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Philippe Fontenilliat - bio


Philippe Fontenilliat [1], né vers 1757, décédé au Vast en décembre 1827, est un industriel de la Manche, filateur de profession.
Négociant à Rouen (Seine-Inférieure), Philippe Fontenilliat achète des terrains au Vast en 1800 pour y créer une filature de coton . L’usine commence à fonctionner en 1803, sous sa direction personnelle. Philippe Fontenilliat dirige la filature jusqu’en 1825, époque à laquelle il en confie la direction a deux de ses fils, Édouard Fontenilliat et Henri Fontenilliat.


Henri (Frédéric) FONTENILLIAT est roturier, amis il est issu d’une "famille de très haute bourgeoisie" ; déjà attestée dans la bourgeoisie parisienne à la fin du règne de louis XIV, elle est représentée pendant le règne de Louis XV par Philippe René FONTENILLIAT "seigneur de VILLARCEAUX, VILLEVENT et autres lieux", décédé à Paris le 13 août 1778, en laissant cinq enfants ; parmi eux, Victoire Félicité FONTENILLIAT qui a épousé en 1783 le notaire GIBERT, par la suite receveur général et régent de la banque de 1806 à 1811, et Philippe FONTENILLIAT, le père du régent du Second Empire [2].

Philippe FONTENILLAT (1760-1827), doué apparamment d’un esprit fort entreprenant, va accroitre de façn décisive la fortune de cette honorable famille. abandonnat la capitale pour la Normandie, peut-être dès la fin de l’Ancien Régime, il brasse vraisemblablement d’importantes opérations commerciales pendant la période révolutionnaire. On le retrouve à la fin du siècle, marié, depuis une date inconnue, avec la fille Joachim-Angélique MANOURY, un ancien "agent d’affaires" qui est après la Révolution un des plus riches manufacturiers et hommes d’affaires de Rouen [3].

Tandis que son beau-père édifie une très grosse fortune, Philippe FONTENILLIAT crée une filature de coton dans la Manche : il achète vers 1800 la terre du VAST, près de CHERBOURG, traversée par la rivière de SAIRE, où se trouvait 4 moulins ; détruisant ces anciennes installations et réunissant leur chute, il parvint à obtenir une chute totale de 7 m, d’une force de 100 chevaux, et à faire marcher à partir de 1802 ou 1803, qui "pris rapidement une grande extension, occupant environ 600 ouvriers, et atteignant une production de 15 à 1600 livres de coton par jour" et provoqua "une véritable transformation du VAST et des communes voisines" [4].

Ce nouvel industriel, qui possède une fortune estimée à 1 500 000 F, dès 1810, est devenu "le notable", considéré et respecté, dans toute cette partie de la Manche [5] .

En 1825, désireux de retirer (il va mourir 2 ans plus tard au VAST), il confie la gestion de son entreprise à deux de ses trois fils, Edouard (5) et Henri FOURNILLIAT, qui travaillaient sans doute à ses côtés depuis plusieurs années, non sans profit : lorsqu’il se marie pour la seconde fois, en 1820, henri FONTENILLIAT possède en effet personnellement, outre des immeubles hérités de son grand père MANOURY, qui seront ultérieurement vendus 110 000 F, des créances et autres effets mobiliers valant 130 000 F. L’association des deux frères cesse en 1831, quand henri FOURNILLIAT quitte l’affaire pour obtenir l’année suivante une recette générale. c’est à l’aide des bénéfices qu’il a tirés de sa participation à cette affaire qu’il peut fournir le gros cautionnement exigé, et entrer de plein pied dans l’aristocratie des affaires. Quells qu’ait été par la suite ses activités personnelles, il a d’abord été, comme les membres du Conseil de 1851, déjà évoqués, "un héritier".

Philippe Fontenilliat meurt au Vast en décembre 1827 . Il y est inhumé.

sources :

  • Alain PLESSIS Régents et Gouverneurs de la Banque de France sous le Second Empire PP 28-29
  • L. DROUET Recherches historiques sur les vingt communes du canton de SAINT PIERRE EGLISE, CHERBOURG 1903, pp 382-385

Notes

[1] Le patronyme Fontenillat est un diminutif de fontaine

[2] cf la généalogie établie par SZRAMKIEWICZ, Op. cit., pp. 139-141

[3] l’enquête des préfets de 1810 sur lesmanufactures donne sur le père de Madeleine-François MANOURY les renseignements suivants : "MANOURY, ROUEN, commerce de place, armateur, licences, un million de fortune, nouvelle maison, marié, un petit fils."

[4] L. DROUET Recherches historiques sur les vingt communes du canton de SAINT PIERRE EGLISE, CHERBOURG 1903, pp 382-385

[5] Voici les indications que donne à son propos l’enquête des Préfets de 1810 sur les manufactures : "FONTENILLIAT, Philippe-François, LE VAST. Filature de coton, 500 ouvriers, produit annuel 25 000 F. Fortune 1 500 000 F. Il l’a tient en grande partie de son beau-père, M. MANOURY, l’un des plus riches négiciants de ROUEN... Son caractère vif le rend naturellement très actif et très laborieux. Il a reçu une éducation soignée qui mui donne la faculté de bien s’énoncer et de rédiger de même. Il est industrieux et passe pour un excellent spéculateur. Il jouit d’une grande considération dans le pays, tant sous le rapport du bien qu’il fait que sous celui de la manière dont il fait son commerce. ce double avantage lui donne nécessairement beaucoup de crédit."

  • (5) Une fille de ce dernier, a épousé un fils d’Henri BARBET, qui fut maire de ROUEN, député de cette ville et pair de France. Les FONTENILLIAT sont désormais intégrés à la plus haute bourgeoisie rouennaise. Sur Edouard FONTENILLIAT, qui fut un industriel dynamique et le président de la chambre de Commerce de CHERBOURG, voir son dossier de candidature à la Légion d’Honneur : AN, F 12. S146