Paris à Granville, on a trouvé une hache à douille, avec petit bourrelet et anse latérale ; elle mesure 0m14 de longueur. (Musée de Vire.)

Canton de Pontorson

Mont Saint-Michel

# Néolithique. Un anneau en serpentine, mesurant 0m11 de diamètre, avec ses bords un peu coupants, a été trouvée dans le Mont : il a fait partie de la collection de M. Lainé, d’Avranches, (Matériaux, T. I, p. 393.)

Dans l’Annuaire de la Société des antiquaires de France, de 1854, p. 120, se trouve une note sur des disques en serpentine, trouvés aux environs d’Avranches.

# Bronze. Une belle épée, très bien conservée, a été trouvée à une grande profondeur dans les grèves du Mont Saint-Michel ; elle a figuré, en 1883, à l’exposition d’archéologie de Caen.

Sacey

# Néolithique. Dans sa notice sur le diocèse d’Avranches, M. le chanoine Pigeon signale la découverte de haches polies en silex, dans cette localité.

# Bronze. Il cite aussi des haches de bronze, mais sans en indiquer la forme.

Tanis

Un tumulus existait sur cette commune ; les fouilles qui y ont été faites n’ont donné que des cendres et des ossements.

Canton de Saint-James

Argouges

# Menhir. L’Inventaire des Monuments mégalithiques signale un menhir sur cette commune et M. le chanoine Pigeon un chromlech ?

Le Dictionnaire archéologique de la Gaule (1875, P.78 indique les débris d’un menhir au village de Pierre-Plate.

M. le chanoine Pigeon a rappelé que des haches polies ont été trouvées dans cette commune.

Carnet

# Cachette de fondeur. La Société d’archéologie d’Avranches a acheté vingt-neuf objets provenant d’une cachette de fondeur, découverte sur le territoire de cette commune, en 1882 ; ils consistaient surtout en pointes de lance ; ils ont été exposés, à Caen, en 1883.

Une hache, trouvée en cet endroit, est à bords droits ; elle mesure 0m14 de longueur, sur 0m07 au taillant. (Musée d’Avranches.)

Montanel

# Bronze. Le Musée de Rouen possède une herminette à talons arqués et en sens inverse de ceux des haches à douille ; l’instrument est légèrement courbé, il mesure 0m12 de longueur et 0m02 au taillant : il provient du lieu dit : Villeberge et a été donné par l’abbé Cochet. Cet instrument est reproduit dans l’Album du Préhistorique de MM. G. et A. de Mortillet, pl. LXVII, fig. 690 et 690 bis.

Le Musée de Rouen possède aussi une hache à bords droits de 0m09 de longueur sur 0m035 au taillant, ainsi qu’une petite hache à talon et à anneau de 0m055, rappelant les spécimens trouvés en grand nombre à Saint-James.

Saint-James

# Néolithique. Près du village de Saint-Benoist-en-Beuvron, se trouve une station néolithique dans le voisinage du polissoir. M. le chanoine Pigeon possède des instruments qui y ont été trouvés : une hache en jade perforée de 0m048 de longueur sur 0m035 au taillant ; une herminette en pegmatite rose de 0m068 de longueur sur 0m037 au taillant ; une hache en silex poli de 0m097 de longueur sur 0m045 au taillant ; une autre en grès poli de 0m073 de longueur sur 0m048 au taillant ; un marteau-hache perforé de 0m155 de longueur. Des instruments semblables ont été trouvés non loin de là, à la Boutardière.

# Polissoir. Dans une petite vallée, au lieu dit : Longue-Touche, se trouve un polissoir appelé la Pierre de Saint-Benoist. Il est situé non loin de l’église de Saint-Benoist et du village d’Auberoche ou Aubes-Roches (ce nom lui a été donné sans doute à cause des blocs erratiques de quartz qui s’y rencontrent). Le polissoir lui-même est formé d’un de ces blocs de quartz, placé horizontalement et mesurant 1m25 de longueur, sur 0m50 de largeur ; il affleure le sol d’une prairie humide (Noë). Cette roche plate présente des rainures parallèles, au nombre d’une douzaine, avec dépression vers le centre et formant une sorte de cuvette.

Les veines roses qui se voient dans la masse de ce bloc sont considérées par certains paysans comme les veines du Saint, qui aurait été jadis pétrifié en cet endroit : aussi amène-t-on les enfants pour les guérir de la gourme (la rimphe) et le catarrhe (le catère).

M. Le Hericher est un des premiers qui ait attiré l’attention sur ce polissoir ; il l’a décrit en 1881. (Bull, des ant. de Norm., T. IX, p. 167 à 173.)

