Le50enligneBIS

Le Vol des Oies Sauvages

contribution de Geneviève de Brébisson

voir La brigade irlandaise 1690-1792 ainsi que La brigade irlandaise 1690-1792 - par régiment


 [1]

JPEG - 1.8 ko

a Brigade Irlandaise, constituée des régiments d’infanterie qui ont suivi Jacques II d’Ecosse (1633-1701) en France, a été intégrée à l’armée française par Louis XIV et ré-organisée par Lauzun.
Ces régiments appartenaient à leur colonel, qui les avait levés, de telle sorte que le départ en exil de ces hauts personnages, membres de la Chambre des Pairs, proches et même parfois parents du roi d’Angleterre et d’Ecosse, a eu pour effet l’émigration en France de leurs officiers et de leurs soldats - on estime que le 1er exil, qui date de 1691 - appelé "le vol des oies sauvages" - a concerné 19 000 hommes. Il a été suivi de l’arrivée d’environ 1000 hommes par an jusqu’en 1783.

En 1715, les Irlandais qui vivaient en France depuis au moins 10 ans ont été naturalisés - ce qui a réglé le cas de ceux qui ne voulaient pas abjurer leur religion catholique comme exigé par l’Angleterre s’ils demandaient à y revenir : on ne connaît pas le nombre de naturalisés parce qu’il y a été procédé sans cérémonie ni acte du style état civil ...

Comme de droit, ces régiments portaient le nom que ce dernier tenait de ses terres, mais leur descendance, et leurs faits d’armes personnels (ou les conditions de leur mort) sont connus sous leur patronyme

Ainsi le commandant de cette brigade, nommé Mountcashel, est-il la souche d’une branche française de l’antique famille Mac Carthy - elle était encore représentée dans l’armée française au siècle dernier.

Le colonel du régiment Berwick est le 1er Fitz-James du nom, fait duc de Berwick à l’âge de 2 ans par son père - il était un fils naturel de Jacques II d’Ecosse et d’Arabella Churchill

Le régiment de Clare appartenait à Charles O’Brien, vicomte de Clare. Son fils, qui est devenu Maréchal de France, a épousé Louise de Chiffreville et sa petite-fille un Choiseul Praslin

le régiment Dillon avait été levé par Arthur Dillon comte de Roscommon (1670-1733) - ses deux petits-fils Arthur et Théobald se sont illustrés dans l’armée, même après 1789 : Théobald + 1792 est inhumé au Panthéon, Arthur a été guillotiné en 1794

On comprend dès lors pourquoi on a constaté des mariages franco-irlandais à partir du règne de Louis XIV - en Normandie, on peut citer, outre l’alliance Chiffreville déjà évoquée, un mariage Goyon Matignon (resté sans postérité) et un mariage d’Osmond. Il y en eut bien d’autres, mais tout ceci s’est passé tout naturellement et sans commentaires particuliers - si ce n’est que certains de ces Irlandais en exil en France se présentaient parfois comme descendants des "oies sauvages".

Notes

[1] NDLR : parmi les nombreux descendants des "oies sauvages" (Wild Geese, en anglais), on compte entre autres le Maréchal Patrice de Mac-Mahon, (1808-1893), maréchal de France, 3e président de la République française. On compte aussi dans les descendants actuels de nombreuses familles d’exploitants des vins de Bordeaux tels que Château Clarke, Château Dillon, Château Kirwan, Château Mac Carthy, Pontac-Lynch, Marquis de McMahon, etc.