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Le Petit-Quevilly - la fermeture "éclair"


Les habitants du Petit-Quevilly sont appelés les Quevillais et les Vauclinoises [1]. On trouve aussi, mais plus rarement, les appellations « Quevilliens », « Quevillionnais » et « Quevillissois »

L’origine de Petit-Quevilly remonte au XIIe siècle, après la scission d’avec Grand-Quevilly. C’est à la suite de grand défrichements entrepris par Rollon, premier comte de Rouen et fondateur de l’État normand, que s’était développé le village de Quevilly.

Depuis le XIXe siècle, Petit-Quevilly a connu un développement industriel relativement important : filature « La Foudre », explosifs « Davey Bickford », ou encore « Éclair Prestil », qui employa jusqu’à 1 000 personnes. Comme Klaxon ou Frigidaire, c’est la marque qui donna son nom à l’objet (fermeture Éclair [2]) ; on y fabriqua jusqu’à 8 450 km de « Fermeture à glissière » chaque année.

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usine de mécanique de précision et de confection (usine de fermetures à glissières) la Fermeture Eclair s. a.

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La première fermeture à glissière (car le mot « fermeture Eclair » est celui d’une marque) a été imaginée par l’Américain Elias Howe qui en déposa le brevet en 1851 ; celui-ci ne fut jamais exploité. Aux alentours de 1890, un autre Américain Whitcomb Jusdson, imagina un système de fermeture à glissière rapide, basé sur le croisement de petites dents. Judson déposa son brevet en 1893 et s’associa avec un homme de loi, Lewis Walker, enthousiasmé par l’idée qu’il appliqua immédiatement pour fermer ses chaussures. Les deux hommes fondèrent ensemble, en 1894, la Universal Fastener Co à Meadville, en Pennsylvanie. A cette époque, les machines à fabriquer les fermetures à glissière étaient opérationnelles, mais leurs productions loin d’être parfaites. Il fallut attendre 1912 pour que, grâce aux perfectionnements apportés par l’ingénieur américain Gideon Sundback, l’invention de Judson donnât pleinement satisfaction aux utilisateurs. En France, la fermeture à glissière, d’abord utilisée pour les vêtements d’aviateurs et de marins, fut exploitée à partir de 1924 par la Davey Bickford Smith, une société implantée au Petit-Quevilly, près de Rouen, où elle fabriquait des cordeaux Bickford. C’est elle qui, à partir du brevet de la fermeture anglaise, Lightning Fastener, lui donna le nom de « fermeture Eclair ».

Personnalités liées à la commune

  • Augustin Pouyer-Quertier (1820-1891), industriel et homme politique.
  • August Strindberg y séjourna en 1895.
  • Monette Dinay, née en 1906.
  • Jacques Besnard, né en 1929.
  • Daniel Horlaville, footballeur né en 1945.
  • Patrice Rio, footballeur né en 1948.
  • Valérie Fourneyron, née en 1959.
  • Didier Marie, né en 1960.
  • Catherine Morin-Desailly, née en 1960.
  • Alain Blondel, né en 1962.
  • Franck Dubosc, né en 1963.

Monuments

  • Principal monument : la chapelle Saint-Julien (des Chartreux), chapelle construite en 1150, année où Henri II Plantagenet, duc de Normandie et roi d’Angleterre fonde la maison royale dans le parc du Rouvray, du côté des Bruyères. De cet ensemble ducal ne subsiste que la chapelle Saint-Julien, classée monument historique en 1869[4]. Elle conserve plusieurs fresques datant de la fin du XIIe siècle : Annonciation, Visitation, Nativité, plusieurs scènes des Mages, La Fuite en Egypte, Le Baptême du Christ.
  • L’ancienne filature de coton « la Foudre » de Augustin Pouyer-Quertier construite en 1809 sous la direction de l’ingénieur écossais Fairbairn a abrité la caserne Tallandier. Désaffectée depuis 2001, les lieux vont être réinvestis par un collège et des bureaux [3], [4].

Notes

[1] les communes de France

[2] Cette usine de fermeture à glissières d’ après le système breveté par Sundback, est fondée en 1924 par la Fermeture Eclair, société anonyme française au capital de 540 millions de francs. Son siège social est à Rouen, rue Stanislas Girardin et elle possède un dépôt à Paris, rue du Sentier. Cette industrie associe le textile à la métallurgie. La préparation des rubans cousus sur des machines à coudre à grand débit est le premier stade de fabrication. Le métal arrive en bobines sous forme de fil métallique de trois à quatre millimètres de diamètre. Il passe au laminoir qui lui donne la forme d’ un V, puis à l’ aide de machines à chaîne le fil profilé est découpé en sections de 1 mm d’ épaisseur. Chacune de ces sections est estampée par frappe entre un poinçon qui formera la cavité de la maille et une matrice. Chacune de ces mailles dont la griffe est ouverte en V est poussée sur le bord du ruban qui porte les cordonnets cousus et elle y est sertie par fermeture des branches du V. Dès que la longueur de fermeture requise est atteinte, la machine laisse échapper 5 cm de ruban sans maille. Ces chaînes de maillons fixés sur des rubans sont alors assemblés deux à deux, par passage dans un curseur fixé sur une table. Puis elle passe dans un appareil de polissage. Ces longs rubans sont alors coupés, fermeture par fermeture. Enfin les ouvrières posent l’ arrêt inférieur, le curseur et l’ arrêt supérieur. Les curseurs sont usinés à partir d’ un fil rond ou rectangulaire par matriçage à froid. Ecrasés à la presse, ils sont découpés, chanfreinés, calibrés, pliés entièrement automatiquement. L’ usine produit également des fermetures colorées. Cette coloration est opérée sur des fermetures en alliage léger spécial. Le fil de métal est soumis à un traitement électrolytique, l’ alumilitage, par immersion dans des bains spéciaux puis coloré dans des bains de teinture. Au début des années 1950 est édifié l’ atelier principal qui s’ étend sur 1 800 m² et qui consiste en deux vastes salles parfaitement éclairées et équipées de l’ air conditionné où travaillent 300 personnes. L’ usine a fermé au cours des années 1970. Une grande partie des bâtiments est aujourd’ hui désaffectée. Dans les années 1950, l’ usine compte près d’ un millier d’ ouvrières.

[3] Notice no PA76000063 , sur la base Mérimée, ministère de la Culture

[4] Notice no IA00021523 , sur la base Mérimée, ministère de la Culture