# Cachette de fondeur. Une des trouvailles les plus intéressantes, pour l’époque du bronze, a eu lieu dans la propriété de M. de Cantilly, à la Boutardière, en 1869 ; elle se composait d’environ 200 haches à douille, grandes et petites, avec anneau latéral ; de ciseaux, de débris de bracelets et autres menus objets.

Le Musée de Saint-Germain possède, sous le n° 11,535, une petite hache à douille avec bourrelet, petite anse latérale et taillant évasé : cet objet est représenté dans le Musée préhistorique de MM. G. et A. de Mortillet, pl. XCII, fig. 1,145.

Le Musée de Vire possède six petites haches à douille, munies d’un petit bourrelet et d’une anse, avec tranchant évasé, mesurant 0m07 de longueur.

M. Dubus, du Havre, en possède deux de la même trouvaille ; elles diffèrent de forme ; l’une rappelle le n° 1,145, l’autre est plus droite.

M. le chanoine Pigeon possède aussi quatre petites haches à douille et à anneau du genre indiqué précédemment, et une hache à douille avec bourrelet, filet en dessous et anneau latéral ; la douille de forme carrée est ornée de cinq nervures en relief terminées par des points ; longueur 0m013, épaisseur, 0m035 : cet instrument a été trouvé en 1862.

Pendant son séjour à Avranches, M. Le Beuf a recueilli, dans ses excursions, en 1875, douze haches votives ; onze sont à douille circulaire ou ovale et à tranchant arqué ; une seule est à douille carrée. L’une d’elles a beaucoup servi, car on remarquait des traces d’usure, produites des deux côtés de l’anneau, par le frottement des lignatures qui étaient probablement des fils de bronze ; le tranchant lui-même était aiguisé. Cet exemplaire est le seul qui ait servi, et c’est une preuve que ces petites haches n’étaient pas toujours votives.

Nous avons remarqué que certaines haches portent des coups nombreux produits par le marteau ; cela prouve que jadis comme maintenant, on étirait les taillants usés pour pouvoir les employer jusqu’à la fin. (Découverte d’instruments de bronze, par M. de Cougny. Bul. monum. 1875, p. 161-169.)

Canton de Sartilly

Bacilly

# Dolmen. un dolmen en ruines, dont il ne reste que la table, est signalé par M. le chanoine Pigeon, au hameau de Vannerie. A une des extrémités de cette table, on remarque deux rainures formant une sorte de T : leur longueur est de 3m15, la largeur 1m45 et la profondeur 0m98.

Bouauvais

# Bronze. Le Musée d’Avranches possède quatre amulettes en bronze, trouvées dans cette commune, en 1837 ; l’une d’elles, qui a la forme d’un croissant, rappelle un peu celle qui a été trouvée à Grésine, lac du Bourget (Musée de Saint-Germain, n° 16,310) ; une autre a la forme d’un disque, avec anneau de suspension ; la plus compliquée est formée de deux anneaux séparés par une ellypse. Il y avait aussi un cinquième objet ayant la forme d’une tête d’épingle.

Carolles

# Menhir et bloc erratique. L’Inventaire des monuments mégalithiques et le Dictionnaire de la Gaule (1875, p. 233) signalent un menhir et un bloc erratique.

Genest

# Epoque marnienne. Un très beau vase à anses, en forme de canthrare grecque, a été trouvé, en 1859, par M. Bonnot, dans son jardin, près de l’ancien colombier des moines du Mont Saint-Michel et en face de la chapelle Sainte-Anne de l’Hôtel-Dieu, de Genêts. Dans les environs, on a trouvé plusieurs médailles romaines. Ce vase mesure au col, avec les anses évidées : 0m155, et le col, sans les oreilles, 0m10 ; la hauteur est de 0m07 ; le pied du vase mesure 0m05. La panse est décorée, près du col, d’une double rangée de pointillés, au centre desquels sont des petits cercles espacés ; au-dessous, des ogives formées de deux rangées de points et en dessous, une double rangée de points entre lesquels se trouvent des cercles posés à l’extrémité des ogives.

Près de ce vase, se trouvait une fibule ansée à ressort, avec points centrés inscrits dans un losange, et une autre fibule décorée de raies et de feuilles de fougères.

Saint-Michel-aux-Loups

# Néolithique. La collection de M. le chanoine Pigeon renferme des haches polies trouvées en cet endroit.

Le Musée d’Avranches possède un très beau disque en pierre grise, de 0m155 de diamètre extérieur et de 0m075 de diamètre intérieur ; la bande annulaire est de 0m04. Il présente une particularité, c’est qu’à partir de 0m025 de la bande annulaire, il va en s’amincissant en dedans, soit sur 0m015 de largeur. Il a été trouvé sur la lande de Bevais, au village de Glatigny ; il y en avait un autre qui a été vendu.

