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Le Mesnil-Tôve - Notes historiques et archéologiques




NDLR : (source Wikimanche )
Circonscriptions administratives avant la Révolution
• Généralité : Caen.
• Élection : Mortain.
• Sergenterie : Roussel.

Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution
• Diocèse : Avranches.
• Archidiaconé : Val de Mortain.
• Doyenné : Mortain.


Texte de 1885 ; voir source en bas de page.


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glise du Mesnil-Tôve

Cet édifice remonte au XVIIe siècle. Les dalles de son sanctuaire sont comme les feuillets d’un livre ouvert et retracent l’histoire de cette paroisse. Elles ont conservé de nombreuses inscriptions.

Nous y remarquons les tombes suivantes :

Pour le clergé : - NOBLE DISCRÈTE PERSONNE Mre JEAN BARTHELEMY LE BRETON CVRÉ DY MESNILTOVE, DOYEN RVRAL, SVPERIEVR DV SÉMINAIRE, PÈRE DES PAUVRES DANS SA VIE ET QVI LES A FAITS SES HÉRITIERS A SA MORT, DÉCÉDÉ LE 2 FÉVRIER 1711. - CY GIST DISCRÈTE PERSONNE M. ETIENNE LE MAITRE, PRÊTRE, LICENCIÉ EN THÉOLOGIE CVRE DE LA PENTIS ET ENSVITE DY MEBNILTOVE DEPVIS 48 ANS DÉCÉDÉ LE 12 MAI 1752 ÂGÉ DE 90 ANS.

Puis, pour les gentilshommes : un tombeau de la famille Galouin, seigneur du Mesnil-Tôve et de Coulouvray (1603). - CY GIST MESSIRE GEORGES FRANÇOIS DE CHEVRUE ÉCUYER SEIGNEUR DE LA HAVSSIÈRE, DU MESNILTOVE, BELLEFONTAINE ET AUTRES LIEUX, DÉCÉDÉ LE 26 Xbre 1751 ÂGÉ DE 75 ANS. - MESSIRE ETIENNE JVLIEN TESSON, ECUYER SEIGNEUR DE LA VIEYILLE, ETC., 1761.

L’église du Mesnil-Tôve appartenait à l’abbaye de Savigny. Elle avait été donnée au XIIe siècle, par Rohès, fille de Geoffroy de Lucey, pour la fondation du prieuré de Virey. Mais quelques années après, lorsque les religieux, trop-peu dotés pour pouvoir vivre, firent retour à leur abbaye-mère (1162), Savigny se fit attribuer et confirmer les biens aumônés à Virey, particulièrement l’église et les dîmes du Mesnil-Tôve.

Féodalité

La paroisse ne possédait qu’un seul fief qui portait le nom du Mesnil-Tôve. C’était dans le principe un fief entier de Haubert, relevant directement du comté de Mortain. Mais il avait été divisé entre les deux sœurs Galouin, dont l’une avait eu le Mesnil-Tôve et l’autre Coulouvray. Chacun de ces domaines était dès lors devenu un demi-fief seulement. Celui du Mesnil-Tôve avait sous sa dépendance La Rochelle, en la châtellenie de Tinchebray ; (voir articles 13087 et 13091 Lucé, en Parigny ; la Cochardière au Teilleul et enfin une extension à Vengeons. Les actes qui le concernent sont : aveu du 28 juin 1394, par Guy de Semilly ; autre aveu par René et Jean de Semilly ; hommage du 20 mai 1511, par Pierre Galouin ; aveu du 26 février 1551, par Jean Galouin et hommage du même en 1565 ; enfin, un dernier aveu de Sébastien Galouin en 1620.

