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Anjouan


Aux environs de 1500 est fondé le sultanat de Ndzuwani, qui englobe toute l’île. À partir du XVIe siècle, l’archipel des Comores se trouve en position stratégique sur les routes commerciales maritimes reliant l’Europe à l’Orient en contournant l’Afrique : les navigateurs européens de l’époque recommandent alors aux navires en route pour les Indes de faire une pause atlantique au Cap-Vert au printemps et une pause indienne aux Comores en septembre, afin de profiter au mieux des courants de mousson ; c’est l’île d’Anjouan qui est alors considérée comme la plus sûre pour les bateaux, ayant toujours une de ses trois côtes protégée du vent. Cette sitution va faire de Mutsamudu le principal port de commerce de la région pour plusieurs siècles et d’Anjouan l’île la plus riche et puissante de l’archipel, entraînant une prospérité sans précédent qui permet au sultan d’étendre ses ambitions sur les autres îles, ambition cependant jamais vraiment réalisée et contrariée à l’est par les prétentions des rois malgaches.

Les XVIIe et XVIIIe siècles constituent une période particulièrement prospère pour les Comores, idéalement placées sur une route commerciale florissante entre l’Europe et ce qui devient l’empire omanais. Cependant, la rivalité entre sultans fait que les Comores ne deviennent à aucun moment un pays uni, capable de tenir tête aux menaces extérieures, ce qui rend cette prospérité précaire.

L’île, essentiellement visitée par des marins portugais, commence à être mieux connue en France à partir du XVIIIe siècle. Ainsi, en 1751, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert lui consacre une courte notice : « ANJOUAN ou AMIVAN, (Géog. mod.) île d’Afrique assez petite, dans l’océan Ethiopique ; c’est une de celles de Comorre ou de la Maiotte, entre l’île de Madagascar & la côte de Zanguebar. ».

En 1851, par l’Expédition d’Anjouan, l’Angleterre imposent à Anjouan un traité de commerce privilégié. L’île devient protectorat français en 1886.

En 1891, une révolution des paysans pauvres et des travailleurs de l’industrie menace très sérieusement la domination de la France sur l’île, les Français l’évacuent avant de la reconquérir au prix d’une expédition militaire.

Le 25 juillet 1912, les îles de l’archipel des Comores anciennement appelés "Mayotte et ses dépendances", dont faisait partie Anjouan, sont rattachées à la colonie de Madagascar L’archipel des Comores devient un des éléments du territoire d’outre-mer territoire des Comores en 1946.

Par le référendum du 22 décembre 1974, Anjouan choisit l’indépendance vis-à-vis de la France — au contraire de Mayotte — et son intégration au nouvel État comorien. En 1974, les Anjouanais se prononcent à 99,5 % contre le maintien du statut de TOM de la République française (soit 42 voix pour le maintien).

Depuis l’indépendance, l’archipel subit de nombreux troubles et ne parvient pas à trouver le chemin de la démocratie. Il fait l’objet de coups d’État violents et de prises de main expéditives, soutenus occasionnellement par des mercenaires comme le Français Bob Denard, ultérieurement arrêté et condamné par la France.

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