# Cachette de fondeur. Une découverte d’objets en bronze a eu lieu dans cette commune.

Montviron

M. le chanoine Pigeon a signalé la découverte de haches polies dans cette commune.

Canton de Villedieu-les-Poêles

La Lande-d’Erou

# Néolithique. Le Musée d’Avranches possède un bel anneau en jade ? trouvé sur cette commune.

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Arrondissement de Coutances

Canton de Brehal

Longueville

# Menhir. Entre Longueville et Granville, existe un menhir qui porte le nom de Pierre-Hu ; il mesure 3m35 de hauteur. C’est un bloc de calcaire siliceux, roche qui est abondante dans la localité.

Canton de Cerisy-la-Salle

Belval

# Bronze. En 1828, on a trouvé plusieurs haches de bronze dans cette commune. (M. G. de Mortillet. Cachettes de l’âge du bronze en France. Bul. de la Soc. d’Anthrop. de Paris. 1894, p. 318).

Montpinchon

# Bronze. Près du chemin, dit le Pavage, on a découvert, en 1830, cinquante haches de bronze.

Ouville

# Bronze. On a découvert, en 1829, des haches de bronze dans cette commune, (de Gerville. Bul. des ant. de Normandie. 1829.)

Canton de Coutances

Saint-Pierre-de-Coutances

# Bronze. Vers 1850, on a découvert des haches à douilles sur cette commune.

Saussey

# Bronze. Une découverte de haches à douille a eu lieu dans cette commune, vers 1850.

Canton de Gavray

Le Mesnil-Hue

# Cachette de Bronze. En 1807, on a trouvé, dans cette commune, une grande quantité de haches à douilles de deux dimensions (la charge d’un cheval, dit-on). (M. G. de Mortillet. Cachettes de l’âge du bronze en France. Bul. de la Soc. d’Anthrop. de Paris. 1894. p. 318.)

Le Mesnil-Rogues

# Cachette de bronze. En 1839, une importante découverte de haches de bronze a eu lieu en cet endroit, lors de la construction de la route départementale de Gavray à Avranches. Tous les objets ont été vendus pour être fondus et il fallait qu’ils fussent fort nombreux, car on les vendit 4,000 francs.

Cette citation, extraite du Bul. des ant. de Normandie, est également reproduite par M. G. de Mortillet. (Cachettes de l’âge du bronze en France. Bul. de la Soc. d’Anth. 1894, P. 319)

Canton de La Haye-du-Puits

Appeville

Dolmen. Une table de dolmen, aujourd’hui privée de ses supports, existe au lieu dit le Grand-Perrey ; elle est inclinée vers le Nord et mesure 2m40 de longueur, 2m20 de largeur et 0m40 à 0m80 d’épaisseur. M. Ménage, propriétaire de cette pierre, a trouvé, à côté, des ossements humains dans le sol.

Cette table porte le nom de Pierre-Lée ; elle est en marbre gris veiné de blanc et de rouge, roche qui est étrangère au pays. (Invent. des mon. mégal., p. 18. - Dict. arch. de la Gaule. 1875, p. 65.)

Cretteville

# Dolmen disparu. Au lieu dit le Champ-de-la-Pierre, se trouvait un dolmen qui a été brisé pour faire des matériaux de construction.

Le Dictionnaire arch. de la Gaule (1875, p. 323) indique ce dolmen comme étant seulement renversé.

Glatigny

# Bronze. On a découvert des instruments en bronze sur cette commune.

Neufmesnil

# Chromlech. M. le chanoine Pigeon a signalé la présence d’un chromlech, près du château et de la forêt de Blanche-Lande. (Diocèse d’Avranches. T. II, p. 621-625.)

Varenguebec

# Dolmen. Sur le Mont-Etanclin, existe un dolmen sous lequel on a trouvé, vers 1854, des haches de bronze.

Canton de Lessay

Lessay

# Néolithique. Une hache-marteau en diorite, avec les taillants un peu plus larges que la partie centrale et un trou d’emmanchement, a été trouvée dans la forêt de Montcastle, près de l’ancienne abbaye de Lessay, lors des défrichements exécutés vers 1845, par M. de la Pychardière, qui a offert cet instrument au Musée d’Avranches.

