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Pont-Autou, Pont-Authou (27)


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Texte de 1864 : voir source en bas de page. [2]


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ne tradition très-répandue signale Pont-Autou comme une ancienne ville, et lui donne pour faubourgs Bonneville, Thierville et Autou. Sous la côte de Freneuse, un triége continue de s’appeler le Bout-de-la-Ville.

La première partie de ce recueil a donné quelques détails sur les antiquités romaines trouvées à Pont-Autou et sur les voies également romaines qui s’y croisaient. Depuis, vers 1862, une nouvelle découverte d’objets antiques a été faite sur les terrains en pente du Bout-de-la-Ville. Parmi les plus curieux, nous devons signaler un poids.

L’importance de Pont-Autou s’est perpétuée jusque dans le moyen âge. C’est là, rapporte Orderic Vital, qu’en 1122, après la levée du siège de la tour de Vatteville, le roi Henri 1er cantonna Henri de la Pommeraie avec des troupes, en attendant une occasion favorable pour combattre Galeran de Meulan et ses alliés, révoltés contre l’autorité royale.

Plus tard encore, on retrouve Pont-Autou désigné comme siège d’une vicomté. Cette vicomté existait en 1340 ; elle se trouva morcelée et reconstituée sur de nouvelles bases à la suite des importantes concessions de domaine faites en 1353 par le roi Jean à Charles le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Evreux. Dans la suite, la vicomté de Pont-Autou cessa d’avoir des officiers particuliers ; elle se confondit alors avec celle de Pont-Audemer, et cette justice fut nommée désormais « la vicomté de Pont-Authou et Pont-Audemer ».

Pont-Autou avait aussi un bailliage. Au mois de décembre 1741, Louis XV s’étant fait rendre compte de l’état « où se trouvaient les bailliages du Pont-Audemer et du Pont-Authou, aussi bien que les vicomtés qui en étaient ressortissantes, et ayant appris que, d’un côté, la juridiction de ces deux bailliages était exercée au Pont-Audemer dans le même siège et par les mêmes officiers, que, de l’autre côté, la justice était administrée par le plus grand nombre des officiers des bailliages, soit dans la vicomté de Pont-Audemer, soit dans celles de Montfort, Pont-Authou et Bourg-Achard, réunit d’abord les deux bailliages pour ne former à l’avenir qu’un seul et même corps... Et ordonna aussi la réunion au bailliage de Pont-Audemer des quatre vicomtés qui en dépendaient... »

Fiefs de Pont-Autou

M. l’abbé Caresme a bien voulu nous communiquer des notes fort intéressantes sur plusieurs fiefs de Pont-Autou.

La Poterie

Le premier est la Poterie, plein fief de haubert, dont la mouvance était en litige entre le roi, en sa qualité de comte de Montfort, et les seigneurs de la Poterie-Mathieu.

Vers 1060, « regnante Willelmo Roberti marcionis filio, Osbernus de Magnivilla dedit Sancto Petro Pratelli terram duorum virorum, unum in Potaria super Rillam, ubi fiunt testea vasa, alterum in Magnivilla ».

Ce texte regarde notre fief de la Poterie, où se fabriquaient des vases de terre cuite au milieu du XIe siècle.

Vers 1250, « caria Petri de Poteria, de quadam pecia nemoris quae dicitur Roca, quam feodavit Ricardo Bourdon, sitam in parochia de Ponte Autou ».

Pierre de la Poterie eut pour successeur Jean de la Poterie.

1297. Jean de la Poterie, chevalier, vend à l’abbaye du Bec 10 liv. de rente en deux parties, que cette maison lui devait sur le moulin de Touvoie et le bois de la Roche.

1300. Robert de Mortemer confirme cet acte.

1483. Constantin de Barville était seigneur de la Poterie. Sa soeur Jacqueline parait l’avoir porté en dot à son mari, Gabriel de Pommereuil.

