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Argentan


Bâtie dans une cuvette le long de l’Orne, Argentan est appelée Vagoritum dans l’Antiquité, et sert de capitale à la tribu gauloise des Arvii. Devenue cité gallo-romaine sous le nom d’Argentomagus (gaulois argento-, argent, même racine que le latin, et gaulois mago-, plaine, marché, cf. Rouen, Caen, etc.). La ville connaît un essor progressif jusqu’au début du Moyen Âge.

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Avec l’arrivée des Vikings sur les côtes franques, la « Neustrie » devient Normandie. Selon certains écrits, la ville d’Argentan aurait été donnée à un lieutenant de Rolf le Marcheur (ou plus communément Rollon) en échange de sa fidélité.

La ville devient vite prospère, mais subit de plein fouet les guerres anglo-françaises durant tout le Moyen Âge en étant plusieurs fois occupée et détruite.

Gros centre urbain à la fin du Moyen Âge, la ville est une place religieuse importante avec ses deux églises Saint-Martin et Saint-Germain et son abbaye de bénédictines. La ville est prise par Henri IV au début de 1590 (huitième guerre de religion) [1].

Voulant développer l’industrie en France, Colbert pousse Alençon et Argentan en concurrence sur l’industrie de la dentelle. Le point d’Argentan est né.

En 1672, la chapelle de la Maladrerie (paroisse de Mauvaisville) est unie à l’ordre de Saint-Lazare.

En prévision des états généraux convoqués au château de Versailles par le roi Louis XVI, un « cahier des voeux, remontrances et doléances de l’ordre du clergé » est rédigé. Le curé de la ville d’Argentan : Me Dubrac et le curé de Mauvaisville : Me Charles Le Sage en sont signataires (La paroisse de Mauvaisville du doyenné d’Écouché avant 1789 est rattachée à Argentan après la Révolution française).

  • Le 5 juillet 1908 à Argentan se déroule l’un des derniers duels d’honneur en France.
  • Au début du XXe siècle, Argentan est une ville très importante, tribunal, abattoirs, tramway (voir ligne Carrouges - Trun), musée, lycée, caserne (le 104e RI se distingue à Verdun en 1916).
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la ville subirent un épisode du régime de Vichy, il existait en effet un Centre de Rassemblement des Étrangers.
  • En 1944, la ville est bombardée dès le 5 juin. Seul le quartier Saint-Martin est épargné. La gare et la caserne Molitor sont particulièrement touchées. Le bombardement est dantesque (lire Sie Kommen pour avoir une description réaliste de cette nuit atroce synonyme de liberté).
  • Le 13 août, une colonne de la 2e DB du général Leclerc entre dans la ville par le sud, sans pouvoir la prendre.
  • Les Américains arrivent le 15 et piétinent jusqu’au 20 août sans pouvoir y pénétrer. Les combats autour de la gare contre une unité de DCA allemande sont particulièrement meurtriers. Le 17 août, Patton, excédé, demande aux GI’s de contourner la ville par l’est, par Urou. Mais la 9e division de Panzer et ses Panzer IV défend la ville avec un acharnement incroyable. Vers le 18, la 2e SS-Panzer-Division Das Reich (2. SS Panzerdivision, ceux d’Oradour-sur-Glane), arrive du Bourg-Saint-Léonard sur les faubourgs est d’Argentan, les combats tournent vite au corps à corps. Lorsque la 80e division d’infanterie US pénètre enfin dans la ville au matin du 20, les panzers et l’église Saint-Germain sont encore en flammes : l’artillerie américaine sur les hauteurs sud de la ville a pilonné sans relâche. La ville est détruite à 80 %.

Monuments

  • Donjon d’Argentan, vestige des remparts qui entouraient l’ancienne ville.
  • La Tour Marguerite, datant de l’époque médiévale. Elle faisait partie des fortifications de la cité.
  • Le château des Ducs (XIVe siècle), actuel palais de justice.
  • La Chapelle Saint Nicolas, ancienne chapelle du château. Construite à la fin du XIe siècle par Pierre II de Valois, Comte d’Alençon.
  • Maison du peintre Fernand Léger
  • Église Saint Martin (XVe - XVIe siècle)
  • Église Saint Germain (XVe au XVIIIe siècle)
  • La Chapelle Saint Roch

Portfolio

Notes

[1] Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8 ) p. 368