# Cachette de fondeur. Au hameau de Renneville, sur la lande de Cartot, des ouvriers découvrirent, en 1828, à 0m50 de la surface du sol, une petite chambre voûtée en forme de four ; elle était formée d’argile battue. Cette cavité, qui mesurait environ 0m45 de longueur et de hauteur, contenait des cendres, sur lesquelles était placé un vase de bronze très mince, renfermant près de cinquante objets. Le quart de ce dépôt était formé d’armes offensives : épées, pointes de lances, etc. Ces instruments étaient à peu près entiers, sauf les épées qui avaient été rompues pour pouvoir entrer dans le vase. Un tiers des autres objets se composait d’ornements de toilette, tels que : bracelets et anneaux de formes variées, pendants d’oreilles et boutons. L’usage des autres instruments n’a pas été reconnu au moment de la découverte. Environ deux kilos de métal formaient un lingot informe. Les épées, au nombre de cinq, étaient plates, renforcées au centre et droites ; dans leur entier, elles auraient pu avoir environ 0m90 de longueur ; quelques-unes avaient encore des rivets de bronze à la poignée.

— Le Musée de Cherbourg possède, sous le n° 90, deux couteaux en bronze dont un porte un trou à la soie, et l’autre deux coches latérales ; une pointe de javelot (n° 25) et une série de fragments d’épées, dont deux poignées plates ayant les gardes terminées par des arcs de cercle, et au centre une ouverture longitudinale au lieu de trous de rivets ; on voit aussi un trou de rivet près de la garde ; la lame porte des coches sur le côté. Deux autres poignées rappellent le n° 21 de la cachette de Venat (Dordogne). Nous possédons une arme semblable trouvée à Pressagny-l’Orgueilleux (Eure). Tous ces objets sont du type de Larnaud (Jura).

— Le Musée d’antiquités de Rouen, lui aussi, a neuf objets de cette cachette, qui n’ont pas attiré l’attention, lors de la découverte ; ce sont six tranchets de bronze mesurant 0m07 de longueur sur 0m04 de largeur, trois sont munis sur un des bords d’un trou de suspension ; leur taillant est arqué. Les trois autres n’avaient pas de trou ; ils sont plus ou moins rectangulaires ; et coupent sur les quatre faces. Des tranchets à peu près semblables ont été trouvés à Venat (Charente) ; ils ont été décrits par M. Chauvet (fig. 71 et 74, pl. IX de sa notice). Dans le même Musée se trouvent aussi deux petits poignards de 0m05 et 0m06, avec une soie portant un trou de rivet ; ils rappellent aussi ceux lié de Venat (pl. VI, fi. 46) et celui du Musée de Cherbourg, trouvé également à Lessay. Enfin, avec ces objets, existe un bracelet creux de 0m105 de diamètre ; les branches en sont légèrement recourbées à l’extrémité et le corps décoré de raies.

Canton de Montmartin-sur-Mer

Annoville

# Bronze. Au hameau de Tournaville, on a trouvé, vers 1828, des haches à douilles de la fin du larnaudien (M. G. de Mortillet. Cachettes de l’âge du bronze, p. 319.)

Contrières

# Bronze. Plusieurs haches de bronze ont été trouvées, en 1868 et 1869, dans cette commune.

Montchaton

On a trouvé, en 1875, dans la rivière de Sienne, une hache polie en diorite de 0m173 de longueur, sur 0m057 de largeur au taillant.

# Bronze. En 1879, en ouvrant la tranchée du chemin de fer, on a trouvé en face d’un tumulus, à un kilomètre de Coutances, deux objets en bronze ; une sorte de marmite dont une anse manquait ; le second objet ressemblait à un ciste étrusque ; une anse manquait également ; ses flancs étaient décorés de cercles concentriques en relief.

Orval

Dans cette localité, sont ouvertes de grandes carrières, où l’on exploite à ciel ouvert, le calcaire carbonifère, recouvert par un manteau formé de dépôts pleistocènes et modernes. Le dépôt qui contenait les ossements forme le sous-sol d’une contrée peu élevée, marécageuse, traversée par la Sienne et sillonnée par quelques petits cours d’eau de minime importance. Le terrain d’où l’on a extrait les ossements, peut se trouver à 14 ou 18 mètres au-dessus du niveau de la mer. A l’époque pleistocène, toute cette région a dû être recouverte par une nappe d’eau d’une grande étendue qui a déposé les sédiments où sont renfermés les ossements et qui forment le sol actuel.

Le calcaire carbonifère qui constitue le sous-sol de la région, est altéré à la surface et présente de nombreuses fissures dues aux ravinements ; elles ont été comblées par les pierres et du limon très fin, jaunâtre, quelquefois bigarré, recouvrant des cavités, sur une épaisseur de 1 mètre, à 1m25. Au-dessus de ce limon, une couche de sable gris, d’une épaisseur de 0m70 à 0m80, nivelle le tout et forme le sol naturel.

Il y a une dizaine d’années, on retira d’une des poches, à 5 ou 6 mètres de profondeur, une quantité de grands ossements, appartenant, paraît-il, au même animal, mais qui furent jetés dans les déblais.