1522. Gabriel de Pommereuil était seigneur de la Poterie à cause de la demoiselle sa femme.

1570. Hamon Allorge était seigneur de la Poterie.

1617. Jean Allorge, seigneur de la Poterie.

1634. Nicolas Allorge transfère la chapelle Saint-Jacques et Saint-Christophe du Gruchet à son manoir de la Poterie.

Nicolas Allorge, son fils, mort maréchal de camp et gouverneur de Toul, portait encore le titre de seigneur de la Poterie-Pont-Autou.

1712.... Legrix, écuyer, lieutenant particulier au bailliage de Pont-Autou-Pont-Audemer, était seigneur de la Poterie.

1723. Un Legrix de la Poterie était lieutenant général au bailliage et maire de Pont-Audemer.

1771. Messire Jean-Jacques Léonard Legrix, escuyer, seigneur honoraire de la paroisse de Pont-Autou, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel aux bailliage et vicomté dudit Pont-Authou et Pont-Audemer.

Par un empiétement assez ordinaire nous remarquons que les seigneurs de la Poterie prétendaient à la seigneurie de Pont-Autou.

1788. M. Morin de la Rivière était seigneur de la Poterie.

Le Gruchet

Le second fief s’appelait le Gruchet.

Vers 1024, « et décimas ejus (villae) quae dicitur Cruciacus. » C’est ainsi que s’exprime une charte du duc Richard II en faveur de l’abbaye de Jumièges. Dans la suite, cette abbaye ayant vendu ou cédé son établissement de Pont-Autou à l’abbaye du Bec, la villa du Gruchet, située sur une côte voisine de Pont-Autou, se trouva délaissée, et il n’y resta plus qu’une chapelle.

1203. Guillaume du Mailloc, seigneur d’un fief voisin du Gruchet, obtint du roi Jean, alors à Montfort, la création d’une foire fixée au 25 juillet, jour de la fête de saint Jacques et saint Christophe, patrons de la chapelle de Gruchet.

1559. Noble homme Gilles Allorge, seigneur du Gruchet, est cité dans un accord daté du 10 mai entre Nicolas Vipart, seigneur de la Portière, et Hector de Thumery, seigneur de la Cambe.

1590. Hamon Allorge, sieur du Gruchet, de la Poterie et de Pont-Autou, était mort laissant pour veuve Euphrasie le Maréchal.

1617. Jean Allorge, escuyer, sieur du Gruchet et de Pont-Autou, passe un bail. Il avait épousé Marguerite Campion ; de cette union naquit Nicolas Allorge et Marguerite Allorge, mariée à Nicolas de la Bouque, sieur des Gastines, à Illeville.

1632. Nicolas Allorge fieffe à Michel Dupin une pièce de terre avec jardin et place devant, le tout situé à Thierville, près la mare du Quesne.

1634. Nicolas Allorge, escuyer, sieur du Gruchet, de la Poterie et du Bosc-Buisson, à Thierville, dote de 18 liv. de rente la chapelle bâtie dans l’enclos de son manoir de la Poterie en l’honneur de Dieu, de la sainte Vierge, de saint Jacques et de saint Christophe. Cette chapelle était auparavant dans le fief du Gruchet.

1647. Nicolas vivait encore et achetait un immeuble.

1648, 14 août. N. dame Françoise de Havart, femme de Mgr du Gruchet, est marraine, à Thierville, avec Messire Vincent Daudet, prêtre, écuyer, curé de Thierville, à l’enfant de Richard Bunel et de Jeanne Lecomte, qui fut nommé Nicolas. Cette dame donna à Nicolas Allorge un fils et deux filles :

Nicolas Allorge, seigneur du Gruchet, de la Poterie, de Pont-Autou et de Bosbuisson, maréchal des camps et armées du roi, gouverneur des ville et pays de Toul, et mort sans postérité ; ses soeurs partagèrent sa succession.

Françoise épousa Adrien le Mercier, écuyer, sieur de la Vallée d’Ecaquelon, et lui porta en dot le Bosbuisson.

