un article de Georges-André CHUQUET 
Guillaume est le fils illégitime du duc de Normandie Robert le Magnifique (ce qui lui vaudra le surnom de Guillaume le Bâtard), il lui succéda à l’âge de huit ans. Sa minorité fut marquée par une révolte des barons de Basse Normandie, dont il ne triompha qu’en 1047 qu’avec l’aide du roi de France, Henri 1er. Il épousa Mathilde de Flandres, vers 1050. En 1066, à la mort d’Edouard le Confesseur, il revendiqua la couronne qui lui était promise dont le saxon Harold s’était emparée. À la tête d’une solide armée, Guillaume gagne la bataille d’Hastings (1066). Une noblesse anglo-normande s’implante. Reconnu roi, Guillaume introduisit le système féodal en Angleterre tout en maintenant une forte autorité monarchique et fit dresser un vaste inventaire des terres du royaume (Domesday Book [1]
1066 est une année riche en évènements :
5 janvier, mort d’Edouard le Confesseur,
6 janvier, Harold est couronné Roi d’Angleterre,
au printemps, le Pape Alexandre II appuie Guillaume dans son projet d’invasion de l’Angleterre,
en juin, les barons normands réunis à la cour ducale à Bonneville-sur-Touques, approuvent le projet d’expédition contre le roi d’Angleterre,
le 28 septembre, l’armée de Guillaume (1 000 bateaux, 8 000 hommes, leurs montures ainsi que des provisions) débarque dans la baie de Pevensey,
le 14 octobre, la bataille d’Hastings marquera la victoire de Guillaume, de la cavalerie normande ainsi que la mort d’Harold,
le 29 octobre, prise de Cantorbery,
le 25 décembre, Guillaume est couronné Roi d’Angleterre, créant ainsi la dynastie anglo-normande...
Cette victoire posera un problème insoluble ; en tant que duc de Normandie, Guillaume reste le vassal du roi de France et, en tant que roi, il est souverain en Angleterre. La puissance des rois anglo-normands va s’accroître encore avec Henri II Plantagenêt, qui apporte l’Anjou, la Touraine et, par son épouse Aliénor, l’Aquitaine. Les possessions anglaises en France représenteront alors une menace pour la dynastie capétienne…
Le "baronnage anglo-normand"
La conquête normande engendre un passage de pouvoir et un bouleversement général de toute l’Angleterre. Les conquérants normands se partagent les seigneuries anglaises ; une noblesse anglo-normande s’implante ; la cour anglo-normande parlera le français du milieu du 11ème siècle jusqu’à la fin du 12ème siècle…
Le "baronnage anglo-normand" correspond principalement à la noblesse normande qui a reçu des terres en Angleterre sous Guillaume le Conquérant, après la bataille de Hastings d’octobre 1066.
C’est une noblesse d’origine étrangère par rapport à la population autochtone largement majoritaire, anglo-saxonne et danoise notamment en ce qui concerne l’Angleterre. Ses membres sont les chefs de la nouvelle principauté normande, des Normands issus de la famille ducale (Rollonides) mais également des nobles issus des contingents mercenaires extérieurs. En effet, en plus des Normands, des troupes de mercenaires de régions et de pays divers ont participé à la conquête normande de l’Angleterre : des Bretons, des Flamands, des Picards, des Angevins, des Manceaux, des Poitevins, et des Bourguignons, jusqu’à des Germains et des Normands d’Italie, attirés par l’appât du gain, à la recherche de butin et, pourquoi pas, même de terres pour rester définitivement en pays conquis.
La réalisation en 1086 du "Domesday Book" ("Livre du Jugement Dernier") permet de localiser avec l’implantation en Angleterre de cette nouvelle noblesse qui érige forteresses, donjons et châteaux (constructions jusque-là inexistantes chez les Anglo-Saxons) pour garantir sa sécurité et montrer surtout son autorité envers la population autochtone. Assez vite, cette nouvelle classe dirigeante du pays conquis tendra à devenir plus indépendante vis-à-vis du pouvoir royal.
En 1204 l’Angleterre perd la Normandie qui redevient française ; confisqué, par le roi de France Philippe Auguste, le duché entre dans le domaine royal. Les grandes familles anglo-normandes qui géraient simultanément des terres des deux côtés de la Manche se trouvent confrontées à un dilemme : rester en Normandie ou la quitter pour demeurer sur le sol anglais…
Les principales familles anglo-normandes (à compléter)
Famille d’Aubigny (ou d’Albini) ;
Famille de Bailleul ;
Famille de Beauchamp ;
Famille de Beaumont ;
Famille Bigot ;
Famille de Bohun ;
Famille de Bourg ;
Famille de Briouze ;
Famille Bruce ;
Famille de Clare ;
Famille Clifford ;
Famille de Crépon ;
Famille de Dunstanville ;
Famille de Ferrières ;
Famille Fitzalan ;
Famille FitzWalter ;
Famille de Gand ;
Famille Giffard ;
Famille de Grandmesnil ;
Famille d’Harcourt ;
Famille de Lacy ;
Famille Lestrange ;
Famille de Mandeville ;
Famille Mauduit ;
Famille de Montfort ;
Famille de Montaigu ;
Famille Mortimer ;
Famille de Montbray ;
Famille de Montgommery ;
Famille Neville ;
Famille Paynell ;
Famille de Percy ;
Famille Peverel ;
Famille de Quincy ;
Famille de Reviers (Reviers-Vernon) ;
Famille de Say ;
Famille Talbot ;
Famille de Tosny ;
Famille de Vere ;
Famille de Warenne ;
Les comtes de Chester