Plus récemment, une seconde découverte d’ossements eut encore lieu, dans une poche de limon argileux, où ils se trouvaient entassés pêle-mêle, plus ou moins roulés et généralement brisés. Recueillis par M. H. Legoubin. propriétaire de la carrière, ce dernier les a offerts à M. R. Fortin, qui leur a consacré, dans le Bulletin de la Société géologique de Normandie (T. XV, année 1891), une notice fort intéressante à laquelle nous empruntons les documents suivants :

La détermination des espèces provenant du gisement pleistocène d’Orval est due à M. Albert Gaudry, le savant paléontologiste du Muséum, qui a reconnu les espèces suivantes :

Carnassiers. Hyana spelaa. — Deux fragments de mandibules gauche avec dents molaires et carnassières.

Proboscidiens. Elephus primigenius. Une molaire incomplète composée de 12 lamelles, mesurant 0m17 de longueur.

Ongulés. Rhinocéros lichorinus. Dents. Vertèbres. Membres antérieurs : humérus gauche et droit, cubitus, trapézoïde, métacarpiens. Membres postérieurs : fémur droit, tibia droit et gauche, astragale gauche, naviculaire, métatarsien.
Equus caballus. Dents : incisives et molaires. Membres antérieurs : humérus droit, métacarpien droit et gauche, phalange. Membres postérieurs : astragale, calcanéum, métatarsien.
Cervus elaphus. Humérus, cubitus et tibia du côté droit, métatarsien. (Les débris de cet animal sont peu représentés à Orval.)
Bison priscus. Vertèbre cervicale. Membres antérieurs : humérus gauche, radius droit et gauche, métacarpien droit et gauche, phalange. Membre postérieur : astragale gauche.

L’ensemble de ces animaux appartient, comme on voit, au milieu de l’époque pleistocène, c’est-à-dire à la faune froide, correspondant à l’industrie acheuléenne ou chelleo-moustérienne que nous avons reconnue fréquemment dans les limons des départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure.

Canton de Périers

Nay

# Bronze. On a trouvé, vers 1855, beaucoup de haches à douille et de haches à talon, en cet endroit.

Le Plessis

# Bronze. Une découverte de haches en bronze est signalée sur cette commune.

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Arrondissement de Mortain

Canton de Barenton

Barenton

# Dolmen. M. le chanoine Pigeon a signalé, sur cette commune, la présence d’un dolmen en ruines, dont il ne reste plus que la table.

Saint-Cyr-de-Bailleul

# Polissoir. M. Sauvage a signalé un polissoir sur des rochers qui se trouvent au village de la Gévraisière. Ce monument porte le nom de Pierre-Saint-Martin ; il est situé à un kilomètre du bourg, dans une ancienne lande convertie en prairie et inscrite sur le plan cadastral : section A, n° 573, sous le nom de Lande-Saint-Martin. Il ressemble à la pierre Saint-Guillaume de Montenay, qui se trouve dans la Mayenne.

Ce polissoir est un quartzite qui ressemble aux roches des coteaux de la Sélune ; c’est un bloc erratique, car les roches dominantes de la localité sont le schiste et la diorite.

La forme de cette pierre est celle d’un trapèze, elle émerge du sol de 0m45 environ ; à l’Est, elle mesure 1m20 de longueur ; au Sud, 1m10 ; à l’Ouest, 0m50, et au Nord, 1m40. Elle est couverte de sept bassins ou cuvettes, de huit rainures pointues et parallèles, dirigées du Nord au Sud, sauf une seule.

Les bassins, au nombre de sept, sont plus larges et moins profonds que les rainures (0m06, 0m10 de largeur, sur 0m02 de profondeur en moyenne) forment les Ecuelles-du-Diable ; tandis que les rainures, au nombre de huit, plus étroites mais plus profondes, correspondent aux Pierres-Cochées ; elles ont 0m03 de profondeur en moyenne et sont faites à vive arête. On y remarque aussi trois petites cuvettes rondes, sortes de trous de 0m08 de profondeur, destinées sans doute à contenir l’eau et le sable qui étaient employés au polissage.

Il est à remarquer que les cuvettes alternent avec les rainures.

La légende veut que les rainures aient été produites par des coups d’épée donnés par Saint Martin.

Ce polissoir avait été signalé par J. Le Cœur. (M. H. Moulin a publié aussi une note sur ce polissoir (Bull, de la Soc. des ant. de Norm. T. IX, p. 441-460.)

Canton d’Isigny

Bellefontaine

Une hache polie ronde, en diorite, mesurant 0m06 de longueur, existe au Musée de Caen.