Catherine épousa le frère du mari de sa soeur, Charles le Mercier, écuyer, sieur du Bue, de Bédane, de Tourville, etc.

De ce mariage :
Antoine le Mercier, écuyer, sieur de Gruchet, gentilhomme ordinaire du duc de Longueville, marié le 26 octobre 1659 avec Marie Heurtault, fille de Jean Heurtault, écuyer, sieur de Sainte-Geneviève, conseiller et procureur du roi au bureau général des traites foraines en Normandie.

Heurtault : d’azur, à trois têtes d’aigles d’or.

Le Gruchet passa au neveu de la femme d’Antoine le Mercier, Jean-Charles Heurtault, écuyer, seigneur du Gruchet et autres lieux, baptisé le 3 juillet 1664. Le 14 mai 1689, il obtint des provisions pour l’office de conseiller du roi au parlement de Normandie et commissaire aux requêtes du palais. Il épousa, par articles sous seings privés du 23 février 1702, demoiselle Marguerite Lernault, fille et seule héritière de Jean Lernault, écuyer, conseiller du roi, auditeur en la chambre des comptes de Normandie, et de dame Marie Cavelier. Sa mort arriva le 4 mars 1726, et de son mariage sont nés un fils et trois filles. (D’Hozier.)

Ce fils, nommé Jean-Charles Heurtault, écuyer, seigneur de Lammerville et autres lieux, épousa, par contrat du 23 juillet 1729, demoiselle Marie-Catherine Grossin de Saint-Thurien, fille de Louis Grossin, seigneur de Saint-Thurien, conseiller du roi en ses conseils, président en la cour des comptes, aides et finances de Normandie, et de dame Catherine de Formont.

Le fief de Gruchet, situé vers Thierville, dans le lieu nommé la Poterie-Gruchet, était une dépendance du fief de Pont-Autou. Jadis il y avait là une chapelle, et c’est auprès de son ancien emplacement que se tient la foire du 25 juillet.

La Bourserie

Le troisième fief était la Bourserie.

Ce fief parait devoir son nom à une famille Boursier sur laquelle nous avons recueilli quelques renseignements.

1497. L’abbaye du Bec donne en fief à Robert le Boursier une demi acre de terre sise à Pont-Autou, au-dessous de la douve du fossé qui entoure les murs du parc, pour 7 sous 6 deniers et une géline de rente.

1512. Robert le Boursier prend à fief de la même abbaye trois vergées de terre labourable, jouxte les trous du manoir de Quinquenpot à Pont-Autou.

1521. Thomas le Boursier reçoit en fief de l’abbaye du Bec une demi-acre de terre, près Caumont, moyennant une rente de 10 sous.

1585, 7 janvier. N. H. Pierre Allorge, sieur de la Bourserie, achète la maison de Jean du Vivier, sise au Bec-Hellouin, à lui vendue par Thomas du Vivier, fils de Jean.

1587. Le même Mgr de la Bourserie donne au fief à Blaise Fleury, les maison et jardin achetés à du Vivier.

Françoise Allorge, héritière en partie de cette maison, épouse Charles de Baudot d’Ambenay, écuyer, seigneur de Fumichon, d’où :

Charles de Baudot d’Ambenay, écuyer, seigneur de Fumichon, qui épousa Madeleine Campion de Mont-Poignant.

De ce mariage est né le 24 août 1744 Madeleine-Charles-Jacques de Baudot de Fumichon, mariée plus tard à Henri le Beuf, chevalier, seigneur et patron d’Osmoy, Cocherel, la Tuilerie, Fumichon, le Franc, la Bourserie, etc.

Mme d’Osmoy, née Baudot de Fumichon, est morte le 31 janvier 1796.

Henri le Beuf, chevalier, seigneur d’Osmoy, mort en 1842. Son fils, Charles-Henri d’Osmoy, a vendu la Bourserie à M. Pierre Quesney.

Mme veuve Pain, née Quesney, la possède aujourd’hui.