Le Mesnil-Tôve avait été vendu par Jean de Semilly à Raoul Galouin dans les dernières années du XVe siècle. L’héritière unique des Galouin porta ce domaine à son mari, N. Le Chevalier, sieur du Clos-Fortin, près Vire. Leur fille aînée, Louise Le Chevalier, devenue femme de Jacques Sonnet, sieur de la Courtorenge, le vit décréter, c’est-à-dire exproprier contre elle, sur les poursuites de Jacques Louvel, sieur de la Reauté. Une première adjudication le transmit à Gervais de Morieux. Mais l’acquéreur définitif fut Georges de Chevrue, écuyer, sieur de La Haussière, alors vicomte de Mortain. Originaire du Maine, il avait contracté deux alliances dans notre contrée, la première avec Jeanne de Poilvilain et la seconde avec Madeleine d’Auray. Son fils, Georges-François fut comme lui vicomte de Mortain, depuis le 30 août 1709, jusqu’à la suppression de cette charge de judicature, en 1750.

Julien-Charles-Georges de Chevrue obtint, en 1773, l’érection du Mesnil-Tôve en marquisat. Le duc d’Orléans avait, l’année précédente, donné son consentement au projet de cet acte solennel qui requit, sous le titre de marquisat du Mesnil-Tôve, les fiefs du Mesnil-Tôve, de Coulouvray, de la Rochelle, de Lucé, de la Cochardière et du Presles, à Vengeons.

Enfin, Georges-François-Félix, qui fut connu sous le titre de marquis de Chevrue, devint chevalier des ordres de Saint-Louis, de Hohenlowe et du Phénix, colonel de Cavalerie et maréchal des camps et armées du Roi. Ce fut lui qui fut inscrit ainsi que sa mère Françoise-Antoinette de La Roque, marquise du Mesnil-Tôve, sur les listes des élections aux Etats généraux de 1789. Peu d’années avant cet événement, le 31 août 1784, alors qu’il n’était que capitaine au régiment de Noailles-Dragons, il avait acquis le fief de Touchet de Charles-Henri d’Ambray, seigneur de Touchet, qui devint plus tard chancelier de France sous Louis XVIII. Le contrat en fut passé à Paris, par devant les notaires du Châtelet. M. de Chevrue, présent à l’acte, était logé à Paris, rue Dauphine, paroisse de Saint-André-des-Arts, à l’hôtel des Armes de l’Empire. Le prix stipulé fut de 186,000 livres de principal et de 2,400 livres de pot de vin.

Bien qu’il eût été élu représentant de la noblesse pour le comté de Mortain, à l’assemblée provinciale de la Basse-Normandie, tenue à Caen, aux mois de novembre et de décembre 1787, le marquis de Chevrue fut des premiers à partir pour l’émigration. Il se retira d’abord à Jersey, d’où il envoya sa femme Jacqueline-Françoise-Elisabeth Richier de Cerisy, nantie de sa procuration, vendre sa fortune tout entière et la réaliser en espèces sonnantes. Rien ne fut conservé. L’hôtel du Mesnil-Tôve, situé dans la ville de Mortain, en face l’église paroissiale, au pied de la rampe qui accède à l’édifice, et qui avait plusieurs fois été mis par ses possesseurs à la disposition des évêques d’Avranches, fut lui-même aliéné. On y retrouve encore de vastes salons avec des boiseries dorées, quelques tableaux et des plaques de cheminées aux armes de Chevrue : de gueules à 3 têtes de chèvres d’argent, arrachées et posées 2 et 1.

Faits historiques

Vers l’automne de 1795, au temps des guerres de la Chouannerie, le général de Frotté occupa lui-même, avec son état-major, le camp retranché qu’il avait établi au Mesnil-Tôve.

Quinze cents hommes y étaient rassemblés sous ses ordres. De Frotté voulait paraître dans les campagnes à la tête de troupes nombreuses, afin de déterminer une insurrection générale dans le pays. Le 15 novembre 1795, il fût attaqué, dans ses lignes, par la garnison de Mortain, qu’il dispersa malgré la vaillance d’une compagnie de grenadiers. Mais certain qu’il y serait relancé de nouveau par des troupes plus considérables, il quitta presqu’aussitôt le Mesnil-Tôve pour se porter sur la ville du Teilleul, qui fut incendiée en partie.

Le Mesnil-Tôve possède plusieurs sources minérales ferrugineuses ; elles sont abondantes et ont une certaine renommée.

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