Les Biards

# Tumulus. Sur un monticule rocheux d’un accès difficile, on voyait un camp qui a disparu au commencement du siècle, ainsi qu’une grotte, dite de Saint-Guillaume.

Le long d’un chemin antique, en remontant vers l’église, se trouve un champ où l’on remarque des cavités et des saillies.

En septembre 1881, le propriétaire, voulut niveler une de ces buttes qui était plus élevée que les autres.

Après avoir enlevé la terre qui le recouvrait, on trouva des cailloux ; au-dessous, une sorte d’édicule en pierres sèches et couvert avec de larges pierres. Ayant enlevé celles-ci, on aperçut un vide de 2 mètres de longueur, sur plus d’un mètre de largeur et d’une égale profondeur. Le sol était formé d’une poussière d’un blanc sale composée de cendres et de charbon, sur lequel on remarqua des pierres assez polies et de différentes couleurs, bleuâtres, grises, noires, blanches ou verdâtres : une vingtaine de ces pierres, les plus intéressantes, furent d’abord présentées au propriétaire qui, n’y voyant pas un grand intérêt, les rejeta. Cependant, la description de ces pierres verdâtres, polies, tranchantes d’un côté, pointues de l’autre, avaient attiré l’attention d’archéologues qui vinrent voir le propriétaire. Celui-ci retourna sur le terrain pour voir s’il n’en retrouverait pas et regrettant d’avoir mis les autres dans le remblai. Il eut en effet la chance d’en retrouver une qui est aujourd’hui entrée dans la collection de M. l’abbé Pigeon : elle est en pegmatite de l’Avranchin, de couleur rosée nuancée de taches blanches et noires ; la pointe est brisée, ce qui lui donne seulement 0m053 de longueur, au lieu de 0m090 qu’elle devrait avoir ; le taillant mesure 0m045 et l’épaisseur 0m021, vers la rupture.

Au village de la Poissonnière, on a trouvé, en 1881, des haches en silex, d’autres en diorite verdâtre, ainsi qu’une sorte d’aiguisoir en schiste quartzeux jaunâtre.

# Bronze. On a trouvé aussi, près du château, des haches à douille en bronze, munies d’un anneau. (Bull, de la Soc. des ant. de Normandie - Le Tumulus des Biards, par le chanoine Pigeon, T. XIII. 1883 à 1885, p. 448-455.)

Une découverte de haches de bronze à douilles, de la fin du Larnaudien, a eu lieu au hameau de Chalendrey.

Mesnil-Thébault

# Néolithique. Des haches polies ont été trouvées en cet endroit.

Montgothier

# Menhir disparu. M. le chanoine Pigeon signale la disparition d’un menhir qui existait sur cette commune, près du Mont Bouée.

Canton de Mortain

Bion

# Bronze. La découverte de haches en bronze a été signalée par M. le chanoine Pigeon.

Mortain

# Néolithique. Un long couteau en silex, trouvé dans cette commune, fait partie des collections du Musée de Vire.

Des haches polies ont été trouvées aux environs de la ville par M. Guérin ; l’une d’elles, qui mesure 0m16, est déposée au Musée d’Avranches.

Saint-Clément

# Menhir. M. le chanoine Pigeon a signalé un menhir sur le territoire de cette commune.

Saint-Jean-du-Corail

# Tumulus. Près du hameau de Bourberouge, dans la forêt de la Lande-Pourrie, existe un tumulus sous lequel on a trouvé des cendres, des charbons, deux haches polies, dont l’une fort belle est en diorite et conservée au château de Bourberouge.

# Demi-dolmen. M. le chanoine Pigeon a signalé également, dans cette forêt, la présence d’un demi-dolmen, formé de deux pierres debout, recouvertes par une autre placée horizontalement.

Canton de Saint-Hilaire-du-Harcouet

Saint-Martin-des-Landelles

A 500 mètres du pont des Biards, au triage de la Loriette, en 1883, on a trouvé une hache polie en diorite : elle fait partie de la collection d’un habitant de Saint-Hilaire-du-Harcouet.

Canton de Saint-Pois

Coulouvray-Bois-Benatre

# Menhir. Au milieu du bois, se trouve le menhir appelé la Pierre-au-Koque ou Pierre-du-Bois. C’est un bloc s’élevant verticalement et dont le sommet est rectangulaire : sa hauteur est de 2m50.

Lingeard

Des haches polies ont été trouvées sur cette commune. (Notes de M. Pigeon.)