Manneville

Enfin le quatrième fief, nommé Manneville, ou le Moulin-à-Papier, était une vavassorie noble relevant de Salerne, chef-lieu d’une baronnie des religieux de Préaux.

Vers 1060, Osbern de Manneville, qui donnait au XIe siècle un hôte à la Poterie près Pont-Autou, et un autre à Manneville, était de Manneville près Pont-Autou. On verra par la suite que cette vavassorie relevait en partie de la baronnie de Salerne, propriété des religieux de Préaux.

1070. Les deux frères Guillaume et Anastase de Manneville : de Magnevilla, qui présentèrent avec d’autres le fils de Guillaume, vicomte de Montfort, nommé Turold, pour être religieux à Préaux, étaient aussi de cette localité. Sous les derniers rois anglo-normands, Manneville était un plein fief de chevalier ; il était possédé par un Raoul de Manneville, qu’il ne faut pas confondre avec les Raoul qui ont laissé leur nom aux autres Manneville.

1257. Roger Doré de Manneville s’oblige envers l’abbaye de Préaux pour un prêt de 100 sous, à une rente de deux setiers d’avoine, mesure de Brionne, apportés et mesurés au manoir de Salerne. Cette rente était hypothéquée sur son manoir de Manneville, situé sur le chemin du Bec, en la paroisse de Pont-Autou. (Cartul. de Préaux.)

1260. Roger Doré vend à Guillaume de Saane 5 deniers de rente à prendre sur une rente de 6 deniers qu’on lui devait à la Saint-Michel, moyennant 4 sous tournois. (Cartul. du Bec.)

1266. Roger Doré de Pont-Autou, déclare avoir vendu à Guillaume de Saane, du Bec, moyennant 12 livres tournois, une pièce de terre à Pont-Autou.

1316. Robert Moisy devait à l’abbaye du Bec 8 sous de rente, à cause de sa masure et maison du hamel de Manneville.

1333. Robert H ??quet vend à l’abbaye du Bec 4 sous de rente sur une masure de Robert Doré.

1334. Jean Bournel et Roger Bournel, son fils, vendent une rente qu’ils avaient sur une masure appartenant à Robert Doré.

1408. Jean Doré vend à l’abbaye du Bec le douaire de la veuve Richard Doré, assis sur un pré à Pont-Autou.

1478. Accord entre le sieur de Courcy, seigneur de Bourg-Achard, et les nommés Sadet. Ils lui abandonnent un moulin à Manneville, dit le Petit-Moulin, à la condition de faire 24 sous de rente au Bec.

1512. Jean Calf consent à une hypothèque au profit de l’abbaye du Bec sur une pièce en masure, plantée et édifiée, sise au hamel de Manneville.

1521. « Et en icelle paroisse (du Pont-Autou), au hameau de Manneville, avons deux assiettes et places de moulin à blé, et l’aultre d’un moulin à papier, tous assis aux prés des Fontaines... à droiture de donner mercq audit papier, tenu à foi et hommage de nous, à cause de notre fief de Fontainecourt. »

Une famille Olivier obtint la seigneurie de Manneville dans le XVIe siècle.

En 1520, Michel Olivier, prêtre, se rendit caution de la personne de Pierre Olivier envers Duquel dit le Caron.

A la même époque (1521), Gui de Richebourg était papetier au hamel de Manneville.

1612. Jacob Olivier, seigneur de Manneville, est maintenu, par sentence du bailli de Rouen, en la possession d’un banc dans l’église de Pont-Autou. Auprès de ce banc étaient les tombeaux de sa famille.

1647. Pierre Olivier, bourgeois de Rouen, sieur de Manneville, donne la vitre proche de l’autel.

1652. Dom Anselme Boisseau, procureur des reliques du Bec, fait saisir Charles Dalancon, fermier de Pierre Olivier, pour avoir payement de plusieurs rentes foncières.

1665. Pierre donne au trésor de Pont-Autou une rente de 12 livres tournois pour payer le pain et le vin des messes, à la condition qu’on chantera le Libéra et le De profundis aux quatre grandes fêtes de l’année, sur les tombeaux de sa famille.

