Le50enligneBIS
> Patrimoine > Cidre & calva > Domfrontais - Les poiriers des Grimaux survivent à l’ouragan

Domfrontais - Les poiriers des Grimaux survivent à l’ouragan


Normandie

Les poiriers des Grimaux survivent à l'ouragan

mardi 29 décembre 2009

  • Catherine et Frédéric Pacory, dans l'un des prés-verger replanté de la ferme des Grimaux en décembre... 2009.

          Catherine et Frédéric Pacory, dans l'un des prés-verger replanté de la ferme des Grimaux en décembre... 2009.



En décembre 1999, Catherine et Frédéric Pacory ont perdu les 230 poiriers sur les 460 de la ferme des Grimaux, dans le Domfrontais. Ils en ont redressé une trentaine et, surtout, en ont replanté beaucoup.

« À 4 h 30, je me suis levé pour aller fermer une porte dans la cour. On a mis notre jeune Simon à dormir avec nous, parce que sa chambre est sous la cheminée. Puis je me suis rendormi, en pensant à la tempête de 1987. » Frédéric et Catherine Pacory, à la ferme des Grimaux, lovée dans un coteau de la commune de Mantilly, au coeur des poiriers à poiré du Domfrontais ont découvert le désastre à la levée du jour.

« Plus on avançait dans les champs au-dessus de la maison, plus l'enchevêtrement des grands poiriers me mettait en colère. On venait juste d'obtenir l'AOC poiré Domfront ! » explique Frédéric. Par réflexe, ils ont d'abord cherché à sauver le maximum de grands arbres. « On en a redressé 30, dont aujourd'hui 15 seulement sont rescapés. Les champignons s'installent sous les racines et tuent à petit feu les rescapés. » Ce n'était pas la bonne direction à prendre.

Avant la tempête de décembre 1999, Catherine et Frédéric avaient déjà replanté 60 arbres dont de nombreux de la variété phare du poiré, le plant-de-blanc aux troncs les plus cassants, pour renouveler le verger hérité des parents: « Ces arbres, encore petits, ont tenu le coup. On a pris l'option de replanter avec les aides du parc Normandie-Maine et des collectivités. Aujourd'hui, notre verger est totalement rénové. »

Malgré tout, Frédéric a pris l'option de ne pas renouveler son verger avec des poiriers basse tige: « Les poiriers à poiré sont la marque du paysage du Domfrontais. Les réduire à des vergers spécialisés n'est pas la solution. Il est plus logique de laisser paître les vaches dans les prés-verger. »

Un désastre pour les vergers

Dans la campagne domfrontaise, la casse du 26décembre 1999 a été un désastre. Mais tout n'a pas été négatif. Tous les agriculteurs récoltants ont, comme Catherine et Frédéric, hérité de vergers de vieux arbres.La modernisation de l'agriculture les chassait inexorablement du paysage. « Du coup, en convient Frédéric, avec la tempête et les aides à la replantation, le verger a pris un sacré coup de jeune. »

Elle a popularisé aussi, à l'extérieur de la microrégion, cette boisson plutôt confidentielle qu'est le poiré. À telle enseigne, qu'en cette fin d'année 2009, toutes les poires du Domfrontais ont été ramassées et achetées par les transformateurs.

À la ferme des Grimaux, Catherine et Frédéric étaient en rupture de stock dès la fin du mois d'août, « malgré deux années de production exceptionnelle ». En dépit de la dureté des coups de vents, toujours redoutés, les poiriers revivent.

François LEMARCHAND. (OUEST-FRANCE)




le site internet des PACORY

Portfolio