Montjoie

# Menhir. Dans sa notice sur le diocèse d’Avranches, M. le chanoine Pigeon signale un menhir dans cette localité.

Saint-Pois

# Bronze. On a recueilli, sur cette commune, trois fragments d’épée, dont une poignée plate, avec trois rivets au centre de la poignée, dont deux existent encore, et un de chaque côté de la garde. Cette épée avait sa lame munie d’une grosse nervure centrale, sans filets de chaque côté. La poignée mesure 0m10 de longueur. Deux autres fragments de lames d’épées portent deux rainures de chaque côté de la nervure centrale. (Type morgien.) (Musée de Saint-Lô.)

La collection Berjot renfermait une faucille de bronze, trouvée dans l’Orne, en 1789.

Canton du Teilleul

Saint-Symphorien-du-Teilleul

# Allée couverte. A l’extrémité du parc de M. de Rougé, on a découvert, vers 1870, une allée couverte qui n’a pas été déblayée complètement. On y a recueilli des silex taillés, des grattoirs, de nombreux débris de poteries grossières, qui sont la propriété de M. le comte de Rougé. (Note de M. Moulin. Mém. de la Soc. du Cotentin.)

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Arrondissement de Saint-Lô

Canton de Carentan

Carentan

# Bronze. Lorsqu’en 1844, on enleva les terres du Haut-Dick pour la construction de l’écluse qui met en communication la mer avec le canal qui conduit au port, on trouva, à 3 mètres de profondeur, plusieurs têtes de bœuf, des ossements de cheval, des bois de cerf, etc., mêlés à des os de grands cétacés.

En 1845, en creusant dans le même terrain pour asseoir les fondations du quai de ce bassin, on mit à découvert, à 1m80 de profondeur, des haches, des épées et de la poterie réunis à des ossements humains.

On a trouvé aussi dans le canal Moselman, près les carrières à chaux de Bahais, les mêmes objets, plus une tête humaine.

Dans le même terrain, on a reconnu, à 2 mètres de profondeur, une pirogue très bien conservée et construite d’une seule pièce, dans le genre de celles des peuplades sauvages de l’Amérique du Sud.

Quelques années auparavant, en fouillant le sol pour creuser un abreuvoir, à une certaine distance du canal et dans le même terrain, on aperçut la moitié d’un canot semblable au premier.

Ces découvertes de pirogues et la présence d’armes de bronze permet d’attribuer comme date approximative à ces objets, le premier âge du bronze dont le type est caractérisé par la cachette de Larnaud (Jura).

On trouve, en outre, quelques autres documents sur cette découverte dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France (T. XXII, p. 127). (Civilisation et commerce de la Gaule septentrionale : « La pirogue des marais de Carentan contenait des tuiles, un vase et une hache antique, ce qui avait fait croire qu’elle était gallo-romaine. »)

Nous ferons remarquer qu’étant au fond de l’eau, les objets décrits ci-dessus, ont pu y tomber postérieurement.

Canton de Saint-Clair

Couvains

# Néolithique. Deux haches en diorite ont été trouvées dans le bois de Bretel ; l’une mesure 0m20, l’autre est cassée. (Musée de Saint-Lô.)

Meauffe

# Bronze. En creusant le canal des Fourneaux de la Roque-Genest, on a trouvé deux belles pointes de lances dont la pointe est un peu arrondie : les deux ailerons mesurent 0m11 et la douille très longue porte deux trous d’emmanchement ; celle-ci mesurent 0m10 ; on a pour la longueur totale de l’arme 0m21 et pour la largeur totale des deux ailerons : 0m05 ; type larnaudien. (Musée de Saint-Lô.) La seconde pointe est plus petite et mesurait 0m12 ; la pointe est cassée.

Canton de Saint-Jean-de-Daye

Cavigny

# Bronze. Au hameau de Bahais, on a trouvé dans une carrière à sable, une pointe de lance en bronze du type de Larnaud, mesurant 0m16 de longueur totale, dont 0m12 pour les ailerons et 0m04 pour la douille, qui est par conséquent très courte et porte deux trous d’emmanchement ; la longueur des ailerons est de 0m035. (Musée de Saint-Lô.)

Montmartin-en-Graignes

En 1838, au hameau de la Barre-de-Semilly, on a trouvé, à 3 mètres de profondeur, vingt-cinq médailles gauloises en argent, qui étaient renfermées dans un vase en terre grise ; c’étaient des statères de type armoricain.

Pont-Hébert

# Bronze. Une hache à douille quadrangulaire mesurant 0m12, avec anneau, bourrelet au-dessous duquel se voient deux filets et des indications d’ailerons sur les côtés (type de Larnaud), a été trouvée en 1890. (Musée de Saint-Lô.) La partie la plus large de la lame est de 0m037.

