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Histoire brève du Molay-Littry


Au Molay qui sera rattaché au Molay-Littry a vécu une famille célèbre les "Bacon", seigneur du Molay qui ont été source d’inspiration pour des poèmes et ou des légendes (le Roman de Renard).

Le Molay signifie le lieu où il y a des moulins (du latin mola signifiant meule) et Littry signifie la propriété de Lister (nom de personne roman) [1] ou pourrait venir du terme leu (signifiant loup au moyen âge) qui a donné litte ("repaire du loup pendant le jour", "endroit où la louve met bas") terme à l’origine aussi du nom du village voisin Litteau et du nom du lieu de la Grande Littée sans parler des multiples dérivés tels que le Loup-Pendu, les Louveaux. Littry est un pur produit de la forêt, non pas de l’actuelle forêt de Cerisy mais de la vaste forêt originelle qui s’étendait sur quelques vingt mille hectares. Les bois d’Elle, de Baugy, du Vernay, du Tronquay, du Quesnay et du Molay n’en sont que modestes résidus [2]

Le Marquis de Balleroy, maître de forge et propriétaire d’une puissante forge, cherchait un nouveau combustible pour remplacer le bois devenu rare et coûteux. Un matin de novembre 1741, un de ses ouvriers, parti quérir de la tourbe dans le hameau de Littry, découvrit par hasard une pierre dure et noire, il venait de mettre le pied sur un affleurement de houille. Le premier puit fut ouvert dès 1743 et s’appela « Fosse Le Sauvage n°1 ». En 1744, Louis XV lui accorda à vie une concession de 60 Km de long sur 23 Km de large ; mais de mauvais résultats financiers devaient conduire le marquis à céder la concession à un groupe de financiers parisiens qui fondèrent en 1747 la COMPAGNIE DES MINES DE LITTRY. C’est ici que fut employée pour la première fois en 1802 la machine à vapeur d’extraction construite par Périer. La mine se développa et connut des années de prospérité jusqu’à la fin du XIXe siècle où la concurrence du charbon anglais et l’inondation des fosses entraînèrent sa perte en 1880. On avait extrait plus d’1 million 200 mille tonnes de charbon à maréchal et chaufournier de l’ancien bassin. 600 mille autres furent tirées de la fosse de Fumichon entre 1845 et 1880, le dernier des directeurs, M. Tarnier, ne démérita pas par rapport à ses grands prédécesseurs. Seulement, les conditions économiques devenues hostiles ne permirent pas l’ouverture de ce 3e puit prévue à St Martin de Blagny—plus proche de la voie ferrée—et dont la Compagnie avait adoptée le principe de creusement au vu de l’étude de l’ingénieur Vieillard. Aimé OZANNE (branche Touzard-Ozanne) a été une des gueules noires du Bessin. Il a exercé la profession d’ouvrier aux mines de Littry pendant plus de 25 ans (d’une manière certaine de 1844 à 1869). En 1874, juste après la parution de son ouvrage, on avait lancé une voie de reconnaissance, la « voie Galland », parallèlement à la rivière de l’Esque. Mais les projets n’aboutirent pas et en 1880 l’exploitation de la mine s’arrêta définitivement. La mine fut de nouveau exploitée de 1945 à 1950. Le dernier massif prospecté ( 3 millions de tonnes) reste inexploité.

Notes

[1] René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de la Normandie, éditions Charles Corlet, Presses Universitaires de Caen, Caen, 1996

[2] Claude Pézeril, Le Bessin oublié, 1991