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Histoire de Percy (50)


Il est extrêmement difficile de trouver l’origine exacte du mot « Percy ». Il est certain que Percy a une origine ancienne, mais il est certain également que l’on simplifie peut-être à l’extrême en faisant naître à peu près à la même époque tous les lieux dont la lettre terminale est un « y » comme Marigny, Cerisy, Percy, etc... Cependant les certitudes se situent aux alentours du onzième siècle, car il existe des manuscrits, des chartes portant le nom : « Percy ».

Dans un numéro de la Revue du département de la Manche de 1968, Monsieur de Beaurepaire pense que Percy était un bourg fort ancien, et ce nom Percy viendrait du bas-latin Patriacum, le domaine de Patricius. Ce nom figurerait dans le tome VIII d’histoire de France (page 365). Le bourg aurait donc existé à l’époque gallo-romaine. Si ceci était exact, Percy aurait pu avoir un rapport avec un saint des temps mérovingiens dont les reliques furent transportées par les moines fuyant les invasions normandes de Gorbion, près de Chartres à Patriclianum (Percy ?), puis au Mans et enfin à Blois. Mais le texte indique Patriclianum près d’Avranches et Précey convient beaucoup mieux. Cet étrange épisode relaté dans le tome I du livre des Saints se situe aux alentours des années 824 et ce saint s’appelait Saint-Laumer.

D’autres chercheurs ont pensé que le mot Percy pourrait signifier « hauteur près d’une rivière » ou bien « parc », Percy étant une déformation du mot latin « parcus ». Peut-être une déformation du mot « percée ». En effet, sur l’antique chemin Villedieu - Saint-Lô, la ligne de hauteur qui surplombe Percy ne pouvait être franchie que par un chemin extrêmement encaissé qui évoque une idée de « percée » à travers cette colline. Le village de Maupertuis exprimant dans l’étymologie de son nom « Malo Pertuiso » (mauvais pertuis, mauvais passage) pourrait renforcer cette affirmation.

En 1026, le duc de Normandie Richard III donne en dot à sa femme Adèle, fille du roi de France, Robert, des terres et des domaines parmi lesquels figure la paroisse de Percy « curtem quae dicitur Percei » et à partir de 1080, l’histoire de la commune est liée à deux familles seigneuriales, les Seigneurs De la Roche et les De Percy.

En 1080, Néel II, vicomte de Saint-Sauveur, détient la seigneurie de Percy. À cette date, Percy possède au moins deux églises, le texte d’une charte dit en effet : « Nigellus, vicecomes, ...... dedit in Perceio eadem abbatiae ecclesias cum decimis earumdem ». Le vicomte Néel...... a donné à Percy à cette même abbaye (de Saint-Sauveur) des églises avec leurs dîmes elles-mêmes. Et dès lors, jusqu’en 1344, les paroisses de Percy dépendent des seigneurs De la Roche dont le château se dresse à La Colombe au-dessus de la Sienne. En 1130, la dame de La Roche et de Percy Letitie, épouse Jourdain Tesson. Les seigneurs de Percy s’appellent désormais De la Roche Tesson. Par la suite, un monastère fondé au diocèse de Bayeux par les vicomtes de Saint-Sauveur, l’abbaye de Fontenay, se vit attribuer les dîmes des paroisses de Percy à la place de l’abbaye de Saint-Sauveur, et cet état de faits est unanimement reconnu par les livres noir et blanc du diocèse de Coutances. Les dîmes seront perçues ainsi jusqu’en 1789, près de sept siècles durant, les chartes ayant été respectées. En 1344, un complot réunissant entre autres Jean de La Roche Tesson et Richard de Percy ayant échoué, ces deux « amis » furent décapités en place de Grève à Paris. Richard de Percy était peut-être un descendant de la branche française des De Percy. Ses lointains ancêtres s’étaient depuis longtemps signalés en participant à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant.

Une tradition très ancienne indique que si les De Percy n’étaient pas seigneurs de Percy (il s’agissait des La Roche-Tesson), ils étaient seigneurs à Percy, vraisemblablement pour les domaines de Sienne et du Mesnil-Céron. Beaucoup d’ailleurs voient dans le manoir du Mesnil-Céron le berceau de la famille. Ils n’ont pas donné leur nom à la commune, mais au contraire, ils ont pris le nom de la paroisse dont ils étaient originaires.( Ils viennent de Percy-en-Auge (14)) Une chronique en vers rapporte qu’un fils de Mainfred le Viking se battit aux côtés de Rollon. Ce chevalier droit, vaillant, fortuné s’appelait « Geffroy Percie ». Trois fils de Geffroy de Percy auraient lié leur destin à celui de Guillaume le Conquérant :

  • Ralph ou Raul
  • Serlon, devenu prieur de Whitby en Angleterre

Source

Revue municipale d’information, 1er janvier 1972