1695. Honorable homme Jean Quentin, garde de Son Altesse Royale, époux de Marie Laugeois, veuve de Pierre Olivier et tutrice de Pierre Olivier, son fils. L’aveu indique que le fief relève de la baronnie de Salerne.

Antoine Choppin, avocat, bailli du Bec, était sénéchal de la seigneurie.

Pierre Olivier, devenu majeur, vend son fief à Pierre Godefroi.

Il est possédé par son fils Nicolas Godefroi, receveur général à Bourges, époux de Marie Gressent.

1769. Louis Godefroi, leur fils, directeur des Fermes, demeurant à Paris, rue des Gravilliers, était seigneur de Manneville.

Le 13 juin 1769, en vertu de sa procuration, Jean d’ivri, conseiller du roi, receveur des tailles à Pont-Audemer, vend le fief à Philippe-Pierre-Jacques Dubusc, marchand à Saint-Cyr-de-Salerne, moyennant 600 liv. et les droits seigneuriaux.

Le moulin à papier était en mauvais état et en chômage depuis plusieurs années. A côté du moulin se trouvait un petit manoir et environ dix acres de prairies. Voici quelles étaient les rentes seigneuriales :

• 16 liv. de rente et une rame de papier au pot envers l’abbaye du Bec ;
• 40 sous aux religieux d’icelle ;
• 4 liv. par an envers la baronnie de Salerne ;
• 20 sous envers la même baronnie ;
• 12 liv. envers le trésor de Pont-Autou.

1776. Philippe-Pierre-Jacques Dubusc, sieur de Manneville, reconnaît par acte notarié la rente de 12 liv. donnée au trésor de Pont-Autou, en 1665, par Pierre Olivier, et est substitué à tous les droits de ce bienfaiteur de l’église.

La famille Dubusc possède encore le moulin à papier, aujourd’hui moulin à blé.

Pont-Autou n’était plus que le siège d’une simple seigneurie, possédée successivement par MM. de Pommereul au XVIe siècle, par MM. Alorge de Malicorne au XVIIe, par MM. Baudot d’Ambenei, Le Bœuf d’Osmoi et de la Rivière au XVIIIe.

L’abbaye du Bec avait à Pont-Autou le fief de Caumont, le patronage de la paroisse, et en général les droits que Guillaume le Conquérant avait d’abord concédés aux religieux de Jumièges. La rivière de Risle lui appartenait entre Autou et Pont-Autou.

Textes sur Pont-Autou

Nous allons indiquer plusieurs textes où il est fait mention de Pont-Autou :

1024. Toustain Goz (Torstingus ou Stortingus), un des vicomtes attachés à la personne du duc Richard, possédait alors le domaine de Pont-Autou. Il en donna une portion à l’abbaye de Jumièges. Il était stipulé en outre que le domaine concédé ne pouvait être vendu ou transmis par échange, si ce n’est à des serviteurs de Dieu. Le duc, de son côté, abandonnait à l’abbaye toutes les coutumes qui lui appartenaient sur le même domaine.

1079. Guillaume le Conquérant confirme cette possession de Jumièges.

1131. Convention entre l’abbaye du Bec et celle de Jumièges au sujet d’un moulin que les religieux désiraient faire. L’abbé de Jumièges donnait son assentiment, sauf réserve du droit de réclamer la possession du moulin en payant 20 sols sterling aux religieux du Bec. De leur côté, les religieux du Bec s’engageaient envers ceux de Jumièges à une rente de 40 sols sterlings, qui devait cesser en cas de révocation de la concession.

1174. « ... Et in Normannia partem Pontis Altou, sicut Rilla dividit cum ecclesia et molendino et homines ejus dem villae quieti sunt ab omni consuetudine in leuca Brionae... » (Charte de Henri H.)

Il existe une transaction entre les moines de Jumièges et ceux du Bec. Il fut convenu que le Bec payerait à Jumièges une rente de 2 sols rouennais pour cette île.

