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Anatole Hüe de Caligny bio


Anatole-François Hüe, marquis de Caligny, né à Valognes le 31 mai 1811, à l’hôtel de Grandval-Caligny, mort à Versailles le 24 mars 1892, est une personnalité scientifique de la Manche.

Descendant de la famille Hüe de Caligny, il est le fils de Bernard-Henri-Louis Hüe, vicomte de Caligny, officier, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, et d’Eugénie-Marie-Léonore Avice de Fermanville, petits-fils de Jacques-Marie Avice de Fermanville, président du conseil des princes de l’armée royal de basse Normandie, et de l’ingénieur hydraulicien Anténor-Louis Hue de Caligny de Cruyninghen. De cette descendance, il hérite des positions politiques monarchistes, légitimiste et catholique.

Élève du collège de Saint-Lô à partir de 1822, il entre ensuite aux collèges de Valognes et de Caen jusqu’en 1829, se liant d’amitié avec son camarade Urbain Le Verrier.

À partir de 1833, et pendant un demi siècle, il fait des expériences relatives aux oscillations de l’eau et à l’utilisation de la force vive créée par le mouvement non permanent des liquides dans les tuyaux. En 1838, l’Académie des sciences lui décerne le prix Mécanique de la fondation Montyon pour son mémoire sur un Système d’écluses à flotteurs et à colonnes oscillantes. Pour Coriolis : « L’idée heureuse, qui distingue cette machine à colonne oscillante, et, en fait, une véritable invention, c’est de vider le tube vertical après l’oscillation ascendante, sans perdre d’autre force vive que celle qu’exigent les frottements ; c’est-à-dire en ne faisant descendre que très peu le centre de gravité de la colonne fluide qui doit sortir. (...) Sans doute l’invention de l’auteur parait facile à trouver, mais on sait qu’en fait de machines, ce n’est pas en diminuer le mérite que d’y voir une conception facile à imaginer ; il suffit que la chose n’ait pas été faite pour que l’inventeur recueille le fruit de son invention. »

Il met au point de nombreuses machines hydrauliques « pour élever les eaux ou utiliser leur travail, notamment l’écluse de l’Aubois, où la force vive acquise par le liquide qui y descend du bief d’amont, ou qui s’en écoule dans le bief d’aval, est très ingénieusement employée à faire monter soit une partie de l’eau d’aval dans l’écluse même, soit une partie de l’eau de l’écluse dans le bief d’amont, et permet d’économiser jusqu’aux huit (et même neuf) dixièmes de l’eau que dépensent les écluses ordinaires ».

Auteur prolifique, il publie une synthèse complétée de ses travaux en 1883, en deux volumes titrés Recherches théoriques et expérimentales sur les oscillations de l’eau et les machines hydrauliques à colonnes oscillantes.

Le 6 avril 1838, il entre à la Société philomatique sur recommandation de Combes. Ses machines sont primées dans les expositions internationales, et lui récolte de nombreux prix. Membre correspondant de l’Académie des sciences, section de mécanique, depuis le 3 mai 1869, il appartient également à la Société de physique de Genève et est correspondant des académies de Turin (1844), Rome (1883), Lisbonne, Florence et Philadelphie, ainsi que des sociétés de Prague, Luxembourg, Liège, Manchester, Dantzig, Zélande, Avranches, Évreux, Cherbourg...

Il épouse Marie Levieux, née à Mons (Belgique) le 4 octobre 1826, décédée à Flottemanville [1] le 26 janvier 1920. Le couple n’a pas d’enfants.

source wikimanche

Notes

[1] Flottemanville-Bocage