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énigme 85 - Anne-Hilarion Costentin de Tourville


Anne Hilarion de Costentin de Tourville

A 24 ans, il montre sa bravoure(1) face à la barbaresque…, du levant au ponant..., à un contre deux…, il affronte l'ennemi avec succès…(2)
et demeure le seul pacha soutenant la comparaison avec ses homologues…(3)

"ultima ratio regum" (4)
Son Soleil Royal s'embrase à la pointe du Hommet (3)

(1) Le jeune Tourville se taille une telle notoriété que cela lui vaut de rejoindre la "Royale" à la fin de l’année 1666. A 24 ans, on lui confie le commandement d’un vaisseau de ligne. En Méditerranée, il montrer très vite sa bravoure face aux pirates barbaresques pour protéger le commerce français et participe à l’opération de Candie en 1669. Ensuite, il rejoindra la flotte du Ponant et l’escadre de l’amiral d’Estrées à l’annonce de la guerre avec la Hollande. Il va se comporter brillamment lors de la bataille de Solebay puis combattre le fameux amiral Hollandais Ruyter. Du fait de ses succès, il est nommé Chef d’Escadre en 1675. Il a 33 ans. Il démontre ses capacités de chef de guerre devant Palerme. Son plan d’attaque permet la victoire sur une escadre hispano-hollandaise ; trois vaisseaux hollandais sont détruits. La carrière de Tourville s’accélère à partir de 1680. Colbert, le nomme lieutenant général puis vice-amiral en 1689, mais il est de fait amiral et le commandant de la marine française car d’Estrées ne prend plus la mer. En 1690, il épouse Louise-Françoise d’Hymbercourt, la fille d’un riche fermier général et la veuve d’un cousin germain de Colbert. Tourville n’est pas qu’un chef de guerre, il participe à la gestion de la marine, il intervient dans la construction navale, sur la logistique et la formation des marins et des officiers de marine. Il ne cesse de conseiller de promouvoir les gens de mer. Il participe aux négociations en Méditerranée et y remporte de nombreux succès comme la prise de Gênes en 1685, bombardement de Tripoli en 1686…

(2) Mais Tourville va écrire les plus belles pages de sa carrière dans la guerre contre la ligue d’Augsbourg. Il s’empare en 1688, dans la Manche, de cinq vaisseaux hollandais. Le 10 juillet 1690 et les jours suivants, Tourville commande l’escadre française qui disperse la flotte anglo-hollandaise au Cap de Pevensey (appelé Beveziers par les Français et Beachy Head par les Anglais). Cette bataille est la victoire la plus éclatante de l’histoire de la marine française sur les Anglais. Ayant fait subir de lourdes pertes aux coalisés, Tourville peut alors occuper la mer et protéger les côtes françaises.

(3) Pour couvrir le débarquement des troupes du Roi Jacques II d’Angleterre, Louis XIV le charge à nouveau du commandement de la marine, en 1692, et lui impose d’affronter les anglo-hollandais à Barfleur à un contre deux, l’escadre du Levant commandée par d’Estrées n’ayant pu rejoindre à temps l’escadre du Ponant… Cela va termine par un combat de Tourville, 44 navires contre 98 navires anglo-hollandais, c’est la bataille de la Hougue, belle lutte des français à un contre eux. Il fait malgré tout jeu égal avec la flotte coalisée et parvient au prix de combats acharnés et de manœuvres habiles à mettre l’ennemi en fuite et à ne perdre aucun bâtiment. Cependant, lors de leur retour vers Brest pour s’y mettre à l’abri, quinze vaisseaux avariés sont ralentis et de ce fait victimes de la renverse de la marée en plein raz Blanchard. Ils doivent se réfugier à Cherbourg pour trois d’entre eux parmi les plus touchés et à Saint-Vaast-la-Hougue pour les douze autres. Au cours de la bataille de la Hougue qui va suivre, Tourville ne peut empêcher la destruction de ces vaisseaux. Son vaisseau-amiral le magnifique Soleil Royal, sautera quant à lui à la pointe du Hommet, devant Cherbourg. L’amiral de Tourville va venger la défaite de la Hougue en s’emparant du convoi de Smyrne. Il rafle ou détruit 80 navires marchands et inflige aux coalisés une perte de 30 millions de livres. Tourville se retrouve à la tête d’une armée navale de 93 vaisseaux et est fait alors Maréchal de France. Il participe cette même année à sa dernière campagne maritime, en Méditerranée. Il aura passé 35 ans en mer. Il meurt à Paris en mai 1701. Anne-Hilarion de Tourville demeure le seul amiral français capable de soutenir la comparaison avec ses homologues Hollandais et Anglais.

(4) "le dernier argument des rois", cette locution latine signifie que, lorsque tous les recours pacifiques et diplomatiques ont été épuisés et qu’il ne reste plus aucune solution raisonnable, on peut se résigner à utiliser la force pour imposer ses vues. Louis XIV fit graver cette formule sur tous les canons de la Royale.

Courrier du roi à Tourville : s’il rencontre les anglais avant d’arriver à la Hougue, le roi lui donne l’ordre de les combattre : "Sa majesté veut absolument qu’il parte de Brest ledit jour 25 avril, quand même il aurait avis que les ennemis seraient dehors avec un nombre de vaisseaux supérieurs à ceux qui seraient en état de le suivre. [...] En cas qu’il les rencontre en allant à la Hougue, Sa Majesté veut qu’il les combatte en quelque nombre qu’ils soient [...] et s’il a du désavantage, Sa Majesté se remet à lui de sauver l’armée le mieux qu’il pourra."


Georges-André CHUQUET