L’abbé Roger de Jumièges (probablement Roger 1er, 1169-1178) accorda aux chanoines de Burgo Achardi sedem unam apud Pontem Altou pour y construire un moulin. Parmi les témoins, on remarque : Marcus de Mara, Willelmus de Chaisneio, Hugo Ferrant, Willelmus Estore, Fulco de Castello.

1181. Une bulle du pape Alexandre III en faveur des religieux du prieuré de Bourg-Achard, et datée du 15 avril, indique l’existence d’un petit port à Pont-Autou : « Nous confirmons, dit le pontife, ce que vous tenez à Pont-Autou des moines de Jumièges, avec la moulte de leurs hommes et votre passage dans leur port... »

En 1251, Eudes Rigaud consacre l’église de Pont-Autou.
Dans le pouillé, nous lisons : « Pons Autoni ; abbas de Becco, patronus ; valet triginta libras, parrochiani, vixx. »

  • Les notes suivantes donnent des renseignements sur la topographie de la commune de Pont-Autou au moyen âge.

1220. Donation d’une rente sur le moulin de Touvois par Jeanne de Freneuse.

1236. Donation par Amauri d’Harcourt d’une rente sur le moulin de Quinquenpel.

1252. Bois à Longuehaye.

1283. Robert d’Harcourt, confirme la donation faite par Guillaume d’Harcourt à l’abbaye des Moulins de Caumont.

Confirmation de la donation faite par Robert d’Harcourt de six cents anguilles dans le gord de Caumont.

1283. Triage de la Planque dans la prairie.

1285. Fief de Glatigni.

1297. Jean de la Poterie, chevalier, vend à l’abbaye une rente sur les deux objets compris dans la confirmation de 1300.

1300. Robert de Mortemer confirme l’acquisition faite de Jean de la Poterie par l’abbaye du Bec du moulin de Touvoye et du bois de la Roche.

1346. Pierre des Bones (Boves ?), écuyer, propriétaire de la moitié du Moulin aux Magnants.

1384. Pièces des Hassières, près le vivier Corbin.

1397. Echange entre Ricard Le Febvre, écuyer, seigneur de Caumont, et Guillaume Sieugaud. Il y est parlé du fief de ce dernier et de celui de Guillaume Regnault du Feuqueray.

1405. Vente à l’abbaye par Richard Lefebvre du fief de Caumont.

1413, 1414. Autres actes de lui.

1413. Henri de Valvendrin, fief de Caumont.

1436. Guillaume Regnauld, écuyer, seigneur du Bosc Regnaul.

1458. Manoir de Quinquenpot, relevant du fief de Caumont.

1453. Richard Lefebvre, écuyer, seigneur de Caumont.

1481. Martin Vallet, écuyer.

1488. Le sieur de Couvri ou Couvi, seigneur de Boscachart.

1504. Chemin allant du Mailloc au moulin des Mangeants ou Magnants jusqu’à la Bucaille.

1505. Moulin d’Appeville, fief de Putot.

1512. Pièce au hameau de Caumont, nommée le Lieu-au-Prevost.

1512. Famille nommée Calf ; pièce de la Coudraie.

1559. Bail du revenu de la chapelle de Hurlement ou Hurlevent. Baux du Moulin des Planchières pour les années 1492 et ....Baux de la Bescherie de la Fosse-Ybert.

Le comte d’Harcourt prétendait avoir un droit de travers sur les habitants du Bec passant par Pont-Autou.

  • Dépendances :
    • la Belle-Croix ; — la Bourgogne ; — les Champs ; — la Croix-Cornet ; — Gruchet ; — la Hectonnette ou Vieux-du-Gord ; — le Moulin-à-Papier ou Manneville ; — les Vieux ; — Caumont ;— la Poterie ; — Maison-de-la-Côte.

Notes

[1] NDLR : la commune actuelle s’ortographie avec un h : Pont-Authou

[2] Source : Mémoires et notes pour servir à l’histoire du département de l’Eure, par de M. Auguste Le Prevost