Une épée mesurant 0m55 de longueur, la soie en partie brisée, mais dont les trous de rivets sont encore visibles, la lame légèrement triangulaire, avec un filet sur chaque tranchant. Cette arme a été trouvée dans la Vire, entre Saint-Lô et Pont-Hébert ; un fragment de son fourreau en bronze faisait partie de cette découverte. (Musée de Saint-Lô.)

Canton de Saint-Lô

Rampan

# Bronze. Une sorte de fourreau d’épée en bronze, à section losange, terminé par un petit bouton, a été trouvé dans la Vire, au lieu dit la Route-au-Godard. La partie qui a été retrouvée mesure 0m20 de longueur, sur 0m032 de section, ; c’est l’extrémité de la pointe. (Musée de Saint-Lô.).

Cet objet rappelle entièrement le n° 921 du Musée préhistorique de MM. G. et A. de Mortillet, que l’on a déterminé : bouterolle ou base de fourreau quadrangulaire à bords droits. (Cachette de Caix (Somme) ; elle faisait partie de la collection Leblan, à Caix.) Le Musée de Saint-Lô possède une belle hache à anneau et à douille, au-dessous de laquelle se trouve un dessin formé de deux angles concentriques avec tige centrale : cette pièce, qui mesure 0m15,a été trouvée, en 1881, sur les rochers de Cocagne, au lieu dit les Broussailles.

Saint-Lô

Les vastes tourbières du Cotentin qui existent dans les arrondissements de Saint-Lô, de Coutances et de Valognes, présentent à leur partie inférieure, à une profondeur de plusieurs mètres au-dessous du niveau du sol, une immense quantité de bois, de tiges et de branches d’arbres couchés dans tous les sens au milieu de la tourbe. Ces arbres appartiennent aux espèces suivantes : bouleau, châtaignier, chêne ; on y trouve aussi des feuilles et des fruits de coudrier et de cerisier tenant encore à leur pédoncule et dont l’amande est réduite en poussière noirâtre. Ces arbres sont si bien conservés qu’on peut les utiliser pour le charronnage.

Lorsqu’on a creusé le canal allant de Carentan à Saint-Lô, on a porté dans cette dernière ville plusieurs stères de ce bois.

# Bronze. Au Musée de la ville, se trouvent un certain nombre d’objets intéressants, recueillis aux environs, parmi lesquels nous citerons :

une pointe de lance dont la longueur totale est de 0m15 ; celle des ailerons est de 0m09 et celle de la douille de 0m06 ; celle-ci est ornée de quatre bandes formées de quatre faces. La largeur totale des ailerons est de 0m03.

Une petite hache à anneau et à ailerons rabattus, de 0m12 de longueur, sur 0m12 de largeur (type larnaudien) ; elle rappelle exactement le 940 de l’Album du préhistorique, qui provient de la plaine des Laumes, près d’Alise (Côte-d’Or).

Un bracelet de bronze à branches ouvertes et décorées au centre et aux extrémités par des torsades. Le diamètre extérieur est de 0m083, ainsi que les nos 4, 5, 6, 7 ; il est de type morgien.

Une moitié de bracelet semblable, un peu plus petit et sans ornements.

Un bracelet brisé mais complet, creux, à branches ouvertes et orné de bandes formées de quatre raies et quelquefois s’entrecroisant, ayant au centre des ronds concentriques, avec point central : diamètre extérieur, 0m10.

Autre bracelet creux formé par des oves et séparées par deux barres.

Autre bracelet décoré par des barres espacées de 0m007 ; son diamètre est de 0m10.

# Néolithique. Un marteau-hache en diorite verte, avec points noirs et mesurant 0m16 ; il est naviforme, perforé, avec des bourrelets sur les bords.

Canton de Tessy-sur-Vire

Saint-Vigor-des-Monts

# Bronze. Le Musée d’Antiquités de Rouen possède une hache à douille de 0m11 de longueur, avec bourrelet à la douille, mais sans filets au-dessous ; la douille offre la même largeur dans toute son étendue. Cette hache a été trouvée dans la plaine qui s’étend entre Saint-Vigor et Gouvets.

Canton de Thorigny-sur-Vire

Saint-Jean-des-Baisants

Dans le camp de Saint-Jean, M. Porcher, de Saint-Lô, a recueilli une hache à douille unie sur les côtés, du type le plus fréquent, et une autre avec des filets sur les côtés.

Le Musée de Saint-Lô possède aussi une hache à douille, sans filets sur les côtés, avec un anneau latéral ; elle mesure 0m12 de longueur et provient de la même localité.

Quelques illustrations

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Notes

[1] Source : Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques, tome 3, 1895, pages 101 à 163

[2] NDLR : en 1895, Bricquebec est démembrée de deux hameaux importants, qui deviennent des communes : le Grand-Hameau (devenu Rocheville en 1896) et L’Étang-Bertrand.