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Lyons-la-Forêt


Géographie

Lyons-la-Forêt est situé pratiquement au centre de la forêt domaniale de Lyons qui donna son nom au village et à cette région du Vexin normand, le Pays de Lyons. C’est aujourd’hui l’extrême Nord-Est du département de l’Eure mais jusqu’à la Révolution le Pays de Lyons s’étendait jusqu’à Beauvoir-en-Lyons au Nord et Neufmarché-en-Lyons au Nord-Est, communes désormais situées en Seine-Maritime.

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La Lieure coule en contrebas du village, après avoir pris sa source dans la commune voisine de Lorleau (littéralement « Lieure l’eau »), ensuite elle accueille le Fouillebroc (vieil anglais fūl brōc « ruisseau sale » Cf. Fulbrook (GB)) à la Bretèque (Menesqueville). Ce dernier prend sa source, dite de Sainte Catherine, dans la forêt de Lyons et traverse l’abbaye de Mortemer. Augmentée des eaux du Fouillebroc, la Lieure se jette alors dans l’Andelle à Charleval.

Histoire

Le village s’appelait à l’origine Saint-Denis, d’ailleurs l’église du village est placée sous le vocable de saint Denis. Lyons était jadis uniquement le nom de la forêt, comme semblent le montrer les attestations antérieures au XIIIe siècle.

Parmi les mentions anciennes, on trouve : Leons en 1015-1025 ; saltus Leonis en 1050 ; sylvam Leonum en 1051-1066 ; Leones in foresta en 1259 ; Lihons en Normandie en 1352 et 1481 et même Lions le chastel en 1391.

Plusieurs toponymes similaires en France : Liehons-en-Santerre (Leontium 1100), Liéhon (Liehons 1290), le Lion (Leontio 1166), etc.

Les latinisations d’après leo/leonis, lion, ne sont pas à prendre en considération et il convient de proposer *Licontio ou *Ligontio avec le suffixe -(o)nti- [1], attesté par ailleurs (Cf. : Mayence < Mogonti-acum ; Ressons < Rosontio et Besançon < Vesontio ou Sigonce < *Segontia).

Le premier élément semble être l’hydronyme indo-européen (celtique [?]) lic / lig, bien identifié, et dont dérive aussi le nom de la rivière de Lyons : la Lieure (Loiris 1032 de *Licoris) [2]. Il peut être reconnu également dans le nom de la Loire, autrefois Liger, et dans le nom de lieu britannique Beverley du celtique bibro, castor et lic, rivière.

Moyen Âge

  • 936 Première mention d’une résidence ducale à Lyons
  • 1135 Mort du roi d’Angleterre, Henri Ier Beauclerc, au château de Lyons autrement appelé Saint-Denis-en-Lyons
  • 1189 Première cour de Noël du roi Richard Ier d’Angleterre
  • 1193 Philippe Auguste occupe la ville et son château
  • 1194 Rentré de captivité, Richard Cœur de Lion obtient la restitution de Lyons
  • 1194-1198 Nombreux séjours de Richard dans sa résidence de Lyons
  • 1er juillet 1202 Philippe Auguste s’empare définitivement de la ville fortifiée et la rattache au Royaume de France.
  • de 1202 à 1298, Nombreux séjours des rois de France à Lyons. 3 séjours attestés pour Philippe Auguste, 4 pour Louis IX et 10 pour Philippe le Bel. Passionnés de chasse, les rois capétiens considèrent alors la forêt de Lyons comme l’une des plus belles du royaume.
  • 1359-1398 La châtellenie de Lyons fait partie du douaire de Blanche de Navarre, veuve du roi Philippe VI de Valois
  • 1403-1422 Douaire de Isabeau de Bavière, reine de France
  • 1419 Les Anglais s’emparent de Lyons
  • 1940 - 1944 La ville est totalement préservée des destructions liées au second conflit mondial.

Personnalités liées à la commune

  • Henri Ier Beauclerc [3], roi d’Angleterre et fils de Guillaume le Conquérant, y meurt le 1er décembre 1135
  • Enguerrand de Marigny. Issu de la famille Le Portier qui durant le XIIe siècle détenait la garde héréditaire de la porte (vestiges encore visibles sur la "motte") du château ducal de Lyons.
  • Isaac de Benserade (1612-1691), poète et membre de l’Académie française.
  • Maurice Ravel y vécut dans les années 1917-1922 (il y acheva Le Tombeau de Couperin et y travailla l’orchestration des Tableaux d’une exposition, de Moussorgski).
  • Jacques-Émile Ruhlmann décorateur et ensemblier Français, connu notamment pour la qualité de ses meubles. Sa propriété s’appelait et s’appelle toujours L’herbage et on la retrouve décrite dans plusieurs publications retraçant sa vie et son œuvre dont la derniére a été écrite par Françoise Camart. Dans la maison principale se trouve une coursive ressemblant à celle d’un bateau, la salle à manger a été reconstituée lors de l’exposition des Arts Décoratifs de 1925. Il fait construire sur la propriété deux autres maisons dont l’une est appelée maison du pêcheur à la truite.
  • Paul-Émile Pissarro y vécut quelques années à partir de 1922, date à laquelle il y achète une propriété dont il fait dessiner le jardin par son parrain Claude Monet.
  • Claude Chabrol y a tourné de nombreuses scènes du film Madame Bovary à l’automne 1990.

Portfolio

Notes

[1] François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l’Eure, Éditions Picard 1981.

[2] François de Beaurepaire, op. cité.

[3] Verneuil-sur-Avre (27) à été fondée en 1120 par Henri 1er Beauclerc